| "Dans cet ordre d'idées, devenir le ministre de la Culture et de la Communication (MCC) de cette superstar qui a fasciné et choqué à la fois le pays tout entier était sinon une gageure du moins un défi angoissant, au sein d'un gouvernement sans majorité parlementaire."Pierre-Raymond Dumas (Le Nouvelliste http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=105126) |
Haïti: Mon bref passage au MCC PIERRE RAYMOND DUMAS
Dans les années 1990 - 2000, Michel Joseph Martelly alias «Sweet Micky» était un musicien culte, hypermédiatisé, provocateur, en somme un musicien à succès. Ses méga hits («Pa manyen fam nan», «Ou la la», «Dènye Okazyon», «Kompa forêt des pins», «Se ou mwen vle», «Grenadier», « I don't care», «Kè m sere», «Bandi legal», etc.), dus à une puissance de séduction indéniable, avaient fait de lui le président «autoproclamé» du Konpa Direk, jamais contesté ni par ses pairs ni par le public. En détruisant des carcans et des stéréotypes, le simple nom de la vedette résonnait comme un mot de passe ou un signe d'allégresse de toute une génération : post fanatiques de Zèklè et de Carribean Sextet, férus de bals revivifiants ou de festivals internationaux et de soirées époustouflantes (Garage, Hôtel El Rancho, Le Florville), amateurs de polémiques carnavalesques sulfureuses.
Dans cet ordre d'idées, devenir le ministre de la Culture et de la Communication (MCC) de cette superstar qui a fasciné et choqué à la fois le pays tout entier était sinon une gageure du moins un défi angoissant, au sein d'un gouvernement sans majorité parlementaire. Evaluer et plus encore juger d'un point de vue strictement politique ou personnel mon bref passage à la tête du MCC sous la présidence de Michel Joseph Martelly est un exercice des plus instructifs, à la limite même enrichissant. Non, je ne regrette rien. Non, aucun remords. Le grand historien français Fernand Braudel s'exclamait : «Vive l'expérience !» Oui, c'est ça. Et par souci d'élégance et d'honnêteté, il faut donc commencer par un point fondamental.
Un honneur
Ce fut pour moi un honneur et un privilège de travailler avec un président aussi fougueux et direct qui s'est toujours montré très courtois et respectueux à mon endroit ainsi que le Premier ministre Garry Conille dont le calme et la voix mesurée inspiraient confiance et respect.
Composé de conseillers et de collaborateurs laborieux, l'entourage immédiat du Chef de l'Etat m'a toujours témoigné de la plus entière attention. Pour leurs qualifications et leurs vertus citoyennes, je veux citer en toute franchise la Première Dame Sophia Martelly, Thierry Mayard-Paul, Grégory Mayard-Paul, Anne Valérie Milfort, Jean-Renel Sanon, Salim Soukar, Patrick Rouzier, Pierre Pompée, Yves Germain Joseph ... Ce fut pour moi une chance exceptionnelle, cette expérience fulgurante mais riche en leçons et en connaissance de tous genres.
Pour ce qui est de l'expression basique de mon installation comme ministre le 12 décembre 2011, je crois que les influents sénateurs Joseph Lambert et Kély C. Bastien, le député Levaillant Louis Jeune, les anciens ministres Gérald Germain et Jean Molière de la plate forme INITE, bref le G-16 et le GPR savent mieux ce que je tente d'exprimer en toute franchise. A eux tous et à d'autres citoyens, comme Patrick Moussignac, Hervé Lerouge, Roro Nelson, Rony Gilot, Luc Mertyl, Baby Saint-Rémy, Grégory Mayard-Paul, Valéry Numa, pour ne citer que ceux-là.
Je leur dois toute ma gratitude pour m'avoir appuyé tout au long du processus de désignation. Comment ne pas les remercier vivement pour la confiance qu'ils avaient placée en moi en reconnaissant et, à bien des égards, en récompensant la valeur positive de ma longue et tenace carrière professionnelle vouée à la promotion de notre culture et à l'enrichissement du débat démocratique ?
Cet hommage public est avant tout un signe de profonde gratitude à l'endroit du président Michel Joseph Martelly qui encourageait sans cesse ses ministres à prendre des initiatives bondissantes, audacieuses, à agir de façon constructive. Car le rythme de la politique n'est pas d'une seule coulée, il est comme saccadé. Ceci est peut-être moins connu, et c'est pourquoi j'insiste.
Une source de connaissances
Pour moi, journaliste de carrière, professeur, critique d'art, analyste politique, auteur de plus d'une vingtaine d'ouvrages, mon bref passage au MCC a été une source jaillissante de réflexions et d'approfondissement de mes connaissances des hommes et de notre milieu. Une période à la fois éprouvante et stimulante en termes politiques, institutionnels, culturels, sociologiques, diplomatiques, parlementaires, etc. Tout un programme, un choix de vie.
Qu'il s'agisse des rapports déroutants entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, entre la presse et la présidence, je me suis retrouvé en face d'un nombre effarant de problématiques et d'acteurs coriaces, évoluant dans un environnement instable et confus, sans certitudes ni balises. Certains parlementaires incarnent à mes yeux des modèles de responsabilité et de modération. Je pense aux présidents des deux Chambres: Simon D. Desras et Levaillant Louis-Jeune.
Il en est de même avec Carlos Lebon, Lucas Saint-vil, Ogline Pierre, Joseph Lambert, Edmonde S.Beauzile, Youri Latortue, Jean-Baptiste Bien-Aimé, Jocelerme Privert, Abel Descollines, Jean Tolbert Alexis, Gracia Delva, Eloune Doréus, Acklush Louis-Jeune, Edo Zenny, Bien-Aimé A. Rodon, Benoit Laguerre, Ocinjac Benjamin, Paul Olivar Richard, Kély C. Bastien, Steven Benoît, Louis Amyot François, Lubrène Pierre, Nènèl Cassy, Pierre Francky Exius, Jean René Lochard, Sadrac Dieudonné, Willy Jean-Baptiste, Lamarre Baptiste...
