mardi 18 décembre 2012

Haïti: maigre bilan économique en 2012


Haïti: maigre bilan économique en 2012

Le Nouvelliste | Publié le : 2012-12-17
 Thomas Lalime thomaslalime@yahoo.fr
Faire le bilan d’une année économique est un exercice relativement simple sur le plan macroéconomique. Il suffit de comparer les taux de croissance économique prévu et réalisé, le taux de chômage, l’inflation, bref les principaux agrégats macroéconomiques. En fait, la croissance économique est comme un miroir à travers lequel on contemple le résultat et l’efficacité économiques de toutes les politiques appliquées dans un pays durant une année donnée. Or sur ce point, d’une prévision de croissance de 7.8 % au début de l’année, le Fonds monétaire international (FMI) avait d’abord réduit les prétentions dans l’intervalle de 4.5 à 5.5 % au mois de juin 2012, puis à 2.5 % le 6 décembre dernier, chiffres avancés par M. Boileau Loko, chef de division adjoint du département de l’hémisphère  occidental  du FMI au terme de sa mission en Haïti qui avait débuté le 28 novembre 2012.

En attendant les dernières estimations de la croissance économique de l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI), les statistiques du FMI laissent entendre que la performance économique de 2012 a été  d’à peine 3.21/10 (2.5/7.8). Entre temps, l’IHSI a confirmé un ralentissement  du taux de croissance de l’Indice de la production industrielle qui passe de 26.6 % en 2011 à 4.9 % en 2012. Les  industries alimentaire et textile ont crû respectivement de 10,4% et 0,5% en 2012 contre 16,6% et 30,2% en 2011. Le secteur de la construction a crû de 3.1 % en 2012 contre 14 % en 2011 alors que  la croissance de l’activité commerciale de 30.3 % en 2011 tombe à 18 % en 2012. Un bien maigre bilan. Il faudra prêter une attention particulière aux explications des autorités fiscales et monétaires ; car, réaliser une prévision à 32 % veut dire qu’elle a été mauvaise, sauf en cas de chocs exogènes majeurs. Et dire que c’était le gouvernement lui-même qui avait promis de réaliser 7.8 % de croissance !

Le FMI a  avancé deux principales raisons qui, d’après lui, expliquent cette contreperformance économique: la sécheresse et le passage de l'ouragan Isaac qui ont plombé la production agricole. Mais, au regard des statistiques de l’IHSI, l’argument du FMI est, semble-t-il, tiré par les cheveux puisqu’il n’y a pas eu que le secteur agricole à être peu performante en 2012. D’ailleurs, le secteur agricole dans son ensemble ne représente pas plus que 25 % du produit intérieur brut (PIB) haïtien. Le textile, la construction et l’activité commerciale ont également connu une plus faible performance en 2012 par rapport à 2011. Difficile de croire que la sécheresse et l’ouragan Isaac pourraient, à eux seuls, être tenus pour responsables du maigre bilan économique de 2012.

La Commission économique pour l’Amérique latine et la Caraïbe (CEPALC) évoque des éléments d’explications beaucoup plus plausibles : le retard observé dans la reconstruction du pays après le séisme du 12 janvier 2010 et l’instabilité politique et institutionnelle notamment gouvernementale qui a servi de prétexte au ralentissement du décaissement des fonds internationaux.
Trois grandes réalisations économiques sont à mettre à l’actif du gouvernement en 2012. La première demeure l’inauguration du parc industriel de Caracol. Je fais fi ici des éventuels méfaits environnementaux du projet redoutés par  certains observateurs. Au terme de la construction du parc dans 5 ans, les autorités prévoient de créer plus de 65 000 emplois dont 5 000 d’ici deux ans. Ce n’est qu’une prévision, comme on avait prévu 7.8 % de croissance pour n’en réaliser que 2.5%. Deuxièmement, l’équipe au pouvoir arrive à maintenir jusqu’ici la stabilité macroéconomique en gardant notamment l’inflation et le taux de change dans une fourchette acceptable. N’était cette stabilité macroéconomique, la vie chère pourrait connaître une ampleur bien plus inquiétante.

La troisième réalisation est le bond de dix places gagnées par Haïti dans le classement de Transparency International sur la corruption. On abandonne la dernière place à la Somalie, l’Afghanistan et la Corée du Nord. Ça ne veut pas forcément dire qu’il y ait moins de corruption en Haïti en 2012, mais le fait que la presse internationale ne cite plus Haïti en mentionnant les cinq pays perçus comme les plus corrompus est une bonne couche de vernis sur notre image qui fait du bien. 

Dans les signaux positifs à mentionner, on ne peut oublier le dépôt du budget 2012/2013 dans le délai constitutionnel. Cela peut paraître banal mais c’est le genre de signal qui traduit la volonté de respecter les normes qui ne laisseront pas indifférents les observateurs avisés pour ne pas dire les investisseurs potentiels.  On peut citer également la mise en ligne du registre électronique du commerce annoncée par le ministère du Commerce et de l'Industrie (MCI) qui devrait constituer un guichet unique électronique appelé à permettre la création d'une société anonyme en 10 jours. Selon le MCI, les déplacements seront limités et les délais réduits pour créer une entreprise en Haïti.

Sur le plan microéconomique, le secteur des télécommunications a bien changé en 2012. Pas vraiment pour le meilleur. L’achat de Voilà par la Digicel a généré une telle détérioration de la qualité des services que la compagnie a été obligée de s’en excuser publiquement. La Natcom qui devrait faciliter la concurrence dans le secteur bat encore de l’aile. On peut par contre s’enorgueillir de l’inauguration la semaine dernière de l’hôtel Oasis comme un projet d’envergure. Un hôtel qui vise les cinq étoiles avec 130 chambres, un café terrasse, des magasins, un centre d’affaires et deux salles de conférence, pour un investissement de 35 millions de dollars américains. Pour le reste, sans négliger l’importance des petites et moyennes entreprises, pas vraiment de grands projets d’envergure à retenir dans le paysage haïtien des affaires. 
  
