Un pôle de croissance pour le Nord
Cyprien L. Gary
Le Nouvelliste du 29 otobre 2010
Haïti: Le processus de décentralisation prôné par la Constitution de 1987 a franchi une étape décisive avec le lancement jeudi, dans la métropole du Nord, du projet de développement d'un pôle de croissance dans le Nord. A cette occasion, une importante délégation gouvernementale conduite par le ministre de l'Economie et des Finances, Ronald Baudin, des représentants de la Banque interaméricaine de Développement (BID), de l'Agence américaine pour le Développement international (USAID), des représentants de l'Union européenne et des représentants de secteur privé des affaires notamment ceux du Grand Nord, ont pris part à la conférence de lancement de ce grand projet.
L'objectif de cette conférence de lancement selon l'un des représentants de la BID M. Eduardo Almeida était d'expliquer au grand public la raison d'être du programme de développement du Nord et aussi d'écouter les propositions des autres parties concernées et leur donner l'opportunité de former un réseau en vue de travailler conjointement à la réalisation de ce projet.
Doté de grandes potentialités touristique, agricole et industrielle, le Nord (particulièrement le département du Nord et du Nord-Est) réunit presque toutes les conditions pour devenir un pôle générateur de croissance et d'emplois et surtout un exutoire idéal pour le décongestionnement de la République de Port-au-Prince qui succombe sous le poids d'une centralisation à outrance. Ce problème est à la base de la décision du gouvernement haïtien d'établir un pôle de développement dans le nord du pays, à en croire les propos du ministre des Finances Ronald Baudin, au moment de faire l'historique de ce projet.
« L'idée d'un pôle de développement dans le Nord n'est pas nouvelle. Elle remonte à bien avant le 12 janvier. Sauf que cette catastrophe nous a confortés dans la décision de délester Port-au-Prince. Dès le lendemain du 12 janvier, le gouvernement a décrété clairement son option en faveur de la décentralisation. Et cette option a été matérialisée dans le plan d'action pour le relèvement et le développement d'Haïti qui a été présenté à New York le 31 mars 2010 », a indiqué le grand argentier de la République qui souligne au passage que le choix du Nord pour l'établissement de ce pôle n'est pas innocent.
C'est une région qui a un grand potentiel touristique (Labadee, Citadelle, etc.) et agricole. L'ouverture qu'elle offre sur des pays comme les Etats-Unis, la République Dominicaine, les Bahamas fait du Grand Nord une région apte à accueillir de grands investissements industriels. Cela explique en quelque sorte les investissements consentis par le gouvernement dans cette zone avec notamment le réaménagement du port de Labadee, la construction de la route Cap/Ouanaminthe, la construction d'une nouvelle centrale thermique et le chantier en cours actuellement pour non seulement l'établissement d'une centrale électrique à Carrefour Chevry situé à mi-chemin de Ouanaminthe et de Fort-Liberté, mais aussi pour raccorder cette centrale à tout le réseau du Nord-Est.
Selon Ronald Baudin, il y a d'autres chantiers qui sont ou bien en cours ou bien qui ont des contrats déjà signés tels que l'aéroport du Cap-Haïtien qui va faire l'objet de grands travaux d'agrandissement et de modernisation, la réfection des rues du Cap-Haïtien, un nouveau pont à la place du pont Hyppolite.
Tous ces travaux énoncés par le titulaire du ministère des Finances sont pour signifier au grand public que le projet de la création d'un pôle de croissance dans le Nord et le Nord-Est était déjà là. « Et quand la BID nous a approchés pour nous proposer l'idée de faire une grande concentration dans ces deux départements, cela était perçu comme une tentative d'enfoncer une porte ouverte », a déclaré M. Baudin qui a exprimé la volonté de continuer à rencontrer régulièrement les gens d'affaires du Nord et du Nord-Est, non seulement pour les mettre au courant du projet du gouvernement pour cette zone, mais aussi pour avoir leur avis sur l'acheminement de ce projet.
Le ministre des Finances a profité de son allocution pour inviter le secteur privé à investir dans ce projet. « Car si on s'arrêtait aux seuls investissements publics dans les infrastructures économiques, nous aurions raté notre initiative », dit Baudin, qui souhaite que le secteur privé du Nord et du Nord-Est retrouve plus d'allant et plus d'enthousiasme, et surtout qu'il soit plus imaginatif pour pouvoir tirer le meilleur de ce pôle de croissance.
De son côté, le gouvernement promet de faire tout ce qui est en son pouvoir pour enlever toutes les épines qui habituellement jalonnent la route du potentiel investisseur, en vue de faciliter les investissements privés.
Dans le cadre de l'établissement de ce pôle de croissance, trois filières seront privilégiées : le tourisme, l'agriculture et l'industrie. Cela explique la présence, à cette cérémonie de lancement, des trois titulaires des ministères précités, respectivement Patrick Delatour, Josselyne C. Féthière, Joanas Gué, qui ont, tour à tour, pris la parole pour faire part de ce que sera la contribution de leur ministère dans ce grand projet.
Pour la ministre du Commerce, Josselyne Féthière, la question de la création de pôle de croissance a été déjà agitée depuis l'année dernière par la Commission présidentielle sur la Compétitivité. Et déjà, le Nord était, d'un point de vue commun, la première région susceptible d'accueillir un pôle de croissance. Et tout à coup survint le 12 janvier. Cependant, cette catastrophe a un peu épargné la zone industrielle, et loin de ralentir les activités, les demandes étrangères avaient augmenté, explique Mme Féthière qui dit constater, depuis ces derniers temps un déficit d'espace pour les demandes qui arrivaient.
Face à cette situation, les autorités haïtiennes soutenues par la BID, ont envisagé la construction d'un parc industriel moderne dans le pôle de croissance du Nord. Les Coréens, très intéressés par le textile, ont manifesté leur intérêt pour y implanter une usine. Des compagnies brésiliennes également ont manifesté le désir de venir s'implanter en Haïti, a précisé la titulaire du Commerce et de l'Industrie, qui croit que le mieux pour le gouvernement haïtien est de créer l'environnement nécessaire pour permettre aux investisseurs étrangers d'apporter leur contribution au développement du pays.
Pour le ministre du Tourisme, Patrick Delatour, participer à une réunion de ce genre pour lui est l'aboutissement d'à peu près cinq ans de réflexions, de communication et de débats dans un contexte de partenariat entre le secteur public et le secteur privé. Cela allait déboucher sur un Plan Directeur Tourisme que nous avons versé dans la discussion de l'ouverture d'un pôle qui serait le pôle Nord.
Le ministre Delatour, comme nul autre avant lui, a posé le problème du développement du Nord qui ne peut se faire qu'avec le leadership de la communauté du Nord, que ce soit la communauté politique ou économique.
Plus loin, l'architecte pense que la discussion devrait déboucher sur deux grandes questions, à savoir : C'est quoi le grand plan de développement du Nord, et comment s'articule ce plan au niveau de l'aménagement du territoire, au niveau de zonage, en prenant en compte des problèmes comme le centre-ville de la ville historique du Cap qui est la base de tout le programme de développement touristique de la région. Qu'est-ce qu'on en va faire ?
D'autre part, s'interroge t-il, comment va-t-on gérer la croissance exponentielle de cette ville qui fait que la nouvelle ville du Cap est en train d'étouffer l'ancienne ?
M. Delatour s'inquiète de la gestion et de la gérance de ce développement dans un pays où, dit-il, justement, nous avons tendance à laisser à l'individu le soin de décider de son destin et de son futur. Exemple: la situation après le 12 janvier, où les victimes n'ont pas attendu qu'il y ait un programme proposé par le gouvernement pour décider quelles solutions elles allaient prendre par rapport à leur programme d'habitat.
Selon Delatour, on risque d'avoir le même problème dès qu'on aura décidé d'implanter un parc, une destination touristique ou une activité économique. Cela implique qu'il y ait un plan d'aménagement émanant strictement de la réflexion des gens du Nord.
De son côté, le ministre de l'Agriculture Joanas Gué a entretenu l'assistance sur les réflexions initiées avant le 12 janvier au niveau de son ministère devant aboutir à l'élaboration d'un plan d'investissement agricole afin de valoriser les différentes potentialités de ce secteur. Et, en ce sens, la région du Nord a été considérée comme un point d'investissement à cause du niveau de potentialité lié à certaines zones partant du plateau irrigué de St-Raphaël, passant par les zones de montagnes humides de Dondon, Grande Rivière du Nord et à l'ouest de Plaisance, Limbé, Port-Margot, Borgne pour le développement de l'arboriculture fruitière, jusqu'à la rive nord des plaines irriguées du nord et aussi des plaines sèches du Trou-du-Nord de Terrier-Rouge jusqu'à la région de Maribahoux.
Selon Joanas Gué, le but de sa présence à la conférence de lancement c'est de voir avec l'ensemble des acteurs qui vont être impliqués dans le secteur agricole quelles sont effectivement les orientations et comment mettre ensemble les ressources du secteur privé et du secteur public pour mieux valoriser les potentialités du département du Nord.
Un panel composé d'hommes d'affaires, dont Georges Sassine de la CTMO-HOPE et Grégory Brandt ont fait valoir leur point de vue par rapport au programme de développement du pôle Nord. M. Sassine après une brève mise en contexte de CTMO-HOPE et le rappel de sa visite au Cap il y a deux ans pour informer la communauté d'affaires du Nord de l'intention de la BID de construire un parc industriel dans la région, a entretenu l'assistance sur les offres étrangères d'implantations d'industries dans le pays. Le parc industriel moderne dont a fait mention la ministre du Commerce, peut être une réalité dans les deux prochaines années, a annoncé Georges Sassine qui rappelle que ce parc sera installé à l'est de la ville du Cap.
Pour sa part, Grégory Brandt a mis l'accent sur la nécessité des infrastructures dans tout projet de décentralisation. Pas de décentralisation sans un fort appui des infrastructures en ports et aéroports. Car les produits que nous comptons mettre sur le marché international doivent pouvoir sans difficultés transiter par nos ports et aéroports. Face à cette situation de quasi-dénuement dans ce domaine, M. Brandt appelle le secteur des affaires capois à s'ouvrir aux investissements et partenariats étrangers.
Après le secteur des affaires, c'était au tour des bailleurs de fonds de donner leur point de vue sur ce projet de développement de pôle de croissance du Nord. Ericq Pierre, le représentant d'Haïti au Conseil d'administration de la BID a parlé de son engagement vis-àvis d'Haïti. C'est un engagement qui date de 50 ans, dit-il et selon lui malgré le rôle important qu'Haïti a joué dans la création de cette institution, le pays ne participe pas assez dans le fonctionnement de la BID.
Parlant des actions de la Banque interaméricaine de développement en faveur d'Haïti, Ericq Pierre a mentionné les 500 millions de dollars de dette que la BID a éliminés pour Haïti en 2007. Après le séisme, la Banque a également éliminé la totalité des dettes haïtiennes évaluées à plus de 450 millions de dollars. A côté de cela, la BID s'est engagée à offrir un don annuel de 200 millions de à Haïti sur une période de 10 ans.
Tenant de compte de cette situation qui n'est pas totalement reluisante pour l'image du pays, M. Pierre se demande pendant combien de temps encore Haïti va rester un pays qui ne peut recevoir que des dons. Que vont faire les dirigeants haïtiens pour corriger cet état de fait ?
Le représentant de l'USAID à la conférence de lancement, M. Anthony Chan, a laissé entendre au cours de son allocution que « cet événement marque un tournant décisif dans la coopération internationale en Haïti. C'est la preuve que tous les bailleurs de fonds ont harmonisé leurs efforts et ainsi évité la duplication de leurs travaux qui a longtemps affaibli notre support à Haïti ».
En ce qui a trait au département du Nord, a précisé M. Chan, l'objectif du gouvernement américain est de favoriser le développement des potentialités et soutenir le développement du secteur industriel pour créer des emplois durables. Les investissements supplémentaires vont renforcer les résultats obtenus par les autres projets de l'USAID qui fonctionnaient déjà dans la région selon le représentant de l'USAID qui réaffirme le soutien du gouvernement son soutien au plan d'investissement agricole préparé par le gouvernement haïtien avec le support de la communauté internationale.
Mme Lut Fabert, représentante de l'Union européenne, à travers son exposé, a laissé entrevoir que la contribution de l'UE dans ce grand projet de développement du Nord se situera surtout au niveau des infrastructures. En ce sens, elle a annoncé la continuation de son programme de construction routière sur la Route nationale #3. Ce travail va aboutir au rétablissement d'un lien plus direct entre Cap-Haïtien et la capitale. L'UE a travaillé également depuis quelques années dans des projets de sécurité alimentaire dans le département du Centre. Récemment, elle a lancé des activités d'amélioration de technologie agricole dans les régions de St-Raphaël et Fort-Liberté.
Selon Mme Fabert, le Cap-Haïtien doit pouvoir garantir à sa population une meilleure opportunité d'emploi. Cela explique l'apport de l'UE à ce programme qui va permettre une meilleure répartition des richesses et des possibilités d'emploi à cette importante partie de la population haïtienne.
L'un des traits marquants de cette cérémonie de lancement a été l'absence très remarquée des autorités capoises. Le maire et le délégué n'y ont point mis leur nez. Autre sujet d'inquiétude au cours de cette manifestation, c'est la déclaration du président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Nord, M. Malherbe Dorvil, qui a indiqué n'avoir aucun problème avec le projet. Toutefois, son grief c'est de n'avoir pas été partie prenante du programme. Il dit souhaiter que les initiateurs de ce projet s'asseyent avec les représentants du Nord pour discuter de sa faisabilité de ce projet.
A ce sujet, M. Dorvil a eu la garantie du ministre des Finances, M. Ronald Baudin, qui a souligné à l'adresse de l'homme d'affaires capois que le projet est loin d'être un produit fini. « Nous venons à peine d'entamer la réflexion sur le grand programme et nous avons décidé de venir continuer cette réflexion avec vous », a soutenu M. Baudin en vue de calmer les appréhensions du secteur des affaires capois.
Cyprien L. Gary
mardi 2 novembre 2010
mercredi 27 octobre 2010
Le cholera et ses ramifications dans l’Artibonite et le reste du pays
Le cholera et ses ramifications dans l’Artibonite et le reste du pays
Le séisme du 12 janvier 2010 a fait outre les 300.000 morts, 1,5 million de sans-abris et de déplacés .Ces derniers vivent dans un état de promiscuité généralisée qui autorise toutes les formes d’épidémies. Curieusement l’épidémie de cholera causée par le microbe Vibrio cholerae n’a pas éclaté á Port-au-Prince où vivent sous les tentes 1,3 million d’habitants. Elle a éclaté dans le Bas Plateau Central et dans le Bas Artibonite. Delà elle a gagné la commune de l’Arcahaie dans le département de l’Ouest. Cyrus Sibert Cap-Haitien Haïti 22 Octobre 2010, a rapporté trois cas de cholera á Plaisance et á Limbé dans le département du Nord. Le dernier bilan communiqué par le MSPP fait état de 210 morts et de 2 .679 hospitalisés. A Date l’OMS attend les résultats des examens de son propre laboratoire avant de confirmer la thèse du cholera avancée par le laboratoire national d’Haïti.
Devant l'ampleur de l'épidémie, le docteur Saint-Laud de l’Hopital de St Marc , est très inquiet :
« Maintenant j'ai peur pour Saint-Marc, d'abord car tout l'hôpital est contaminé. On n'a pas encore de dispositions pour limiter les zones qui sont contaminées et les patients vont par-ci, par-là. Les patients vont déféquer n'importe où. On n'a pas encore les moyens de bien gérer les déchets. Donc je pense que Saint-Marc est en grand danger et je pense que Port-au-Prince aussi parce que beaucoup de gens qui travaillent ici vivent à Port-au-Prince. Je ne sais pas mais avec les souliers, comme il y a des déchets partout, c'est sûr qu'on va emmener des germes à Port-au-Prince. Je ne le souhaite pas mais je peux dire que l'on court un grand risque »
« Ce que les médecins, les autorités et les ONG redoutaient est arrivé : dans la journée de vendredi, deux décès dûs au choléra ont été enregistrés à Port-au-Prince. Le pire peut être envisagé car dans la capitale, il y a toujours plus d'un million de sinistrés du séisme qui vit dans les rues, dans les camps, dans des conditions sanitaires très inquiétantes ». (Source RFI Amélie Baron 22 oct 2010)
En vertu de la violence et de la vitesse de propagation du cholera le gouvernement de la république d’Haïti a déclaré l’état d’urgence sur tout le pays.
Panique et fuite de la zone
La violence et la vitesse de propagation de la maladie ont crée une panique généralisée dans la zone. Les habitants pris de peur fuient en masse les régions de l’épicentre et migrent vers les villes les plus proches. Cette migration contribue á disséminer le microbe qui a une période d’incubation d’un á cinq jours.
Production de légumes fruits et de légumes feuilles
Quand on parle du système d’irrigation de l’ODVA, on voit seulement le riz , cependant il y a aussi les autres cultures diversifiées , le pois, l’oignon, la tomate, la patate, l’Aubergine, le mais, le Mazoubel la banae, le Pois Congo, le kalalou, et le melon.
A Desarme, Drouet, Duval, Mory, Mauger ,Savanne á Roche d’Allaie Arnaud ,Marchand Dessalines qui représentent la zone d’épicentre du Cholera, on produit et on mange le Lalo, le Panzou, le Caya le chou, la laitue, le cresson, l’épinard, le pourpier ,la patate, la Liane panier ,la Chicorée, le Cresson , la moutarde ,le Cœur de Mazoubelle , la Liane pois Ginen. La majorité de ces légumes feuilles souillés représentent la base de la consommation des Artibonitiens et des Port-au-Princiens. Il faudrait penser á la dissémination du microbe du Cholera par les légumes infestés .
Mode de commercialisation et de conservation des légumes feuilles
On coupe le légume á l’aube ou tard dans l’après midi. Le conditionnement se fait dans des récipients recouverts de linges mouillés et placés dans des endroits frais. Au marché on garde ces légumes á l’ombre et on les arrose de temps en temps de façon á augmenter l’humidité relative du milieu ambiant pour diminuer la transpiration. Cette méthode de conservation avec l’eau ne dure que deux jours au plus et peut propager le microbe si l’eau et les linges sont déjà pollués.( Contribution á l’étude de quelques légumes feuilles mars 1987 Marie Katleen Pierre)
Les légumes se vendent dans tous les marches de haut et de Bas Artibonite, tant a Port-au-Prince qu’au Cap haïtien. L’eau d’arrosage dont on se sert pour arroser les légumes apportés au marché provient de la même eau tirée des canaux d’irrigation de la valle de l’Artibonite. A Port-au-Prince, on ignore d’où les marchandes de la Croix des Bossales prennent l’eau d’arrosage des légumes pour les tenir au frais et empêcher la perte d’eau par transpiration. Les marchandes en vendant les légumes au Cap, a Port-au-Prince, et aux Gonaïves peuvent propager le microbe. Toutes ces eaux sont polluées et venant des gens vivant sous les tentes , elles constituent une boisson potentiellement mortelle. (Jean Baptiste Jean Willy Oct 1992).
NB-Utilisation eventuelle de sechoir solaire a la place de l’arrosage pour conserver les légumes
Le système d’eau Potable.
Le système d’eau potable á Brocozel, Drouet,Villa, Fabias, Desdunes ,jean Denis, Lacouti, Pont Sondé, Dipson, Brizard, Grand Bera, Grande Saline est constitué de puits domestiques d’une profondeur de deux á trois pieds qui donnent une eau saumâtre. L’eau saumâtre facilite la vie du microbe dans l’eau. Le canal SCIPA qui alimente en eau ces puits passe á coté de toutes les maisons d’habitation. (Interview M.William dans la vallée 20-21 oct 2010)
Un delta idéal pour le développement permanent du microbe du Cholera
Le choléra est une maladie extrêmement contagieuse dont la propagation est favorisée par les défaillances des réseaux sanitaires et par l'absence d'hygiène et de soins. Dans l’irrigation de la vallée il faudrait y voir surtout les 189 kilomètres de canaux et de drains primaires , les 115,9 kilomètres de canaux et de drains latéraux, les 1082, kilomètres de canaux et de drains secondaires , plus des millions de kilomètres de canaux tertiaires d’irrigation qui hébergent le microbe. Il faut aussi voir dans la vallée de l’Artibonite, le haut lieu d’un état de promiscuité intime et permanente où jeunes ,adultes, vieux, maitresses de maisons , cuisinières, travailleurs agricoles, pécheurs bœufs, cochons, cabris , canards, qui polluent ces eaux, les utilisent pour la boisson et pour toutes sortes d’usage domestiques (bain, lessive, irrigation, besoin á même le sol et quelques fois dans les rizières mêmes ). Il faudrait ne pas oublier le déversoir Salée flood Way, qui en période d’étiage est saumâtre et peut constituer un foyer idéal pour le microbe du cholera .Il faut compter environ 350 á 400.000 personnes qui sont exposées au microbe du cholera.