Qu'il s'agisse de la réussite incontestable du Carnaval national des Cayes, une expérience inoubliable, étincelante comme un tube, conçu et orchestré dans un contexte politique harassant avec une ténacité parfois angoissante par le président de la République, d'où ne sont point évacués les grands enjeux de la décentralisation, la pétulance de nos richesses touristiques et naturelles, mais dont, au contraire, sont mis en parfaite clarté les indissociables rapports qui les relient à de plus profondes et de plus incisives actions collectives et à la presque inévitable évolution des mentalités.
Qu'il s'agisse du maigre budget alloué au MCC et à l'absence persistante de la Loi organique y afférente, les voies du renouveau et de la rupture ne sont pas aussi inaccessibles qu'on le pense d'habitude. En m'appropriant l'Avant-projet de Loi organique élaboré sous l'administration de la ministre Marie Laurence Jocelyn Lassègue, j'ai pu renforcer la structuration des services internes du ministère. Le pilotage de cette réforme m'a permis d'agir avec sérénité dans un cadre organisationnel cohérent et substantiel. On appréciera à l'avenir la radicalité de cette réforme et sa dénégation de l'immobilisme et de la cacophonie antérieure.
Oui, moi, c'est le défi qui m'a passionné. Ça a toujours été mon obsession, le renforcement institutionnel, à la fois par le respect des normes légales et l'approfondissement des mesures de bonne gouvernance axées sur le sens de la mesure, l'esprit d'ouverture, la rigueur administrative et financière, la volonté de donner des résultats.
Qu'il s'agisse de la coopération et de l'assistance internationales sur le plan culturel, les contributions appropriées ou nécessaires sont moins évidentes qu'il n'y paraît : en témoigne l'inexistence d'aide ou d'appui à la construction des équipements et des bâtiments pour reloger l'ISPAN, le Théâtre National, la Direction Nationale du Livre, la Radio Nationale, etc., ou pour réhabiliter le Rex Théâtre et le Ciné Théâtre Triomphe. Ces quelques défis et problèmes structurels ne peuvent, bien sûr, prétendre à aucune recension complète d'un secteur qu'il faudrait décrire et analyser plus rigoureusement.
L'aide internationale ne suit pas une ligne droite. Nous sommes en présence d'une aide diversifiée, à vitesse différente.
Les perspectives d'aide européenne développées par l'ambassadeur français Didier Le Bret sont encourageantes et dictées par un grand souci de solidarité et d'efficacité technique. L'aide espagnole, à travers Carmen Rodriguez Arce, s'inscrit dans ce registre. Peu de diplomates étrangers peuvent se vanter d'avoir eu un effet éclatant sur moi et fait oeuvre d'éclaireurs. Didier Le Bret, un grand défenseur d'Haïti, l'ambassadeur cubain Ricardo S. Garcia Napoles avec sa disponibilité contagieuse, l'ambassadeur Canadien Henri-Paul Normandin au franc-parler instructif, l'ambassadeur suisse Edita Voktal au calme souverain, le brillant ambassadeur dominicain Ruben Silie Valdes l'ont fait. Il en a résulté d'excellentes choses dans des domaines très divers mais pas d'autres. Cette aide a des limites, elle n'est pas inépuisable. C'est l'une des raisons pour lesquelles je crois qu'il faut transformer nos activités culturelles en industries rentables.
Une ambiance chaleureuse
Qu'il s'agisse de la gestion habile et impeccable des fêtes raras sur une multitude de lieux et avec plusieurs acteurs (mairies, associations, organisations de base, ministères, etc.), il a fallu un souci assidu du bien commun, une certaine habileté et beaucoup de rigueur pour travailler jusqu'à l'épuisement dans des conditions extrêmement difficiles, parfois désespérantes.
Aussi mon action ministérielle, si chanceuse, est-elle fermement accrochée à des convictions, des idées et des visions modernes, des collaborateurs compétents et des consultants avisés (Sandra Rabrun, Jean-Claude Chéry, Kens Lacoste, Anthony Barbier, Labady Jorel, Pierre Rousson, Claude Gilles, Bertrand Labarre), des politiques publiques : que l'on pense à ma volonté bien arrêtée de ne procéder à aucune révocation et de valoriser au contraire les personnels existants en faisant fonctionner le Forum des Directeurs et le Conseil d'Orientation Stratégique, deux instances participatives et de leadership collectif, prévues par la loi.
Car je ne peux pas agir sans un cadre légal de références, sans des points de repères solides. Homme d'ouverture et esprit non partisan, je ne saurai oublier de sitôt l'ambiance chaleureuse dans laquelle j'ai dirigé le ministère et les admirables qualités des employés et cadres qui m'ont accompagné dans ma fonction. Comme Stephane Mallebranche, Martin Télémaque, Michel Lapin, Joëlle Heyliger, Johanne Jean-Jacques, Frantz Moïse, Alex Bien-Aimé, Roland Bélizaire, Eddy Joseph, Karlot Fontin, Eddy Jean-Claude, sans oublier, bien sûr, mon Directeur de Cabinet Joseph Félix Badio qui est resté constamment, infatigablement à mes côtés.
Avec les douze (12) organismes déconcentrés, avec ces douze collaborateurs immédiats j'ai toujours cherché les meilleures formules pour travailler avec eux, malgré les contraintes budgétaires et les différences de tempérament. D'une franchise inébranlable, j'allais, tout de suite au nerf et au vif, là où gît l'âme des choses. Les souvenirs exaltants que je garde d'eux disent tout cela, cette volonté de réussite, celle d'Emmanuel Ménard (BNH), de Philippe Dodard (ENARTS), de Michèle Frish (MUPANAH), de Bernier Sylvain (RNH), de Emmanuel Dérivois (BHDA), de Henry Robert Jolibois (ISPAN), de Frantz Carly (DNL), de Wilfrid Bertrand (Archives Nationales), etc. Je n'ai pour eux qu'admiration et affection.
Chacun d'eux,pour leur extrême compétence, leur dynamisme, leur dévouement patriotique et leur sens du travail bien fait, occupe une place entière sur le chemin saccadé des sept vies de ma vie publique. Que de magnifiques souvenirs ! Que de magnifiques souvenirs que je garde de Chantal Moreno (directrice du bureau régional pour les pays de la Caraïbe de l'OIF) et de Barbara Brezeau (chef du projet ARCADES) pour leur dynamisme, leur détermination et leurs profondes qualités techniques et humaines !