Quant au passif du gouvernement, il semble être beaucoup plus volumineux. D’abord, il y a eu les promesses électorales: créer 500 000 emplois en cinq ans, envoyer les enfants à l’école gratuitement, reloger les sinistrés du séisme, construire une université dans chaque département... Puis sont venus les slogans: Haïti is opened for business, Katye pam poze, ede pèp,…À chaque fin d’année, on s’attendrait à avoir l’état d’avancement dans ces domaines. Où en est-on avec les cinq E (éducation, emploi, État de droit, environnement et énergie)? Et dans ces champs, la moisson semble peu abondante, à l’exception des progrès revendiqués par le gouvernement concernant les enfants envoyés gratuitement à l’école et la relocalisation des sinistrés. On voudrait bien par exemple connaître le nombre d’emplois créés en 2012, le taux de chômage a-t-il diminué ou augmenté?
Faible compétitivité et mauvais climat des affaires
La faible performance économique est reflétée dans les différents classements économiques internationaux de 2012. Ces classements peuvent guider dans l’identification des causes de cette mauvaise performance économique et à long terme de notre sous-développement. Nous retenons quatre de ces rapports qui ont dressé le profil du climat mondial des affaires, de la compétitivité, de l’innovation et de la corruption en 2012. On constate que le Singapour se retrouve dans les cinq pays les mieux classés dans ces quatre rapports. Le message est donc assez clair : moins un pays est perçu comme corrompu, plus il est compétitif, plus il innove et plus il est ouvert aux affaires. Nous venons donc d’identifier quatre facteurs majeurs de croissance et de développement économique dans lesquels Haïti piétine encore.
Par ces facteurs, on identifie les pays qui sont effectivement ouverts aux affaires. Et malheureusement, Haïti est passée de la 166e en 2011 à la 174e place en 2012 dans le rapport Doing Business  et de la 137e à la 142e place dans le rapport sur la compétitivité. Le pays ne figure même pas dans le classement sur l’innovation alors que l’on peut se vanter d’un bond de dix places dans le rapport sur la corruption.
Dans le classement Doing Business, on partage la queue du classement avec le Bénin et le Tchad. Nos camarades de la dernière place du classement de la compétitivité sont la Siérra-Léone et le Burundi, des pays instables politiquement, très souvent en guerre et considérés comme des États faillis. Le mauvais classement rime alors avec faible performance et sous-développement économiques. À titre de comparaison, la République dominicaine est 108e dans le classement Doing Business, 105e dans le classement de la compétitivité, 86e dans celui sur l’innovation et 118 dans le classement sur la corruption. Notre voisin fait donc preuve d’un meilleur climat des affaires, d’une meilleure compétitivité, se montre plus novateur et est perçu comme moins corrompu. Dis-moi alors ton rang dans les classements économiques internationaux et je prédirai ton niveau de développement économique.
Mais mieux encore, ces rapports indiquent par où il faut toucher la plaie du doigt si l’on veut sortir du marasme économique. Pour le PDG du World Economic Forum, Klaus Schwab, les écarts persistants en termes de compétitivité au sein des régions, notamment en Europe, sont en partie à l'origine des difficultés que ces régions connaissent actuellement, et cela met en péril leur prospérité. Il  encourage les gouvernements à agir avec fermeté en adoptant des mesures à long terme, afin d'améliorer la compétitivité et remettre le monde sur le chemin de la croissance économique durable.
Xavier Sala-i-Martin, théoricien de la croissance économique, professeur à l’Université Columbia et coéditeur du rapport, affirme que l'indice global de compétitivité offre un aperçu des tendances à long terme qui définissent la compétitivité des économies mondiales et donne un aperçu utile des principaux secteurs dans lesquels les pays doivent agir s'ils souhaitent optimiser la productivité qui déterminera leur avenir économique.
Le rapport Doing Business 2012 intitulé « Entreprendre dans un monde plus transparent » évalue les réglementations ayant un impact sur les entreprises locales dans 183 économies et classe les économies selon dix domaines de la réglementation des affaires tels que la création d’entreprise, la résolution de l’insolvabilité ou le commerce transfrontalier. Le rapport de la Banque mondiale invite les économies à mettre en œuvre des réformes pour améliorer la capacité des entreprises locales à entreprendre, notamment dans les domaines de la transparence et de l’accès à l’information qui jouent un rôle clé dans les réformes.

Les rapports ont certains éléments clés en commun. Par exemple, celui sur la compétitivité en fait ressortir 12 piliers de compétitivité et de croissance économique dont la mise en place des institutions efficaces, la construction des infrastructures, l’environnement macroéconomique, la santé et l’éducation, le développement des marchés financiers et l’innovation. L’environnement institutionnel est déterminé par le cadre administratif et légal à l’intérieur duquel les agents économiques créent de la richesse. La qualité des institutions a donc un impact important sur la compétitivité et la croissance économique. Elle influence les décisions d’investissement, l’organisation de la production et joue un rôle dans la redistribution de la richesse.

Aussi, la bureaucratie excessive, la corruption, le non-respect des contrats et le manque de transparence génèrent-ils des coûts d’opération excessifs qui découragent les investisseurs et ralentit le processus de croissance et de développement économiques. Les différences de performance et de développement économiques sont donc à rechercher dans ces facteurs qui sont également les principaux chantiers à mettre en œuvre si nous voulons emprunter la voie du progrès économique.

En l’absence de résultats probants dans ces domaines, on continuera à occuper la tête de la liste des pays les plus pauvres du monde, comme l’a révélé une récente étude du Wall Street Journal, réalisée à partir de données de la Banque mondiale. Selon cette étude, Haïti est classée comme le pays le plus pauvre de la planète avec un taux de pauvreté estimé à 77 %. Et la pauvreté a un visage : la faim. En 2012, Haïti était également considéré comme le pays de l'Amérique latine et des Caraïbes avec un niveau de famine le plus  élevé, comme l’a révélé l’indice de la faim dans le monde en 2012. Un indice calculé en tenant compte de la proportion de la population sous-alimentée (en %), de la prévalence de l'insuffisance pondérale des moins de 5 ans (en %) et la proportion de la mortalité infantile avant 5 ans (en %). Dans ce classement, encore une fois, Haïti figure parmi les 5 pays au monde où la faim sévit le plus avec le Burundi, l'Éthiopie et le Tchad.

L’ensemble de ces rapports devraient secouer la conscience collective notamment celle des dirigeants haïtiens pour qu’ils décident enfin de mettre le pays sur les rails du progrès. Espérons qu’Haïti connaitra des jours meilleurs en 2013 et qu’il entamera les vrais chantiers de son développement !
Thomas Lalime thomaslalime@yahoo.fr

vendredi 23 novembre 2012

SAUVER PORT-AU-PRINCE


 Sauver Port-au-Prince.
 Par Edgard JEANNITON
Le Nouvelliste du 8 Novembre 2012

Je  suis gonaïvien. J’ai vécu aux Gonaïves pendant toute mon enfance et durant une bonne partie de ma jeunesse. J’allais gaiement à l’école à pied. Moins de 10 minutes pour atteindre l’Ecole Cyr Guillot des Frères de l’Instruction  Chrétienne, moins d’un quart d’heure pour être au Collège Immaculée Conception des Clercs de Saint Viateur. Je vivais  aisément avec mes parents et au milieu de mes amis. Toutes les familles se connaissaient. Une ambiance conviviale, saine et sans stress. Que de bonheur ! Voici que pour faire ma classe de philo et mes études universitaires, je suis  rentré à Port-au-Prince , et comme la plupart de ceux qui se disent fièrement port-au-princiens, je suis resté….Et puis  le labyrinthe ! 
 Nostalgie et amertume
 J’ai eu le privilège de connaitre la superbe ville de Port-au-Prince avec ses  jolies places et ses fontaines, ses grands magasins et ses beaux cinémas, ses luxueux hôtels et son tourisme  florissant, sa vie nocturne et son carnaval tout en couleurs, ses messes de 4 heures du matin et ses concerts de 20 heures, ses clubs mondains et ses clubs littéraires, ses grandes artères et sa circulation fluide… Une capitale  extraordinaire de beauté et de vie, comme il n’y en avait pas beaucoup dans la Caraïbe et n’enviant en rien les grandes villes de la région. Mais depuis quelque temps, on ne reconnait plus la ville. Le grand commerce esquive gentiment le  centre-ville se déplaçant d’un cran en hauteur, laissant en lambeaux un centre-ville à moitié détruit par le séisme de 2010, réduit à des catacombes et devenu un grand bidonville et une zone de non-droit.
Le Champs-de-Mars, ancien lieu de détente et de promenade par excellence pour les familles, cette place-fétiche de ma jeunesse où j’étudiais tous  les soirs pendant des années…n’est plus. Livré aux machann poul boukannen, aux laveurs d’autos, et aux voleurs de 
 téléphone, aux voleurs tout court. C’est vrai, il y a peu de temps c’était encore un camp de sinistrés pour des  victimes du séisme, mais quand même, 3 ans après, on n’y va toujours pas sans appréhension. 
 La Cité  de l’Exposition au Bicentenaire, avec son rond-point, ses fontaines lumineuses, ses places d’Italie et des Nations- Unies, ses jardins fleuris, ses restaurants, son Casino International, ses ambassades, ses bureaux publics, ….n’est plus ! Que des garages !Difficile dans ces conditions de ne pas se souvenir de la gestion efficace de la ville par le maire Franck ROMAIN au début des années 80 ! Aujourd’hui, la gestion de la ville laisse vraiment à désirer, à l’instar de l’absence de coordination dans l’exécution des travaux... Aucune coordination. La route du Canapé Vert, par  exemple, était récemment restée fermée à la circulation pendant deux week-ends de suite, comme s’il n’y avait pas de  riverains entre Dalencourt et Sainte-Thérése. A l’aise…. La rue Duncombe à peine réhabilitée par le  MTPTC avec une nouvelle couche d’asphalte, est fouillée et coupée pour les besoins de la DINEPA…. Le manque de vision, le manque de coordination, le manque d’éthique, le manque de sens de responsabilité, le manque de civisme, d’amour de la patrie, de  valeurs humaines et sociales, d’autorités morales, d’autorité tout court…. ont concouru à instituer les dérives en règles de vie, à mettre en lambeaux et en ruines la capitale, nos villes et notre pays, mais surtout à « valider »  l'anarchie indicible et ignoble que nous constatons aujourd'hui....