Les affluents du fleuve Artibonite
Le fleuve Artibonite reçoit les eaux des bassins versants de plusieurs affluents : Guayanmouc, Thomonde, Cajencino, Mientas sur la rive droite , Onde verte, Roche blanche, Lascaobas, Fer a cheval, La Theme, sur la rive gauche. Il reçoit les eaux des bassins versants des rivières : l’Estere, Tapion, Cabeuil, Coupe à l’Inde , Bois, Maury , rivière Laverdure adossant la vallée. L’une quelle conque de ces rivières peut être contaminée et contaminer á son tour les eaux du fleuve jusqu'à Grande Saline qui est son embouchure .
Ironie du sort et paradoxe conceptuelle, l’ODVA se donne des actions de gestion sur l’eau d’irrigation fournie par ces rivières et n’a aucune autorité pour contrôler les eaux des bassins versant qui font des crues sédimentaires de 6000 m3 á l’année.( Victor Andre, ODVA son passé, son présent et son avenir1980-81) . Il n’existe aucun projet sérieux de contrôle des eaux de ces bassins versants en dehors d’une parodie de projet de reboisement du Bassin versant fleuve Artibonite de 3 millions de gourdes donnés en cadeau à une ONG á Belladère.. Récemment selon les informations qui circulent sur Internet, elles font état d’usure de cinq turbines du barrage de Peligre qui déversent cinq drums huiles lourdes dans le fleuve. Ces fuites non contrôlées pourraient elles être a l’origine de cette épidémie. ?
A Port-au-Prince, la DINETAB, ex CAMEP , organisme autonome s’occupant de l’eau, a toujours souligné la pollution par les matières fécales des sources qui alimentent toute la communauté urbaine de Port-au-Prince. Dans cette communauté, la majorité des propriétaires creusent des latrines dans le sol. Dans la plaine de la Croix des Bouquets , l’eau du sous sol est á peine á deux pieds de profondeur en certains endroits. Les eaux des puits artisanaux sont un mélange d’eau et de matières fécales riches en E. coli et éventuellement en Vibrio cholerae, si les déplacés qui vivent un peu partout dans la communauté urbaine de Port-au-Prince viennent á être touchés..
Spot prevansyon Kolera
Cholera sou’w pa pran byen son chek cash pou peyi san chapo
Sou’w pranl bone, peson pap mouri. Men sa pou’w fê :
Pwoprete tout la jounen, tout kote’w pase.
Pa bwe dlo sispek. Trete dlo wap bwe ak Klowoks.
Lave men’w, chak fwa ou soti nan water, anvan’w met men nan bouch
Pa manje nan menm asyet, pa bwe dlo nan menm gode ak lot patne’w.
Pa manje nan restoran chen janbe pou le moman,
Sevi ak klowoks pou laver fwi ak legim ou vle manje.
michelwilliam1000@hotmail.com
REF
-Interview M William dans la vallée de l’Artibonite 20-21 octobre 2010
-RFI Amélie Baron 22 oct 2010)
-Reseau Citadelle Cyrus Sibert 22 oct 2010
-Dr Jocelyne Louis MSPP 21 Oct 2010 interview a la radio
-Enquete á l’ODVA M William oct 2005/PIA
-Systeme de drainage et Cultures maraicheres dans la valle de l’Artibonite Mémoire de sortie Jean Baptiste Jean Willy Oct 1992
-Contribution a L’Etude de quelques legumes feuilles Marie Katleen Pierre Mémoire de sortie FAMV mars 1987
-L’ODVA Son Passe ,Son Présent et Son Avenir ODVA Mars 1982
Le séisme du 12 janvier 2010 a fait outre les 300.000 morts, 1,5 million de sans-abris et de déplacés .Ces derniers vivent dans un état de promiscuité généralisée qui autorise toutes les formes d’épidémies. Curieusement l’épidémie de cholera causée par le microbe Vibrio cholerae n’a pas éclaté á Port-au-Prince où vivent sous les tentes 1,3 million d’habitants. Elle a éclaté dans le Bas Plateau Central et dans le Bas Artibonite. Delà elle a gagné la commune de l’Arcahaie dans le département de l’Ouest. Cyrus Sibert Cap-Haitien Haïti 22 Octobre 2010, a rapporté trois cas de cholera á Plaisance et á Limbé dans le département du Nord. Le dernier bilan communiqué par le MSPP fait état de 210 morts et de 2 .679 hospitalisés. A Date l’OMS attend les résultats des examens de son propre laboratoire avant de confirmer la thèse du cholera avancée par le laboratoire national d’Haïti.
Devant l'ampleur de l'épidémie, le docteur Saint-Laud de l’Hopital de St Marc , est très inquiet :
« Maintenant j'ai peur pour Saint-Marc, d'abord car tout l'hôpital est contaminé. On n'a pas encore de dispositions pour limiter les zones qui sont contaminées et les patients vont par-ci, par-là. Les patients vont déféquer n'importe où. On n'a pas encore les moyens de bien gérer les déchets. Donc je pense que Saint-Marc est en grand danger et je pense que Port-au-Prince aussi parce que beaucoup de gens qui travaillent ici vivent à Port-au-Prince. Je ne sais pas mais avec les souliers, comme il y a des déchets partout, c'est sûr qu'on va emmener des germes à Port-au-Prince. Je ne le souhaite pas mais je peux dire que l'on court un grand risque »
« Ce que les médecins, les autorités et les ONG redoutaient est arrivé : dans la journée de vendredi, deux décès dûs au choléra ont été enregistrés à Port-au-Prince. Le pire peut être envisagé car dans la capitale, il y a toujours plus d'un million de sinistrés du séisme qui vit dans les rues, dans les camps, dans des conditions sanitaires très inquiétantes ». (Source RFI Amélie Baron 22 oct 2010)
En vertu de la violence et de la vitesse de propagation du cholera le gouvernement de la république d’Haïti a déclaré l’état d’urgence sur tout le pays.
Panique et fuite de la zone
La violence et la vitesse de propagation de la maladie ont crée une panique généralisée dans la zone. Les habitants pris de peur fuient en masse les régions de l’épicentre et migrent vers les villes les plus proches. Cette migration contribue á disséminer le microbe qui a une période d’incubation d’un á cinq jours.
Production de légumes fruits et de légumes feuilles
Quand on parle du système d’irrigation de l’ODVA, on voit seulement le riz , cependant il y a aussi les autres cultures diversifiées , le pois, l’oignon, la tomate, la patate, l’Aubergine, le mais, le Mazoubel la banae, le Pois Congo, le kalalou, et le melon.
A Desarme, Drouet, Duval, Mory, Mauger ,Savanne á Roche d’Allaie Arnaud ,Marchand Dessalines qui représentent la zone d’épicentre du Cholera, on produit et on mange le Lalo, le Panzou, le Caya le chou, la laitue, le cresson, l’épinard, le pourpier ,la patate, la Liane panier ,la Chicorée, le Cresson , la moutarde ,le Cœur de Mazoubelle , la Liane pois Ginen. La majorité de ces légumes feuilles souillés représentent la base de la consommation des Artibonitiens et des Port-au-Princiens. Il faudrait penser á la dissémination du microbe du Cholera par les légumes infestés .
Mode de commercialisation et de conservation des légumes feuilles
On coupe le légume á l’aube ou tard dans l’après midi. Le conditionnement se fait dans des récipients recouverts de linges mouillés et placés dans des endroits frais. Au marché on garde ces légumes á l’ombre et on les arrose de temps en temps de façon á augmenter l’humidité relative du milieu ambiant pour diminuer la transpiration. Cette méthode de conservation avec l’eau ne dure que deux jours au plus et peut propager le microbe si l’eau et les linges sont déjà pollués.( Contribution á l’étude de quelques légumes feuilles mars 1987 Marie Katleen Pierre)
Les légumes se vendent dans tous les marches de haut et de Bas Artibonite, tant a Port-au-Prince qu’au Cap haïtien. L’eau d’arrosage dont on se sert pour arroser les légumes apportés au marché provient de la même eau tirée des canaux d’irrigation de la valle de l’Artibonite. A Port-au-Prince, on ignore d’où les marchandes de la Croix des Bossales prennent l’eau d’arrosage des légumes pour les tenir au frais et empêcher la perte d’eau par transpiration. Les marchandes en vendant les légumes au Cap, a Port-au-Prince, et aux Gonaïves peuvent propager le microbe. Toutes ces eaux sont polluées et venant des gens vivant sous les tentes , elles constituent une boisson potentiellement mortelle. (Jean Baptiste Jean Willy Oct 1992).
NB-Utilisation eventuelle de sechoir solaire a la place de l’arrosage pour conserver les légumes
Le système d’eau Potable.
Le système d’eau potable á Brocozel, Drouet,Villa, Fabias, Desdunes ,jean Denis, Lacouti, Pont Sondé, Dipson, Brizard, Grand Bera, Grande Saline est constitué de puits domestiques d’une profondeur de deux á trois pieds qui donnent une eau saumâtre. L’eau saumâtre facilite la vie du microbe dans l’eau. Le canal SCIPA qui alimente en eau ces puits passe á coté de toutes les maisons d’habitation. (Interview M.William dans la vallée 20-21 oct 2010)
Un delta idéal pour le développement permanent du microbe du Cholera
Le choléra est une maladie extrêmement contagieuse dont la propagation est favorisée par les défaillances des réseaux sanitaires et par l'absence d'hygiène et de soins. Dans l’irrigation de la vallée il faudrait y voir surtout les 189 kilomètres de canaux et de drains primaires , les 115,9 kilomètres de canaux et de drains latéraux, les 1082, kilomètres de canaux et de drains secondaires , plus des millions de kilomètres de canaux tertiaires d’irrigation qui hébergent le microbe. Il faut aussi voir dans la vallée de l’Artibonite, le haut lieu d’un état de promiscuité intime et permanente où jeunes ,adultes, vieux, maitresses de maisons , cuisinières, travailleurs agricoles, pécheurs bœufs, cochons, cabris , canards, qui polluent ces eaux, les utilisent pour la boisson et pour toutes sortes d’usage domestiques (bain, lessive, irrigation, besoin á même le sol et quelques fois dans les rizières mêmes ). Il faudrait ne pas oublier le déversoir Salée flood Way, qui en période d’étiage est saumâtre et peut constituer un foyer idéal pour le microbe du cholera .Il faut compter environ 350 á 400.000 personnes qui sont exposées au microbe du cholera.
Les affluents du fleuve Artibonite
Le fleuve Artibonite reçoit les eaux des bassins versants de plusieurs affluents : Guayanmouc, Thomonde, Cajencino, Mientas sur la rive droite , Onde verte, Roche blanche, Lascaobas, Fer a cheval, La Theme, sur la rive gauche. Il reçoit les eaux des bassins versants des rivières : l’Estere, Tapion, Cabeuil, Coupe à l’Inde , Bois, Maury , rivière Laverdure adossant la vallée. L’une quelle conque de ces rivières peut être contaminée et contaminer á son tour les eaux du fleuve jusqu'à Grande Saline qui est son embouchure .
Ironie du sort et paradoxe conceptuelle, l’ODVA se donne des actions de gestion sur l’eau d’irrigation fournie par ces rivières et n’a aucune autorité pour contrôler les eaux des bassins versant qui font des crues sédimentaires de 6000 m3 á l’année.( Victor Andre, ODVA son passé, son présent et son avenir1980-81) . Il n’existe aucun projet sérieux de contrôle des eaux de ces bassins versants en dehors d’une parodie de projet de reboisement du Bassin versant fleuve Artibonite de 3 millions de gourdes donnés en cadeau à une ONG á Belladère.. Récemment selon les informations qui circulent sur Internet, elles font état d’usure de cinq turbines du barrage de Peligre qui déversent cinq drums huiles lourdes dans le fleuve. Ces fuites non contrôlées pourraient elles être a l’origine de cette épidémie. ?
A Port-au-Prince, la DINETAB, ex CAMEP , organisme autonome s’occupant de l’eau, a toujours souligné la pollution par les matières fécales des sources qui alimentent toute la communauté urbaine de Port-au-Prince. Dans cette communauté, la majorité des propriétaires creusent des latrines dans le sol. Dans la plaine de la Croix des Bouquets , l’eau du sous sol est á peine á deux pieds de profondeur en certains endroits. Les eaux des puits artisanaux sont un mélange d’eau et de matières fécales riches en E. coli et éventuellement en Vibrio cholerae, si les déplacés qui vivent un peu partout dans la communauté urbaine de Port-au-Prince viennent á être touchés..
Spot prevansyon Kolera
Cholera sou’w pa pran byen son chek cash pou peyi san chapo
Sou’w pranl bone, peson pap mouri. Men sa pou’w fê :
Pwoprete tout la jounen, tout kote’w pase.
Pa bwe dlo sispek. Trete dlo wap bwe ak Klowoks.
Lave men’w, chak fwa ou soti nan water, anvan’w met men nan bouch
Pa manje nan menm asyet, pa bwe dlo nan menm gode ak lot patne’w.
Pa manje nan restoran chen janbe pou le moman,
Sevi ak klowoks pou laver fwi ak legim ou vle manje.
michelwilliam1000@hotmail.com
REF
-Interview M William dans la vallée de l’Artibonite 20-21 octobre 2010
-RFI Amélie Baron 22 oct 2010)
-Reseau Citadelle Cyrus Sibert 22 oct 2010
-Dr Jocelyne Louis MSPP 21 Oct 2010 interview a la radio
-Enquete á l’ODVA M William oct 2005/PIA
-Systeme de drainage et Cultures maraicheres dans la valle de l’Artibonite Mémoire de sortie Jean Baptiste Jean Willy Oct 1992
-Contribution a L’Etude de quelques legumes feuilles Marie Katleen Pierre Mémoire de sortie FAMV mars 1987
-L’ODVA Son Passe ,Son Présent et Son Avenir ODVA Mars 1982
dimanche 29 août 2010
Entre Jacques Edouard Alexis et Jude Célestin Que choisir ?
Entre Jacques Edouard Alexis et Jude Célestin Que choisir ?
William Michel
29 Aout 2010
Wyclef , le candidat trouble fête évincé de la course á la présidence et l’opposition politique traditionnelle absente du processus ne signifient pas pour autant la fin de la politique ni pour le peuple ni pour le pouvoir. Aussi longtemps qu’il existera même un lambeau de nation á organiser , une masse á faire croire en son salut et des intérêts économiques á sauvegarder, la politique gardera ses droits et des leaders émergeront pour prétendre á leur gestion. La politique as usual continue. Jacques Edouard Alexis et Jude Célestin seront les deux candidats qui bénéficieront de la confiance de la communauté internationale et de la fraction infirme de la population qui ira voter ce 28 novembre. D’aucuns poseront la question á savoir est-que au niveau des spéculations le premier tour est déjà joué qui mettrait face á face au deuxième tour Alexis et Célestin ?
La réponse á cette très pertinente question ne se fait pas attendre. Tant mieux pour les incrédules , pardon pour les intelligents comme Baker, Manigat ou même Céant qui á la faveur de quelques promesses mirobolantes auraient lâché l’ombre pour la proie en donnant un peu de crédibilité au processus. Les autres membres de la grande famille INITE s’abstiendront de toute participation réelle aux élections pour ne pas émietter l’électorat déjà faible et réduire les chances de leurs deux favoris. Ailleurs l’administration prévale a donné déjà la preuve de son expérience qu’elle ne perd jamais sur le terrain électoral, même si ces élections entachées de fraudes massives ont eu des résultats discutables.. Aujourd’hui la situation est nettement différente. Si hier il y avait des fraudes massives dans le processus électoral, aujourd’hui c’est la raison d’état qui le caractérise. Les lisières sont franchies dès le départ. La communauté internationale par l’entremise des Nations Unies et de l’OEA parle d’une voix unitaire très claire et a choisi le camp de la continuité. Du coté du CEP, le choix des candidats aura été fait á l’encontre de la loi électorale et de la constitution . Ce choix démontre que le CEP est un organisme d’état qui entend faire des élections une question d’état obéissant á une raison d’état.
La raison d’état est qu’avec la CIRH qui charrie tous les espoirs d’investissements pour les cinq ans á venir et qui a á son actif l’autorité des Nations Unies appuyée par la force militaire de la MINUSTHA pour imposer toutes les formes de gestion au pays , la communauté internationale entend préserver l’ordre établi .Elle a besoin d’un apparatchik taillé sur mesure . L’équipe de L’INITE et d’Alexis se présente comme la seule qui soit capable de lui offrir cette opportunité. Il se trouve qu’en face de cette communauté internationale qui approuve toute la politique du président Préval il n’y a aucune force politique intérieure capable de mettre en danger son plan et de contrarier le processus électoral. La communauté internationale se sent á l’aise pour manœuvrer et n’a aucun intérêt á faire un jeu politique dubitatif qui viendrait saper les bases sures de sa gouvernance du moins pour les cinq années á venir. Il en sera ainsi jusqu'à ce que l’opposition politique comprenne que pour remplacer l’équipe de Préval et avoir la bénédiction de l’internationale elle doit faire front uni , ne pas se présenter en équipes dispersées et ne pas intégrer aucun gouvernement pluriel.
Sur la base de ce calcul deux candidats seraient aptes á garantir les intérêts de la communauté internationale , ceux de l’équipe au pouvoir et ceux de la bourgeoisie haïtienne. Ces candidats doivent sortir des rangs de la même famille qui connait déjà les vices et les risques du métier. Il s’agirait des candidats Alexis et Célestin qui ont en commun la même base électoraliste de terrain pour les départager. La bataille entre ces deux candidats pour la conquête de la fraction de l’électorat qui ira voter s’annonce âpre et rude. Jacques Edouard Alexis ne fera pas de cadeau á Jude Célestin pendant que le sénateur Lambert et son collègue du nord mèneront la vie dure á JEA. Ce sera une élection « Fê koupe Fê « sans pitié entre deux ténors prévaliens avec des alliances très stratégiques
Cette base électoraliste serait formée des alliés du bloc CPP, des maires , des casecs ,des délégués , des vices délègues , des ministres de l’Intérieur, de la Justice ,de l’Agriculture et de l’organisation interne du CEP ayant tissé des relations privilégiées avec ces deux candidats .Cette base décidera indépendamment de la volonté de Mr Préval qui des deux candidats sera élu á la magistrature suprême du pays le 28 novembre 2010. Sur l’aile gauche de Jacques Edouard Alexis il faut compter avec l’alliance éventuelle des blocs régionaux formés de ses anciens ennemis de l’OPL, de l’AA, du PONT ,de la fusion qui ne pouvant pas empêcher les élections iraient gonfler le camp d’ Alexis.
Pour que rien n’échappe au contrôle de l’un ou l’autre de ces deux candidats il faut que l’internationale et le pouvoir s’arrangent que le pourcentage des votants á ces élections ne dépassent les 15 á 20% de la population en âge de voter . Ce qui laisse prévoir que même avec un coup d’état á l’intérieur du coup d’état électoral, le choix restera entre Alexis et Célestin.
William Michel
29 Aout 2010
Wyclef , le candidat trouble fête évincé de la course á la présidence et l’opposition politique traditionnelle absente du processus ne signifient pas pour autant la fin de la politique ni pour le peuple ni pour le pouvoir. Aussi longtemps qu’il existera même un lambeau de nation á organiser , une masse á faire croire en son salut et des intérêts économiques á sauvegarder, la politique gardera ses droits et des leaders émergeront pour prétendre á leur gestion. La politique as usual continue. Jacques Edouard Alexis et Jude Célestin seront les deux candidats qui bénéficieront de la confiance de la communauté internationale et de la fraction infirme de la population qui ira voter ce 28 novembre. D’aucuns poseront la question á savoir est-que au niveau des spéculations le premier tour est déjà joué qui mettrait face á face au deuxième tour Alexis et Célestin ?
