vendredi 2 août 2013

LA POLITIQUE DE REBOISEMENT DU GOUVERNEMENT MARTELLY-LAMOTHE EN PANNE DE STRATEGIES POLITIQUES ET ECONOMIQUES


La politique de reboisement du gouvernement Martelly Lamothe en panne de stratégies politiques et économiques ?

MICHEL WILLIAM
1 AOUT 2013

Le  reboisement et la conservation  des sols en Haïti sont  les  frères  siamois d’une nation  vulnérable mal prise en charge par un état délinquant. Pour n’avoir pas respecté l’enseignement général sur les bassins versants á savoir  la gestion d’un bassin versant repose sur  3  piliers fondamentaux: la planification intégrée, la responsabilisation territoriale et la prise en compte des contraintes paysannes  dans l’élaboration de la politique nationale, notre énergie est dépensée en vain. Le pays compte trente  bassins versants totalisant  2.177.000 has .De cette superficie, 1.749.900 has de  terre ayant plus de 20% de pente nécessitent une intervention urgente  de l’Etat  haïtien dans un contexte  hautement démocratique. Hautement démocratique   signifie la recherche  d’un consensus politique entre les trois grands pouvoirs de l’état, le quatrième pouvoir et l’opposition politique pour approcher la nébuleuse du reboisement du pays. Compris entre 100.000 et 300.000 gourdes á l’has, le cout des modèles de mise en défense et de reboisement des terres pratiqué dans les projets á financement étranger  n’est pas répétitif. Avec les prix exorbitants  de vente á la république  des plantules  forestières et  fruitières payés entre  vingt et quarante  gourdes l’unité, les gouvernements haïtiens   n’ont  pas opté pour le reboisement ordonné et planifié du pays .Ils ont  plutôt opté pour un  marché de plantules et d’expérimentation des structures anti érosives couteuses, profitables aux ayants droit.

Parallèlement, le pouvoir de Martelly depuis son arrivée aux affaires fait  face aux doléances d’une population  rougies au blanc par une presse  qui projette dans le politique la réalité économique de la rue et qui exprime  le raz de bol d’une opposition qui ne s’attendait pas du tout au retour d’un régime politique  proche du duvaliérisme. Le pouvoir de Martelly en s’attaquant á  n’importe quelle priorité des cinq E  choisies a d’abord un problème de perception politique á  résoudre. Pour le résoudre il devra s’appuyer sur l’aile démocratique de l’opposition  humiliée et affaiblie  par le pouvoir de Lavalas et INITE au cours des vingt cinq dernières années. Des ministères comme  l’Agriculture, l’Environnement, les Affaires Sociales, l’Education Nationale  et  l’Intérieur doivent être gérés par l’OPL, la fusion  la KID, le RDNP et Acaau, comme preuve de sincérité du mikisme á l’opposition anti duvaliériste que son pouvoir n’est pas un retour au duvaliérisme révolu. Ce nouveau pouvoir jettera les bases d’un programme idéologique de reboisement obligatoirement chaud dans les deux pointes, parce  que son exécution  aura exigé l’utilisation de la carotte et du bâton légal. Entendez par l’expression bâton légal une entente politique sur les institutions á mettre en place, sur les programmes et projets á  réaliser et  sur un arsenal de lois organiques et du code pénal révisé  á la lumière des technologies du vingt et unième siècle et des piliers fondamentaux ci-dessus évoqués...