 Port-au-Prince, la galère !

 La ville est terriblement mal fichue. C'est un ensemble de bidonvilles reliés entre eux par un soi-disant tissu urbain qui s'étend  dangereusement à la périphérie, sans aucun plan d’urbanisation. Port-au-Prince se reconnait aujourd’hui à la saleté répugnante de ses rues, les piles de fatras partout en guise de bacs à fleurs, la multiplicité de ses marchés publics, des animaux errant dans les rues….. Port-au-Prince, c’est aussi la réalité criante de l’absence de trottoirs pour les  piétons, ces espaces étant dépouillés de leur  fonction normale et occupés par les étalages des marchands, des  restaurants libres ou aménagés sous des tentes, des marchés improvisés… Le commerce informel occupe même les devantures des  magasins, en tout cas, ce qu’il en reste encore au centre-ville.

La ville ressemble à un grand marché  public.
 Il y a des marchés partout. Nous avons pris depuis un certain temps l’habitude (mauvaise mais tolérée), au  grand dam de nos artisans ou des fournisseurs  réguliers, d’importer des fatras : des vêtements usés, même des sous-vêtements usagés, de vieux matelas, des chaussures abîmées, des matériels ménagers réparés, des véhicules de plus de 20 ou 25 ans qui tombent fréquemment en panne sur la chaussée…. Fatras ! Tout s’expose dans les rues passantes et dans les quartiers résidentiels. Il y a des marchés partout. Aucune intervention…..Le Bois-Verna et la Rue des Casernes sont en principe des voies à sens unique direction est-ouest, mais il est fréquent de voir des voitures  circulant carrément et impunément en sens inverse. Aucune  intervention….  Les vendeurs de pneus usagés et leurs  stocks impressionnants occupent le tiers de la chaussée sur la Grand’Rue. Aucune intervention….. Les garages de plus en plus nombreux obstruent la circulation dans les rues passantes ! Aucune intervention….. Les services de remorquage  de véhicules mal garés fournis désormais par des opérateurs privés, soucieux de réaliser le plus de prises possibles parce que rémunérés au prorata du butin ramené, s’activent essentiellement au haut de Port-au-Prince et à Pétion-Ville,  mais pas à la Rue du Champs de Mars ou des Casernes ! Pas là où les garages ou les carcasses de véhicules gênent la  circulation automobile ! Etrange ! On ne les trouve pas là où en principe l’on serait en droit de les attendre. En passant, c’est comme pour l’EDH : tandis que vous êtes en vacances et que la maison est complètement fermée, le  bordereau est plus élevé que lorsque vous êtes là ! Y voyez-vous quelque chose ? … Et  le plus intéressant, c’est que  le service est rapidement interrompu pour retard de paiement lorsqu’il s’agit de clients réguliers, alors que les prises clandestines pullulent au vu et au su de tout le monde  dans certains quartiers ; non seulement ces utilisateurs- fraudeurs ne sont pas facturés, mais la compagnie n’ose même pas les débrancher. Serait-ce un pays où l’on n’a pas  intérêt à être régulier ? Ou alors, les sanctions ou pénalités, même légales, visent-elles seulement des groupes  particuliers de citoyens ?


La Circulation
On peut questionner aussi la circulation à Port-au-Prince où ce sont les conducteurs  disciplinés qui souffrent des dérives des autres. On a l’impression que le code de la route a été profondément modifié  (dans le mauvais sens) ou qu’ici désormais, c’est la loi de la jungle qui prévaut. Et puis, il y a le flou dans l’application du règlement : le virage à droite au feu rouge, par exemple, est-ce réglementaire ou  est-ce une  infraction ?

 Les motocyclettes : aucune régulation. Aucune discipline, aucun ordre, aucun contrôle. Désormais, si l’on tient compte de leur comportement anarchique dans les rues et de leur implication dans l’insécurité  ambiante, c’est  le danger No 1 à Port-au-Prince comme dans toutes les grandes agglomérations du pays. Les motocyclistes font la loi dans la ville et ne connaissent ni feux rouges, ni sens unique, ni voie  prioritaire….. Ils tournent n’importe où et n’ importe comment. En plus, il s’agit de vrais essaims de ferrailles motorisées postés désormais à tous les  carrefours (sans problème !) ou déambulant sur la chaussée donnant la trouille aux piétons et aux automobilistes.  D’aucuns disent que les services des motocyclistes sont utiles et précieux parce que rapides et permettant de contourner  les embouteillages. Si nous allons au bout de cette réflexion, tôt ou tard, nous devrons revenir au cheval,… à la  bourrique !

C’est une ville horrible. Les essuyeurs d’autos tendant leur linge au nez des conducteurs, les vendeurs  de boissons ou de gaz réfrigérants pour autos occupant l’axe de la chaussée pour présenter leurs produits, les enfants  des rues frappant importunément aux vitres des voitures,...  Port-au-Prince a peur. Port-au-Prince fait peur. Ouf ! La  galère !

 En plus, il faut composer avec les embouteillages. Des bouchons partout, et le matin, et l’après-midi. Sur Turgeau, sur Bois-Verna, sur la Route du Canapé-Vert, sur Bourdon, à Nazon, sur Delmas, à Frères,  sur la route de  Carrefour, en Plaine…. Difficile de gagner le centre-ville ou de quitter Port-au-Prince ! Pourtant, c’est là que tout  se passe, ou presque. Dans la glorieuse république de Port-au-Prince !
 Et comme si les bouchons n’étaient pas suffisants, l’impatience et l’irritation des conducteurs sont souvent exacerbées par des contrôles de police à 4 ou 5  heures de l’après-midi, au moment même où les  travailleurs, les parents, les élèves extrêmement fatigués tentent de  regagner leurs pénates…. Bizarrement, on ne contrôle que les véhicules privés ; les camionnettes, les autobus, les  transports en commun en général sont épargnés !

