Qui parle de bilan et de quel bilan s’agit il?
Michel William
14 Mai 2013
Aujourd’hui, après deux années au pouvoir du président Martelly l’heure est au bilan Qui est intéressé á faire ce bilan ? Qui est intéressé á critiquer ce bilan. De quel bilan on parle ? Du bilan conjoint de l’exécutif et du parlement ou d’un bilan orphelin de père et de mère ?.Dans l’exécution d’un programme gouvernemental, l’exécutif prépare, rédige et propose, le législatif corrige, approuve et contrôle. Le judiciaire fait appliquer les lois régissant les dépenses de l’état .Le peuple haïtien devrait évaluer ce 14 mai 2013 le bilan de deux ans du trio, Exécutif, législatif et judiciaire. Il ne saurait y avoir de succès ou d’échecs d’un seul pouvoir. Le bilan des deux années de Mr Martelly est le résultat de l’action conjuguée des trois pouvoirs de l’état .Prétendre faire le bilan d’une branche du pouvoir en ignorant l’action des deux autres est de la manipulation politique.
A bien suivre la fièvre du bilan dont est atteinte la presse parlée et écrite, tout semble indiquer qu’il y aurait trois catégories d’individus à s’intéresser au bilan de Mr Martelly et non le pouvoir en lui-même..
-Une première catégorie concerne l’exécutif lui-même, présidence, primature et les parlementaires convertis au pouvoir .Auraient rejoint cette catégorie les propriétaires d’ ONG, les partisans et les sympathisants qui font entre trois mille et dix mille dollars américains le mois. Elle bénéficierait des faveurs de l’exécutif dans la signature de contrats juteux qui les ferait faire assez d’argent pour les mettre á l’abri de la misère dans les dix prochaines années. Cette catégorie jouissant de toutes les faveurs voit tout en rose .Elle cherche exclusivement á justifier dans le bilan le budget dépensé au cours de ces deux dernières années.
-Une deuxième catégorie concerne l’opposition qui n’a pas participé au festin du budget dépensé . On y trouve l’opposition déstructurée moins l’OPL et les recyclés renvoyés de Lavalas et d Inité qui voient tout en noir et rouge
-Enfin une troisième catégorie formée de l’aile dure de lavalas écartée du pouvoir et des aigris de l’Inité qui n’ont pas fini de digérer la perte du pouvoir aux élections de novembre 2010 et qui regardent avec regrets comment les partisans de Martelly gèrent avec une arrogance incommensurable le pactole qu’ils ont laissé maladroitement échapper de leurs mains.
On fait un bilan pour pouvoir aller de l’avant..Les différents bilans entendus á la radio sont ou bien une apologie de l’action gouvernementale ou une destruction de celle-ci. Au demeurant on a affaire á des bilans partisans qui n’inspirent aucune confiance .Le bilan positif ou négatif fait par chacune de ces catégories pestifère au pire l’ambiance socio politique du milieu qui invite plutôt á la sérénité..Ils empêchent une évaluation sérieuse des succès ou des échecs du pouvoir de Martelly et préviennent ce dernier de la raison d’apporter toute amélioration á ce qui était bien fait ou mal fait..Ils privent la population d’une appréciation claire dans tout ce qu’elle aura entendu ou vu.
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La presse qui de son coté véhicule dans le bilan des sons tantôt élogieux tantôt désobligeants pour le pouvoir achève de semer la confusion dans la population , parce la minute présente, elle fait un critique acerbe du bilan en faisant parler les opposants au pouvoir. L’instant d’après elle se fait l’écho des spots publicitaires lucratives qui multiplient á l’infini les réalisations politiques du président Martelly, sous le fallacieux prétexte que le massage n’engage que son commanditaire selon accord commercial signé entre elle et le pouvoir. De prêt ou de loin, le bilan étant un acte politique, l’intérêt et l’argent sont la motivation de tous ceux la qui font ou ne font pas de l’argent dans le pouvoir de Martelly. Le bon peuple attend de faire de l’argent mais ne l’a pas encore fait. Le peuple attend un bilan qui fait ressortir dans l’action gouvernementale et du quatrième pouvoir les responsabilités établies de chacun d’eux . On le force á s’intéresser á un bilan positif ou négatif pour influencer son vote futur á la veille des élections qui s’annoncent pour demain. Qui croire ? Qui vivra verra.
Port-au-Prince 14 mai 2013.
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