Un bonheur
Que l'on pense aussi aux relations fructueuses et «relax» que j'ai entretenues avec tous mes collègues ministres et, en particulier, avec ma collaboratrice immédiate, la secrétaire d'Etat au Patrimoine Elsa Baussan Noël que j'ai toujours traitée en « diva». Une grande dame ! Infatigable et toujours prête à bouger ! Ce fut un bonheur de travailler, de collaborer avec cette pléiade de techniciens et de cadres remarquables que représentent Daniel Supplice, Ronald Toussaint, Pipo Cinéas, Réginald Delva, Michel Brunache, Yanick Mézile, Laurent Lamothe, Stéphanie Balmir Villedrouin, Jude Hervay Day, Georges Lemercier, Wilson Laleau, Thierry Mayard-Paul, Hébert Docteur, Jacques Rousseau, Florence Duperval Guillaume, Fritz Jean-Louis et j'en passe. La politique, chacun y est préparé par sa culture, sa formation intellectuelle, son parcours professionnel ; on se comporte comme dans les vies antérieures.
Aussi les conseils des ministres et de gouvernement, coordonnés avec sobriété par Uder Antoine (Primature) et Me Ennex Jean-Charles (Présidence), étaient les plus hautes formes de la convivialité et de la passion du détail, sporadiquement secoués par le sens de l'humour (décapant) du président Martelly ou la fièvre des discussions entre deux ministres ou plusieurs.
S'il y a un «style Martelly», celui-ci réside donc avant tout dans des qualités autoréflexives et enjouées telles qu'on peut les voir même en dehors de la scène musicale. Et s'il aime faire rire, il veut pourtant qu'il ait un impact psycho-politique ou une signification dialogique. Comme dans la parole d'une séance d'analyse, j'ai cherché un mot pour résumer tout ça, pour dire ce que sont ces bouts d'expérience.
Une addition de tracasseries, d'incertitudes, de succès ? En effet. Ministère événementiel par excellence, le MCC est happé tout au long de l'année par trois grandes séries d'activités festives : le Carnaval, la saison rara et les fêtes champêtres. A bien y regarder, j'ai réussi, sans casses ni contestation à gérer le Carnaval (c'est jusqu'à date le grand succès politique et gouvernemental de Martelly, le succès le plus spectaculaire, le plus éclatant) et la saison rara, gérée pour la première fois à partir d'un budget consolidé, en dépit d'une cascade d'obstacles, de folles pressions, de menaces à peine voilées, de calomnies, de luttes de personnes, d'appétits déchaînés, de mauvaises habitudes administratives. Que Dieu soit loué!
Avant-scène du regard scrutateur (le bilan de), mon expérience ministérielle, pour le moment, n'est plus dans la salle ou sur l'écran. Plus encore et par ailleurs, ce bilan ou, si l'on veut, cette expérience ouvre sur quelque chose d'exceptionnel, de rare, pour laquelle il n'y a pas, à proprement parler, pour la période contemporaine, de l'auto-satisfaction, mais au vrai un bonheur continu : la joie d'avoir servi, avec intelligence et efficacité, le gouvernement Martelly-Conille dans l'intérêt du pays. Ce qui montre en clair que, dans mon secteur, le bilan de la première année de la présidence de Michel Joseph Martelly s'est révélé, en plusieurs points, largement positif, après seulement cinq mois passés à la tête du MCC !
Pierre-Raymond Dumas
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vendredi 18 mai 2012
HAITI:MON BREF PASSAGE AU MCC
dimanche 6 mai 2012
LE VOTE DE LA RAISON
Baromètre Politique Haïtien
Le vote
de la raison
Jean Erich René
Ottawa le 6 mai 2012
Durant ces 50 dernières
années on a assisté à toutes sortes de révolution en Haïti. Quel que soit leur
nom d’animal comme emblème, le développement économique d’Haïti n’a jamais été
au rendez-vous. Le drapeau haïtien a changé
de sens et de couleur en virant du bleu et
rouge au noir et rouge, de l`horizontale à la verticale et vice versa mais la misère de
la masse a augmenté davantage et le clivage social s’est intensifié .
Au début des années 1990,
la doctrine sociale de l’église, le vent en poupe, relayant les aspirations
démocratiques, a mis en marche une puissante machine politique au rythme d’un
moteur à deux temps :
1. Démocratie
2. Développement économique
La démocratie telle
qu’elle est conçue en Occident a certes contribué à la croissance économique de
leurs nations. Cependant compte tenu de la pluralité des sociétés et de la
diversité des horizons humains, on ne peut pas appliquer la démocratie en Haïti
selon leur critériologie, sans tenir compte de la réfringence de notre milieu
en proie à toutes les calamités. " Il faut un minimum de
bien-être matériel pour pratiquer la vertu" affirme St François d’Assise. L’implantation
de la démocratie en Haïti se heurte à des contradictions internes qui rendent
son accouchement difficile chez nous. Le spectacle malodorant offert par
certains députés lors de la séance de
ratification de Laurent Lamothe suffit pour nous convaincre. Ils se comportaient
comme de vrais saltimbanques forains en gesticulant derrière leurs tribunes
pour rivaliser en conneries et en obscénités. Ils ne maitrisent aucune langue officielle d’Haïti.
La démocratie a deux
corollaires obligés : la liberté et la justice. La liberté d’un député de
ne pas voter en faveur de Laurent Lamothe s’arrête là où commence le droit d’un
collègue de lui accorder son bulletin de vote. Pour répéter Platon : "La
liberté incontrôlée des hommes les porte à s’autodétruire." Si à la
Chambre Basse la diversité des valeurs et des intérêts était reconnue, logiquement la différence
d’opinions serait admise. Hegel le grand philosophe affirmait :" Si
la liberté est laissée à la seule conviction personnelle de chacun, il n’y a
pas de liberté." Aussi revient-il aux lois de fixer
le cadre sans lequel la démocratie serait un vain mot.