 Nous passons des heures et des heures dans les bouchons à bouffer sur place une essence si chère dans ce pays, bien plus chère dans le pays le plus pauvre de l’Amérique que dans le pays  voisin le plus riche du monde…. pour le plus grand plaisir des distributeurs de produits pétroliers. Des heures et des  heures à chercher des places de parking inexistantes que les autorités municipales et policières s'efforcent de réduire  encore et encore, paradoxalement même aux abords des lieux publics,  accentuant ainsi la densité des véhicules sur la  chaussée..... Impossible Port-au-Prince ! On laisse la capitale s’enliser dans ce bourbier, un peu comme s’il était  difficile de voir qu’elle est en train de dépérir …. A qui profite le crime ?
 Sauver Port-au-Prince
 Le tableau est noir, stressant, déprimant, désespérant…. Il convient donc de faire tous les efforts possibles et imaginables pour  sauver Port-au-Prince. Sauver la capitale ne signifie pas forcément activer d’emblée la reconstruction, ni ne  nécessite pas obligatoirement de gros débours interpelant le Trésor Public ou les Bailleurs Internationaux. Cela peut être bien plus simple……

 Sauver la capitale, cela commence par dégager les rues des carcasses de véhicules, des  garages ambiants sans frontières, des étalages et des restaurants occupant les trottoirs et la chaussée, des piles de  détritus, et garantir la durabilité des dispositions corrective, qui, au fait, ne sont que des mesures normales.

 Sauver la capitale, ça commence par mettre de l’ordre dans la circulation automobile et la gestion (régulation) du  fonctionnement des motocyclettes.
 Sauver la capitale, ça commence par refaire les places publiques, les lieux de  promenade et les espaces verts et les remettre dans de bonnes conditions à la disposition des familles et des enfants.
Sauver la capitale, ça commence par créer les conditions de fonctionnement et de sécurité pour un retour du grand commerce au centre-ville et au bord de mer.
Sauver la capitale, ça commence par s’efforcer de remettre normalement les rues Tiremasse, des Fronts-Forts et Bonne Foi à la circulation automobile….
 Sauver la capitale, ça commence par créer un cadre dissuasif pour porter le citoyen à bien gérer ses détritus et à éliminer le reflexe de jeter automatiquement les  fatras dans les rues.
Sauver la capitale, ça commence par prendre des dispositions sérieuses, pertinentes et ordonnées pour mettre en place une campagne intensive et urgente d’éducation des citoyens à la télé  (pour les adultes) et à l’école (pour les enfants) qui passe par la promotion d’un changement de comportement et la  compréhension de la nécessité de protéger l’environnement.

Ce sont des actions symboliques réalisables à faibles coûts et susceptibles d’indiquer clairement qu’une démarche est en cours pour reprendre en main la gestion du centre- ville de Port-au-Prince. Cela demande tout simplement une volonté, une organisation, une autorité……

En guise de conclusion
Tant que ce cadre minimal ne sera pas fixé, les grands travaux d’infrastructures ou de réhabilitation de l’environnement général de la  ville ne seront que superfétatoires. C’est aussi seulement après  l’établissement de ce cadre qu’on pourra envisager sereinement les premiers vrais efforts de reconstruction des bâtiments publics dans un contexte approprié et la définition d’incitations particulières de la part de l’Etat pour la reconstruction du bâti privé. Si nous n’y prenons  garde, tôt ou tard, nous serons obligés de créer un « Mur de Berlin » ou un « Security Fence » pour isoler ce centre- ville déprimant et dangereux ; et malgré tout, le relent de Port-au-Prince nous poursuivra où que nous soyons…..
 Joyeux Noel, Port-au-Prince !
 Edgard JEANNITON

jeudi 18 octobre 2012

L’Hydre á mille têtes de la crise constitutionnelle



L’Hydre á mille têtes de la crise constitutionnelle
18 octobre 2012.

Généralement, quand on n’a pas de ce que l’on veut, on se contente de ce que l’on a. Ce n’est pas le cas  du régime politique poly hybride que l’INITE et ‘International  ont forcé le président Martelly á mettre en place pour survivre. Ce « ce qu’on a »  ou  la portion congrue d’autorité donnée au président Michel Joseph Martelly  non seulement est nettement insuffisante pour reconstituer la république mise en pièce au cours de vingt cinq ans de gestion anarcho-populiste , mais il lui est aussi refusé, par le sénat réduit á  vingt, par la presse  mainstream  et par la reconstitution aveugle d’une opposition qui met en pratique l’approche bolcheviste de toujours mettre en échec les différentes manœuvres de sortie de crise du président Martelly. Le président, son épouse et les partisans considérés comme les artisans de ce pouvoir doivent se mettre en tête, que leur  régime ne sera jamais accepté aussi longtemps qu’ils essaieront de survivre avec le squelette de la constitution de 1987 ou de sa version amendée  á  travers les tours de passe de passe qui y sont insérées. Ces tours de passe- passe y ont été insérées pour réduire l’intensité des dégâts que pourrait faire le pouvoir de Martelly  avec un amendement taillé á  l’aune de l’INITE et tiré de  la constitution de 1987 conçue contre le régime duvalérien. Toutes les revendications de l’opposition , du  parlement  et de l’INITE dans la presse « mainstream » s’articulent autour d’une seule et même idée » Nous ne sommes pas prêts á  perdre les acquis démocratiques gagnés au prix du sang dans les batailles ante et post 1986. Nous ne le serons jamais face á  un gouvernement Martelly qui afficheraient  des velléités indiscutables de retour aux méthodes fascistes de gouvernement des duvaliers. Contre vents et marées et avec toute sorte d’artifices politiques nous allons lutter pour renverser le pouvoir de Martelly ».
La réalité politique est que  le pouvoir de Martelly doit lutter contre une opposition á  mille têtes .Cette hydre á  mille tête a pris naissance dans la constitution de 1987. Chaque fois qu’il lui est possible de couper une tête á travers chacun de ses  programmes tels que, ti mamman cherie, assurance maladie, education universelle , Abagrangou, l’opposition en fait renaitre plusieurs avec une  contestation de l’objectivité de ces mesures ou  avec l’invention de toute pièce de  nouveaux discours subversifs tel la double nationalité, le procès politique contre la première dame pour gestion illégale des deniers publics, le traitement de « ti avoka  pov » des meneurs  André Michel et Newton ,l’impensable idée de retourner á un CEP provisoire en ce moment post amendement,  et patati et patata. Andris Riché avec son idée de convoquer des assises, Dieuseul Simon Desras avec  son appel au lancement des états généraux pour trouver au président les garanties du reste de son mandat ,Edouard Paultre, Rosney Desroches,Anthonal Mortumé ,mr Carlos Hercule ,dans leur rejet du conseil electoral permanent, le sénat dans sa résolution  exigeant  le départ de Messieurs  Anel Alexis Joseph, Thermési et Philémon de la cour de cassation et la formation d’un CEP provisoire contraire á  l’esprit de la constitution amendée, Sorel jacinthe, Levaillant Louigène dans la retraite de l’opposition au Cap haitien, tous lancent un appel au dialogue et  veulent que le président revienne  á  chaque fois sur chacun de ses actes posés  comme pour l’acculer á  se contredire après chaque décision d’état posé. Sous le prétexte qu’il faut utiliser le dialogue  pour résoudre la crise politique et avec elle toutes les autres crises qui en dérivent, ils  ne songent qu’au renversement du président en affaiblissant davantage son administration et en demandant un dialogue sans finalité politique claire. C’est aussi la position du député Gluck Théophile qui avance qu’on  ne peut résoudre ces problèmes à coup de slogans ni avec des pseudo-programmes sociaux. Il a dit que le gouvernement gère de manière maladroite les problèmes socio-économiques du pays. Il  appelle l'équipe gouvernementale à changer son fusil d'épaule en cherchant des solutions durables à la situation d'insécurité alimentaire à laquelle fait face le pays.
L’exécutif vient de convoquer le corps législatif à l’extraordinaire ce jeudi 11 octobre  pour plancher sur un ensemble de dossiers dont la désignation de ses représentants au CEP (Conseil Electoral Permanent), l’examen et le vote du projet de loi sanctionnant le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, le projet de loi portant création, organisation et fonctionnement du Fonds National pour l’Education (FNE), le  projet de loi sur l’Administration électronique. Cette Session Extraordinaire durera jusqu’à épuisement de l’objet de la présente convocation.