 Le pouvoir de Martelly a choisi le slogan  « chak ayisyen yon pye bwa ». C’est bien, mais  on n’y  a pas trouvé la motivation á la fois nationaliste et économique des élites urbaines   et des paysans qui vivent dans le bassin versant á  reboiser. Encore moins un désir ardent  de  participation en masse de la jeunesse  des écoles qui bénéficient du PSUGO. Ironiquement le PSUGO divise plus qu’il n’unit. On ne sent pas la volonté du gouvernement de forcer le reboisement depuis la collectivité territoriale.  Dans les modèles récents  de reboisement tous les gouvernements haïtiens  sont  en panne de stratégies politiques et économiques. Aujourd’hui le problème haïtien n’est pas de planter des arbres  mais de trouver chaque jour   á  manger et á  entretenir sa famille. Si le reboisement lui offre cette alternative, sa participation est acquise déjà aux idées du pouvoir. Si le pouvoir fait du reboisement un programme  prioritaire, alors  il devra  démontrer qu’il est sérieux et qu’il entend que  tout le monde fasse de l’argent y compris le groupe politique   qui manœuvre derrière  cette idée. Produire des plantules et  les mettre en terre sont une face de la médaille  Le suivi permanent  donné aux plantules mises en terre á  travers les structures mixtes état /société civile est l’autre face de la médaille. Il n’y a pas de stratégie  ni á l’amont  ni á l’aval. C’est aussi le sérieux du gouvernement et des hommes d’affaires qui doit prévaloir  dans le choix des politiques énergétiques  publiques comme alternatives  á  l’utilisation du charbon de bois pour permettre aux investisseurs de faire de l’argent  á  moyen et á  long terme  et non á  très court terme  comme  c’est le cas actuel. Quid du consommateur ? »Jodiya, pou nenpot teknisyen repare yon tib an kwiv nan yon fou /recho a gaz pwopan, pipiti kob li mande  se cinq mil goud» .Yon ti recho 2 plas a gaz pwopan koute  2.500 goud. Yon bonbonn gaz 22 liv koute 600 goud. Yon pano solê 250 watt koute tet neg ,paske wap peye  1,75 dola uss, pou chak watt. Pa gen sekirite.Yap vole yo.Pa gen kredi pou malerez yo achte  teknoloji sa yo. Answit malerez sa yo pa idantifyab nenpot kote yale, pou pemet kredi a  swiv yo tou patou».Et  alors !

Quelles sont les causes justificatives du déboisement ? Quelles sont les politiques facilitatrices  du reboisement ? Quelles sont les conséquences  du non  reboisement ? On ne trouve aucune réponse á ces questions dans le programme triennal de 116 millions de plantules du MDE. Comme si le reboisement se ramenait seulement á placer des commandes de plantules, á les payer, á faire des commissions  puis á  les donner pour être plantées!

Cout d’un has  de terrain  protégé et  reboisé
 A  date et jusqu'à preuve du contraire, ni le ministère de l’agriculture, ni le  ministère de l’Environnement  ne dispose de cout  réel et pratique  pour un has   protégé et reboisé. Un has de terre protégé  et reboisé en montagne  était de quarante  mille gourdes á  l’has, il y a quelques vingt années. Aujourd’hui dépendant de la  nature des structures mécano végétatives de défense  et de restauration de sol établies et du type d’essences forestières  ou fruitières adaptées á   l’écologie,  le cout d’un has  protégé et reboisé  peut varier   de cent  mille á  trois cent  mille  gourdes.  Un seul seuil en béton peut couter jusqu'à 250.000 gdes. Une plantule de bambou est achetée par l’état  entre 50  et 300 gdes, dépendant de la hauteur. Un fruitier  coute  entre  30 et 40 gdes l’unité. Une plantule forestière de vingt cms de hauteur  coute entre vingt á trente gourdes. Une plantule de benzoliv coute dix  gourdes á la pépinière. La plantule de benzoliv  est livrable  sur un mois et demi (lajan an  fet vit vit, men li pa rive nan poch mounn kote ki bezwen benzoliv  la). En reboisant les terres avec une densité clairsemée de 40 á  50 arbres á  l’ha pour permettre temporairement les cultures vivrières sarclées et en prévoyant un taux de 10% de rejets (leftover) il faudrait quatre vingt six millions six cent vingt mille plantules .Imagine-t-on le montant astronomique que l’état aurait á  dépenser  pour produire simplement cette quantité de plantules achetées même aux prix de  la pépinière á 15 gourdes l’unité. On aura besoin d’un milliard deux cent quatre vingt dix neuf millions de gourdes (1.299.000.000 ).Quid  du  cout des seuils en béton, des seuils en murs secs, des haies vives, du transport, de la plantation, de l’entretien, des pots de vins ,en plus de la surveillance permanente des plantules  ? N’en parlons même pas. Que d’économie on aura faite par plantules en donnant ces contrats aux écoles de la section communale? Combien d’argent la république aurait économisé et quelle somme du  budget serait allée aux collectivités  et dans les écoles  en plus du PSUGO ?