La
démocratie haïtienne telle qu’elle s’exerce au Palais Législatif, sans aucun
respect des Institutions Républicaines, contribue davantage à encourager les penchants
pervers des bandits de nos grands chemins, suite aux agissements de leurs
collatéraux assermentés. La démocratie prise en otage par certains
représentants du peuple au Parlement ne fait qu’entraver le progrès social et
l’avancement économique de la nation. Bonne note est prise! Lors des prochaines
élections, que les électeurs débarrassent le Palais législatif de ses
verrues. Quelle honte! Fort heureusement les plus lucides et les plus compétents
ont sauvé la face en accordant au PM désigné Laurent Lamothe le vote de la
raison.
Ottawa le 6 mai 2012
jeudi 3 mai 2012
Todo el país produce vegetales bajo ambiente protegido
2/5/2012
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Todo el país produce vegetales bajo ambiente protegido
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11:18 AM -
SANTO DOMINGO.-La República Dominicana produce vegetales bajo ambiente protegido en toda la geografía nacional, debido a un crecimiento impresionante de los parques agroindustriales en más de 1,912 por ciento. Ese crecimiento de la infraestructura de invernaderos ha permitido que el país aumente la producción de manera significativa y mejore los ingresos en divisas por concepto de exportación de vegetales. De 269 mil metros cuadrados de invernaderos con que contaba el país en 2004, la cifra se ha elevado a cinco millones 42 mil metros, lo que ha significado un aumento hasta el 2011 de 5.14 millones.
Esto ha ido proporción al extraordinario incremento que ha registrado en la producción de vegetales en invernaderos, pasando de 4.6 millones de libras en 2004, 89 millones 374 mil 248 libras en el 2011, con un incremento de 85 millones 368 mil 48 libras. Asimismo, mientras en 2004 se exportaron tres millones 303 mil 960 libras y en el 2011 el volumen alcanzó 64 millones 253 386, para un aumento de 60 millones 949 mil 426 libras.
La cantidad de vegetales producidos bajo ambiente controlado en el 2004 tuvo un ingreso en divisas de apenas un millón 318 mil 873 dólares, mientras que en el 2011 los beneficios alcanzaron 58 millones 519 mil 624 dólares, para un incremento en divisas de 57 millones 200 mil 751 dólares.
Durante el 2004 las ventas de vegetales producidos en invernaderos el país fueron del orden de 702 mil 240 libras, que generaron 8.5 millones de pesos.
Sin embargo, la producción registrada en 2011 fueron de 25 millones 120 mil 862 libras, para un aumento de 24 millones 418 mil 622 libras, con ingresos de más de 539 millones de pesos. El aumento fue de 531 millones de pesos.
Ese significativo incremento en la producción de vegetales en ambiente protegido ha sido posible por el apoyo del gobierno del presidente Leonel Fernández, a través del Ministerio de Agricultura, a los productores que trabajan bajo esa modalidad de producción.
Ese novedoso sistema de producción agrícola ha permitido garantizar una alta productividad con rubros de primera calidad e inocuidad y buenos niveles de rentabilidad.
El crecimiento sostenido en el período señalado se evidencia en la cantidad de metros cuadrados de estructuras de invernaderos en toda la geografía nacional, el volumen de producción, las exportaciones, las divisas generadas para el país por las exportaciones y las ventas locales, así como generación de empleados durante todo el proceso de producción.
Entre los rubros que se cultivan en invernaderos en el país se destacan ajíes morrón, cubanela, picante; tomates de mesa y cherry; pepino, melón, entre otros.
Las exportaciones se destinan hacia los mercados de Estados Unidos, Canadá, países Bajos, Reino Unido, Alemania, Italia, Francia, Suiza, España, Portugal, Grecia, Australia, Bélgica, e islas del Caribe.
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jeudi 15 mars 2012
Audit !
Audit !
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Daly Valet
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Un séisme. Destruction massive. Des vies et des biens écrabouillés. Nos yeux comme des lits de rivières asséchés. Nos glandes lacrymales faites lianes sauvages et sèches. Elles ne secrétaient plus que du sang devant l’innommable. Haïti était secouée et violentée jusque dans ses entrailles. En ce jour, elle était orpheline d’État. Du Palais national au siège de la primature, la République était aphone. Il ne restait que l’effarante cacophonie des cris et des plaintes anonymes. L’autorité publique en cavale, il était difficile de nous figurer l’avenir sous les décombres. La reconstruction envisagée avec autant d’angoisse que la destruction. Trop d’inconnues dans l’équation. Nous ignorions surtout qu’une loi scélérate dite d’urgence, votée par un Parlement aux ordres d’un certain Palais, allait être l’instrument d’une autre déconstruction. Celle des lois de la République.