Probablement la loi sur le blanchiment des fonds sera votée, mais l’assemblée  nationale rechignera sur tous les autres points en attendant que l’opposition trouve de nouveaux alibis qui supplantent dans la presse  la nécessité de plancher sur ces projets urgents de loi.

Mais ailleurs ,on ne peut pas gérer un pouvoir  avec ses ennemis au sommet des postes de décision. Ces ennemis devenus amis par la force des choses avaient fait des serments d’allégeance á  des anciens patrons qu’ils sont obligés de respecter sous peine de sanction suprême. Ces reconvertis de la politique  ont fait aussi de nouveaux serments d’allégeance au président Martelly ou á  sa femme  pour se maintenir au pouvoir  pendant qu’ils aménagent de nouvelles sorties de secours dans l’éventualité que le bateau de Martelly pourrait sombrer á  tout moment. Le pouvoir de Martelly est plein de ces rats politiques qui ne songent qu’ á  abandonner le bateau á  la première voie d’eau..Au président Martelly  , je dirais ,   rira bien qui rira le dernier..Faites  attention. Il faut juger un collaborateur immédiat  non pas á  la qualité des  tripotages qu’il vous apporte  journellement á  chaud mais aux positions publiques et aux actes politico économiques de courage pris dans son administration pour vous aider á  satisfaire les revendications du souverain qui vous avait élu..En renouvelant votre confiance á  des menteurs  professionnels qui jouent double jeu vous exposez votre pouvoir á  un tsunami politique et surtout vous ruinez les poches d’espoir que la population avait placées en vous. Qui vivra  verra.

 Mon analyse de la situation est que pour la gestion de tous  ces problèmes de fond, il faut revenir sur la constitution  de 1987 et sur sa version partisane amendée qui mettent tout chef d’état qui ne serait pas sorti des rangs de l’ancien parti unique INITE ou des quatrevingtsixards, dans l’impossibilité de gérer le pays. Si en partie le député  Gluck pourrait avoir raison, á  aucun moment de la durée, ni lui ni les autres n’ont songé á  mettre en cause la constitution de 1987 et sa version amendée qui sont la cause de tous les faiblesses de la gestion de Martelly. Ils ne le font pas parce qu’une mise en cause de la constitution mettrait  en cause le pouvoir autoritaire  des parlementaires et la dictature du parlement qui y est inscrite. Mr Martelly devra  résoudre la crise constitutionnelle de la version amendée préalablement á  toute tentative de résolution de  pseudo crises qui lui sont  liées. Le président  devra convaincre la MINUSTHA présente pour stabiliser la vie politique en Haïti qu’aussi longtemps la crise constitutionnelle  ne sera pas résolue, l’international ne sortira pas du  bourbier qu’il s’est créé en contribuant á  la publication d’un amendement qui ne fait que compliquer pour tous la gestion politique et économique du pays. Si le  président de la république veut le faire, il  a en son sein un fidèle serviteur qui est aussi  un joyau du droit, un génie du droit, un ambassadeur du droit et  un monsieur qui a une longue pratique  de l’international. Confiez lui cette tâche parallèle. Il sera au pays d’un grand atout dans ces moments difficiles.


lundi 1 octobre 2012

SECOUSSES



Secousses !
Par Daly Valet

Le pays a faim. Du creux aux ventres. Les rues s'enflamment. Lavalas et alliés à l'heure de l'action militante ouverte anti-Martelly du Nord à l'Ouest. La grande manifestation de plusieurs milliers de capois, jeudi 27 septembre, contre le pouvoir Tèt Kale nous dit que le président Martelly a toutes les raisons de s’inquiéter. Il y a provocation et raidissement des positions de part et d’autre. Les secousses politiques et répliques sociales de ces derniers jours ont fissuré jusqu’aux fondations de la maison Martelly. Rien ne sera plus comme avant. Au point de se demander si cet édifice résistera à des mouvements déstabilisants répétitifs et durables  de très forte magnitude. La maison est à revoir, restructurer et consolider dans l’immédiat. Bien entendu, si ses ayants droit tiennent à la sauvegarder.

M. Martelly s’est mis sur le dos, dans l’imprudence immature et l’insolence désinvolte, tous les secteurs vitaux de la vie nationale. D’importants hommes d’affaires et autres modestes entrepreneurs, réputés bons citoyens,  par le chantage fiscal. Les catégories socio-processionnelles évoluées, par un populisme brouillon et hautain qui dévalue la connaissance et fait de la condition modeste des hommes et des femmes éduqués des classes moyennes un motif d’humiliation publique. La classe politique, par le rappel incessant de ses faiblesses et de ses tares et par la politique d’exclusion et sectariste poursuivie par le pouvoir au détriment de tout ce qui n’est pas un converti rose. La presse et les démocrates, par l’insulte permanente et par la peur qu’engendrent ces procédés autoritaires anachroniques qui tendent à faire des institutions autonomes et indépendantes de l’État des appendices dévoyés du Palais national. Un vrai record pour un pouvoir sans assise sociale, politique et institutionnelle. Washington et la Minustah ne sauraient être les seuls garants d’un régime responsable et soucieux de résultats dans la stabilité interne. D’ailleurs nul n’entrevoit  un avenir où  des casques bleus de l’Onu se mettraient à tirer à hauteur d’hommes sur des émeutiers de la faim pour défendre un pouvoir qui s’est délégitimé dans l’amateurisme managérial et son inefficacité patente à répondre adéquatement et sans bluff aux demandes populaires.

Les révocations et transferts abusifs opérés par le pouvoir dans l'appareil judiciaire, ces mutations dans les commandements policiers départementaux et ces remplacements dans les délégations aux fins de mater cette rébellion des rues et d'endiguer la contestation sociale signale l'embarras de l’équipe Tèt Kale à bien cerner les cordonnées profondes de la crise. L’impréparation des uns et des autres à assumer de hautes fonctions d'État semble sur le point de coûter très cher à la République au même titre que leur incapacité à donner des résultats dans des délais raisonnables alimente l’insécurité des rues et celle des ventres et des esprits.

Quand le pays réclame du pain, revendique un changement de politique et de direction, le gouvernement répond par des changements inopinés  d'hommes et la distribution de petites enveloppes aux " têtes de pont " des zones réputées chaudes. L'action collective et la logique de la mobilisation politique semblent relever du mercenariat monnayable pour les officiels aux bracelets roses. L’échec au Cap-Haïtien de la " tactique des enveloppes " n'est autre qu'un camouflet à tous ceux qui croient, en tout et partout, aux vertus anesthésiantes et aphrodisiaques de l'argent.