La réponse á cette très pertinente question ne se fait pas attendre. Tant mieux pour les incrédules , pardon pour les intelligents comme Baker, Manigat ou même Céant qui á la faveur de quelques promesses mirobolantes auraient lâché l’ombre pour la proie en donnant un peu de crédibilité au processus. Les autres membres de la grande famille INITE s’abstiendront de toute participation réelle aux élections pour ne pas émietter l’électorat déjà faible et réduire les chances de leurs deux favoris. Ailleurs l’administration prévale a donné déjà la preuve de son expérience qu’elle ne perd jamais sur le terrain électoral, même si ces élections entachées de fraudes massives ont eu des résultats discutables.. Aujourd’hui la situation est nettement différente. Si hier il y avait des fraudes massives dans le processus électoral, aujourd’hui c’est la raison d’état qui le caractérise. Les lisières sont franchies dès le départ. La communauté internationale par l’entremise des Nations Unies et de l’OEA parle d’une voix unitaire très claire et a choisi le camp de la continuité. Du coté du CEP, le choix des candidats aura été fait á l’encontre de la loi électorale et de la constitution . Ce choix démontre que le CEP est un organisme d’état qui entend faire des élections une question d’état obéissant á une raison d’état.
La raison d’état est qu’avec la CIRH qui charrie tous les espoirs d’investissements pour les cinq ans á venir et qui a á son actif l’autorité des Nations Unies appuyée par la force militaire de la MINUSTHA pour imposer toutes les formes de gestion au pays , la communauté internationale entend préserver l’ordre établi .Elle a besoin d’un apparatchik taillé sur mesure . L’équipe de L’INITE et d’Alexis se présente comme la seule qui soit capable de lui offrir cette opportunité. Il se trouve qu’en face de cette communauté internationale qui approuve toute la politique du président Préval il n’y a aucune force politique intérieure capable de mettre en danger son plan et de contrarier le processus électoral. La communauté internationale se sent á l’aise pour manœuvrer et n’a aucun intérêt á faire un jeu politique dubitatif qui viendrait saper les bases sures de sa gouvernance du moins pour les cinq années á venir. Il en sera ainsi jusqu'à ce que l’opposition politique comprenne que pour remplacer l’équipe de Préval et avoir la bénédiction de l’internationale elle doit faire front uni , ne pas se présenter en équipes dispersées et ne pas intégrer aucun gouvernement pluriel.
Sur la base de ce calcul deux candidats seraient aptes á garantir les intérêts de la communauté internationale , ceux de l’équipe au pouvoir et ceux de la bourgeoisie haïtienne. Ces candidats doivent sortir des rangs de la même famille qui connait déjà les vices et les risques du métier. Il s’agirait des candidats Alexis et Célestin qui ont en commun la même base électoraliste de terrain pour les départager. La bataille entre ces deux candidats pour la conquête de la fraction de l’électorat qui ira voter s’annonce âpre et rude. Jacques Edouard Alexis ne fera pas de cadeau á Jude Célestin pendant que le sénateur Lambert et son collègue du nord mèneront la vie dure á JEA. Ce sera une élection « Fê koupe Fê « sans pitié entre deux ténors prévaliens avec des alliances très stratégiques
Cette base électoraliste serait formée des alliés du bloc CPP, des maires , des casecs ,des délégués , des vices délègues , des ministres de l’Intérieur, de la Justice ,de l’Agriculture et de l’organisation interne du CEP ayant tissé des relations privilégiées avec ces deux candidats .Cette base décidera indépendamment de la volonté de Mr Préval qui des deux candidats sera élu á la magistrature suprême du pays le 28 novembre 2010. Sur l’aile gauche de Jacques Edouard Alexis il faut compter avec l’alliance éventuelle des blocs régionaux formés de ses anciens ennemis de l’OPL, de l’AA, du PONT ,de la fusion qui ne pouvant pas empêcher les élections iraient gonfler le camp d’ Alexis.
Pour que rien n’échappe au contrôle de l’un ou l’autre de ces deux candidats il faut que l’internationale et le pouvoir s’arrangent que le pourcentage des votants á ces élections ne dépassent les 15 á 20% de la population en âge de voter . Ce qui laisse prévoir que même avec un coup d’état á l’intérieur du coup d’état électoral, le choix restera entre Alexis et Célestin.
Et si Wyclef cherchait plus de célébrité pour faire plus d’argent !
Et si Wyclef cherchait plus de célébrité pour faire plus d’argent !
William Michel
28 AOUT 2010
Chrysostome Harahagazwe dans un article posté le 18 janvier 2010 et intitulé « DRAME HAITIEN : LES LEÇONS BURUNDAISES !!! » écrit ceci sur Haïti « La médiocrité du leadership et l’oppression de la population par la classe dirigeante, conduisent inexorablement à la misère, aux guerres, à la destruction de l’environnement et partant aux catastrophes » Par catastrophe ici il faut s’entendre des cyclones des tempêtes des tremblements de terre de la vulnérabilité de la population et de l‘arrivée au pouvoir de leaders qui ont ruiné le pays. Par analogie au cas Wyclef, il faudrait y voir la course à la présidence par un monsieur qui n’en aurait pas l’étoffe. Pour étayer sa thèse il évoque l’évolution en sens inverse des deux frères siamois de l’ile ,celle de la république dominicaine avec des leaders éclairés visionnaires et une élite consciente de ses responsabilités historiques ,celle de la république d’Haïti avec des leaders rétrogrades obscurantistes sans vision du futur et une élite égoïste soucieuse seulement de sa réussite individuelle . Le journaliste burundais analysant respectivement l’évolution historique négative du Burundi après 50 ans et celle pire d’Haïti après deux cents ans d’indépendance met en garde celle la, pour éviter l’ « Haitisation » du Burundi et recommande que les dirigeants burundais s’inspirent des exemples du Rwanda et de la république dominicaine menés par des leaders éclairés s’entourant d’une élite plutôt saine pour éviter que le Burundi qui marche déjà sur les traces d’Haïti ne s’enfoncent d’avantage dans la médiocratie.. La lecture de cet article me fait revenir sur le phénomène Wyclef
Le cas Wyclef
Wyclef a tout l’air d’un idiot intelligent avec deux grands I qui cherche à manipuler l’opinion internationale pour devenir plus riche. Il est guidé dans sa stratégie par l’expérience des Fugee récupéré par l’establishment américain qui a fait de lui un grand star en l’exposant aux plus grandes chaines mondiales de la presse parlée et qui lui ont permis de faire ses premiers millions en vendant des millions de CD et de DVD .
Un deuxième événement, le séisme du 12 janvier, lui a offert une deuxième opportunité de s’exposer á ces grand medias internationaux en prenant fait et cause pour les morts et les rescapés. Il en a profité pour collecter 16 millions de dollars au nom des rescapés du désastre haïtien si l’on devait se fier aux données circulant sur l’internet.
Ayant pris gout à l’argent facile aux dépens des mass media, il aurait déduit que s’il continue bien de gérer ceux-ci comme il l’a très bien fait jusqu'à présent, le renforcement de son exposition aux grandes chaines mondiales de télévision peut lui ouvrir une fenêtre permanente sur le monde de la richesse. C’est ainsi qu’il aurait monté de toute pièce une comédie de candidat á la présidence .Il aurait conçu une stratégie qui embarque la grande majorité des jeunes et des chômeurs ,qui le propulse á l’avant scène de la politique haïtienne et qui le met à nouveau sous les rampes de la grande presse internationale. De sa déclaration de candidature á la présidence de la république d’Haïti sur CNN á date, Mr Wyclef n’a cessé de multiplier les interviews et est présent chaque jour sur toutes les antennes des télévisions et journaux du monde. Son nom est sur toutes les lèvres. Il est en train d’utiliser sa déclaration de candidature a la présidence de la république d’Haïti a des fins insoupçonnées des autres. Déjà il vient d’annoncer qu’il retourne à la musique en mettant sur le you tube sa toute dernière chanson « prizon kou KEP la » et spontanément il décide de faire appel au verdict du CEP.
Sa déclaration de candidat á la présidence s’apparente á la stratégie d’un enfant du ghetto new Yorkais type « JPP jan’l pase’l pase » qui croit qu’ à la faveur d’une promotion sociale tombée du ciel il peut se permettre toutes les libertés jusqu'à jouer au prestige de l’institution de la présidence pour augmenter son fond de commerce basé sur ses talents artistiques incontestés. Cette stratégie aurait failli bien tourner à son avantage politique au niveau de la jeunesse misérable haïtienne qui éprise d’admiration pour le chanteur et en quête d’un génie messianique pour la sauver l’aurait plébiscité comme président de la république. Cette stratégie empreinte de langage totalitaire lui aurait gagné d’autres sympathies qui, ne pouvant pas défaire le président Préval dans aucune élection contrôlée , auront misé sur la popularité du star pour contraindre le CEP à respecter le verdict des urnes et á ne pas dire comme Joseph Staline : ce qui compte ce ne sont pas ceux qui votent mais ceux qui comptent les votes »( internet haitian politics).
Cette plaisanterie pleine de bon sens du point de vue des affaires et chargée d’impondérabilité d’un point de vue politique a pris de vitesse toute la classe politique haïtienne qui, paniquée, a fomenté une sortie de scène qui a l’air d’un vrai complot politique. De fait Wyclef a été écarté de la course á la présidence mais il a réussi son premier coup . En plus d’être connu comme un grand artiste il a manœuvré pour devenir le centre d’intérêt permanent des grandes chaine de television du monde qui conditionneront la sortie de son prochain album ..
Tout compte fait , ramené au niveau d’Haïti, Wyclef a tout l’air d’un Bernard Madoff dans la gestion économique de ses entreprises de musique. Il aurait décidé de berner politiquement tout le monde en utilisant les grands moyens pour arriver á ses fins. Madoff a joué toute la classe politique américaine et la finance internationale pour mener une vie de faux prince , Wyclef a choisi de jouer la politique et les grands media internationaux pour rester sous les feux de l’actualité ,devenir plus célèbre et gagner plus d’argent .Wyclef serait un idiot intelligent borné et non un idiot sot. La presse télévisée et la musique qui sont ses meilleurs atouts peuvent aussi le ruiner s’il devra payer un jour pour la publicité qui lui est aujourd’hui gratuite. Pwason renmen dlo, se dlo kap touye’l. Wyclef c’est Tyson, c’est Ogé Simpson d’un autre genre. Ferait il un bon président s’il était encore dans la course ? Malgré toutes ces analyses j’ai l’intime conviction qu’il serait différent des autres.
William Michel
28 AOUT 2010
Chrysostome Harahagazwe dans un article posté le 18 janvier 2010 et intitulé « DRAME HAITIEN : LES LEÇONS BURUNDAISES !!! » écrit ceci sur Haïti « La médiocrité du leadership et l’oppression de la population par la classe dirigeante, conduisent inexorablement à la misère, aux guerres, à la destruction de l’environnement et partant aux catastrophes » Par catastrophe ici il faut s’entendre des cyclones des tempêtes des tremblements de terre de la vulnérabilité de la population et de l‘arrivée au pouvoir de leaders qui ont ruiné le pays. Par analogie au cas Wyclef, il faudrait y voir la course à la présidence par un monsieur qui n’en aurait pas l’étoffe. Pour étayer sa thèse il évoque l’évolution en sens inverse des deux frères siamois de l’ile ,celle de la république dominicaine avec des leaders éclairés visionnaires et une élite consciente de ses responsabilités historiques ,celle de la république d’Haïti avec des leaders rétrogrades obscurantistes sans vision du futur et une élite égoïste soucieuse seulement de sa réussite individuelle . Le journaliste burundais analysant respectivement l’évolution historique négative du Burundi après 50 ans et celle pire d’Haïti après deux cents ans d’indépendance met en garde celle la, pour éviter l’ « Haitisation » du Burundi et recommande que les dirigeants burundais s’inspirent des exemples du Rwanda et de la république dominicaine menés par des leaders éclairés s’entourant d’une élite plutôt saine pour éviter que le Burundi qui marche déjà sur les traces d’Haïti ne s’enfoncent d’avantage dans la médiocratie.. La lecture de cet article me fait revenir sur le phénomène Wyclef
Le cas Wyclef
Wyclef a tout l’air d’un idiot intelligent avec deux grands I qui cherche à manipuler l’opinion internationale pour devenir plus riche. Il est guidé dans sa stratégie par l’expérience des Fugee récupéré par l’establishment américain qui a fait de lui un grand star en l’exposant aux plus grandes chaines mondiales de la presse parlée et qui lui ont permis de faire ses premiers millions en vendant des millions de CD et de DVD .
Un deuxième événement, le séisme du 12 janvier, lui a offert une deuxième opportunité de s’exposer á ces grand medias internationaux en prenant fait et cause pour les morts et les rescapés. Il en a profité pour collecter 16 millions de dollars au nom des rescapés du désastre haïtien si l’on devait se fier aux données circulant sur l’internet.
Ayant pris gout à l’argent facile aux dépens des mass media, il aurait déduit que s’il continue bien de gérer ceux-ci comme il l’a très bien fait jusqu'à présent, le renforcement de son exposition aux grandes chaines mondiales de télévision peut lui ouvrir une fenêtre permanente sur le monde de la richesse. C’est ainsi qu’il aurait monté de toute pièce une comédie de candidat á la présidence .Il aurait conçu une stratégie qui embarque la grande majorité des jeunes et des chômeurs ,qui le propulse á l’avant scène de la politique haïtienne et qui le met à nouveau sous les rampes de la grande presse internationale. De sa déclaration de candidature á la présidence de la république d’Haïti sur CNN á date, Mr Wyclef n’a cessé de multiplier les interviews et est présent chaque jour sur toutes les antennes des télévisions et journaux du monde. Son nom est sur toutes les lèvres. Il est en train d’utiliser sa déclaration de candidature a la présidence de la république d’Haïti a des fins insoupçonnées des autres. Déjà il vient d’annoncer qu’il retourne à la musique en mettant sur le you tube sa toute dernière chanson « prizon kou KEP la » et spontanément il décide de faire appel au verdict du CEP.
Sa déclaration de candidat á la présidence s’apparente á la stratégie d’un enfant du ghetto new Yorkais type « JPP jan’l pase’l pase » qui croit qu’ à la faveur d’une promotion sociale tombée du ciel il peut se permettre toutes les libertés jusqu'à jouer au prestige de l’institution de la présidence pour augmenter son fond de commerce basé sur ses talents artistiques incontestés. Cette stratégie aurait failli bien tourner à son avantage politique au niveau de la jeunesse misérable haïtienne qui éprise d’admiration pour le chanteur et en quête d’un génie messianique pour la sauver l’aurait plébiscité comme président de la république. Cette stratégie empreinte de langage totalitaire lui aurait gagné d’autres sympathies qui, ne pouvant pas défaire le président Préval dans aucune élection contrôlée , auront misé sur la popularité du star pour contraindre le CEP à respecter le verdict des urnes et á ne pas dire comme Joseph Staline : ce qui compte ce ne sont pas ceux qui votent mais ceux qui comptent les votes »( internet haitian politics).
Cette plaisanterie pleine de bon sens du point de vue des affaires et chargée d’impondérabilité d’un point de vue politique a pris de vitesse toute la classe politique haïtienne qui, paniquée, a fomenté une sortie de scène qui a l’air d’un vrai complot politique. De fait Wyclef a été écarté de la course á la présidence mais il a réussi son premier coup . En plus d’être connu comme un grand artiste il a manœuvré pour devenir le centre d’intérêt permanent des grandes chaine de television du monde qui conditionneront la sortie de son prochain album ..
Tout compte fait , ramené au niveau d’Haïti, Wyclef a tout l’air d’un Bernard Madoff dans la gestion économique de ses entreprises de musique. Il aurait décidé de berner politiquement tout le monde en utilisant les grands moyens pour arriver á ses fins. Madoff a joué toute la classe politique américaine et la finance internationale pour mener une vie de faux prince , Wyclef a choisi de jouer la politique et les grands media internationaux pour rester sous les feux de l’actualité ,devenir plus célèbre et gagner plus d’argent .Wyclef serait un idiot intelligent borné et non un idiot sot. La presse télévisée et la musique qui sont ses meilleurs atouts peuvent aussi le ruiner s’il devra payer un jour pour la publicité qui lui est aujourd’hui gratuite. Pwason renmen dlo, se dlo kap touye’l. Wyclef c’est Tyson, c’est Ogé Simpson d’un autre genre. Ferait il un bon président s’il était encore dans la course ? Malgré toutes ces analyses j’ai l’intime conviction qu’il serait différent des autres.
mardi 24 août 2010
Wyclef á la fois un aventurier une révélation et une déception
Wyclef á la fois un aventurier une révélation et une déception
William Michel
24 aout 2010
Wyclef est un aventurier capable de toutes les imprévisions en politique, une révélation de la diaspora politique et une déception pour la masse des jeunes haïtiens . C’est ce qui ressort de sa rencontre avec le président de la république á l’issue de laquelle son exclusion potentielle du processus n’a pas fini de soulever des interrogations. Les suspicions fusent en tout sens et vont de la fausseté á la traitrise en passant par la soif de l’argent á tout prix. Certains se réjouissent déjà du machiavélisme du président Préval qui élégamment a su trouver le moyen le plus odieux pour empêcher qu’un aventurier politique remplace un débonnaire á la présidence d’Haïti.
Wyclef serait un faux pour lui-même et un faux pour la classe politique haïtienne parce qu'en posant sa candidature , il ne croyait pas en lui-même, il n’avait rien d’un homme politique et il n'avait aucun projet de société pour Haïti. Sinon, comment expliquer qu'un candidat ayant toute cette popularité potentielle immédiatement après avoir rencontré le président de la république seulement deux jours avant la proclamation de la liste des présidentiables ait pu accepter avec autant de facilité et de sourire son éviction de la course á la présidence ? Comment comprendre á la sortie de la réunion sa demande aux partisans chauffés á blanc de rester calme sous le fallacieux prétexte qu’il n’est connu encore de personne les candidats qui seront agréés ou exclus.
Au demeurant si Mr Wyclef n’a rien laissé filtré de la rencontre, il y a au moins deux signes qui laissent croire qu’un deal a été trouvé entre Wyclef et le président. Le tout premier signe est l’intime poignée de main qui révèle le sceau d’un deal gagnant -gagnant pour les deux hommes suivi du comportement silencieux et serein du millionnaire qui contraste avec la réaction froide mais instantanée de l’homme politique qui crierait au scandale et qui demanderait á ses partisans de gagner les rues pour donner une fin de non recevoir á cette exclusion de dernière heure. Le second signe patent est lorsque l’agence Reuter de la bouche de son correspondant que tout le monde dit depuis longtemps proche du président a vendu la mèche en déclarant que de source proche d’un conseiller électoral, il a appris que Wyclef était déjà exclus du processus ? Pourquoi le correspondant de Reuter et pas un autre journaliste ? Pourquoi la primeur de la nouvelle á ce correspondant de Reuter qui dit ( nan Ranmase) qu’il est un fanatique de Wyclef ? Tout porte á croire que le jeu était déjà connu au moins de ces trois.
Ailleurs la candidature de Wyclef pourrait bien avoir été un canular ou un deal conçu simplement pour dynamiser le processus électoral boudé par l’opposition .Cette thèse ne serait pas loin de celle qui voudrait que la présence de nombreux candidats du palais national dans cette course soit des figurines prêtes á déclarer éventuellement forfait les jours á venir tout en se préparant á renforcer la candidature de Jude Célestin de l’INITE. Ces différentes spéculations conduisent la classe politique á croire que Wyclef n’a pas l’étoffe d’un homme politique et confirment la préoccupation qu’il pourrait devenir l’aventurier le plus dangereux qui émergerait sur la scène politique après Aristide . Fort de de cela , un vaste complot serait ourdi pour faire comprendre á ce Monsieur qu’il ne serait pas l’homme du moment et qu’en n’acceptant pas le rejet de sa candidature , il s’exposerait indubitablement á des dérapages.