Il y a eu la loi sur la prolongation des mandats des élus qui a mis hors jeu les échéances constitutionnelles. La page Préval est, malgré tout, tournée. En fait, d’une certaine façon. Un simple regard circulaire sur cet entourage présidentiel revu et rendu plus conforme aux exigences du « système » suffira pour établir que la continuité a eu raison de la rupture que Martelly se proposait d’incarner. Mais, au fond, c’est cette loi d’urgence qui aura eu le plus d’effets durables et délétères pour le pays. Elle a autorisé n’importe quoi. Sur les fosses communes où sont inhumées pêle-mêle les milliers de victimes du tremblement de terre, des millions de dollars de contrats signés dans le désordre légal et dans le flou éthique. Ce ne sont pas des saints qui nous gouvernent et qui nous ont toujours gouvernés. Autant dire que nul ne s’attendait que ce soient uniquement des irréprochables qui concluent et paraphent au nom d’Haïti des contrats alléchants à même de générer des gains mirobolants pour les professionnels des prébendes publiques. Ce qu’on espérait, au moins, c’est un minimum de retenue. Il s’est avéré que, dans l’empressement et dans un aveuglement indigne de hauts dirigeants ayant à cœur l’intérêt bien compris de leur pays, l’équipe Préval-Bellerive s’est rendue coupable de légèreté et de négligence dans la passation des marchés. Les contrats qu’ils ont autorisés sont entachés d’irrégularités inouïes. Le rapport préliminaire d’audit commandité par le Premier ministre Garry Conille vient soulever le voile sur des pratiques plus que répréhensibles au sommet de l’État. Un rapport accablant qui nous montre des intouchables, en va-et-vient constant de l’ombre à la lumière du pouvoir, et qui ont abusé, voire profité de la loi d’urgence. C’est, à dessein, que la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif a été rendue inopérante avant, après et surtout pendant cette période troublante dite d’urgence. Une quarantaine de contrats de gré à gré conclus par le ministère de la Planification avec des firmes haïtiennes et dominicaines pour la plupart non qualifiées et inexpérimentées. Certaines seraient même fictives quand elles n’ont pas été fabriquées l’espace d’une nuit de complots ou d’un matin d’incivismes. Des deux côtés de la frontière, des Haïtiens et des Dominicains bien situés dans des réseaux d’influence se sont abreuvés de ces contrats juteux et irréguliers pendant qu’Haïti languissait encore dans les affres sans fin des traumatismes postséisme de tous ordres. Le besoin de reconstruire vite ne devrait nullement servir d’excuse aux procédés administratifs et comptables déloyaux. Le jeu d’intrigues entre l’ex-Premier ministre Jean Max Bellerive et le Premier ministre sortant Garry Conille connaît un début de dénouement. D’aucuns diront qu’à travers ce rapport d’audit très défavorable à Bellerive, Conille a pu enfin se venger de l’un de ses puissants torpilleurs aujourd’hui tapis au Palais national. Cependant, au-delà des rivalités de clans et des gonflements de poitrines mal placés venant de reprochables comptables de deniers publics, la République aura gagné et grandi d’un cran à la faveur de cet audit. Nous savons, à présent, qui est qui et qui a fait quoi au nom d’Haïti et contre Haïti sous le régime de la loi d’urgence du 17 avril 2010. Il est raisonnable de présumer que ce rapport ne renversera pas des mondes et que « Ti Mari p ap monte ni desann » sous le présent soleil haïtien. Si un certain « Procès de la consolidation » a pu avoir lieu sur nos terres laxistes, peut-être qu’il n’est pas si stupide que cela de rêver, rationnellement, du procès de la reconstruction. |
Daly Valet
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lundi 12 mars 2012
Laurent Lamothe n’est pas à son coup d’essai
Laurent
Lamothe n’est pas à son coup d’essai
Jean Erich René
12
mars 2012
Au
troisième millénaire, le peuple haïtien est menacé par l’insécurité, la famine,
la maladie et toutes sortes de calamités. Après 208 ans d’existence comme peuple Libre et Indépendant de
l’Amérique nous trainons encore un boulet de galère. La République Dominicaine
notre voisine, même terre, même climat, dans l’espace de 3 ans a connu un taux
de croissance de 7% tandis qu’en Haïti nous ne faisons que régresser. En mars
2011 notre taux de croissance était négatif, soit -5,1 %.
De
1970 à 1980 nous avons connu un taux de croissance annuelle de 3,6%. A partir de
1990, l’économie haïtienne a périclité
avec un taux de croissance négatif de – 12% pour aboutir à la catastrophe économique
d’aujourd’hui. Les chiffres parlent plus haut que les postillons que lancent
les acrobates de la pensée délétère. Rectifiez-moi si j’ai péché !
Peut-on
loger à la primature des hommes, frappés de cécité et de stérilité totale,
c’est à dire qui restent dans un attentisme béat, attendant que la manne nous
vient du ciel? Cette pratique politique gouvernementale grabataire a réduit l’économie
haïtienne à une peau de chagrin tout en faisant grimper le cout du loyer et allégé
le panier de la ménagère. Le peuple haïtien à cause de l’impéritie de nos
dirigeants n’a pas de toit pour s’abriter ni rien à se mettre sous les dents
afin de répondre aux besoins quotidiens de son métabolisme.
Quant
à l’insécurité, n’en parlons pas ! Nos compatriotes pour survivre sont obligés d’adopter la
philosophie du rat c'est-à-dire vivre dans un trou et sortir seulement pour les
besoins essentiels afin de se mettre à l’abri des criminels autorisés. On arraisonne
les passants en leur exigeant des sommes
qu’ils ne possèdent même pas. Parfois, même après avoir donné la rançon c’est
un cadavre qu’on livre pour le prix.
Cette
pratique politique a détruit le monde des affaires, chassé les touristes sur
nos plages, ruiné les industries hôtelière et de la restauration. La vie nocturne
n’existe plus. L’échec est total capital. Va-t-on continuer dans la même foulée ? Il nous faut un Chef de
Gouvernement bien imbu de sa tâche, au service de la démocratie. De nos jours
avec la mondialisation de l’économie, la percée de la cybernétique et particulièrement
la magie de l’Internet, les interfaces aussi claires et limpides que Facebook,
Twiter, personne ne peut nous donner la lune comme fromage. La vérité ne se
trouve plus au fond d’un puits. Elle brille aux yeux de tout le monde.
On
ne peut pas loger n’importe qui à la Primature car les interventions du Chef de
Gouvernement doivent être articulées en
termes de cout/bénéfice si on ne veut pas que ce pays s’enlise davantage. Nous
sommes au dernier barreau de l’échelle. Il n’y a plus de place pour l’émotion
ni les dithyrambes coutumiers de nos Partis Politiques au Parlement. Dans un
esprit clanique, ils pratiquent une politique de nivellement par le bas en
cherchant à ajuster la tribune à leurs chétives personnalités, sans aucun souci
du bien-être collectif.
En
1804 Haïti a perdu la chance de faire son entrée triomphale dans l’Histoire économique
avec Charéron comme Secrétaire de Dessalines, Économiste de son temps qui a étudié
en France et condisciple de Thomas Jefferson,
les deux prônaient pour leur pays respectif, la physiocratie ou la Politique de la Terre qui a contribué au décollage
économique des USA tandis qu’Haïti s’enlise dans la misère et la crasse. Le
Peuple haïtien va-t-il rester définitivement sous les bottes des préparateurs
de l’Apocalypse ? Le Président Michel Joseph Martelly a désigné son Ministre des Affaires Étrangères Laurent
Lamothe comme Premier Ministre. Il se
présente au Parlement pour la validation
de sa fonction. Il n’y va pas nu comme une bouteille. Il se passe d’ailleurs de
présentation grâce à ses brillantes prestations dans le milieu des Affaires,
son animal spirit et sa veine entrepreneuriale.