Dimanche 30 septembre, les militants Lavalas et des milliers d’autres mécontents ont  investi le macadam pour rappeler aux putschistes leur coup d'État d'il y a 21 ans. Une façon aussi pour ce secteur de rappeler au président Martelly que n’ont pas été oubliées les accointances de Sweet Micky, l’artiste populaire, avec Sweet Micky, le militaire putschiste. Les Titidiens indécrottables s'en souviennent même quand le pays a tourné la page et penche vers la nouvelle Haïti à édifier sur les décombres de ce pays qu’ont démantelé, pillé et abandonné dans l’indigence crasse les récentes élites gouvernantes. D'ailleurs, toutes proportions gardées, le bilan des années Titid est aussi sombre que celui des années putschistes. L’un semble être l’ombre portée, médiocre et caricaturale de l’autre. Evidemment, comme la calamiteuse performance de Préval a enfanté Martelly, l’insoutenable crétinisme de l’actuel pouvoir semble sur le point de nous réinventer Lavalas. Pour le meilleur. Ou pour le pire.

La grogne gagne quasiment toutes les régions du pays. Les gens tirent prétexte de tout pour occuper les rues et cracher dans la colère leur ras-le-bol : cherté de la vie, sentiment d’abandon dans l’arrière-pays, corruption supposée de la famille présidentielle, gaspillage dans le gouvernement, détournements et réallocations illégales de fonds publics, non respect des promesses électorales, soupçons de velléités présidentielles autoritaristes par la vassalisation d’institutions indépendantes comme le CEP et le CSPJ, transferts illégaux de juges, etc. La liste est longue de ces griefs retenus par la rue mécontente contre M. Martelly et son « équipe ».

Le Palais national n’a pas assez de cordes à son arc qui l’habiliteraient à calmer et renverser cette vapeur sociale montante et brûlante. Car, face à une population de plus en plus impatiente, affamée et furieuse en raison de promesses électorales roses non tenues, le pouvoir n’a pas de solutions miracles qui soulageraient la lancinante misère des tripes dans l’immédiat. La réponse au drame haïtien réside dans des politiques publiques patiemment élaborées et intelligemment exécutées. Les vraies solutions ne peuvent se déployer que sur le long terme. C’est là que le président Martelly est justement piégé. La population lui a enlevé, brutalement et brusquement, en seulement 16 mois de règne, à la fois le bénéfice du doute et du long terme. Elle ne lui a laissé, dramatiquement, que l’inconfortable obligation de gérer l’urgence dans l’efficacité et de tout résoudre vite et maintenant. Son mandat à la fois en jeu et en question.

Dans la droite ligne de nos traditions politiques, la tentation pourrait être forte chez le Président  de se montrer suffisant, têtu  et plus homme fort aux griffes déployées que Chef d’État visionnaire et humaniste à l’écoute de son peuple aux desiderata humains longtemps négligés. Autrement dit, le pouvoir comme son propre fossoyeur et hibou de malheurs. Ce serait doublement regrettable. Regrettable pour son mandat présidentiel mortellement atteint de nos maladies infantiles et enterré prématurément. Le processus d’institutionnalisation démocratique pâtira grandement de toute rupture brutale et chaotique du quinquennat présidentiel. Un tel spectre est à conjurer. Si, dans le judicaire, l’ahurissant scandale Sanon-Sénatus  cristallise l’implosion de ce bric-à-brac qu’on nomme abusivement  « l’équipe Martelly », les risques sont  bien réels d’une déstabilisation provoquée du pouvoir par la rue et orchestrée par ses adversaires politiques impatients et frustrés.  Enfin, ce serait surtout regrettable pour un pays aux misères perpétuelles. Une Haïti qui subit secousses après secousses.  Et dans l’infini recommencement.
D.V.

samedi 29 septembre 2012

Réchauffement climatique : 3,2% de PIB en moins et 100 millions de morts dans le monde d'ici à 2030

Réchauffement climatique : 3,2% de PIB en moins et 100 millions de morts dans le monde d'ici à 2030
Un rapport alarmant, publié mardi par l'organisation humanitaire DARA et commandé par 20 gouvernements tente à nouveau d'alerter sur les risques que représente le changement climatique. Selon ce rapport, 100 millions de vies humaines et 3,2% du PIB
28/09/2012
Un rapport alarmant, publié mardi par l'organisation humanitaire DARA et commandé par 20 gouvernements tente à nouveau d'alerter sur les risques que représente le changement climatique. Selon ce rapport, 100 millions de vies humaines et 3,2% du PIB mondial seraient en jeu d’ici à 2030 si rien n'est fait.

Alors que la température moyenne augmente sous l'effet des gaz à effet de serre, les effets sur la planète, comme la fonte des glaces aux pôles ou la levée du niveau de la mer, devrait faire peser une menace en croissance constante sur les populations et sur l'économie, selon un rapport parlant du changement climatique, de l’impact de ce changement sur l’homme et l’économie dans 184 pays. Il est le résultat d'une commande du « Climate Vulnerable Forum » (CVF), qui regroupe 20 pays menacés par les changements climatiques.

100 millions de vies menacées d'ici à la fin de la prochaine décennie

Selon l'organisation humanitaire DARA, la pollution de l'air, la famine et les maladies qui résultent du changement climatique sont responsables chaque année de plus de 5 millions de décès. Et, selon DARA, ce chiffre devrait atteindre les 6 millions de morts si rien ne change dans nos pratiques polluantes. Plus de 90% de ces décès devraient arriver dans les pays en voie de développement d'après le rapport. « La combinaison changement climatique et pollution au carbone devrait retirer la vie à plus de 100 millions de personnes d'ici à la fin de la prochaine décennie » alerte le rapport.

Des conséquences économiques non négligeables

D'après l'organisation, le changement climatique aurait coûté 1,6% de produit intérieur brut au moins par an à la planète, et pourrait lui coûter le double d'ici à 2030. Et, elle estime que la transition vers une économie à faible rejet en carbone coûterait 0,5% du PIB mondial en dix ans.

Les pays en développement sont menacés...

Ce sont les pays les plus pauvres qui sont les plus menacés par l'accroissement des risques d'inondation et de pénurie d'eau potable. En moyenne selon le rapport, les pays en voie de développement pourraient voir leur PIB amputé de 11% d'ici à 2030 en raison des changements climatiques. Cela s'expliquerait par le coût que représenterait pour l'agriculture ces changements. « Un degré celsius de température moyenne en plus équivaut à une chute de 10% de la productivité agricole. Pour nous, cela signifie 4 millions de tonnes de céréales en moins, soit 2,5 milliards de dollars. C'est 2% de notre PIB » a expliqué le Premier ministre du Bengladesh, Sheikh Hasina en réponse à la publication de ce rapport avant d'ajouter que « en comptant les dommages aux biens et les autres pertes, nous sommes face à une perte de 3 à 4% de notre PIB. »

... mais les pays riches et émergents aussi

Mais les pays en voie de développement ne sont pas les seuls concernés par les risques liés au changement climatique. Selon DARA, les Etats-Unis et la Chine pourraient perdre 2,1% de leur PIB respectifs tandis que la hausse des températures pourrait coûter 5% de son PIB à l'Inde.
SOURCE : latribune.fr

dimanche 23 septembre 2012

Le riz comme pour l’Engrais !




Le riz comme pour l’Engrais !
Michel William
21/09/2012

A la grande surprise de la classe politique traditionnelle le gouvernement  Martelly Lamothe  expérimente une composante sociale  qui fait trembler de peur  tous ceux la qui étaient au pouvoir durant les vingt cinq dernières années. Qui eut cru, comme l’a si bien fait remarquer le chef de l’Etat, que  c’est la présidence  d’un ancien chanteur de bande qui viendrait  voler au secours d’une  population á soixante quinze pour cent pauvre..Les faits politiques ont parlé d’eux-mêmes  et la vérité  a jailli de la réalité. L’école universelle gratuite, la carte  d’assurance  sociale, la carte d’assurance  maladie, le crédit PAM, le kay PAM, la cantine populaire , le « Ti manman cheri », la politique de subvention de l’engrais au profit des cultivateurs qui  se défoncent  pour nourrir les 50% de la population , sont autant de mesures de politiques publiques d’accompagnement qui témoignent de la volonté  inébranlable du président Martelly de trancher d’avec les vieux clichés du faire semblant de venir en aide á la population..