Conclusion
Depuis tantôt une vingtaine d’années le reboisement est  devenu la   « nuestra  causa » ou celle de la « familia politica « des ONG internationales et des amis du cercle du pouvoir exécutif. Le reboisement tel que organisé est un processus de racket programmé dans le budget des ministères  ou des ONG dans le simple but de faire des commissions lucratives sur chaque plantule commandée. Ce sont des projets rigolo sauf ceux qui atterrissent maigrement  dans le milieu rural après avoir essuyé la mitraille des kyrielles d’organisations populaires qui relaient les prédateurs haut placés dans le braquage des fonds alloués au  reboisement.

Le pouvoir du gouvernement de Martelly et celui du parlement ne réalisent pas  que les citoyens  sont parvenus á  identifier les vrais problèmes du reboisement et qu’ils les enjoignent de mettre fin á  la valse  des millions qu’ils ne veulent plus  danser. Pour aider le reboisement  á trouver sa voie, mentionnons deux mesures prises dans un autre domaine  par la PNH et qui  ont marché très bien. La première  était le remorquage des voitures  en bon état mal stationnées  sur le  trottoir (les voitures en mauvais état  ne l’étaient pas). Le second est le port   obligatoire du casque  par les motocyclistes. La  première mesure fut rapportée parce que les pénalités payées par les contrevenants  n’allaient pas dans les caisses de l’état. La seconde est légitimement  observée parce que les contraventions  qui se paient chères sont distribuées par la police  au premier venu qui s’aventure á  circuler en moto  sans le port du casque dans les rues des grandes  villes. Si la gestion économique  de ces deux mesures est questionnable il n’en reste pas moins vrai que leur application avait porté  des fruits. Il faut simplement corriger les déviations .La même approche est suggérée pour compléter le paquet de mesures motivationnelles et contraignantes qui conditionnent la réussite d’un projet de reboisement.

Nous n’avons pas, nous n’aurons jamais assez d’argent pour mener á  terme un projet de reboisement  dans les 30 bassins versants dont les eaux en furie  dévastent á chaque averse tout sur leur passage. Au prix magouilleur des contrats de plantules signés entre l’état et les pépiniéristes il faudra  huit milliards de gourdes pour les produire. Avec une fraction du  budget d’investissement demandé de 1 552 142 521  de gourdes  pour le MDE ou de  6 409 316 728 de gourdes pour le MARNDR, combien d’années mettrait chacun de ces ministères  pour reboiser les basins versants et pour les protéger? Dire que les prévisions budgétaires faites par l’état et par la communauté  internationale sont généralement décaissées en fin d’exercice á hauteur de 60% pour le gouvernement  et de 41% pour l’étranger est encore  un autre sujet d’inquiétudes dans l’étude et dans la distribution du budget. Et si lá-encore  avec ces  huit milliards de gourdes  il y avait une chance sur mille que le reboisement réussisse, les haïtiens n’auraient qu’á  attendre l’arrivée de ce jour pour rendre grâce á  Dieu.