·
Licencié en Sciences
politiques de l’Université Barry de Miami,
·
doté d’une maitrise en
Gestion des Affaires de l’Université de
St Thomas,
·
consacré Entrepreneur
de l’année 2008.
Le
fils du Docteur Louis Lamothe, de l’Institut Lope de Vega, qui a sacrifié sa
vie pour nous familiariser avec la langue de Cervantès, a de qui tenir. Il
n’ira pas par 4 chemins puisqu’il détient une carte de visible honorable et un
itinéraire de parcours lumineux. Nous apposons notre signature à l’endos de sa
Lettre de Change comme Premier Ministre. A trente-neuf ans, ce routier expérimenté du secteur privé des
télécommunications, Laurent Lamothe n’est pas à son coup d’essai. Qui dit mieux ?
Jean
Erich René
erichrene@
bell.net
12
mars 2012
samedi 10 mars 2012
Duperies !
Duperies !
Par Daly Valet
Le Matin : du 9 au 15 mars 2012
Le rideau est loin d’être tombé sur la plurinationalité présumée du président Martelly. Il s’ouvre, au contraire, sur d’autres chambres. D’autres couloirs. D’autres tunnels. Les uns plus obscurs que les autres. Un président de la République qui peine à se faire homme d’État dans une affaire qui le concerne de près. Un ambassadeur américain qui ne se fait pas diplomate étranger de marque dans un dossier qui relève d’institutions haïtiennes. Des acteurs qui semblent n’être pas à leurs vraies places. Ils n’épousent pas convenablement les rôles qui leur sont assignés dans les textes de loi nationaux et internationaux. En marge de la scène officielle, les mauvais souffleurs sont légion. La qualité du spectacle en pâtit. Du vaudeville. Des sénateurs qui font de la basse politique de boulevard sur une question hautement républicaine. On dirait que, d’un certain grenier et qu’à partir d’antichambres occultes, des mains, à la fois expertes et maladroites, décident de faire de nos dirigeants, de nos institutions et de l’opinion publique, des pantins articulés. Le pays est propulsé dans toutes les directions. Quo vadis,Haïti ?
Aux États-Unis, les Américains diraient que M. Martelly et l’ambassadeur Kenneth Merten « have some explaining to do ». Autrement dit, ils nous doivent tous deux plus d’explications qu’ils n’en ont fourni lors de leurs prestations télévisées conjointes, ce jeudi 8 mars, au Palais national. La messe n’est pas dite, Messeigneurs des Religions pour la paix ! Il y a, jusque-là, plus d’ombre que de lumière. Toute invective partisane anti-Martelly mise à part, toute homélie dithyrambique pro-Martelly à l’écart, le moment est venu de se poser sereinement les vraies questions.
La vérité est que les documents sont là, et disponibles aux États-Unis, qui établissent, sans équivoque, que notre président de la République fonctionne en Haïti sous une identité et aux États-Unis sous une autre. Il est Michel Joseph Martelly ici et Michaël Martelly là-bas. Par quelle opération légale M. Martelly a-t-il pu se procurer un autre prénom chez l’Oncle Sam ? S’il n’est pas un ressortissant américain et qu’il relève exclusivement des lois haïtiennes, pourquoi Kenneth Merten ne s’est-il pas contenté de se déclarer incompétent à se prononcer sur la nationalité d’un citoyen haïtien et de dire que la question n’intéresse que les Haïtiens et leurs institutions ? Est-ce par voie orale ou écrite que M. Martelly a autorisé l’ambassadeur américain à se prononcer publiquement sur sa prétendue nationalité américaine ? Et à quel titre avait-il produit cette demande ? Pourquoi M. Merten, une fois l’autorisation du Président obtenue, n’a-t-il pas choisi de soumettre sa réponse aux sénateurs, en vue d’un renforcement des institutions, au lieu de se faire le porte-parole de M. Martelly, devant la presse, dans une mise en scène?
M. Merten ne se serait pas prêté à une telle prestation non conventionnelle sans la bénédiction de Washington. Il s’agit d’une orchestration politique qui fait entorse au bon fonctionnement des institutions d’Haïti. La démocratisation voulue par la communauté dite internationale et la poursuite des agendas politiques américains ne sauraient se reposer sur la dépouille de nos institutions républicaines plutôt jeunes et fragiles. La diplomatie américaine, la présidence haïtienne, le Sénat de la République sont tous sortis diminués de ce mauvais spectacle entourant la nationalité de Michel Martelly. Quand le chef d’État d’un pays, fût-il cette Haïti sous domination étrangère, a besoin qu’un ambassadeur d’un autre pays valide sa parole lorsqu’il s’adresse à son propre peuple, c’est que la fonction présidentielle s’est décrédibilisée et amoindrie jusqu’au ridicule. Son oui ou son non aurait dû nous suffire sans la caution de parrains internationaux. Si ses mots soulèvent plus de doutes qu’ils n’en évacuent, c’est que l’opinion y perçoit, à l’œuvre, de la malice politicienne. En d’autres termes, la fonction présidentielle serait à restituer dans son prestige et à réinventer, dans sa noblesse, avec d’autres hommes et d’autres femmes d’État d’une autre stature. M. Martelly a le caractère pour devenir ce grand président d’un nouveau genre. En dépit des apparences.
Le pays semble s’être embourbé dans une mare à crises. Une crise en chasse une autre. Toutes fabriquées à partir du superflu et résultant de réflexes autoritaires incompatibles avec les exigences de la démocratie et de la loi. Nos dirigeants ne semblent pas avoir pris toute la mesure du drame social haïtien. Ils persistent dans des controverses mineures sans grand intérêt pour l’Haïtien ordinaire qui n’aspire qu’au minimum humain : un toit et de la nourriture. Le président Martelly doit aller au-delà de la simple présentation de ses passeports à la télé s’il veut vraiment qu’il y ait une fin aux débats et aux préoccupations légitimes autour de sa nationalité. Et s’il tient à soulager, comme il le proclame, la misère de son peuple. Haïti a assez de ces pokers menteurs qui se jouent dans les chancelleries étrangères. Au Palais. Et au Parlement.