Wyclef est la révélation de la diaspora politique. Profitons de cette occasion pour faire le distinguo entre la diaspora haïtienne classique faite de rudes travailleurs pourvoyeuse d’argent á la population haïtienne et la diaspora politique , appendice de la clase politique haïtienne á l’étranger qui vit en parasite sur la diaspora classique( Sansarik) et qui a fait du mal á l’administration publique haïtienne dans tous les postes occupés á date. Par révélation il faudrait entendre que Wyclef en tant que réussite de la diaspora politique a une phobie bleue de l'argent pendant qu'il aime l'argent au point de jouer même son va tout pour l'avoir. Parallèlement Wyclef a appris aux dépens de l’establishment américain et de la diaspora lavalassienne que la meilleure façon de faire de l'argent rapide est d'entrer en politique. Certes il a fait un peu d'argent dans le HIP POP, mais il a gardé l'expérience et l'amertume d'un monsieur qui a travaillé dur dans les premiers jours á Brooklyn pour faire ses premiers dollars . N'eut été l'apport de la politique américaine pour promouvoir son style de rappeur bon enfant utilisé pour contrecarrer la montée du rap violent noir américain peut être que Wyclef n’aurait pas connu cette ascension fulgurante dans le monde des arts? En bénéficiant du support financier et politique de l’establishment américain, notre candidat aurait pris gout á l’argent facile .Il devient un amoureux de l’argent et est prêt á tout pour faire de l’argent. Sa candidature á la présidence d’Haïti pourrait avoir été motivée par l’ambition de l’argent d’autant plus qu’on parle de lui comme un mauvais gestionnaire qui aurait fait baisser le profit des entreprises possédées tant en Haïti qu’aux Etats-Unis. Sa soif de l’argent pourrait avoir inspiré au stratège Préval l’idée d’une rencontre pour fui faire une offre substantielle en échange d’un retrait de sa candidature sous la forme voilée d’un carnet du CEP. Dans ce sens, Wyclef ne serait pas différent de la majorité des déçus de la diaspora politique qui croient que la meilleure façon de faire de l’argent facile est de s’imbriquer dans la politique haïtienne ou d’occuper un poste qui faciliterait le drainage des deniers publics. En effet depuis la quarante cinquième législature qui comptaient 17 sénateurs étrangers jusqu'à l’administration publique infestée d’étrangers musiciens, de chauffeurs de taxi,de racketters et brasseurs dans les gouvernements d’Aristide et de Préval, la diaspora a donnée la preuve par mille qu’en Haïti elle a perdu sa vision et qu’elle n’aspire qu’ á faire de l’argent facile en intégrant contre la constitution les institutions de l’Etat ( loterie nationale, les ministères , le parlement, la Primature, ) pour disparaitre aussitôt que leur job aura pris fin. Simeus a été jusqu'à corrompre la cour de cassation. A force d’intégrer les institutions haïtiennes au mépris de la loi et de la constitution , la diaspora politique facilitée dans son œuvre d’Harpagon par le régime lavalaso-prévalien vient de donner le ton á la politique du CEP qui croit cette fois qu’on n’a pas besoin d’amender la constitution pour faire les choses autrement. Il suffit qu’il ait l’accord tacite du président de la république protégé par la MINUSTHA pour mener le processus électoral á sa façon sans se soucier des pénalités de la justice. L’acceptation par le CEP des candidatures sans leur certificat de décharge et l’acceptation par Mr Wyclef du rejet de sa candidature pour violation de la notion de résidence sans protestation aucune, montre que l’on vit dans un pays sans repère et que le pire est toujours possible avec une diaspora politique aveugle, ambitieuse et incapable de se structurer pour offrir une alternative valable á Haïti. La diaspora doit commencer á établir son parti politique en Haïti pour commencer á faire l’éducation politique de la paysannerie d’où elle recrutera ses candidats au Casec, á la mairie, aux législatives et aux présidentielles parmi les jeunes qui attendent beaucoup d’elle.La diaspora n’a pas pu exploiter son envoi de deux milliards de dollars l’an et a joue le jeu politique traditionnel d’attendre les élections pour émerger. Malgré le savoir et sa force économique proverbiale la diaspora n’a pas eu d’alternative basée sur l’économie, le savoir et la démocratie.. Mr Wyclef de la diaspora, aurait il vendu sa potentialité de devenir président de la république d’Haïti pour un plat de lentille ? Sinon, quel serait le prix payé á Mr Wyclef pour accepter une défaite politique irréversible ?
.
Mr Wyclef est aussi une déception pour les jeunes d’Haïti proches de 53% de la population totale.
Le rap en tant que musique d’expression du refoulement de la jeunesse et d’espoir qu’un jour Dieu pourrait lui donner une chance á la vie décente de la minorité , a fait de Wyclef un modèle de réussite. Le rap a connu un élan extraordinaire en Haïti. Il a été amplifié par des groupes locaux tant commerciaux que religieux. Le rap est sur toutes les lèvres de la jeunesse haïtienne. Wyclef parle le langage de la jeunesse délaissée d’Haïti. Il s’habille comme elle. Il chante les misères de cette jeunesse. Bref la jeunesse haïtienne s’identifie á lui. La candidature de Wyclef est venue redonner á la jeunesse l’espoir que les mouvements politiques Lavalas et LESPWA ont contribué á détruire après l’avoir éveillé. Il est devenu le nouveau sauveur de la jeunesse et de la paysannerie haïtienne. Ce n’est pas sans raison que aussitôt la nouvelle de sa candidature á la présidence d’Haïti annoncée elle a été répandue comme une trainée de poudre dans tout le pays. On parle tout de suite du phénomène Wyclef.. D’aucun commençait á comparer la candidature de Wyclef á celle d’Aristide de 1990. La dimension médiatique que le candidat s’apprêtait á donner á sa campagne en avait fait le reste. Wyclef était président avant les élections.
C’est dans ce contexte de fièvre électorale et de candidature populairement acceptée que la rumeur de son éviction du processus commençait á circuler dans tous les coins du pays. On percevait déjà l’odeur d’une colère sismique qui envenimait l’atmosphère. On projetait déjà les impacts négatifs qu’aurait une telle bombe á retardement. Et puis vint la nouvelle de la rencontre avec le président de la république qui comme une baguette magique a changé du tout au tout. Notre Wyclef étranger au cirque d’animaux politiques feint d’ignorer le rejet de sa candidature , accuse cette rumeur de nouvelle non fondée. Comme pour refroidir l’ardeur de cette jeunesse prête á tout , l’icône et idole de la jeunesse haïtienne offre une poignée de main rassurante avec le président de la république et demande á ses partisans de garder leur calme , pour ne pas céder aux « Zen ». « Comme en Haïti « La fimen pa konn soti san dife » la nouvelle effectivement tomba fort tard dans la nuit du 20 Aout 2010. Notre Wyclef a reçu son carnet, il est ajourné pour les prochaines présidentielles de 2016. Il est calme et satisfait. Aucune réaction de la jeunesse ne s’en est suivie. La jeunesse a encaissé le coup et a classé Wyclef dans la même veine des politiciens haïtiens. Toute la classe politique traditionnelle d’Haïti a poussé un ouf de soulagement et a gagné la première manche. Une nouvelle fois la jeunesse a été déçue. L'histoire retiendra que Wyclef vient de perdre la chance de devenir président et qu' á partir d'aujourd'hui sa cote de popularité entame une chute verticale qu’il lui sera difficile d’arrêter
William Michel
24 aout 2010
Wyclef est un aventurier capable de toutes les imprévisions en politique, une révélation de la diaspora politique et une déception pour la masse des jeunes haïtiens . C’est ce qui ressort de sa rencontre avec le président de la république á l’issue de laquelle son exclusion potentielle du processus n’a pas fini de soulever des interrogations. Les suspicions fusent en tout sens et vont de la fausseté á la traitrise en passant par la soif de l’argent á tout prix. Certains se réjouissent déjà du machiavélisme du président Préval qui élégamment a su trouver le moyen le plus odieux pour empêcher qu’un aventurier politique remplace un débonnaire á la présidence d’Haïti.
Wyclef serait un faux pour lui-même et un faux pour la classe politique haïtienne parce qu'en posant sa candidature , il ne croyait pas en lui-même, il n’avait rien d’un homme politique et il n'avait aucun projet de société pour Haïti. Sinon, comment expliquer qu'un candidat ayant toute cette popularité potentielle immédiatement après avoir rencontré le président de la république seulement deux jours avant la proclamation de la liste des présidentiables ait pu accepter avec autant de facilité et de sourire son éviction de la course á la présidence ? Comment comprendre á la sortie de la réunion sa demande aux partisans chauffés á blanc de rester calme sous le fallacieux prétexte qu’il n’est connu encore de personne les candidats qui seront agréés ou exclus.
Au demeurant si Mr Wyclef n’a rien laissé filtré de la rencontre, il y a au moins deux signes qui laissent croire qu’un deal a été trouvé entre Wyclef et le président. Le tout premier signe est l’intime poignée de main qui révèle le sceau d’un deal gagnant -gagnant pour les deux hommes suivi du comportement silencieux et serein du millionnaire qui contraste avec la réaction froide mais instantanée de l’homme politique qui crierait au scandale et qui demanderait á ses partisans de gagner les rues pour donner une fin de non recevoir á cette exclusion de dernière heure. Le second signe patent est lorsque l’agence Reuter de la bouche de son correspondant que tout le monde dit depuis longtemps proche du président a vendu la mèche en déclarant que de source proche d’un conseiller électoral, il a appris que Wyclef était déjà exclus du processus ? Pourquoi le correspondant de Reuter et pas un autre journaliste ? Pourquoi la primeur de la nouvelle á ce correspondant de Reuter qui dit ( nan Ranmase) qu’il est un fanatique de Wyclef ? Tout porte á croire que le jeu était déjà connu au moins de ces trois.
Ailleurs la candidature de Wyclef pourrait bien avoir été un canular ou un deal conçu simplement pour dynamiser le processus électoral boudé par l’opposition .Cette thèse ne serait pas loin de celle qui voudrait que la présence de nombreux candidats du palais national dans cette course soit des figurines prêtes á déclarer éventuellement forfait les jours á venir tout en se préparant á renforcer la candidature de Jude Célestin de l’INITE. Ces différentes spéculations conduisent la classe politique á croire que Wyclef n’a pas l’étoffe d’un homme politique et confirment la préoccupation qu’il pourrait devenir l’aventurier le plus dangereux qui émergerait sur la scène politique après Aristide . Fort de de cela , un vaste complot serait ourdi pour faire comprendre á ce Monsieur qu’il ne serait pas l’homme du moment et qu’en n’acceptant pas le rejet de sa candidature , il s’exposerait indubitablement á des dérapages.
Wyclef est la révélation de la diaspora politique. Profitons de cette occasion pour faire le distinguo entre la diaspora haïtienne classique faite de rudes travailleurs pourvoyeuse d’argent á la population haïtienne et la diaspora politique , appendice de la clase politique haïtienne á l’étranger qui vit en parasite sur la diaspora classique( Sansarik) et qui a fait du mal á l’administration publique haïtienne dans tous les postes occupés á date. Par révélation il faudrait entendre que Wyclef en tant que réussite de la diaspora politique a une phobie bleue de l'argent pendant qu'il aime l'argent au point de jouer même son va tout pour l'avoir. Parallèlement Wyclef a appris aux dépens de l’establishment américain et de la diaspora lavalassienne que la meilleure façon de faire de l'argent rapide est d'entrer en politique. Certes il a fait un peu d'argent dans le HIP POP, mais il a gardé l'expérience et l'amertume d'un monsieur qui a travaillé dur dans les premiers jours á Brooklyn pour faire ses premiers dollars . N'eut été l'apport de la politique américaine pour promouvoir son style de rappeur bon enfant utilisé pour contrecarrer la montée du rap violent noir américain peut être que Wyclef n’aurait pas connu cette ascension fulgurante dans le monde des arts? En bénéficiant du support financier et politique de l’establishment américain, notre candidat aurait pris gout á l’argent facile .Il devient un amoureux de l’argent et est prêt á tout pour faire de l’argent. Sa candidature á la présidence d’Haïti pourrait avoir été motivée par l’ambition de l’argent d’autant plus qu’on parle de lui comme un mauvais gestionnaire qui aurait fait baisser le profit des entreprises possédées tant en Haïti qu’aux Etats-Unis. Sa soif de l’argent pourrait avoir inspiré au stratège Préval l’idée d’une rencontre pour fui faire une offre substantielle en échange d’un retrait de sa candidature sous la forme voilée d’un carnet du CEP. Dans ce sens, Wyclef ne serait pas différent de la majorité des déçus de la diaspora politique qui croient que la meilleure façon de faire de l’argent facile est de s’imbriquer dans la politique haïtienne ou d’occuper un poste qui faciliterait le drainage des deniers publics. En effet depuis la quarante cinquième législature qui comptaient 17 sénateurs étrangers jusqu'à l’administration publique infestée d’étrangers musiciens, de chauffeurs de taxi,de racketters et brasseurs dans les gouvernements d’Aristide et de Préval, la diaspora a donnée la preuve par mille qu’en Haïti elle a perdu sa vision et qu’elle n’aspire qu’ á faire de l’argent facile en intégrant contre la constitution les institutions de l’Etat ( loterie nationale, les ministères , le parlement, la Primature, ) pour disparaitre aussitôt que leur job aura pris fin. Simeus a été jusqu'à corrompre la cour de cassation. A force d’intégrer les institutions haïtiennes au mépris de la loi et de la constitution , la diaspora politique facilitée dans son œuvre d’Harpagon par le régime lavalaso-prévalien vient de donner le ton á la politique du CEP qui croit cette fois qu’on n’a pas besoin d’amender la constitution pour faire les choses autrement. Il suffit qu’il ait l’accord tacite du président de la république protégé par la MINUSTHA pour mener le processus électoral á sa façon sans se soucier des pénalités de la justice. L’acceptation par le CEP des candidatures sans leur certificat de décharge et l’acceptation par Mr Wyclef du rejet de sa candidature pour violation de la notion de résidence sans protestation aucune, montre que l’on vit dans un pays sans repère et que le pire est toujours possible avec une diaspora politique aveugle, ambitieuse et incapable de se structurer pour offrir une alternative valable á Haïti. La diaspora doit commencer á établir son parti politique en Haïti pour commencer á faire l’éducation politique de la paysannerie d’où elle recrutera ses candidats au Casec, á la mairie, aux législatives et aux présidentielles parmi les jeunes qui attendent beaucoup d’elle.La diaspora n’a pas pu exploiter son envoi de deux milliards de dollars l’an et a joue le jeu politique traditionnel d’attendre les élections pour émerger. Malgré le savoir et sa force économique proverbiale la diaspora n’a pas eu d’alternative basée sur l’économie, le savoir et la démocratie.. Mr Wyclef de la diaspora, aurait il vendu sa potentialité de devenir président de la république d’Haïti pour un plat de lentille ? Sinon, quel serait le prix payé á Mr Wyclef pour accepter une défaite politique irréversible ?
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Mr Wyclef est aussi une déception pour les jeunes d’Haïti proches de 53% de la population totale.
Le rap en tant que musique d’expression du refoulement de la jeunesse et d’espoir qu’un jour Dieu pourrait lui donner une chance á la vie décente de la minorité , a fait de Wyclef un modèle de réussite. Le rap a connu un élan extraordinaire en Haïti. Il a été amplifié par des groupes locaux tant commerciaux que religieux. Le rap est sur toutes les lèvres de la jeunesse haïtienne. Wyclef parle le langage de la jeunesse délaissée d’Haïti. Il s’habille comme elle. Il chante les misères de cette jeunesse. Bref la jeunesse haïtienne s’identifie á lui. La candidature de Wyclef est venue redonner á la jeunesse l’espoir que les mouvements politiques Lavalas et LESPWA ont contribué á détruire après l’avoir éveillé. Il est devenu le nouveau sauveur de la jeunesse et de la paysannerie haïtienne. Ce n’est pas sans raison que aussitôt la nouvelle de sa candidature á la présidence d’Haïti annoncée elle a été répandue comme une trainée de poudre dans tout le pays. On parle tout de suite du phénomène Wyclef.. D’aucun commençait á comparer la candidature de Wyclef á celle d’Aristide de 1990. La dimension médiatique que le candidat s’apprêtait á donner á sa campagne en avait fait le reste. Wyclef était président avant les élections.
C’est dans ce contexte de fièvre électorale et de candidature populairement acceptée que la rumeur de son éviction du processus commençait á circuler dans tous les coins du pays. On percevait déjà l’odeur d’une colère sismique qui envenimait l’atmosphère. On projetait déjà les impacts négatifs qu’aurait une telle bombe á retardement. Et puis vint la nouvelle de la rencontre avec le président de la république qui comme une baguette magique a changé du tout au tout. Notre Wyclef étranger au cirque d’animaux politiques feint d’ignorer le rejet de sa candidature , accuse cette rumeur de nouvelle non fondée. Comme pour refroidir l’ardeur de cette jeunesse prête á tout , l’icône et idole de la jeunesse haïtienne offre une poignée de main rassurante avec le président de la république et demande á ses partisans de garder leur calme , pour ne pas céder aux « Zen ». « Comme en Haïti « La fimen pa konn soti san dife » la nouvelle effectivement tomba fort tard dans la nuit du 20 Aout 2010. Notre Wyclef a reçu son carnet, il est ajourné pour les prochaines présidentielles de 2016. Il est calme et satisfait. Aucune réaction de la jeunesse ne s’en est suivie. La jeunesse a encaissé le coup et a classé Wyclef dans la même veine des politiciens haïtiens. Toute la classe politique traditionnelle d’Haïti a poussé un ouf de soulagement et a gagné la première manche. Une nouvelle fois la jeunesse a été déçue. L'histoire retiendra que Wyclef vient de perdre la chance de devenir président et qu' á partir d'aujourd'hui sa cote de popularité entame une chute verticale qu’il lui sera difficile d’arrêter
mercredi 18 août 2010
CIRH : des millions et des projets
CIRH : des millions et des projets
Roberson Alphonse
Louis Gary Cyprien
17 aout 2010
Le Nouvelliste
Personne ne peut prétexter l'absence de projets pour ne pas décaisser les fonds promis pour la reconstruction d'Haïti, a fait remarquer Bill Clinton, co-président de la CIRH. La commission a approuvé 29 projets d'un montant de 1 milliard 600 millions de dollars dont 905 millions sont déjà disponibles.
Haïti: 29 projets d'un montant de 1 milliard 600 millions de dollars ont été approuvés à la deuxième réunion de la CIRH. De ce montant, 905 millions sont disponibles, a annoncé le Premier ministre Jean-Max Bellerive, coprésident de cette commission le 17 août 2010 à l'hôtel Karibe Convention Center. « Nous avons des discussions afin de trouver l'intégralité de ce montant », a expliqué M. Bellerive, confiant, qui a, sur un ton décontracté, salué l'effort de l'ex-président Bill Clinton ayant multiplié voyages, rencontres avec les bailleurs et autres institutions dont le géant de l'aéronautique Boeing en passe de financer à hauteur de 2.2 millions dollars un projet dans le domaine de l'éducation.
« Nous avons résolu le problème. Personne ne peut prétexter l'absence de projets spécifiques maintenant, a fait remarquer Clinton. A chaque rencontre, a-t-il ajouté, la CIRH approuvera de nouveaux projets. » Insistant sur la philosophie de la Commission consistant à approuver un maximum de projets avec le support du gouvernement et d'autres partenaires, Clinton a par ailleurs estimé qu'il ne faut pas s'arrêter en chemin. Malgré les élections. « Tout le monde a un intérêt dans le relèvement du pays. Quel que soit l'élu des prochaines compétitions électorales », a-t-il indiqué.
Quelques projets
Les projets votés par le CIRH couvrent des domaines aussi variés que l'agriculture, l'eau et l'assainissement, l'éducation, le ramassage des débris, la santé, le logement, les infrastructures, la création d'emplois, l'énergie, l'institutionnel. Selon un communiqué publié par la Commission, le gouvernement a fixé des objectifs spécifiques à atteindre dans quatre domaines prioritaires, à savoir l'éducation, le logement, le ramassage des débris et la prévention des désastres.