La création d'une commission interministérielle chargée de stabiliser les prix des produits de première nécessité est le tout  dernier acte  posé  par le président Martelly.Son but   participe de la  volonté du gouvernement Lamothe de soustraire á l’appétit naturel du secteur  des affaires d’anticiper sur la montée du dollar et sur les conséquences climatiques négatives   (32.000 has de fruitiers et de bananeraies détruits)) pour faire monter les prix .C’est le cas actuel du riz dont le prix   sur le marché international  ‘se stabilise aux  abords de cinq cents dollars américains la tonne pendant qu’en Haïti, les prix flambent sans explication acceptable.

Pour  Marie-Carmelle Jean-Marie, ministre de l’Economie et des Finances , l’Etat jouit  d’un accord spécial sur le pétrole avec le Venezuela. Cet  accord autorise l’état dans les  cas  d’urgence á  utiliser  une partie de ces fonds  pour subventionner les produits  stratégiques dont l’augmentation des prix  á  la consommation peut nuire á  la stabilité politique du pays.

En vertu de ce contrat  l’Etat aurait négocié avec les entrepreneurs une  structure des prix  qui tiennent compte des frais, des taxes et d’une marge de bénéfice acceptable dans le commerce du riz dont l’importation atteint 480 mille tonnes l’an. Celle-ci  représenterait  quatre  fois la production nationale du riz qui , même bien encadrée,  ne dépassera jamais  les 200.000 tonnes avec  un rendement moyen extraordinaire de quatre tonnes  /has. Ce calcul est pour ramener sur terre les rêves féeriques d’un Jean Robert Estime  qui utilise le mirage  du SRI impossible (Système de riziculture intensive  12-16 tonnes /has) pour faire  dormir le ministère de l’agriculture en voulant défendre la thèse  que la micro exploitation ne constitue pas  un obstacle á  la productivité  des cultures et á  l’augmentation de la production agricole.
D’après  radio Magik Stéréo qui cite la ministre  des Finances  « Nous pensons que le modèle de contrat pétrolier peut être appliqué sur tous les produits sensibles pour les consommateurs. Mais nous n’allons pas nous substituer aux importateurs  parce que l’Etat haïtien n’a ni les moyens logistiques ni les moyens financiers pour ce genre de transaction ». Période.

Le ministre du commerce et de l’industrie ,Mr Wilson Laleau, aurait reçu le feu vert de la commission interministérielle pour régulariser le prix  de cinq  produits stratégiques qui entrent quotidiennement dans le panier de la ménagère. Il s’agit du riz importe á  75% de la consommation  , de la farine du mais  consommée massivement par la population sous toutes les formes ,du haricot dont la production locale déficitaire est commercialisée par « Ti malice » á  grand renfort de publicité contre productive,  de l’huile et du sucre dont les prix  ont pratiquement doublé sur une période de trois ans.

Cette mesure qualifiée de révolutionnaire par la gauche  politique non obscurantiste  n’est  pas  sans susciter des  commentaires les plus variés, dans  la presse et dans le commun des mortels. Le quotidien de la rue du centre , reprend l’esprit de l’interview de Mme  Marie Carmelle  Jean Marie  et titre «  Du riz  comme pour le pétrole « .Il cite une source non identifiée  mais proche de la commission qui ferait croire que l’état  par cette mesure deviendrait le premier importateur de riz. Dans la même foulée précipitée,  le journaliste renchérit involontairement que selon le  ministre, les importateurs vont devenir des distributeurs de riz.  

L’opposition INITE, par la voix du député  Saurel Jacynthe, un  transfuge de la fusion socialiste ,se lamente du fait que le gouvernement de Martelli, par cette décision,  a raté  l’occasion de relancer l’agriculture, car en deux trois mois, le  gouvernement avec le même montant  investi dans la culture du pois du mais, du riz , de l’igname  de la banane  » mettrait á peine  deux á  quatre mois  pour boucler le cycle de production de ces cultures »Le député de Moron Chambelan  a dévoilé dans une  intervention télévisée   sa nullité dans les affaires agricoles   en clamant á  la radio que rien dans la Grand Anse, le  gouvernement pourrait faire la différence  en  mettant en valeur le terroir de cette région  apte á  produire et á  nourrir la majorité  de la population haïtienne. Les analystes avertis se demandent  perplexes, pourquoi le député  Saurel Jacinthe ,aux affaires depuis 1990 n’a pas voté des lois budgétaires et organiques sectorielles qui auraient mis en place les conditions de valorisation de l’écologie agricole de cette région effectivement taillée pour le fruitier et les tubercules.
  
D’autres politiciens mieux imbus des problèmes de l‘arrière  pays mais  tous aussi ignares  de la réalité économique de l’agriculture haïtienne  dans leur propres patelins arguent  que le peuple  en sortirait mieux soulagé si cet argent était investi   dans l’agriculture  qui offrirait des solutions de production   plus rapides. Ces faiseurs d’opinions se trompent d’adresse dans l’agriculture, car ils oublient que vouloir produire et produire  sont effectivement deux vœux de l’esprit qui,  pour se concrétiser , doivent rejeter les gouvernances économiques  des derniers présidents de l’ère lavalassienne suivies  en partie  pendant le gouvernement intérimaire de Boniface  Alexandre jusqu'à la fin du mandat prolongé du président Préval. Ces politiciens ont recommandé une politique de désétatisation á  outrance qui livre les cultivateurs  mains et poings liés au secteur privé et aux ONG. Ces politiciens décorés par la Minustha feignent d’ignorer que la relance de ce secteur demande une  planification intégrée  et une mise en place transversale  de décisions concertées pour produire des effets  durables á  moyen et á  long terme.

Mais l’enjeu du présent article est de démontrer plutôt  la possibilité d’exploiter une trouvaille du ministère de l’agriculture dans la privatisation de l’engrais subventionné tout en soutenant une certaine étatisation pour  empêcher la flambée des prix aux consommateurs et pour encourager partiellement l’augmentation de la production agricole.. Le nouvel essai de cohabitation du secteur privé des affaires et de l’état Haïtien á  travers le ministère de l’agriculture et le bureau de monétisation  dans la commercialisation de l’engrais  mérite d’être signale á  l’attention du grand public .Il est évoqué pour montrer ce dont est capable un gouvernement Martelly Lamothe lorsqu’il fait   appel aux branches encore saines de l’administration publique  haïtienne  qui jure de ne pas vivre de la manne des ONG contraire aux intérêts de l’agriculteur haïtien  au moment de leur passage  aux affaires de l’Etat.