Non ! Non ! Il n’y a aucune chance que le reboisement  du pays  réussisse dans ces conditions. Il faut rejeter ces projets rigolo de 116.millions de plantules et de construction de master seuil en béton non étudiés dans un plan ordonné de valorisation des ressources humaines  et de renforcement des institutions étatiques  de proximité qui en conditionnent leurs succès. Si nous voulons que les projets de reboisement réussissent, commençons  d’abord par rétablir l’autorité de l’état dans les sections communales. Le reboisement du pays  est un must qui incombe au premier chef au pouvoir décentralisé. Nous ne pouvons pas  nous y soustraire. Organisons les pouvoirs locaux, rendons-les responsables et fonctionnels. Organisons la justice dans les sections communales. Organisons la police environnementale  ou la police communale sous le commandement de l’autorité civile  locale pour punir les contrevenants. Rendons la production de pépinières obligatoire dans toutes les écoles ayant bénéficié du PSUGO. Donnons ces contrats de production de plantules pour que l’argent du reboisement profite aux gens des zones á reboiser. Etendons ces mesures aux lycées publics et aux collèges privés du secondaire en milieu rural en échange des services fournis par l’état ou par le privé. Faisons  des pratiques de mise en défense  des sols et de reboisement une matière de base dans les programmes annuels d’examens scolaires. Mettons dans le curriculum des examens annuels  de fin d’études le reboisement  et la défense –restauration des sols comme des matières de base obligatoires. Rendons les services d’identification nationale et  d’intelligence nationale fonctionnels  pour pouvoir garantir le crédit donné par les banques  commerciales ou par une banque de développement. Et comme  toutes ces innovations demandent un consensus politique et  du temps pour  mettre en place une gouvernance locale  fonctionnelle ,votons une » loi d’expérimentation »,  choisissons des bassins versants pilotes  dans lesquels ce paquet intégré  de gouvernance et de reboisement sera expérimenté pour servir de lieux d’excursions, de démonstration et de motivation aux  groupes des leaders qui ont ces mêmes problèmes de reboisement chez eux. « Politik se fe tout mounn fe lajan. Martelly dwe fe lajan rebwazman ale nan môn kote rebwazman ap fet la, poul jwenn patisipasyon pep la  tout bon. Si Mateli eseye rale bo kotel,tout pati politik, LAVALAS  ak INITE te imilye yo, lap gen yon chans, poul sove pouvwa’l , ak pati politik  sa yo, kap ede’l nan rebwazman an,  pandan ke lap rasire  opinyon piblik la, menm si janklod Divalye se mounn pa li, pouvwa pal la, la, pa yon pouvwa  divalyeris  ki depase  deja  jodia.»

1er Aout 2013

Références
-Le bluff du Benzoliv et des 116 millions de plantules de reboisement du MDE
Michel William  Nouvelliste juin 2013
-Planter 116 000 000 d’arbres en trois ans (mai 2013 – mai 2016), 
en sommes-nous prêts? Karly Jean Jeune  juillet 2013
-Le « Benzoliv » ou la plante par laquelle le président  Martelly peut faire  la différence
 Forum internet Michel William  25 Mai 2013
-Morne L'Hôpital, les dés sont jetés
 Robenson Geffrard rgeffrard@lenouvelliste.com mercredi 06 juin 2012
-Projet de reboisement d’Haïti    Michel William 30 juin 2011
-Vulnérabilité environnementale  en Haïti Bassins versants  rapport USAID Haïti  20 juin 2010
-La problématique politique du traitement des basins versants Michel William  New York 13 Octobre 2011,
-Un contrat avec Ayiti en 5 points, publié dans les colonnes du journal Le Novateur #102 f Stuppard Wednesday, October 27, 2010
-Zonage  Foret des pins (selon le vocabulaire  en usage par les habitants de Foret des Pins/Maccaya.) Juin 2009 enquête d’opinion de Yves André Wainright
-Les actes de l’Atelier national sur les choix énergétiques MARNDR 21 janvier 2000

-Gestion des Bassins versants, politique sous sectorielle du MARNDR Agr Paul Verlaine  Jean Baptiste (Les actes de la semaine du developpent Rural 13-17 décembre 1999).

jeudi 1 août 2013

"L'ACCULTURATION"



« L’acculturation »
Serge H. Moïse av.