D.V.
dimanche 4 mars 2012
Haïti confronte une crise aigue d’eau
Haïti
confronte une crise aigue d’eau
Jean Erich René
4 mars 2012
L’ile
d’Haïti est entourée d’eau et sur sa
surface coulent de nombreuses rivières et sources d’eau potable. Par une ironie
du sort, les robinets sont à sec dans certains quartiers de la Capitale et de
nos Villes de Province. Dans certaines Sections Communales on constate la baisse du débit de certaines rivières et
même l’assèchement de certains points d’eau parfois réduits à un simple filet.
Qui peut vivre sans ce précieux liquide? On peut manquer de tout et survivre
mais pas l’eau.
Il
nous faut accorder plus d’attention à l’approvisionnement en eau de la
population haïtienne, comme minimum vital. Chaque matin, armés de leurs sceaux,
nos compatriotes se lancent dans un véritable marathon à la recherche de l’eau.
Où trouver de l’eau en Haïti pour s’assurer que l’offre réponde de manière
adéquate à la demande de cette population qui en a déjà trop sur la tête pour
confronter en plus une crise d’eau. En général, les plantes tout comme les
animaux y compris l’homme ne peuvent pas être privés d’eau sans languir, se
déshydrater et dépérir. Une famille américaine consomme 60 gallons d`eau par
jour. Les Français en consomment la moitié. Il revient aux administrateurs
publics de nous y pourvoir en arrêtant les mesures idoines.
Disons
tout de suite que l’eau ne manque pas et
ne manquera jamais en Haïti. Par contre l’eau potable devient de plus en plus
rare. D’ailleurs les fréquentes inondations de nos rues suivies de dégâts
matériels et de pertes en vies humaines sont des témoignages éloquents de
l’abondance de l’eau en Haïti. Il parait paradoxal de se noyer tandis qu’on a
soif. C’est la même eau ! La différence c’est qu’elle n’est pas buvable parce
qu’elle est polluée. Il n’y pas de
rareté d’eau en Haïti. Le drame résulte plutôt de l’impéritie de nos dirigeants
et surtout de leur indifférence au sort des 4/5 de la population qui croupissent
dans la crasse et la misère. Ils préfèrent bluffer en criant hier« Aba Grangou », « Aba
Blackout » dans la même foulée, demain ils vont brailler « Aba Soif »
pour prendre congé joyeusement de la
misère des démunis. Tandis que le souci du Président c`est d’organiser un super carnaval en
déployant sa taille montée sur un rouleau-billes, certains enfants
trainent dans les rues avec un bidon sur leurs têtes à la recherche de l’eau. Ce n’est pas sérieux !
On ne peut pas plaisanter ainsi avec le destin
d’un peuple qui vous a confié la Barque Nationale. Tout d’abord disons que la
problématique de l’eau s’aggrave surtout avec l’augmentation accélérée de la
population. Donc le besoin d’eau augmente considérablement non seulement pour
la boisson mais encore pour la toilette et la lessive. Or il s’est avéré que
partout en Haïti tant à la
Capitale que dans nos villes de Province on n’a pas augmenté le système
d’adduction d’eau potable. Ce sont les mêmes réseaux d`ìl y a 25 ans qui
alimentent les maisons. Point n’est besoin d’être calé en math pour comprendre
qu’au fur et à mesure que le diviseur augmente, sans que le dividende ne bouge,
le quotient ne fait que baisser. Ce calcul élémentaire exprime avec clarté la
crise d’eau haïtienne associée à l’explosion démographique.
Que faire?
Le 22 mars ce sera la
fête mondiale de l’eau, des 500 millions de dollars contrats de gré à gré
dénoncés par le Premier Ministre Garry
Conille, aménageons un nouveau système d’eau potable pour nos agglomérations
urbaines. En dépit des avances scientifiques, l’homme n’arrive pas jusqu’à
présent à créer l’eau. Il connait certainement sa formule chimique mais l’eau demeure
un don de la nature. Sa rareté est une
cause de conflit. La guerre Israélo-palestinienne a comme cause principale le
partage de la rivière du Jourdain. Attention ! Si l’on n’y prend pas garde en
2030 avec une population de 16 millions Haïti qui, en 2012 a 10,2 millions
d’habitants, peut se retrouver dans la même situation avec la République
Dominicaine, du côté des Pédernales et aussi de Guayamunk. Gouverner c’est
prévoir mais non s’amuser. Quelque soit votre nom d’animal : pintade, coq,
bœuf etc. gros et menus bétails ont tous besoin d’eau.
Pour
résoudre la crise d’eau qui se manifeste sourdement en Haïti il nous faut
d’abord comprendre le Cycle de l’eau qui est très explicite dans la gravure
ci-contre .
Sous l’effet de la chaleur
du soleil, l’eau des océans et des rivières s’évapore à l’état gazeux, monte dans l’atmosphère pour
se condenser sous forme de nuages qui à leur tour se liquéfient pour tomber sous l`effet de la pesanteur, sous
forme de gouttelettes de pluie. Ces précipitations recharge non seulement les
océans mais encore les cavités souterraines appelées nappes phréatiques qui
alimentent nos sources et nos rivières, Ainsi de suite le même processus
recommence. Il y a un mouvement cyclique de l`eau qui nous force à réutiliser
la même molécule d`eau que Dessalines depuis 1804. Le choc des gouttes de pluie
sur un sol nu provoque son érosion. Par
contre s’il est couvert d’arbre et de feuilles mortes l`eau pénètre doucement
dans le sol en descendant dans les cavités souterraines qui les gardent en
réserve. Dans le cas contraire l’eau de pluie dévale les pentes pour se diriger directement vers les rivières
en les rendant boueuses. Ainsi s’explique le drame de l’inondation des Gonaïves
en Septembre 2004, suite au passage de la Tempête Tropicale Jeanne. Le même
phénomène se répète souvent à Port-au-Prince avec le Bois de Chêne, aux Cayes
avec La Ravine, à Léogâne avec La Rouyonne etc. Il en résulte des pertes en biens
et en vies humaines et un déficit patent d’eau dans les réserves souterraines
et par conséquent le ralentissement de
nos cours d’eau et sources, ou pis encore leur assèchement tout court.