Pour mémoire il convient de rappeler que la consommation de l’engrais  s’était stabilisée  dans les années 97 aux abords des 15 mille tonnes. Le ministère de l’agriculture á travers des efforts consentis par le trésor public  haïtien et le  gouvernement japonais avait  essayé  au cours des  quinze dernières années plusieurs scenarios de partenariat avec le privé qui ont  connu  tantôt des hausses tantôt des baisses  dans la  consommation de l’engrais jusqu'à concurrence d’un million de tonne . Cette expérience  a évolué en dent de scie á  cause de l’irruption parfois violente dans le processus  de certains ministres de trahison nationale qui croient dans une désétatisation sauvage sans regarder ses conséquences sur les cultivateurs déjà décapitalisés. Ces  ministres , sous le fallacieux prétexte  que la subvention tue l’effort du secteur des affaires  arrivent á  ourdir  des complots d’enterrement des cultivateurs haïtiens  en remettant aveuglément  au secteur privé le monopole intégral du commerce  de l’engrais. Tout se passe comme si  ces  ministres de l’agriculture avaient  signé avec le diable un pacte de continuité de la liquidation du capital rural  au profit des intérêts égotistes du secteur des affaires et de l’international..L’engrais et la question des assurances agricoles participeraient de la conclusion  de ce pacte diabolique et ténébreux. .’Il a fallu attendre l’arrivée historique du président Martelly pour faire un don de 100.000 mille sacs d’engrais dont la distribution allait  déclencher les réactions les plus noires et les plus violentes dans la vente illégale  de cette  commodité. Ces réactions malheureuses ont permis en revanche  au MARNDR de faire  une trouvaille  salutaire qui fait le bonheur des cultivateurs en particulier ,  celui du secteur privé  et celui du gouvernement  en général . Cette trouvaille semblerait faire des heureux au niveau du gouvernement de Mr Lamothe  qui aurait  décidé  de l’expérimenter  au niveau des  produits stratégiques entrant dans le panier quotidien de la ménagère haïtienne.

Quel a été le secret  trouvé par  Damien ?

Il serait  injuste au prime abord d’attribuer á  Damien tout seul le bénéfice de l’heureuse trouvaille. Ce miracle a été l’œuvre combinée des techniciens chevronnés du MARNDR, des importateurs d‘engrais, des distributeurs de l’engrais , de la participation indirecte de la population qui dénonçait la main mise des politiciens et celle du secteur des affaires  dans la vente  d’un produit stratégique. Cette trouvaille  pourrait avoir été aussi   facilitée  par  l’expertise et  la Sagesse de la vision stratégique des cadres du bureau  de Abagrangou qui , dans leurs discussions transversales au sein du COLFAM pourraient avoir peaufiné la démarche en suggérant certaines stratégies vitales dans la  lutte contre la faim et la malnutrition.

Les trois partenaires directement impliqués, le  MARNDR, les importateurs et le réseau de distributeurs qu’il ne faut pas confondre avec les importateurs,   ont trouvé  la formule magique qui fait  du secteur privé  et non de l’état  le seul importateur et distributeur d’engrais. Le secteur privé dont le seul métier est la vente de produits para agricoles a été maintenu dans son rôle d’acheteur et de vendeur pendant que la subvention donnée aux cultivateurs par l’état confère á  ce dernier le droit de réguler les prix de vente du produit devenu stratégique dans certaines cultures.

Dans cette saga , l’état haïtien subventionne l’engrais á  hauteur de 50%. Le secteur privé se charge de l’achat de l’engrais avec son propre argent, touche  la subvention dans les quinze jours qui suivent le débarquement de la commande .Un autre réseau du secteur privé, celui des distributeurs patentés et chefs d’associations reconnues légalement ,  prend en charge la distribution de l’engrais dans toutes les zones de consommation  á  certaines  conditions :

L’importateur ne sera pas le distributeur.
Le prix au dernier consommateur ne dépassera pas le prix arrêté par les trois partenaires   á  la signature des protocoles d’accord.

Le MARNDR , les importateurs et le réseau des distributeurs signent respectivement  deux contrats  bi et tripartites  qui fixent  les droits, les devoirs et les pénalités encourues par le  privé en cas de violation des conditions.

Un corps de superviseurs a été  mis en place pour superviser la vente de l’engrais .
Un communiqué  de presse de la direction générale  du MARNDR  a été publié qui rappelle aux uns et aux autres les engagements  pris pour le bonheur des cultivateurs haïtiens.

Une campagne d’information agricole , en retard de paiement, parce que jamais prévue pour ce genre d’opération , a permis la compréhension et la collaboration de tous pour  la réussite de l’opération
Pour ce qu’il s’agit de l’engrais provenant du don japonais , la commande  est entrée en Haïti sur  appel d’offre  au niveau des importateurs haïtiens .Elle est remise au bureau de monétisation pour être commercialisée .Ce  sont les importateurs qui achètent l’engrais  au prix de gros, qui  le revendent suivant le principe des accords  bi et tripartites   aux distributeurs qui eux-mêmes  se chargent du transport et de la vente au détail du produit stratégique.

Quand le journal de la rue du centre titre « Du rix  comme pour le petrole » et  non du riz comme pour l’engrais, les observateurs notent une méconnaissance de la nature du contrat de l’engrais  subventionné ou une  communication intéressée  d’un ministère  pour avoir  le crédit de la trouvaille, quand le succès d’un ministère est celui de tout le gouvernement. 

Ou encore serait-ce une erreur journalistique ou une faute intentionnelle de reportage.  
.
Le reportage a laissé  comprendre que l’état est devenu le seul importateur de riz.

Le texte  insinue que l’état manifesterait son intention de déclarer  la guerre  au secteur privé. Il ne s’agit pas de cela.

La lecture e l’article  semble créer  tout aussi bien la perception que l’état de Martelly avancerait á  grand pas vers un état communiste bourgeois  qui monopoliserait la vente du riz au profit de  grands commis et alliés du gouvernement, Il n’en est rien.

Le journaliste pourrait sans le  vouloir travestir la bonne intention de son article en omettant de faire ressortir  l’importance de la composante sociale d’un gouvernement Micky qui étonne par ses innovations en matière de politique publique  en faveur des plus  demunis, quand toute la classe politique a tendance á  accuser le gouvernement de spoliateur de budgetivore, de prédateur  et de détourneur de fonds .

Tout en donnant le crédit  de la part du lion au MARNDR dans la mise en place de cette  composante  sociale révolutionnaire du gouvernement Lamothe,  il est á se demander si , au niveau de la clientele du riz, du mais , des haricots du sucre et de la farine qui regroupe  de puissants hommes d’affaires qui généralement tiennent la dragée haute  au gouvernement , l’opération sera menée avec la même aisance observée dans le secteur agricole . Pour le moment  toute l’information permettant de voir où l’on veut en  arriver n’est pas disponible. On sait seulement comme l’a dit le la ministre des finances, que le gouvernement n’a pas les reins  économiques assez  forts pour pratiquer la subvention á  la seule commodité du riz, voir,  pour l’étendre au  mais, á  l’ haricot, á la farine, au  sucre et  á  l’huile. A quelle hauteur de participation de l’état se pratiquera cette subvention et á  combien sera  fixé le prix au consommateur  pour chacun de ces produits ?.On ne connaît pas  encore  la réponse á toutes ces interrogations.

Dans un contexte lourd de revendications  sociales et fait de manipulation du discours politique, il serait  plutôt sage d’aller aux informations  á  la source même pour savoir les tenants et les aboutissants de la  démarche , le nouveau rôle de pionnier social que le secteur de l’agroalimentaire  voudrait jouer dans le gouvernement Martelly Lamothe  et se garder de faire toute spéculation grossière de l’information politique  qui ne desservirait pas  les ’intérêts de personne en ces moments difficiles de  la vie nationale. Le moment est au calme et á  la vigilance. Toute idée positive en vue d’améliorer la démarche  au niveau de la commercialisation de ces   produits  stratégiques devrait avoir le pas sur les critiques stériles  non productives. «  Du Riz comme pour l’engrais ».pourrait être  une motivation additionnelle pour le MARNDR d’aller plus loin avec le ministre  Thomas Jacques.

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