Barreau de P-au-P.

        On n’en parle pas assez, on n’en parle presque pas, mais le pire fléau qui puisse frapper une nation, plus terrifiant que la bombe atomique, demeure l’acculturation de ses élites.

        L’élite d’une société en est le guide nous enseigne la sociologie moderne. Elle en est le fleuron du développement social, économique, culturel et politique. C’est encore elle qui oriente l’éducation, le vivre-ensemble par l’exemple évidemment.

        Elle est le creuset de la mémoire collective, dispensatrice du savoir mais surtout du savoir faire. Elle combat le vice et la corruption sous toutes ses formes. Elle symbolise le beau, le bon et le juste.

        Or dans le cas de notre « singulier petit pays », au lendemain de la guerre de l’indépendance, la geste combien héroïque de mil huit cent quatre, nous avons opté pour la religion de l’ancien maître et pour sa langue, oubliant ou ignorant qu’une langue charrie les valeurs culturelles du peuple qui l’a inventé.

        Cette jeunesse lâchée en pâture pour être « dressée à la française » dans un environnement caraïbéen se retrouve confrontée à une hybridation de son ethos qui rend plutôt difficile la recherche identitaire indispensable à l’épanouissement de l’être humain.

        « Quand vous ne savez pas d’où vous venez, vous ne pouvez pas savoir où aller! »
        L’éducation dans de pareilles conditions se révèle une technique de manipulation, de lavage de cerveau efficace et efficient. C’est tout de même à travers « l’éducation » que la religion, instrument de domination par excellence, atteint insidieusement mais sûrement ses objectifs inavouables et inavoués.

        Tout a commencé avec l’histoire tronquée enseignée et transmise aux générations, les unes après les autres.

        Quoi de plus aberrant que des millions de jeunes négros caraïbéens qui récitent à tue-tête, sans savoir de quoi ils parlent : « Nos ancêtres les Gaulois… ».

        Autre fausseté bien ancrée dans le subconscient de nos pseudo-intellectuels qui vous diront avec une sotte fierté que le français est leur langue maternelle.

        D’autres vous répéteront avec assurance et dans un langage châtié et très pointu : « La révolution haïtienne est fille de la révolution française ». Ainsi, les idées libératrices de Danton et de Robespierre auraient traversé les océans et instruit les pauvres hères taillables et corvéables dans les Antilles, de la voie à suivre. Que ferions-nous sans nos cousins les Gaulois?

        Dire que pas un de nos « zentellectuels », historiens, sociologues et autres « analystologues » n’a pensé à questionner ces incongruités qui se répètent depuis plus de deux cents ans, exception faite de Jacques Casimir qui essaie de remettre la pendule à l’heure.

        Ce n’est un secret pour personne que la métropole peuplait les colonies des rebuts de sa société. Les indésirables repris de justice, forçats de tous calibres, les prostituées auxquelles on offrait une dernière chance de se refaire une vie relativement décente. Tout ceci est tellement occulté que les rejetons issus de ces croisements, s’enorgueillissent du premier géniteur européen de leur lignée, quant à la contrepartie nègre, n’en parlons pas, tout heureux que ce soit difficile sinon impossible de remonter de ce côté de l’arbre généalogique.

        Et tout le monde s’en accommode, sujet tabou s’il en est, comme une espèce de consensus social, l’unique d’ailleurs au sein de cette drôle de société.

        « Il a fallu l’union des noirs et des mulâtres pour réaliser l’indépendance de la première république nègre ».

        Que c’est beau à dire et à écouter! Mais de quelle union parlons-nous? Ogé, Chavannes et consorts ont tenté de régler leurs propres affaires et ont lamentablement échoué. Ces deux leaders ont d’ailleurs payé de leur sang cette échauffourée qui leur a valu hélas le supplice de la roue.