3
facteurs contribuent à la Crise d’Eau Haïtienne :
1.- La croissance rapide de la population
dont la demande en eau potable dépasse la capacité de rechargement des citernes de la CAMEP
2.- La
pollution de la nappe phréatique suite à la construction des maisons dans
les zones autrefois dites réservées ou
protégées et qui représentent le siège du captage de l’eau d’approvisionnement
de nos villes. Ce triste constat peut être fait à Turgeau, Babiole, Canapé Vert
où les fosses d’aisance trempent dans la nappe phréatique en distribuant une
eau cacaifiée dont le taux d’urée est
élevé, en plus de la présence des salmonelles telles que les bacilles typhiques
et paratyphiques, causant la fièvre typhoïde. Qui pis est, les populations
riveraines ne sont même pas au courant.
3.- Le déboisement causant la calvitie de
nos pentes. Il y a une coupure flagrante dans le cycle de l`eau empêchant le replein
de la nappe phréatique. Il faut un temps de renouvellement de l`eau de l`atmosphère,
soit l9 jours, selon les étapes de son cycle. Quand la chaine est brisée, il
pleut rarement ou pis encore il pleut à
verse pour causer un déluge au niveau de nos rivières et de nos ravines sans que
l`eau ne pénètre dans le sol. Les citernes du Service National d`Eau Potable
(SNEP) accusent un niveau insuffisant d`eau La capacité de notre sous-sol à
conserver l`eau dépend de l`usage qu`on fait à la surface du sol.
Le 22 mars prochain ce sera la célébration de
la fête de l`eau. Que nos dirigeants politiques sachent que sans une
intervention humaine intelligente et opportune, irréversiblement Haïti
confronte et continuera à confronter une
crise aigue d`eau.
Jean Erich René
4 mars 2012
Lamothe !
Lamothe !
Par Daly Valet
Le Matin : du 2 au 8 mars 2012
Conille a eu son lot de misères. Il a dû avaler bien des couleuvres. La coupe d’absinthe que lui tendaient tous les jours ses torpilleurs du pouvoir débordait. Excès. Injures. Drôle de façon de rapetisser un jeune technocrate haïtien qui n’a voulu que servir son pays. Vilaine vendetta. La dégradation, chez nous, des méthodes de gouvernement dit et trahit une autre dégradation. Celle des hommes et des femmes de pouvoir. Avec tout ce qu’ils ont de valeurs. Victor Hugo disait qu’il faudrait affirmer le progrès et les valeurs humanistes jusque dans la vengeance. Le clan Martelly n’a pas jugé décent, et humainement recommandable, de montrer la sortie à Conille selon des moyens plus chevaleresques. On a donné dans le grotesque. Genre « jwèt bosal ». Dommage. Les bracelets roses, exhibés par beaucoup de ministres en pleine guérilla anti-Conille, dissimulent mal la noirceur des consciences.
Garry Conille n’a jamais été Premier ministre. Comme Préval avec son Jean-Max Bellerive, Martelly ne voulait en Conille qu’un simple chef de cabinet mineur et aux ordres en plus de son tout-puissant Thierry Mayard Paul au Palais national. L’ex-assistant de Bill Clinton liquidait de petites affaires courantes avant même la grande démission forcée. Il s’est retiré. Dans l’humiliation. Et, comme nouveau Premier ministre, Martelly nous offre à présent son « Lo ». C’est ainsi qu’il nomme Laurent Lamothe en privé. Ecce homo. C’est son homme. Celui par qui le salut de son mandat, peut-être, adviendra. Un mandat qui promet beaucoup économiquement avec, déjà, de louables initiatives. Et qui semble, hélas, vouloir se fonder à partir de composantes politiques irrecevables. Voire anachroniques. Syndrome autoritaire.
Martelly et Lamothe ? Un beau tandem. Excitant. Ils dorment très peu. Ils se parlent à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Deux hyperactifs. L’un hyperémotif et ambitieux. L’autre hypercalculateur et pragmatique. Ils se complètent en un sens. Deux confidents. Deux complices. Deux associés en affaires. Laurent Lamothe est surtout le vice-président de facto que le président Michel Martelly a choisi de donner au pays. C’est l’ami adulé dont il choisit de s’entourer, à titre de Premier ministre, en remplacement du Conille honni. Une autre belle opportunité qui s’offre au pays. En plus de l’énergie de leur jeunesse, la synergie est là dans leur volonté de réussir ensemble. Hier, dans les affaires. Aujourd’hui, au pouvoir. Malgré l’adversité.
Reste à savoir si le choc des ambitions démesurées de chacun et la réalité du pouvoir ne transformeront l’un en tombeur de l’autre. La politique, c’est comme l’autoroute. Avec ses surprises imparables. Elle envoie souvent au garage de belles et de jeunes promesses. Elle tue et blesse aussi. Il y a eu Blaise Compaore et Thomas Sankara au Burkina Faso. Deux vieux « tokay ». Beaucoup de Burkinabès sont convaincus que le sang de l’un avait fini par couler par la traîtrise de l’autre. Jusqu'à la mort. Avec Aristide et Préval, notre pays sait bien que de vrais « marasa » peuvent devenir de faux frères. Si les bruits sourds des complots souterrains pouvaient parvenir jusqu’à nous ! Enfin, si les morts ne se taisaient pas…
La politique devrait plutôt maintenir Martelly et Lamothe plus que solidaires. Si le pays a souffert de la disharmonie entre le chef de l’État et le chef de gouvernement sortant, il a tout à gagner dans la belle entente qui prévaut, en apparence du moins, entre M. Martelly et l’actuel Premier ministre désigné. Ils veulent réussir. Donnons-leur la chance qu’ils méritent. Pourvu que Michel Martelly s’amende de ses errements et gouverne dans la légalité. Et que les dossiers de M. Lamothe soient conformes aux prescrits de la Constitution.
D.V.
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