Parmi les projets prioritaires de la CIRH énumérés ce mardi par le directeur exécutif de ladite institution, l'économiste Gabriel Verret, le ramassage des débris qui jonchent en grande partie les rues de Port-au-Prince y figure également. Un cachet de 17 millions de dollars est alloué à ce projet qui s'étend sur 12 mois. La prévention des désastres compte également parmi les priorités de l'équipe de Clinton et de Bellerive. L'importance de ce volet est telle que la CIRH promet de s'y mettre d'ici le prochain trimestre. Dans le cadre de ce volet, la CIRH envisage de faire évacuer environ 500 000 personnes vivant dans des zones dites à risques par rapport aux catastrophes naturelles.
La subvention de la rentrée scolaire pour 325 000 enfants est une autre priorité que se fixent les dirigeants de la CIRH qui nourrissent l'espoir de scolariser 300 000 enfants qui n'ont pas les moyens d'aller à l'école. La Commission envisage aussi d'accorder une subvention à 750 000 étudiants. 120 000 abris transitionnels doivent être construits dans les 18 prochains moins selon les prévisions de la CIRH qui envisage dans le même temps de réparer 80 % des maisons endommagées par le séisme du 12 janvier. En ce qui a trait aux infrastructures routières, la CIRH annonce la réhabilitation de 210 km de routes, principalement des routes nationales 2, 3 et 4. Dans un autre registre, elle se donne comme objectif de réhabiliter et de réparer un total de dix ports à travers le pays.
La CIRH projette, par ailleurs, dans un délai de 5 ans, de faire du port des Cayes un port régional et d'en construire 8 nouveaux. De même, elle a l'intention de poursuivre les travaux de construction de l'aéroport du Cap-Haïtien et de construire 5 aéroports supplémentaires.
La CIRH aura deux autres réunions avant la tenue des élections du 28 novembre 2010.
Roberson Alphonse
Louis Gary Cyprien
Roberson Alphonse
Louis Gary Cyprien
17 aout 2010
Le Nouvelliste
Personne ne peut prétexter l'absence de projets pour ne pas décaisser les fonds promis pour la reconstruction d'Haïti, a fait remarquer Bill Clinton, co-président de la CIRH. La commission a approuvé 29 projets d'un montant de 1 milliard 600 millions de dollars dont 905 millions sont déjà disponibles.
Haïti: 29 projets d'un montant de 1 milliard 600 millions de dollars ont été approuvés à la deuxième réunion de la CIRH. De ce montant, 905 millions sont disponibles, a annoncé le Premier ministre Jean-Max Bellerive, coprésident de cette commission le 17 août 2010 à l'hôtel Karibe Convention Center. « Nous avons des discussions afin de trouver l'intégralité de ce montant », a expliqué M. Bellerive, confiant, qui a, sur un ton décontracté, salué l'effort de l'ex-président Bill Clinton ayant multiplié voyages, rencontres avec les bailleurs et autres institutions dont le géant de l'aéronautique Boeing en passe de financer à hauteur de 2.2 millions dollars un projet dans le domaine de l'éducation.
« Nous avons résolu le problème. Personne ne peut prétexter l'absence de projets spécifiques maintenant, a fait remarquer Clinton. A chaque rencontre, a-t-il ajouté, la CIRH approuvera de nouveaux projets. » Insistant sur la philosophie de la Commission consistant à approuver un maximum de projets avec le support du gouvernement et d'autres partenaires, Clinton a par ailleurs estimé qu'il ne faut pas s'arrêter en chemin. Malgré les élections. « Tout le monde a un intérêt dans le relèvement du pays. Quel que soit l'élu des prochaines compétitions électorales », a-t-il indiqué.
Quelques projets
Les projets votés par le CIRH couvrent des domaines aussi variés que l'agriculture, l'eau et l'assainissement, l'éducation, le ramassage des débris, la santé, le logement, les infrastructures, la création d'emplois, l'énergie, l'institutionnel. Selon un communiqué publié par la Commission, le gouvernement a fixé des objectifs spécifiques à atteindre dans quatre domaines prioritaires, à savoir l'éducation, le logement, le ramassage des débris et la prévention des désastres.
Parmi les projets prioritaires de la CIRH énumérés ce mardi par le directeur exécutif de ladite institution, l'économiste Gabriel Verret, le ramassage des débris qui jonchent en grande partie les rues de Port-au-Prince y figure également. Un cachet de 17 millions de dollars est alloué à ce projet qui s'étend sur 12 mois. La prévention des désastres compte également parmi les priorités de l'équipe de Clinton et de Bellerive. L'importance de ce volet est telle que la CIRH promet de s'y mettre d'ici le prochain trimestre. Dans le cadre de ce volet, la CIRH envisage de faire évacuer environ 500 000 personnes vivant dans des zones dites à risques par rapport aux catastrophes naturelles.
La subvention de la rentrée scolaire pour 325 000 enfants est une autre priorité que se fixent les dirigeants de la CIRH qui nourrissent l'espoir de scolariser 300 000 enfants qui n'ont pas les moyens d'aller à l'école. La Commission envisage aussi d'accorder une subvention à 750 000 étudiants. 120 000 abris transitionnels doivent être construits dans les 18 prochains moins selon les prévisions de la CIRH qui envisage dans le même temps de réparer 80 % des maisons endommagées par le séisme du 12 janvier. En ce qui a trait aux infrastructures routières, la CIRH annonce la réhabilitation de 210 km de routes, principalement des routes nationales 2, 3 et 4. Dans un autre registre, elle se donne comme objectif de réhabiliter et de réparer un total de dix ports à travers le pays.
La CIRH projette, par ailleurs, dans un délai de 5 ans, de faire du port des Cayes un port régional et d'en construire 8 nouveaux. De même, elle a l'intention de poursuivre les travaux de construction de l'aéroport du Cap-Haïtien et de construire 5 aéroports supplémentaires.
La CIRH aura deux autres réunions avant la tenue des élections du 28 novembre 2010.
Roberson Alphonse
Louis Gary Cyprien
mardi 17 août 2010
Le deal électoral plausible du 28 novembre 2010
Le deal électoral plausible du 28 novembre 2010
William Michel
16 aout 2010
On dit quelquefois que la politique a sa logique que la logique ne connaît pas .On dit aussi que cette logique n’est assimilée au niveau des initiés que dans le souci majeur de protéger les intérêts économiques vitaux acquis dans l’exercice du pouvoir. .Existerait il une logique dans la décision respective de Mr Baker et de Mme Manigat d’intégrer le processus électoral boudé par la majorité des partis politiques majeurs et de crédibiliser une opération qui n’aurait de crédit qu’aux yeux du palais national et de l’international qui gèrent le politique haïtien ?Est-ce que tous les candidats de l’INITE potentiels victimes aujourd’hui du droit de décharge , faisant partie du cabinet privé des conseillers immédiats du Président Préval n’ont pas été á l’origine du dysfonctionnement institutionnel du pays qui nous vaut cet imbroglio électoral ? Au nom de quelle théorie du droit politique pourraient ils profiter de leurs propres erreurs qui seraient plutôt des idées préméditées ou de mauvais calculs.
L’analyse du comportement des acteurs politiques porterait á croire que par delà les alliances et les mésalliances de la classe politique, par delà les discours de l’international et des différents candidats voulant renouveler le personnel de la classe dirigeante du pays il existerait, ou une entente qui donnerait le 28 novembre 2010 un parlement majoritaire aux hommes actuels du palais national et l’apparence de l’exercice du pouvoir á mme Manigat ou á mr Baker, ou un consensus que les élections n’auront pas lieu á la date prévue. .Si cette analyse est acceptable , ce serait le nouveau séisme que le stratège René Préval aurait provoqué en drillant profondément le terroir politique haïtien. Où se cacherait la vérité sous les décombres impénétrables du séisme politique conçu par le président René Préval et par ses proches du palais national .
Tout d’abord analysons les décisions irrévocables respectives de mr Baker et de mme Mirlande Manigat de participer coute que coute au processus électorale qui laisse la population indifférente á moins de l’apparition d’un candidat Messie qui viendrait rallumer la flamme électoraliste. A date, le candidat Wiclef Jean ferait les frais de ce Messie jusqu'à la proclamation par le CEP des noms des candidats ayant surmonté les épreuves de candidature présidentielle.
Le coup de Baker s’expliquerait par la garantie donnée par l’internationale qu’après les élections le business se fera as usual et que les bénéficiaires seront les ténors de la sous-traitance et des compagnies étrangères de construction dans des joint venture avec les petites compagnies d’Haïti. Une telle décision rallierait l’ancien fameux groupe des 184, le groupe dit de Bourdon, les tous récents millionnaires du pouvoir Lavalsso Preval des vingt dernières années. Elle plairait aussi á la communauté internationale qui attendrait de mr Baker une politique de centre droit proche de l’extrême droite chilienne ou colombienne des temps passés. Mr Baker n’aurait aucune préoccupation pour accepter ce deal qui consacrerait la continuité du statuquo avec un simulacre de renouvellement des dirigeants du pouvoir exécutif qui entérinerait la formation d’un cabinet Sud Dartiguenave entièrement gagnée á la cause de la présence des Clinton, des Paul Farmer , Des Nations Unies ,de l’OEA, du CARICOM et des ténors de l’INITE dans la continuité du pouvoir.
Le coup de Mme Manigat serait du très pur Lesly Manigat qui dans sa hantise permanente de percée Louverturienne chercherait dans cette entente controversée la reconquête du pouvoir exécutif á travers les traditionnelles manœuvres politiques dont l’ancien leader du RDNP est capable quitte á concevoir des acrobaties politiques plus périlleuses pour rétablir l’équilibre du pouvoir exécutif. En plus de la présidence, il serait promis á mme Mirlande quelques élus á la chambre législative.
Si cette analyse des décisions respectives de Mr Baker et de Mme Manjgat de rallier les processus électoral ne ferait pas la quasi unanimité aux yeux d’autres politologues haïtiens non intéressés aux retombées de leurs commentaires , comment expliquer au niveau du palais national ce pléthore de candidats Pro-Préval ou lavalasso prévalien qui viennent numériser le nombre des candidats aspirant au fauteuil présidentiel et du meme coup se diminuer chacun les chances de réaliser un bon score au niveau de la proportion des votants prête á dédouaner la politique du président Préval ? Certains seraient venus pour combler le vide causé par l’absence des grands ténors de l’opposition Haïtienne dans le processus électoral et donner plus d’apparence légale aux élections programmées .D’autres se seraient faits inscrire pour pouvoir jouer la partition assignée á savoir le droit á la contestation légale de leurs propres compagnons de combat étant donné que tous ces derniers constitutionnellement parlant tombent sous les fameux articles qui prescrivent obligatoirement le certificat de décharge de la chambre bicamérale qui n’existe pas, ou la démission un an á l’avance de leur poste de ministre avant toute déclaration de candidature présidentielle. Serait-ce enfin pour compliquer la situation du CEP qui devant la complexité du processus mal ficelé aurait mijoté la possibilité de renvoyer les élections sine die ?
Tous les candidats lavalaso-prevaliens , á l’exception peut être du « rigide » Jacques Edouard Alexis , qui bien imbu des embuches que lui tendent des principaux rivaux pour la chaise présidentielle aurait ficelé au CENAREF un plan B alternatif au cas où l’INITE ne le choisirait pas comme candidat officiel du pouvoir, tous ont retenu une leçon apprise des joutes électorales de 2006. Ils ont appris que la démultiplication des candidats dans le parti pour donner plus de visibilité internationale au processus électoral ne fait que réduire la chance du parti INITE qui verrait chacun de ses poulains après avoir franchi le cap d’acceptation de candidature réaliser que des scores de 0, ½, 1 , 2 a 3 pour cent de la population en âge de voter .Tous ces prétendus concurrents du palais national auraient fait cette analyse et en toute connaissance de cause ils auraient décidé de présenter leur candidature pour les présidentielles du 28 novembre pour créer des diversions et faciliter le deal de Baker qui aurait en présence d’autres difficultés la préséance sur celui de Mirlande Manigat dont on redoute les retournements de l’ancien leader du RDNP.
Dans ce deal la candidature de Wiclef Jean serait un pis aller .Wiclef, s’il est accepté par le CEP pourrait faire échouer le deal sismique de Mr Préval ,comme étant le seul candidat á pouvoir déjouer le plan des hommes du palais national et á réaliser un score fleuve même avec une élection sélection. Cependant aux yeux du pouvoir comme de l’opposition, la candidature de Wiclef apparaît similaire á celle de Jean B Aristide de 1990. N’étant pas un adepte de parti politique son inscription au processus électoral ouvrirait le pas á l’aventurisme politique et pourrait valoir un nouveau J.B.A qu’aucun acteur important sur la scène politique nationale et internationale ne voudrait voir se reproduire. D’aucuns déjà font allusion á la chanson du star HIP POP candidat « Si j’étais président » qui prévoit son élection le vendredi, son assassinat le samedi et son enterrement le dimanche.
Dans ce deal aussi, le parti fanmi Lavalass ne ferait pas non plus de poids .D’une part ses candidats ne sont pas aussi populaires qu’ils le font croire sur le terrain. En témoignent les résultats médiocres des élections législatives de février 2006 qui n’accordaient á ce parti qu’une dizaine de d’élus au sénat et á la chambre des députés á coté du vote fleuve donné á Mr Préval..D’autre part une bonne partie des membres du parti fanmi lavalas s’est ralliée au camp de Préval qui a consacré le divorce définitif d’avec l’ancien président JBA..
Bref ,Samedi dernier au cours de l’émission Ramasse, l’ancien Sénateur Edgar Leblanc Fils a déclaré péremptoirement qu’en l’absence de la commission bilatérale du parlement ,l’exécutif en conseil des ministres peut prendre un décret et donner une décharge générale á tous les anciens grands commis de l’état qui briquent aujourd’hui le poste présidentiel. Mr Edgar soutient que ceci a été fait sous le gouvernement de Gérard Latortue, que cette mesure a été prise sous le règne des gouvernements éphémères de six sept mois et que le président Préval ne veut pas le faire pour ne pas être obligé de donner décharge générale á des anciens compagnons qui auraient perdu sa confiance.
Si dans toutes ces réflexions ,c’est le deal Baker qui fait tache d’huile et si les anciens parlementaires du bloc CPP devenu UNITE n’arrivent pas á se faire élire en majorité, le pourcentage élu de ce parti pourrait négocier avec l’équipe de Baker une majorité parlementaire pour s’assurer des décisions politiques á venir, voir la Primature et conserver le pouvoir . Finalement comme la cerise sur le gâteau pour confirmer ce plausible deal, les candidats Baker et Mirlande Manigat n’ont pas osé lever le moindre petit droit pour contester les candidats des autres partis pro présidentiels.
William Michel
16 aout 2010
On dit quelquefois que la politique a sa logique que la logique ne connaît pas .On dit aussi que cette logique n’est assimilée au niveau des initiés que dans le souci majeur de protéger les intérêts économiques vitaux acquis dans l’exercice du pouvoir. .Existerait il une logique dans la décision respective de Mr Baker et de Mme Manigat d’intégrer le processus électoral boudé par la majorité des partis politiques majeurs et de crédibiliser une opération qui n’aurait de crédit qu’aux yeux du palais national et de l’international qui gèrent le politique haïtien ?Est-ce que tous les candidats de l’INITE potentiels victimes aujourd’hui du droit de décharge , faisant partie du cabinet privé des conseillers immédiats du Président Préval n’ont pas été á l’origine du dysfonctionnement institutionnel du pays qui nous vaut cet imbroglio électoral ? Au nom de quelle théorie du droit politique pourraient ils profiter de leurs propres erreurs qui seraient plutôt des idées préméditées ou de mauvais calculs.
L’analyse du comportement des acteurs politiques porterait á croire que par delà les alliances et les mésalliances de la classe politique, par delà les discours de l’international et des différents candidats voulant renouveler le personnel de la classe dirigeante du pays il existerait, ou une entente qui donnerait le 28 novembre 2010 un parlement majoritaire aux hommes actuels du palais national et l’apparence de l’exercice du pouvoir á mme Manigat ou á mr Baker, ou un consensus que les élections n’auront pas lieu á la date prévue. .Si cette analyse est acceptable , ce serait le nouveau séisme que le stratège René Préval aurait provoqué en drillant profondément le terroir politique haïtien. Où se cacherait la vérité sous les décombres impénétrables du séisme politique conçu par le président René Préval et par ses proches du palais national .
Tout d’abord analysons les décisions irrévocables respectives de mr Baker et de mme Mirlande Manigat de participer coute que coute au processus électorale qui laisse la population indifférente á moins de l’apparition d’un candidat Messie qui viendrait rallumer la flamme électoraliste. A date, le candidat Wiclef Jean ferait les frais de ce Messie jusqu'à la proclamation par le CEP des noms des candidats ayant surmonté les épreuves de candidature présidentielle.
Le coup de Baker s’expliquerait par la garantie donnée par l’internationale qu’après les élections le business se fera as usual et que les bénéficiaires seront les ténors de la sous-traitance et des compagnies étrangères de construction dans des joint venture avec les petites compagnies d’Haïti. Une telle décision rallierait l’ancien fameux groupe des 184, le groupe dit de Bourdon, les tous récents millionnaires du pouvoir Lavalsso Preval des vingt dernières années. Elle plairait aussi á la communauté internationale qui attendrait de mr Baker une politique de centre droit proche de l’extrême droite chilienne ou colombienne des temps passés. Mr Baker n’aurait aucune préoccupation pour accepter ce deal qui consacrerait la continuité du statuquo avec un simulacre de renouvellement des dirigeants du pouvoir exécutif qui entérinerait la formation d’un cabinet Sud Dartiguenave entièrement gagnée á la cause de la présence des Clinton, des Paul Farmer , Des Nations Unies ,de l’OEA, du CARICOM et des ténors de l’INITE dans la continuité du pouvoir.
Le coup de Mme Manigat serait du très pur Lesly Manigat qui dans sa hantise permanente de percée Louverturienne chercherait dans cette entente controversée la reconquête du pouvoir exécutif á travers les traditionnelles manœuvres politiques dont l’ancien leader du RDNP est capable quitte á concevoir des acrobaties politiques plus périlleuses pour rétablir l’équilibre du pouvoir exécutif. En plus de la présidence, il serait promis á mme Mirlande quelques élus á la chambre législative.
Si cette analyse des décisions respectives de Mr Baker et de Mme Manjgat de rallier les processus électoral ne ferait pas la quasi unanimité aux yeux d’autres politologues haïtiens non intéressés aux retombées de leurs commentaires , comment expliquer au niveau du palais national ce pléthore de candidats Pro-Préval ou lavalasso prévalien qui viennent numériser le nombre des candidats aspirant au fauteuil présidentiel et du meme coup se diminuer chacun les chances de réaliser un bon score au niveau de la proportion des votants prête á dédouaner la politique du président Préval ? Certains seraient venus pour combler le vide causé par l’absence des grands ténors de l’opposition Haïtienne dans le processus électoral et donner plus d’apparence légale aux élections programmées .D’autres se seraient faits inscrire pour pouvoir jouer la partition assignée á savoir le droit á la contestation légale de leurs propres compagnons de combat étant donné que tous ces derniers constitutionnellement parlant tombent sous les fameux articles qui prescrivent obligatoirement le certificat de décharge de la chambre bicamérale qui n’existe pas, ou la démission un an á l’avance de leur poste de ministre avant toute déclaration de candidature présidentielle. Serait-ce enfin pour compliquer la situation du CEP qui devant la complexité du processus mal ficelé aurait mijoté la possibilité de renvoyer les élections sine die ?
Tous les candidats lavalaso-prevaliens , á l’exception peut être du « rigide » Jacques Edouard Alexis , qui bien imbu des embuches que lui tendent des principaux rivaux pour la chaise présidentielle aurait ficelé au CENAREF un plan B alternatif au cas où l’INITE ne le choisirait pas comme candidat officiel du pouvoir, tous ont retenu une leçon apprise des joutes électorales de 2006. Ils ont appris que la démultiplication des candidats dans le parti pour donner plus de visibilité internationale au processus électoral ne fait que réduire la chance du parti INITE qui verrait chacun de ses poulains après avoir franchi le cap d’acceptation de candidature réaliser que des scores de 0, ½, 1 , 2 a 3 pour cent de la population en âge de voter .Tous ces prétendus concurrents du palais national auraient fait cette analyse et en toute connaissance de cause ils auraient décidé de présenter leur candidature pour les présidentielles du 28 novembre pour créer des diversions et faciliter le deal de Baker qui aurait en présence d’autres difficultés la préséance sur celui de Mirlande Manigat dont on redoute les retournements de l’ancien leader du RDNP.
Dans ce deal la candidature de Wiclef Jean serait un pis aller .Wiclef, s’il est accepté par le CEP pourrait faire échouer le deal sismique de Mr Préval ,comme étant le seul candidat á pouvoir déjouer le plan des hommes du palais national et á réaliser un score fleuve même avec une élection sélection. Cependant aux yeux du pouvoir comme de l’opposition, la candidature de Wiclef apparaît similaire á celle de Jean B Aristide de 1990. N’étant pas un adepte de parti politique son inscription au processus électoral ouvrirait le pas á l’aventurisme politique et pourrait valoir un nouveau J.B.A qu’aucun acteur important sur la scène politique nationale et internationale ne voudrait voir se reproduire. D’aucuns déjà font allusion á la chanson du star HIP POP candidat « Si j’étais président » qui prévoit son élection le vendredi, son assassinat le samedi et son enterrement le dimanche.
Dans ce deal aussi, le parti fanmi Lavalass ne ferait pas non plus de poids .D’une part ses candidats ne sont pas aussi populaires qu’ils le font croire sur le terrain. En témoignent les résultats médiocres des élections législatives de février 2006 qui n’accordaient á ce parti qu’une dizaine de d’élus au sénat et á la chambre des députés á coté du vote fleuve donné á Mr Préval..D’autre part une bonne partie des membres du parti fanmi lavalas s’est ralliée au camp de Préval qui a consacré le divorce définitif d’avec l’ancien président JBA..
Bref ,Samedi dernier au cours de l’émission Ramasse, l’ancien Sénateur Edgar Leblanc Fils a déclaré péremptoirement qu’en l’absence de la commission bilatérale du parlement ,l’exécutif en conseil des ministres peut prendre un décret et donner une décharge générale á tous les anciens grands commis de l’état qui briquent aujourd’hui le poste présidentiel. Mr Edgar soutient que ceci a été fait sous le gouvernement de Gérard Latortue, que cette mesure a été prise sous le règne des gouvernements éphémères de six sept mois et que le président Préval ne veut pas le faire pour ne pas être obligé de donner décharge générale á des anciens compagnons qui auraient perdu sa confiance.
Si dans toutes ces réflexions ,c’est le deal Baker qui fait tache d’huile et si les anciens parlementaires du bloc CPP devenu UNITE n’arrivent pas á se faire élire en majorité, le pourcentage élu de ce parti pourrait négocier avec l’équipe de Baker une majorité parlementaire pour s’assurer des décisions politiques á venir, voir la Primature et conserver le pouvoir . Finalement comme la cerise sur le gâteau pour confirmer ce plausible deal, les candidats Baker et Mirlande Manigat n’ont pas osé lever le moindre petit droit pour contester les candidats des autres partis pro présidentiels.
dimanche 15 août 2010
Jude CNE, candidat de INITE
Jude CNE, candidat de INITE
Frantz Duval
duval@lenouvelliste.com
Jude Célestin. Ce nom ne vous dira pas grand-chose tant l'homme est discret. Dites Jude CNE, du nom du service des équipements lourds qui réalise des routes aux quatre coins du pays, et tout le monde saura que l'on parle du directeur général du Centre National des Equipements, le bras robuste et fidèle qui permet à René Préval de donner forme à ses projets les plus audacieux en termes d'aménagement du territoire. Le Nouvelliste vous présente Jude Célestin, le jeune loup qui a ravi sa place à Jacques Edouard Alexis pour devenir le candidat de INITE.
Haïti: Jude Célestin est né le 19 juin 1962 à Port-au-Prince d'une mère originaire de Grand-Gosier et d'un père Jacmélien. Le candidat de INITE est un produit de ce Sud-Est si important aux yeux du sénateur Joseph Lambert, Jude, comme tout le monde nomme le DG du CNE, y garde des attaches solides et a un pied-à-terre à Thiotte où il a, pendant des années, cultivé des terres et investi dans l'exploitation de caféiers.
Jude passe son enfance au Bois-Verna, dans la bâtisse qui loge le collège Fernand Prosper. Toute la famille est d'ailleurs composée d'enseignants : son père, sa mère, ses tantes et oncles, tout le mode fait sacerdoce de transmettre le pain de l'instruction.
Le futur candidat a une enfance tranquille et fréquente le Petit Séminaire Collège Saint-Martial. Il a la chance d'aller à l'école chez lui pendant quelques années en fréquentant le collège Fernand Prosper avant d'achever son secondaire au Centre d'Etudes Secondaires. Ses études achevées, il part pour la Suisse et entreprend une formation universitaire en génie. Il se spécialise dans la mécanique. Le travail manuel le fascine, la vitesse et les moteurs aussi.
En 1985, ingénieur en mécanique, il revient en Haïti et commence à travailler à la Minoterie d'Haïti. Sa première quinzaine de travail, il la passe en salopette, les mains dans le cambouis, à réparer tout ce qui ne marche pas.
Résultat : sa paie est de six cent soixante gourdes soit quarante gourde par jour. Le salaire d'un simple ouvrier. Le Français qui dirige le service où il est affecté lui présente des excuses : on a confondu l'ingénieur avec un manoeuvre tant il mettait la main à la pâte.
Il gravit tous les échelons de la direction technique avant de devenir directeur d'usine en 1991. C'est le plus haut poste dans l'entreprise à côté du directeur général qui siège en ville, à la rue Pavée. Jude règne sur Lafitteau. En cette année 1991, la Minoterie marche bien, l'ingénieur veille.
C'est à la Minoterie qu'il rencontre pour la première fois René Préval, Premier ministre à l'époque, lors d'une visite d'inspection de celui-ci. L'histoire d'une longue amitié commence, mais les deux hommes ne le savent pas encore.
Entre-temps, Jude Célestin se marie, divorce, est père de famille. La famille, il en fait son roc. Pour son clan, il en est d'ailleurs le leader. Sa soeur Rita, très proche de lui, témoigne qu'il n'est jamais là pour les fêtes, mais est le premier qui accourt quand il y a des pleurs ou un problème quelconque.
Passionné des gadgets, sportif, coureur automobile, fan de motocross, ce séducteur qui ne fréquente pas les fêtes, oublie les invitations mondaine, n'a pas voyagé à l'étranger ces deux dernières années, dort peu et se réveille tous les jours à 4 h 30 pour être au bureau à 6 h.
En fait, il est enchaîné à son travail, quel qu'il soit. Jusqu'à sa démission remise au président Préval, il ne vivait que pour son CNE inventé pour lui au fil des années de bons et loyaux services.
« Parrain de mon mariage, il arrive en retard. De peu, il a failli me conduire à l'hôtel en bottes et salopette», raconte Rita Célestin.
Fin 1997, Jude Célestin rencontre à nouveau René Préval qui cherche un ingénieur pour s'occuper du parc des équipements lourds que la présidence est en train de constituer pour pallier les déficiences du ministère des Travaux Publics.
Jude a des qualités qui impressionnent le président. Il est calme, discret même, appliqué et fait ce qu'il doit faire dans les délais, sans entrer dans les discussions à n'en plus finir des ingénieurs des Travaux publics. Au fil des mois, Préval le renforce dans son rôle d'interlocuteur privilégié de la présidence et donne à Jose Ulysse la responsabilité du SMCRS. Les deux hommes étaient sur les rangs pour piloter le CNE.
Le CNE fait de beaux coups et quelques couacs. N'en déplaise aux autres - les hommes des TP - Préval s'en emmourache et les critiques le renforcent dans son choix. A la fin de sa présidence en 2001, le CNE est déjà une très belle machine.
Le retour au pouvoir de Jean Bertrand Aristide (qui ne fait pas des routes sa priorité) met de l'eau dans le gaz des ambitions du Centre National des Equipements. Les moyens baissent. Se réduisent à presque rien. En février 2002, Jude Célestin quitte son poste.
La traversée du désert, il le passe à l'UNOPS, un organisme des Nations Unies mais surtout à Marmelade, auprès de René Préval qui s'est replié sur la ville natale de ses parents. Préval qui mange son pain noir apprécie la compagnie de celui qui est ce fils qu'il n'a pas et de cet ami qui le comprend plus que les autres, rapporte un habitué des week-ends à Marmelade pendant cette période.
En 2006, Jude, fin tacticien, ne remonte pas sur les tracteurs du CNE dès le retour de son président au pouvoir. Le Centre est l'objet de scandales. Le parc d'équipements est en pièces. Il y a plus de carcasses que de tracteurs sur la cour de l'ancien Sepren, le Service Permanent d'Entretien du Réseau Routier National du ministère des Travaux Publics, à Varreux, où loge le CNE.
Cette bâtisse, quand Jude en parle, il en a surtout la nostalgie des premiers moments lorsqu'un soir le président Préval lui demande d'aller visiter les locaux désaffectés du Sepren pour savoir si cela peut convenir à l'organisme qu'il rêve de mettre sur pied.
Quelques jours plus tard, Jude Célestin y prend poste avec pour siège une marmite recouverte d'un morceau de carton et cinq employés dont certains y sont encore. La route qui le conduira à devenir Jude CNE n'était pas clairement tracée à l'époque.
Pendant toute l'année 2007, le CNE se débat dans des affaires administratives. Une commission d'évaluation fait le ménage, et ce n'est qu'en septembre 2008 que le directeur des années fastes du CNE en reprend le contrôle après les ravages de quatre cyclones.
Il faut tout reprendre à zéro pour regarnir le CNE. Les millions de Petrocaribe abondent. Le maillage routier annoncé par le président Préval ne se concrétise pas avec les fonds de la communauté internationale mais se fait partout à travers le pays, grâce à l'opiniâtreté des techniciens du CNE.
Toujours présents, de jour comme de nuit, les camions et tracteurs percent des voies, nivellent des talus et construisent les routes promises par le chef de l'Etat pendant sa campagne présidentielle ou pour lui permettre de faire d'un élu local un indéfectible allié.
Jude reprend les anciennes formules. Il se remet à recruter des femmes. Avant son départ, en 2002, près de 50% du personnel du centre est de sexe féminin. Chauffeurs de camion, opératrices d'engins lourds, mécaniciennes, monitrices, ingénieurs, les femmes font tout au CNE. Elles s'en iront après le départ de leur Dg, celui qui a eu à dispenser les cours de formation, débauchées par des ONG ou par des entreprises dans le secteur de la construction.
A son retour en 2008, Jude Célestin recommence avec les dames. « Elles donnent des résultats extraordinaires. Elles sont les meilleures élèves lors de l'apprentissage et sont très appliquées après. Leurs équipements sont propres et bien tenus. Elles sont fiables et prennent soin de tout ce qui est sous leur responsabilité. Atout supplémentaire, elles ont un pouvoir d'attraction extraordinaire. Dans un quartier difficile, elles monopolisent l'attention, calment le jeu. Sur les chantiers durs, leur présence galvanise les hommes qui ne veulent pas perdre la face », confesse Jude Célestin pour expliquer son parti pris pour le sexe faible dans la réalisation de tâches qui sont réputées pénibles, interdites aux femmes.
Jude avoue même que l'intégration des femmes au CNE est l'une de ses plus grandes réussites au sein de cette institution. « Quand une femme travaille, on peut être sûr que les enfants sont bien nourris et vont à l'école, que la maison est bien tenue et qu'il y aura de l'épargne », confie celui qui est aussi chargé de recueillir les confidences de ces dames qui devenues autonomes et chefs de famille grâce à leur chèque, doivent calmer la déprime de leur mari, souvent chômeur.
L'autre satisfaction de Jude : les nouvelles routes percées par le CNE sous sa direction. Et il raconte son expérience sur le tronçon Lascahobas-Belladère, il y a quelques années.
« Il fallait une semaine, une semaine, pour franchir les 21 kilomètres qui séparent les deux villes. Nous nous sommes mis au travail et avons réussi à faire la route en inventant des solutions au fur et à mesure sous le regard curieux et moqueur des riverains. Il a fallu à un certain moment « enterrer la boue » en creusant des tranchées immenses où on prélevait des matériaux et qu'on comblait avec la boue retirée de la chaussée. Quand on eut fini, pendant les dernières semaines des travaux, personne de l'équipe du CNE ne payait rien aux habitants de Belladère. Tout leur était offert en signe de remerciement», raconte avec des yeux qui brillent le candidat de INITE qui reçoit Le Nouvelliste chez lui dans les hauteurs de Pétion-Ville ce vendredi au sortir d'une longue réunion politique.
Le candidat Jude ne s'étend pas sur le déroulement de la semaine décisive qui l'a vu devenir le candidat de INITE en emportant la décision finale après la démission de Jacques Edouard Alexis de la Plateforme suite à une réunion orageuse vendredi dernier avec les mammouths du parti-plateforme.
Pour le moment, il partage son temps entre séances de réflexion sur le programme qu'il aura à défendre, réunions de préparation de sa future campagne électorale et rencontres avec les élus, candidats et soutiens de la Plateforme présidentielle.
Quand on demande à ses conseillers s'ils sont confiants à la veille du carnet du 17 août, l'un d'eux répond sans ambages « toutes les pièces requises par la loi électorale ont été soumises au CEP, nous sommes confiants de la suite. La seule personne qui contestait la candidature de Jude s'est désistée ».
Ceux qui entourent le candidat sont des vieux de la vieille qui ont fait et gagné toutes les campagnes électorales depuis 1990 et aidé deux hommes à accéder à la magistrature suprême en quatre occasions. Ils connaissent le terrain et les hommes qui la composent. Jude leur apporte le bain de jouvence qui ne coule plus dans leurs artères. Et c'est cela tout le charme du jeune candidat qui doit apprendre beaucoup et vite de ces expérimentés tuteurs dont le président Préval est le premier.
Quand on demande à Jude Célestin ce qu'il pense de son choix comme candidat à la présidence pour la plateforme INITE, il devient pensif et sort une anecdote qui date de vendredi dernier, le jour où il est entré au palais à la réunion de désignation en tant que directeur général du CNE et en est ressorti avec la responsabilité de défendre les couleurs de la Plateforme.
« Avant d'aller au palais, j'étais à la Croix-des-Bossales pour visiter un chantier. Les égouts obstrués, l'eau arrivait au mollet des marchandes restées là pour débiter leurs marchandises. Quand je suis entré dans l'une des rues avec ma voiture, un dame m'a apostrophée : « Ou fou pou ap antre la a ak bèl machin sa a ». J'ai constaté qu'elle s'inquiétait seulement du sort de la voiture alors qu'elle-même pataugeait dans la boue. Après ma désignation, c'est à elle que j'ai pensé en premier en me disant qu'il allait me revenir, plus encore qu'avant, de la sortir de cette situation, elle et tous les autres Haïtiens », raconte un Jude réputé peu bavard mais qui a mille histoires à raconter, une sur chaque mètre de chantier qu'il a mis en place ces dernières années.
La force du candidat Célestin est d'ailleurs d'avoir des points d'ancrage dans chaque commune du pays. Nombreux sont les élus locaux qui lui sont redevables d'un coup de tracteur qui a assuré leur élection ou améliorer le décor d'une fête patronale. Il jouit du même soutien auprès de ceux qui tiennent les cordons de la bourse, élément déterminant dans une campagne électorale.
Le candidat a aussi la faiblesse de sa force. Il endosse le bilan du pouvoir sortant et doit défendre le bilan de ses actions à la tête du CNE. Dans un pays qui adore les vierges en politique, il y a du pain sur la planche.
Celui qui se présente comme un homme simple, travailleur, qui respecte tout le monde et aime son pays, va se présenter dans le premier combat électoral de sa vie et cela au plus haut niveau. Ceux qui le croient dénué d'expérience politique oublient qu'il fait partie du premier cercle du pouvoir de René Préval depuis plus de douze ans.
« Samedi après le dépôt de ma candidature, je me suis dit que je devais appeler tout le monde, tous ceux qui le veulent, tous ceux qui savent travailler, pour qu'ils viennent participer au relèvement du pays. On va avoir du boulot et, comme pour le CNE, seule une équipe où chacun fait ce qu'il a à faire pourra relever le défi.»
Jude CNE va mettre sa machine en route. Le tracteur de l'INITE a un jeune opérateur. Dans un pays qui compte plus de 60% de sa population parmi les moins de 40 ans, c'est un signal, un slogan, une promesse. Un privilège qu'il partage avec peu d'autres candidats.
Frantz Duval
duval@lenouvelliste.com
Frantz Duval
duval@lenouvelliste.com
Jude Célestin. Ce nom ne vous dira pas grand-chose tant l'homme est discret. Dites Jude CNE, du nom du service des équipements lourds qui réalise des routes aux quatre coins du pays, et tout le monde saura que l'on parle du directeur général du Centre National des Equipements, le bras robuste et fidèle qui permet à René Préval de donner forme à ses projets les plus audacieux en termes d'aménagement du territoire. Le Nouvelliste vous présente Jude Célestin, le jeune loup qui a ravi sa place à Jacques Edouard Alexis pour devenir le candidat de INITE.
Haïti: Jude Célestin est né le 19 juin 1962 à Port-au-Prince d'une mère originaire de Grand-Gosier et d'un père Jacmélien. Le candidat de INITE est un produit de ce Sud-Est si important aux yeux du sénateur Joseph Lambert, Jude, comme tout le monde nomme le DG du CNE, y garde des attaches solides et a un pied-à-terre à Thiotte où il a, pendant des années, cultivé des terres et investi dans l'exploitation de caféiers.
Jude passe son enfance au Bois-Verna, dans la bâtisse qui loge le collège Fernand Prosper. Toute la famille est d'ailleurs composée d'enseignants : son père, sa mère, ses tantes et oncles, tout le mode fait sacerdoce de transmettre le pain de l'instruction.
Le futur candidat a une enfance tranquille et fréquente le Petit Séminaire Collège Saint-Martial. Il a la chance d'aller à l'école chez lui pendant quelques années en fréquentant le collège Fernand Prosper avant d'achever son secondaire au Centre d'Etudes Secondaires. Ses études achevées, il part pour la Suisse et entreprend une formation universitaire en génie. Il se spécialise dans la mécanique. Le travail manuel le fascine, la vitesse et les moteurs aussi.
En 1985, ingénieur en mécanique, il revient en Haïti et commence à travailler à la Minoterie d'Haïti. Sa première quinzaine de travail, il la passe en salopette, les mains dans le cambouis, à réparer tout ce qui ne marche pas.
Résultat : sa paie est de six cent soixante gourdes soit quarante gourde par jour. Le salaire d'un simple ouvrier. Le Français qui dirige le service où il est affecté lui présente des excuses : on a confondu l'ingénieur avec un manoeuvre tant il mettait la main à la pâte.
Il gravit tous les échelons de la direction technique avant de devenir directeur d'usine en 1991. C'est le plus haut poste dans l'entreprise à côté du directeur général qui siège en ville, à la rue Pavée. Jude règne sur Lafitteau. En cette année 1991, la Minoterie marche bien, l'ingénieur veille.
C'est à la Minoterie qu'il rencontre pour la première fois René Préval, Premier ministre à l'époque, lors d'une visite d'inspection de celui-ci. L'histoire d'une longue amitié commence, mais les deux hommes ne le savent pas encore.
Entre-temps, Jude Célestin se marie, divorce, est père de famille. La famille, il en fait son roc. Pour son clan, il en est d'ailleurs le leader. Sa soeur Rita, très proche de lui, témoigne qu'il n'est jamais là pour les fêtes, mais est le premier qui accourt quand il y a des pleurs ou un problème quelconque.
Passionné des gadgets, sportif, coureur automobile, fan de motocross, ce séducteur qui ne fréquente pas les fêtes, oublie les invitations mondaine, n'a pas voyagé à l'étranger ces deux dernières années, dort peu et se réveille tous les jours à 4 h 30 pour être au bureau à 6 h.
En fait, il est enchaîné à son travail, quel qu'il soit. Jusqu'à sa démission remise au président Préval, il ne vivait que pour son CNE inventé pour lui au fil des années de bons et loyaux services.
« Parrain de mon mariage, il arrive en retard. De peu, il a failli me conduire à l'hôtel en bottes et salopette», raconte Rita Célestin.
Fin 1997, Jude Célestin rencontre à nouveau René Préval qui cherche un ingénieur pour s'occuper du parc des équipements lourds que la présidence est en train de constituer pour pallier les déficiences du ministère des Travaux Publics.
Jude a des qualités qui impressionnent le président. Il est calme, discret même, appliqué et fait ce qu'il doit faire dans les délais, sans entrer dans les discussions à n'en plus finir des ingénieurs des Travaux publics. Au fil des mois, Préval le renforce dans son rôle d'interlocuteur privilégié de la présidence et donne à Jose Ulysse la responsabilité du SMCRS. Les deux hommes étaient sur les rangs pour piloter le CNE.
Le CNE fait de beaux coups et quelques couacs. N'en déplaise aux autres - les hommes des TP - Préval s'en emmourache et les critiques le renforcent dans son choix. A la fin de sa présidence en 2001, le CNE est déjà une très belle machine.
Le retour au pouvoir de Jean Bertrand Aristide (qui ne fait pas des routes sa priorité) met de l'eau dans le gaz des ambitions du Centre National des Equipements. Les moyens baissent. Se réduisent à presque rien. En février 2002, Jude Célestin quitte son poste.
La traversée du désert, il le passe à l'UNOPS, un organisme des Nations Unies mais surtout à Marmelade, auprès de René Préval qui s'est replié sur la ville natale de ses parents. Préval qui mange son pain noir apprécie la compagnie de celui qui est ce fils qu'il n'a pas et de cet ami qui le comprend plus que les autres, rapporte un habitué des week-ends à Marmelade pendant cette période.
En 2006, Jude, fin tacticien, ne remonte pas sur les tracteurs du CNE dès le retour de son président au pouvoir. Le Centre est l'objet de scandales. Le parc d'équipements est en pièces. Il y a plus de carcasses que de tracteurs sur la cour de l'ancien Sepren, le Service Permanent d'Entretien du Réseau Routier National du ministère des Travaux Publics, à Varreux, où loge le CNE.
Cette bâtisse, quand Jude en parle, il en a surtout la nostalgie des premiers moments lorsqu'un soir le président Préval lui demande d'aller visiter les locaux désaffectés du Sepren pour savoir si cela peut convenir à l'organisme qu'il rêve de mettre sur pied.
Quelques jours plus tard, Jude Célestin y prend poste avec pour siège une marmite recouverte d'un morceau de carton et cinq employés dont certains y sont encore. La route qui le conduira à devenir Jude CNE n'était pas clairement tracée à l'époque.
Pendant toute l'année 2007, le CNE se débat dans des affaires administratives. Une commission d'évaluation fait le ménage, et ce n'est qu'en septembre 2008 que le directeur des années fastes du CNE en reprend le contrôle après les ravages de quatre cyclones.
Il faut tout reprendre à zéro pour regarnir le CNE. Les millions de Petrocaribe abondent. Le maillage routier annoncé par le président Préval ne se concrétise pas avec les fonds de la communauté internationale mais se fait partout à travers le pays, grâce à l'opiniâtreté des techniciens du CNE.
Toujours présents, de jour comme de nuit, les camions et tracteurs percent des voies, nivellent des talus et construisent les routes promises par le chef de l'Etat pendant sa campagne présidentielle ou pour lui permettre de faire d'un élu local un indéfectible allié.
Jude reprend les anciennes formules. Il se remet à recruter des femmes. Avant son départ, en 2002, près de 50% du personnel du centre est de sexe féminin. Chauffeurs de camion, opératrices d'engins lourds, mécaniciennes, monitrices, ingénieurs, les femmes font tout au CNE. Elles s'en iront après le départ de leur Dg, celui qui a eu à dispenser les cours de formation, débauchées par des ONG ou par des entreprises dans le secteur de la construction.
A son retour en 2008, Jude Célestin recommence avec les dames. « Elles donnent des résultats extraordinaires. Elles sont les meilleures élèves lors de l'apprentissage et sont très appliquées après. Leurs équipements sont propres et bien tenus. Elles sont fiables et prennent soin de tout ce qui est sous leur responsabilité. Atout supplémentaire, elles ont un pouvoir d'attraction extraordinaire. Dans un quartier difficile, elles monopolisent l'attention, calment le jeu. Sur les chantiers durs, leur présence galvanise les hommes qui ne veulent pas perdre la face », confesse Jude Célestin pour expliquer son parti pris pour le sexe faible dans la réalisation de tâches qui sont réputées pénibles, interdites aux femmes.
Jude avoue même que l'intégration des femmes au CNE est l'une de ses plus grandes réussites au sein de cette institution. « Quand une femme travaille, on peut être sûr que les enfants sont bien nourris et vont à l'école, que la maison est bien tenue et qu'il y aura de l'épargne », confie celui qui est aussi chargé de recueillir les confidences de ces dames qui devenues autonomes et chefs de famille grâce à leur chèque, doivent calmer la déprime de leur mari, souvent chômeur.
L'autre satisfaction de Jude : les nouvelles routes percées par le CNE sous sa direction. Et il raconte son expérience sur le tronçon Lascahobas-Belladère, il y a quelques années.
« Il fallait une semaine, une semaine, pour franchir les 21 kilomètres qui séparent les deux villes. Nous nous sommes mis au travail et avons réussi à faire la route en inventant des solutions au fur et à mesure sous le regard curieux et moqueur des riverains. Il a fallu à un certain moment « enterrer la boue » en creusant des tranchées immenses où on prélevait des matériaux et qu'on comblait avec la boue retirée de la chaussée. Quand on eut fini, pendant les dernières semaines des travaux, personne de l'équipe du CNE ne payait rien aux habitants de Belladère. Tout leur était offert en signe de remerciement», raconte avec des yeux qui brillent le candidat de INITE qui reçoit Le Nouvelliste chez lui dans les hauteurs de Pétion-Ville ce vendredi au sortir d'une longue réunion politique.
Le candidat Jude ne s'étend pas sur le déroulement de la semaine décisive qui l'a vu devenir le candidat de INITE en emportant la décision finale après la démission de Jacques Edouard Alexis de la Plateforme suite à une réunion orageuse vendredi dernier avec les mammouths du parti-plateforme.
Pour le moment, il partage son temps entre séances de réflexion sur le programme qu'il aura à défendre, réunions de préparation de sa future campagne électorale et rencontres avec les élus, candidats et soutiens de la Plateforme présidentielle.
Quand on demande à ses conseillers s'ils sont confiants à la veille du carnet du 17 août, l'un d'eux répond sans ambages « toutes les pièces requises par la loi électorale ont été soumises au CEP, nous sommes confiants de la suite. La seule personne qui contestait la candidature de Jude s'est désistée ».
Ceux qui entourent le candidat sont des vieux de la vieille qui ont fait et gagné toutes les campagnes électorales depuis 1990 et aidé deux hommes à accéder à la magistrature suprême en quatre occasions. Ils connaissent le terrain et les hommes qui la composent. Jude leur apporte le bain de jouvence qui ne coule plus dans leurs artères. Et c'est cela tout le charme du jeune candidat qui doit apprendre beaucoup et vite de ces expérimentés tuteurs dont le président Préval est le premier.
Quand on demande à Jude Célestin ce qu'il pense de son choix comme candidat à la présidence pour la plateforme INITE, il devient pensif et sort une anecdote qui date de vendredi dernier, le jour où il est entré au palais à la réunion de désignation en tant que directeur général du CNE et en est ressorti avec la responsabilité de défendre les couleurs de la Plateforme.
« Avant d'aller au palais, j'étais à la Croix-des-Bossales pour visiter un chantier. Les égouts obstrués, l'eau arrivait au mollet des marchandes restées là pour débiter leurs marchandises. Quand je suis entré dans l'une des rues avec ma voiture, un dame m'a apostrophée : « Ou fou pou ap antre la a ak bèl machin sa a ». J'ai constaté qu'elle s'inquiétait seulement du sort de la voiture alors qu'elle-même pataugeait dans la boue. Après ma désignation, c'est à elle que j'ai pensé en premier en me disant qu'il allait me revenir, plus encore qu'avant, de la sortir de cette situation, elle et tous les autres Haïtiens », raconte un Jude réputé peu bavard mais qui a mille histoires à raconter, une sur chaque mètre de chantier qu'il a mis en place ces dernières années.
La force du candidat Célestin est d'ailleurs d'avoir des points d'ancrage dans chaque commune du pays. Nombreux sont les élus locaux qui lui sont redevables d'un coup de tracteur qui a assuré leur élection ou améliorer le décor d'une fête patronale. Il jouit du même soutien auprès de ceux qui tiennent les cordons de la bourse, élément déterminant dans une campagne électorale.
Le candidat a aussi la faiblesse de sa force. Il endosse le bilan du pouvoir sortant et doit défendre le bilan de ses actions à la tête du CNE. Dans un pays qui adore les vierges en politique, il y a du pain sur la planche.
Celui qui se présente comme un homme simple, travailleur, qui respecte tout le monde et aime son pays, va se présenter dans le premier combat électoral de sa vie et cela au plus haut niveau. Ceux qui le croient dénué d'expérience politique oublient qu'il fait partie du premier cercle du pouvoir de René Préval depuis plus de douze ans.
« Samedi après le dépôt de ma candidature, je me suis dit que je devais appeler tout le monde, tous ceux qui le veulent, tous ceux qui savent travailler, pour qu'ils viennent participer au relèvement du pays. On va avoir du boulot et, comme pour le CNE, seule une équipe où chacun fait ce qu'il a à faire pourra relever le défi.»
Jude CNE va mettre sa machine en route. Le tracteur de l'INITE a un jeune opérateur. Dans un pays qui compte plus de 60% de sa population parmi les moins de 40 ans, c'est un signal, un slogan, une promesse. Un privilège qu'il partage avec peu d'autres candidats.
Frantz Duval
duval@lenouvelliste.com
« Un espoir prometteur dans la riziculture »
« Un espoir prometteur dans la riziculture »
Valéry DAUDIER
vdaudier@lenouvelliste.com
Avec un rendement de 4 à 6 tonnes métriques par hectare, la nouvelle variété de riz dénommée Prosequisa-4(P-4), expérimentée à la ferme de Mauger dans l'Artibonite, pourrait augmenter la production nationale de riz. Selon le chef de la Mission technique de Taïwan en Haïti, Carlos Hsiang, qui a présenté jeudi cette nouvelle variété à une centaine de planteurs de l'Artibonite, « la P-4 est un espoir prometteur dans le domaine de la riziculture dans le pays ».
Haïti: Les plus grandes variétés de riz dans l'Artibonite est le TSC-10 et Schela. En fait, en 1998, cette région a connu un déclin dans la riziculture. Le riz dénommé Crête- à-Pierrot plus connu sous le nom de La Crête - la variété de plus prisée -, a disparu après l'apparition d'une maladie connue sous le nom de "paille noire". Pour remédier à ce problème, la mission technique de Taïwan et l'Organisme de développement de la Vallée de l'Artibonite (ODVA) ont donc apporté une nouvelle variété de riz qui est la TCS- 10. Depuis, elle est la seule à avoir une fiche technique.
Selon l'agronome Carlos Hsiang, chef de la Mission technique de Taiwan qui est à pied d'oeuvre dans cette région pour l'expérimentation des semences, le rendement moyen rizicole de la Vallée de l'Artibonite ne dépasse pas 2,5 tonnes métriques par hectare. Il estime qu' « avec l'arrivée de la prosequisa-4, cette nouvelle lignée de riz qui atteint 4,6 tonnes métriques en milieu paysan, un vent d'espoir souffle encore dans le pays sur le domaine rizicole ».
En effet, après plus d'une décennie, dans le but d'augmenter la production rizicole et d'initier d'autres variétés dans le pays, l'ODVA et la Mission technique taïwanaise ont investi beaucoup d'efforts dans la recherche. Ainsi, différentes lignées de riz, après la mise en place des parcelles de démonstration et des parcelles d'essais régionaux, commencent à bénéficier de l'appréciation des riziculteurs.
« La lignée la plus prometteuse est la prosequita-4. Les travaux effectués par la mission à cet effet ont été appréciés par plus d'un tant dans le département du Sud que dans l'Artibonite, si l'on se réfère au rendement obtenu à la ferme expérimentale de Mauger de 6,6 tonnes métriques par hectare et de sa forte capacité de repousse », a avancé Carlos Hsiang, très dynamique, qui expliquait à une centaine de planteurs les avantages de cette nouvelle variété.
Selon M. Hsiang, la prosequisa-4 résiste aux vents ; elle a une bonne culture de repousse ; elle comporte beaucoup de tiges et elle est compétitive des mauvaises herbes. Le seul inconvénient, dit-il, c'est qu'on doit attendre quelques jours de plus que les autres variétés, avant la récolte.
A en croire l'agronome taïwanais, les agriculteurs peuvent obtenir annuellement entre 12 à 15 tonnes métriques de riz suivant une culture normale et deux cultures de repousse. « L'expérience a été faite à la ferme expérimentale de Mauger, a-t-il fait savoir. Cette méthode de culture pourrait non seulement augmenter le rendement annuel, mais elle diminue aussi le coût de production comme le labourage, pour ne citer que cela », a-t-il ajouté.
En ce qui a trait aux résultats partiels des travaux déjà effectués sur la lignée de Prosequisa-4, de janvier 2009 à janvier 2010, selon une culture normale de deux repousses, 15 tonnes métriques pour un hectare ont été récoltées à la ferme expérimentale de Mauger. A Torbeck, commune des Cayes où cette mission technique de Taiwan est aussi présente, sur 600 hectares, un rendement moyen de 4,64 tonnes par hectare a été obtenu (milieu paysan). A Trois-Bornes et à Pierre-Paul (localités de l'Artibonite), de janvier à juin 2010, toujours en milieu paysan, la culture de Prosequisa-4 a donné un rendement de 4,27 t/ha.
Plaidant pour un meilleur accompagnement des planteurs à opter pour cette nouvelle variété, M. Carlos Hsiang croit que cette initiative pourra être bénéfique pour le pays. L'agronome a souligné que Haïti importe en moyenne 70 % de riz consommé. La consommation nationale de riz est de 500 000 tonnes alors que la production nationale de riz est de 150 000 tonnes pour 60 000 hectares cultivables.
Valéry DAUDIER
vdaudier@lenouvelliste.com
Valéry DAUDIER
vdaudier@lenouvelliste.com
Avec un rendement de 4 à 6 tonnes métriques par hectare, la nouvelle variété de riz dénommée Prosequisa-4(P-4), expérimentée à la ferme de Mauger dans l'Artibonite, pourrait augmenter la production nationale de riz. Selon le chef de la Mission technique de Taïwan en Haïti, Carlos Hsiang, qui a présenté jeudi cette nouvelle variété à une centaine de planteurs de l'Artibonite, « la P-4 est un espoir prometteur dans le domaine de la riziculture dans le pays ».
Haïti: Les plus grandes variétés de riz dans l'Artibonite est le TSC-10 et Schela. En fait, en 1998, cette région a connu un déclin dans la riziculture. Le riz dénommé Crête- à-Pierrot plus connu sous le nom de La Crête - la variété de plus prisée -, a disparu après l'apparition d'une maladie connue sous le nom de "paille noire". Pour remédier à ce problème, la mission technique de Taïwan et l'Organisme de développement de la Vallée de l'Artibonite (ODVA) ont donc apporté une nouvelle variété de riz qui est la TCS- 10. Depuis, elle est la seule à avoir une fiche technique.
Selon l'agronome Carlos Hsiang, chef de la Mission technique de Taiwan qui est à pied d'oeuvre dans cette région pour l'expérimentation des semences, le rendement moyen rizicole de la Vallée de l'Artibonite ne dépasse pas 2,5 tonnes métriques par hectare. Il estime qu' « avec l'arrivée de la prosequisa-4, cette nouvelle lignée de riz qui atteint 4,6 tonnes métriques en milieu paysan, un vent d'espoir souffle encore dans le pays sur le domaine rizicole ».
En effet, après plus d'une décennie, dans le but d'augmenter la production rizicole et d'initier d'autres variétés dans le pays, l'ODVA et la Mission technique taïwanaise ont investi beaucoup d'efforts dans la recherche. Ainsi, différentes lignées de riz, après la mise en place des parcelles de démonstration et des parcelles d'essais régionaux, commencent à bénéficier de l'appréciation des riziculteurs.
« La lignée la plus prometteuse est la prosequita-4. Les travaux effectués par la mission à cet effet ont été appréciés par plus d'un tant dans le département du Sud que dans l'Artibonite, si l'on se réfère au rendement obtenu à la ferme expérimentale de Mauger de 6,6 tonnes métriques par hectare et de sa forte capacité de repousse », a avancé Carlos Hsiang, très dynamique, qui expliquait à une centaine de planteurs les avantages de cette nouvelle variété.
Selon M. Hsiang, la prosequisa-4 résiste aux vents ; elle a une bonne culture de repousse ; elle comporte beaucoup de tiges et elle est compétitive des mauvaises herbes. Le seul inconvénient, dit-il, c'est qu'on doit attendre quelques jours de plus que les autres variétés, avant la récolte.
A en croire l'agronome taïwanais, les agriculteurs peuvent obtenir annuellement entre 12 à 15 tonnes métriques de riz suivant une culture normale et deux cultures de repousse. « L'expérience a été faite à la ferme expérimentale de Mauger, a-t-il fait savoir. Cette méthode de culture pourrait non seulement augmenter le rendement annuel, mais elle diminue aussi le coût de production comme le labourage, pour ne citer que cela », a-t-il ajouté.
En ce qui a trait aux résultats partiels des travaux déjà effectués sur la lignée de Prosequisa-4, de janvier 2009 à janvier 2010, selon une culture normale de deux repousses, 15 tonnes métriques pour un hectare ont été récoltées à la ferme expérimentale de Mauger. A Torbeck, commune des Cayes où cette mission technique de Taiwan est aussi présente, sur 600 hectares, un rendement moyen de 4,64 tonnes par hectare a été obtenu (milieu paysan). A Trois-Bornes et à Pierre-Paul (localités de l'Artibonite), de janvier à juin 2010, toujours en milieu paysan, la culture de Prosequisa-4 a donné un rendement de 4,27 t/ha.
Plaidant pour un meilleur accompagnement des planteurs à opter pour cette nouvelle variété, M. Carlos Hsiang croit que cette initiative pourra être bénéfique pour le pays. L'agronome a souligné que Haïti importe en moyenne 70 % de riz consommé. La consommation nationale de riz est de 500 000 tonnes alors que la production nationale de riz est de 150 000 tonnes pour 60 000 hectares cultivables.
Valéry DAUDIER
vdaudier@lenouvelliste.com
Cette tornade qui vient du nord…
Cette tornade qui vient du nord…
Par Liliane PIERRE PAUL
samedi 14 août 2010,
Radio Kiskeya
Il y a moins d’un an dans une interview exclusive à Radio Kiskeya, la star du hip-hop Wyclef Jean se refusait à admettre qu’il se préparait à se porter candidat à la Présidence. Aujourd’hui, c’est fait. Il en a fait l’annonce sur le puissant réseau américain CNN et le jeudi 5 août 2010, il a présenté officiellement sa candidature à la direction des opérations électorales du CEP. Il ne fait aucun doute que cette candidature est venue donner une dimension inattendue à ces élections qui jusque-là semblaient opposer d’une part le pouvoir à la recherche d’une formule de continuité et d’autre part, les ténors de l’opposition qui contestaient d’avance le processus électoral sans vraiment démontrer la capacité d’en empêcher la réalisation.
Comme une tornade, l’annonce de la candidature de Wyclef Jean a donné l’impression de tout balayer : Inite, la plateforme au pouvoir, a perdu son apparente cohérence interne et l’opposition semble encore en quête d’une nouvelle formule de mobilisation. Si Wyclef Jean arrive à franchir sans difficultés le saut à obstacles que constituent les critères d’admission du CEP (17 documents obligatoires dans son cas) sa candidature marquera certainement un tournant dans une dynamique électorale dominée jusque-là par le clan au pouvoir.
Cette candidature n’est pas sans rappeler celle de Jean Bertrand Aristide en 1990, même s’il faut éviter le piège de la comparaison abusive. Comme Aristide, il y a vingt ans, Wyclef Jean est un outsider sans réel programme et porteur d’un discours populiste et messianique qui mobilise les couches les plus défavorisées et la jeunesse nombreuse et marginalisée des bidonvilles du pays. Ce discours effraie, ou tout au moins, dérange l’establishment. Car, comme avec Aristide en 1990, la présence de Wyclef Jean dans la course électorale est vécue comme une remise en cause des élites politique et économique qui ont échoué à faire d’Haïti un pays viable pour ses ressortissants.
Mais, contrairement à Aristide qui disposait en 1990 d’un solide réseau d’appuis au sein de l’église catholique (TKL), d’une frange importante de la bourgeoisie d’affaires, des médias indépendants, des organisations socio-professionnelles et des intellectuels progressistes, on n’est pas du tout sûr en 2010 que Wyclef Jean dispose de tels appuis. Ses soutiens les plus évidents viennent du mouvement rap créole dont il est le parrain. Il s’agit d’un mouvement contestataire très prisé au sein de la jeunesse marginalisée des quartiers pauvres de nos villes que Wyclef Jean désigne sous le nom de ghettos. Ce mouvement qui a ses propres règles, ses rituels et ses propres codes de communication saura-t-il mobiliser l’ensemble de la jeunesse haïtienne aujourd’hui déboussolée, sans repère dans une société en crise ? L’appui de la jeunesse des ghettos aura-t-il une expression électorale dans un pays où les jeunes de moins de 30 ans représentent plus de la moitié de la population ? On ne saurait le dire pour le moment. Ce qui est certain, c’est que l’effet Wyclef dans l’opinion publique haïtienne et internationale est sans conteste. Son nom est sur toutes les lèvres en bien ou en mal et son statut de mégastar du hip-hop mobilise la grande presse internationale replaçant ainsi Haïti sous les feux de la rampe pour des raisons différentes que celles d’il y a 7 mois, lors du séisme dévastateur du 12 janvier.
Par ailleurs, dans une société aussi complexe que la nôtre, son statut de mégastar venue de la diaspora peut tout aussi bien lui être profitable que nuisible. Depuis la candidature ratée de l’industriel Dumarsais Siméus, débarqué du Texas, c’est la première fois que le pays est ainsi confronté à sa diaspora. Car, quoi que dise l’ex-leader des Fugees, il est un candidat venu de la diaspora. Il est un modèle de réussite dans la logique du grand rêve américain. Cela fascine et fait peur en même temps. Tant que Wyclef Jean associait le drapeau haïtien à ses succès internationaux, il faisait l’unanimité. Mais, les réactions ne sont plus les mêmes quand il sollicite le suffrage des citoyens pour la magistrature suprême. Tous ses handicaps sociaux sont alors propulsés au premier plan, à commencer par ses problèmes linguistiques. Il ne parle pas le français au grand dam des francophones et francophiles et il parle un créole de ghetto qui préoccupe, sinon agace la majorité silencieuse. Tout cela complique encore davantage sa méconnaissance avérée du pays dans ses codes sociaux, ses us et coutumes.
Mais, il n’est pas à une contradiction près. Son mouvement « Fas a Fas » apparaît comme une proposition de huis-clos haïtiano/haïtien opposant riches et pauvres, jeunes et vieux, mulâtres et noirs, citadins et paysans, haïtiens du dedans et haïtiens du dehors. Cependant, peut-il y avoir huis-clos haïtiano-haitien sous la protection de la MINUSTAH et des ambassades « amies » ? D’un autre côté, il s’est fait inscrire sous la bannière du mouvement « Vivre Ensemble », une toute petite rigole du mouvement lavalas déjà sérieusement morcelé. Saura-t-il refaire l’unité de cet électorat de plus en plus atomisé ? S’il ne passe pas à la trappe du CEP le 17 août prochain, l’un des problèmes majeurs qu’il aura à confronter sera de prouver qu’il a autant de talent pour réussir dans le showbiz international que dans la politique locale. La bataille sera rude. Il devra abattre toutes ses cartes dont certaines demeurent encore de grandes inconnues : Quelle sera l’attitude de la diaspora ? Surtout celle très puissante des Etats-Unis ? Quel sera le comportement du gouvernement américain ? Quelle sera la position de l’élite noire américaine ? Le monde des superstars : des Oprah, 50 Cent, Puff Daddy, Beyonce, Danny Glover, etc. ? Et la très musicale communauté évangélique afro-américaine ?
En faisant fi de la contestation de la légitimité du CEP par des partis politiques parmi les plus importants du pays, contestation relayée par des organisations de la société civile, Wyclef Jean ainsi que certains candidats du camp démocratique, cautionnent une institution discréditée totalement et à la solde de l’exécutif. Ils jouent gros, à leurs risques et périls. Wyclef Jean ne sera-t-il qu’une tornade soudaine, puissante, dévastatrice et éphémère ?
Par Liliane PIERRE PAUL
samedi 14 août 2010,
Radio Kiskeya
Il y a moins d’un an dans une interview exclusive à Radio Kiskeya, la star du hip-hop Wyclef Jean se refusait à admettre qu’il se préparait à se porter candidat à la Présidence. Aujourd’hui, c’est fait. Il en a fait l’annonce sur le puissant réseau américain CNN et le jeudi 5 août 2010, il a présenté officiellement sa candidature à la direction des opérations électorales du CEP. Il ne fait aucun doute que cette candidature est venue donner une dimension inattendue à ces élections qui jusque-là semblaient opposer d’une part le pouvoir à la recherche d’une formule de continuité et d’autre part, les ténors de l’opposition qui contestaient d’avance le processus électoral sans vraiment démontrer la capacité d’en empêcher la réalisation.
Comme une tornade, l’annonce de la candidature de Wyclef Jean a donné l’impression de tout balayer : Inite, la plateforme au pouvoir, a perdu son apparente cohérence interne et l’opposition semble encore en quête d’une nouvelle formule de mobilisation. Si Wyclef Jean arrive à franchir sans difficultés le saut à obstacles que constituent les critères d’admission du CEP (17 documents obligatoires dans son cas) sa candidature marquera certainement un tournant dans une dynamique électorale dominée jusque-là par le clan au pouvoir.
Cette candidature n’est pas sans rappeler celle de Jean Bertrand Aristide en 1990, même s’il faut éviter le piège de la comparaison abusive. Comme Aristide, il y a vingt ans, Wyclef Jean est un outsider sans réel programme et porteur d’un discours populiste et messianique qui mobilise les couches les plus défavorisées et la jeunesse nombreuse et marginalisée des bidonvilles du pays. Ce discours effraie, ou tout au moins, dérange l’establishment. Car, comme avec Aristide en 1990, la présence de Wyclef Jean dans la course électorale est vécue comme une remise en cause des élites politique et économique qui ont échoué à faire d’Haïti un pays viable pour ses ressortissants.
Mais, contrairement à Aristide qui disposait en 1990 d’un solide réseau d’appuis au sein de l’église catholique (TKL), d’une frange importante de la bourgeoisie d’affaires, des médias indépendants, des organisations socio-professionnelles et des intellectuels progressistes, on n’est pas du tout sûr en 2010 que Wyclef Jean dispose de tels appuis. Ses soutiens les plus évidents viennent du mouvement rap créole dont il est le parrain. Il s’agit d’un mouvement contestataire très prisé au sein de la jeunesse marginalisée des quartiers pauvres de nos villes que Wyclef Jean désigne sous le nom de ghettos. Ce mouvement qui a ses propres règles, ses rituels et ses propres codes de communication saura-t-il mobiliser l’ensemble de la jeunesse haïtienne aujourd’hui déboussolée, sans repère dans une société en crise ? L’appui de la jeunesse des ghettos aura-t-il une expression électorale dans un pays où les jeunes de moins de 30 ans représentent plus de la moitié de la population ? On ne saurait le dire pour le moment. Ce qui est certain, c’est que l’effet Wyclef dans l’opinion publique haïtienne et internationale est sans conteste. Son nom est sur toutes les lèvres en bien ou en mal et son statut de mégastar du hip-hop mobilise la grande presse internationale replaçant ainsi Haïti sous les feux de la rampe pour des raisons différentes que celles d’il y a 7 mois, lors du séisme dévastateur du 12 janvier.
Par ailleurs, dans une société aussi complexe que la nôtre, son statut de mégastar venue de la diaspora peut tout aussi bien lui être profitable que nuisible. Depuis la candidature ratée de l’industriel Dumarsais Siméus, débarqué du Texas, c’est la première fois que le pays est ainsi confronté à sa diaspora. Car, quoi que dise l’ex-leader des Fugees, il est un candidat venu de la diaspora. Il est un modèle de réussite dans la logique du grand rêve américain. Cela fascine et fait peur en même temps. Tant que Wyclef Jean associait le drapeau haïtien à ses succès internationaux, il faisait l’unanimité. Mais, les réactions ne sont plus les mêmes quand il sollicite le suffrage des citoyens pour la magistrature suprême. Tous ses handicaps sociaux sont alors propulsés au premier plan, à commencer par ses problèmes linguistiques. Il ne parle pas le français au grand dam des francophones et francophiles et il parle un créole de ghetto qui préoccupe, sinon agace la majorité silencieuse. Tout cela complique encore davantage sa méconnaissance avérée du pays dans ses codes sociaux, ses us et coutumes.
Mais, il n’est pas à une contradiction près. Son mouvement « Fas a Fas » apparaît comme une proposition de huis-clos haïtiano/haïtien opposant riches et pauvres, jeunes et vieux, mulâtres et noirs, citadins et paysans, haïtiens du dedans et haïtiens du dehors. Cependant, peut-il y avoir huis-clos haïtiano-haitien sous la protection de la MINUSTAH et des ambassades « amies » ? D’un autre côté, il s’est fait inscrire sous la bannière du mouvement « Vivre Ensemble », une toute petite rigole du mouvement lavalas déjà sérieusement morcelé. Saura-t-il refaire l’unité de cet électorat de plus en plus atomisé ? S’il ne passe pas à la trappe du CEP le 17 août prochain, l’un des problèmes majeurs qu’il aura à confronter sera de prouver qu’il a autant de talent pour réussir dans le showbiz international que dans la politique locale. La bataille sera rude. Il devra abattre toutes ses cartes dont certaines demeurent encore de grandes inconnues : Quelle sera l’attitude de la diaspora ? Surtout celle très puissante des Etats-Unis ? Quel sera le comportement du gouvernement américain ? Quelle sera la position de l’élite noire américaine ? Le monde des superstars : des Oprah, 50 Cent, Puff Daddy, Beyonce, Danny Glover, etc. ? Et la très musicale communauté évangélique afro-américaine ?
En faisant fi de la contestation de la légitimité du CEP par des partis politiques parmi les plus importants du pays, contestation relayée par des organisations de la société civile, Wyclef Jean ainsi que certains candidats du camp démocratique, cautionnent une institution discréditée totalement et à la solde de l’exécutif. Ils jouent gros, à leurs risques et périls. Wyclef Jean ne sera-t-il qu’une tornade soudaine, puissante, dévastatrice et éphémère ?
Complicité d’ingérence
Complicité d’ingérence
Écrit par Guy Ferolus
Vendredi, 13 Août 2010 17:25
L’utilisation de la presse par les diplomates étrangers accrédités en Haïti illustre parfaitement le degré d’abrutissement auquel se livre le pays tout entier a un moment critique de notre vie de peuple « libre » où des forces étrangères occupent injustement le pays.
L’ingérence étrangère s’insère dans la pratique quotidienne de toutes les structures politiques de l’Etat et est voulue par la classe dirigeante dans son ensemble. Cette ingérence est recherchée et alimentée par les politiques et surtout la presse haïtienne très gourmande en matière de sollicitation des représentations diplomatiques. Dans les grands médias les déclarations des ambassades étrangères se disputent la Une tandis que le discours de nos dirigeants est relégué au second plan. Curieux ! Ce que pensent l’ambassadeur américain est plus important que la prise de position d’un ministre ou d’un élu. Ainsi pour comprendre la destitution d’un premier ministre, le vote du budget de l’état ou toute autre question de politique nationale il faut interviewer un diplomate étranger. Pourquoi les journalistes sont-ils si friands de l’avis des diplomates ? Est-ce parce qu’on ne prend pas au sérieux les dires de nos dirigeants? Ou est-ce le souci de la pertinence dans le traitement de l’actualité qui pousse nos chers journalistes à aller chercher l’information à la source c'est-à-dire auprès de ceux-là qui détiennent les clefs du pouvoir ?
Dans cette Haïti complexe un journaliste qui se respecte doit s’arranger pour avoir les informations de première main, en d’autres termes des informations venues directement des ambassades étrangères, là où s’exerce, vraisemblablement, la réalité du pouvoir politique.
De leurs coté les diplomates ne se privent pas de cette tribune qui leur est offerte par la presse. Ils sont sur toutes les radios, commentant la gestion de nos institutions, les actes de nos politiques etc.
A Port-au-Prince un ambassadeur n’est pas seulement un diplomate étranger mais un acteur tout puissant du jeu politique avec qui on doit avoir de bons rapports si on veut exister. C’est drôle, Haïti cumule tous les paradoxes ! En même temps, ce pays regorge de nationalistes de tous poils prêts à brandir le drapeau national, à ressasser les exploits de Dessalines dans un coup de tonnerre viv lib ou mouri en fustigeant l’ingérence étrangère.
Mais comment un ambassadeur peut-il entrer dans un tel jeu en foulant au pied le devoir de réserve lié à sa fonction ? Comment nos dirigeants, nos chers parlementaires habitués à des déclarations à l’emporte-pièce peuvent-ils laisser faire sans même lever le petit doigt pour protester, et dénoncer l’immixtion des puissances étrangères dans la gestion de notre destinée ? Qu’est-ce qu’un diplomate a à dire sur la nomination ou la destitution d’un premier ministre ? Qui se préoccupe de son avis sur l’organisation des élections?
La question est beaucoup plus complexe qu’elle n’y parait. Eh oui ! Quand il s’agit d’Haïti on engendre du complexe par le simple. L’ingérence étrangère dans la politique du pays ne date pas d’hier. Les Duvalier ont dirigé le pays avec un bras de fer pendant quarante ans sous la bienveillance et la bénédiction de la communauté internationale et il n’a fallu que d’un simple coup de fil des américains en 1986 pour chasser BabyDoc du pouvoir. Plus récemment, le départ précipité de Jean Bertrand Aristide est en partie l’œuvre concertée de la diplomatie franco-américaine, mise à part une forte mobilisation populaire visant la destitution du pouvoir lavalas. Gérard Latortue nous a été imposé par le voisin superpuissant. René Préval, malgré sa popularité apparente, ne serait pas revenu aux affaires si facilement et dans les conditions que l’on sait si ce n’était la volonté de nos « bailleurs de food ». L’opposition anti-Préval qui dénonce l’occupation militaire du pays et le départ des forces étrangères n’a pas hésité à aller se plaindre au domicile de l’ambassade américaine auprès de Cheryls Mills, chef cabinet d’Hilary Clinton.
Cependant, il faut avouer qu’on n’a pas su prendre en main notre destiné. On nous finance tout : nos élections, nos infrastructures, le budget de nos institutions, notre pain quotidien... Et en contre partie on nous demande des comptes selon la formule tristement célèbre qui finance commande. Dans ce cas de figure dirions-nous qu’il est normal que les diplomates étrangers font des déclarations intempestives et que nos talentueux journalistes y prêtent autant attention.
Les journalistes devront prendre conscience de l’incohérence de leur démarche consistant à tendre, à tout bout de champ, leur micro aux diplomates accrédités en Haïti. Ce faisant ils souillent leur métier et en même temps leur patrie. L’avis d’un diplomate étranger, quelque soit son estime et son prestige, devrait compter moins que ce que pense le plus insignifiant de nos élus.
Écrit par Guy Ferolus
Vendredi, 13 Août 2010 17:25
L’utilisation de la presse par les diplomates étrangers accrédités en Haïti illustre parfaitement le degré d’abrutissement auquel se livre le pays tout entier a un moment critique de notre vie de peuple « libre » où des forces étrangères occupent injustement le pays.
L’ingérence étrangère s’insère dans la pratique quotidienne de toutes les structures politiques de l’Etat et est voulue par la classe dirigeante dans son ensemble. Cette ingérence est recherchée et alimentée par les politiques et surtout la presse haïtienne très gourmande en matière de sollicitation des représentations diplomatiques. Dans les grands médias les déclarations des ambassades étrangères se disputent la Une tandis que le discours de nos dirigeants est relégué au second plan. Curieux ! Ce que pensent l’ambassadeur américain est plus important que la prise de position d’un ministre ou d’un élu. Ainsi pour comprendre la destitution d’un premier ministre, le vote du budget de l’état ou toute autre question de politique nationale il faut interviewer un diplomate étranger. Pourquoi les journalistes sont-ils si friands de l’avis des diplomates ? Est-ce parce qu’on ne prend pas au sérieux les dires de nos dirigeants? Ou est-ce le souci de la pertinence dans le traitement de l’actualité qui pousse nos chers journalistes à aller chercher l’information à la source c'est-à-dire auprès de ceux-là qui détiennent les clefs du pouvoir ?
Dans cette Haïti complexe un journaliste qui se respecte doit s’arranger pour avoir les informations de première main, en d’autres termes des informations venues directement des ambassades étrangères, là où s’exerce, vraisemblablement, la réalité du pouvoir politique.
De leurs coté les diplomates ne se privent pas de cette tribune qui leur est offerte par la presse. Ils sont sur toutes les radios, commentant la gestion de nos institutions, les actes de nos politiques etc.
A Port-au-Prince un ambassadeur n’est pas seulement un diplomate étranger mais un acteur tout puissant du jeu politique avec qui on doit avoir de bons rapports si on veut exister. C’est drôle, Haïti cumule tous les paradoxes ! En même temps, ce pays regorge de nationalistes de tous poils prêts à brandir le drapeau national, à ressasser les exploits de Dessalines dans un coup de tonnerre viv lib ou mouri en fustigeant l’ingérence étrangère.
Mais comment un ambassadeur peut-il entrer dans un tel jeu en foulant au pied le devoir de réserve lié à sa fonction ? Comment nos dirigeants, nos chers parlementaires habitués à des déclarations à l’emporte-pièce peuvent-ils laisser faire sans même lever le petit doigt pour protester, et dénoncer l’immixtion des puissances étrangères dans la gestion de notre destinée ? Qu’est-ce qu’un diplomate a à dire sur la nomination ou la destitution d’un premier ministre ? Qui se préoccupe de son avis sur l’organisation des élections?
La question est beaucoup plus complexe qu’elle n’y parait. Eh oui ! Quand il s’agit d’Haïti on engendre du complexe par le simple. L’ingérence étrangère dans la politique du pays ne date pas d’hier. Les Duvalier ont dirigé le pays avec un bras de fer pendant quarante ans sous la bienveillance et la bénédiction de la communauté internationale et il n’a fallu que d’un simple coup de fil des américains en 1986 pour chasser BabyDoc du pouvoir. Plus récemment, le départ précipité de Jean Bertrand Aristide est en partie l’œuvre concertée de la diplomatie franco-américaine, mise à part une forte mobilisation populaire visant la destitution du pouvoir lavalas. Gérard Latortue nous a été imposé par le voisin superpuissant. René Préval, malgré sa popularité apparente, ne serait pas revenu aux affaires si facilement et dans les conditions que l’on sait si ce n’était la volonté de nos « bailleurs de food ». L’opposition anti-Préval qui dénonce l’occupation militaire du pays et le départ des forces étrangères n’a pas hésité à aller se plaindre au domicile de l’ambassade américaine auprès de Cheryls Mills, chef cabinet d’Hilary Clinton.
Cependant, il faut avouer qu’on n’a pas su prendre en main notre destiné. On nous finance tout : nos élections, nos infrastructures, le budget de nos institutions, notre pain quotidien... Et en contre partie on nous demande des comptes selon la formule tristement célèbre qui finance commande. Dans ce cas de figure dirions-nous qu’il est normal que les diplomates étrangers font des déclarations intempestives et que nos talentueux journalistes y prêtent autant attention.
Les journalistes devront prendre conscience de l’incohérence de leur démarche consistant à tendre, à tout bout de champ, leur micro aux diplomates accrédités en Haïti. Ce faisant ils souillent leur métier et en même temps leur patrie. L’avis d’un diplomate étranger, quelque soit son estime et son prestige, devrait compter moins que ce que pense le plus insignifiant de nos élus.
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