        Les rigaudins après une meilleure évaluation du problème se sont rendus compte qu’ils étaient perdus à moins de s’adjoindre les taillables et corvéables. Et comme lorsqu’on est en situation de faiblesse, il faut se monter plus intelligent, ces gentlemen n’avait pas d’autre choix que de confier le haut commandement des troupes à l’intrépide, l’inégalable Jean-Jacques Dessalines. Lequel, ne flairant pas le piège, se donna corps et âme jusqu’à la proclamation de l’indépendance. Il sera nommé gouverneur à vie, puis sacré empereur. Mais quand vint le moment de partager le butin de guerre et qu’il eût à poser la question fatidique :
        « Et les autres dont les pères sont en Afrique, ils n’auront rien ? »
       
 La réponse ne se fit point attendre en dépit des efforts désespérés de Charlotin Marcadieu. Quel était le projet de société qui sous-tendait cette présumée union qui devait faire la force? Et même après la mort de l’empereur, qu’est-ce qui a eu comme changement d’attitude et de comportement entre bossales et créoles? Divisions mesquines, préjugés incohérents et stupides qui ont culminé, en mil neuf cent quarante six (1946) à ce mouvement noiriste qui n’a guère fait mieux.

        Le colonel John Russel, qui a cantonné au pays pendant l’occupation américaine, confiait à un de ses amis que l’homme haïtien, quelle que soit sa formation, a la mentalité d’un gamin de sept ans. Le président américain Franklin Delanoe Roosevelt n’a-t-il pas affirmé, que pour mieux tenir en laisse ces négros turbulents, il fallait faire en sorte que les va-nu-pieds soient toujours à couteaux tirés avec les nantis portant souliers? Et la vie suit son cours habituel depuis toujours comme si de rien n’était avec le résultat que plus ça change, plus c’est pareil.

        Rions un peu pour ne pas en pleurer. Ceux de notre âge s’en souviendront avec le rictus qui convient en la circonstance. Un petit effort de mémoire, lequel d’entre nous, adolescent et fougueux pouvait oser conter fleurette à une demoiselle de bonne famille dans notre vernaculaire? Il était remis à sa place immédiatement et de belle façon, comme le dernier des béotiens.

        Écrire une lettre à l’élue de son cœur et qui serait ponctuée de fautes d’orthographe ou de mauvais accords dans les verbes, il est voué aux gémonies et son avenir s’annonce peu prometteur.

        Très jeune, il nous a été inculqué que le «  kreyòl » n’était pas une langue humaine et nous y avons cru comme tout bon colonisé.

        Au tout début de l’émigration haïtienne vers des cieux plus cléments, nos compatriotes s’en allaient en République Dominicaine puis à Cuba. Rares étaient ceux qui s’avisaient de traverser les rives du Potomac où ils étaient confinés dans des fonctions de larbins de service.

        Puis vînt l’exode massif à cause de la satrapie duvaliérienne, nos diplômés en quête de survie, furent trop heureux d’offrir leurs modestes services aux différents pays avancés qui au même moment en avait grand besoin.

        Nous y étions en sécurité, vingt fois mieux payés que nous ne l’aurions jamais été sous les tropiques, le Canada, le Québec en particulier, les États-Unis, l’Afrique et la France pour ne citer que ces pays-là, sont vite devenus des havres de paix et de bonheur. Création d’emplois en permanence, la loi l’ordre dans la cité, on était donc enfin sorti de l’auberge.

       Inconsciemment l’acculturation s’accentue et nous fait prendre des grands airs vis-à-vis de ceux-là restés en arrière, dans la colonie dirigée par des comédiens érigés en « rois-nègres », comme l’ont d’ailleurs si bien expliqué Frantz Fanon et Kléber G. Jacob.

        Et en ce qui nous concerne, nos frères « kyskeyens » l’ayant compris ont décidé à travers la constitution de mil neuf cent quatre vingt-sept, en ses articles 13 et 15, nous ont administré, mais à tort bien sûr, un magistral coup de pied au cul.

        Tout ce qui précède n’a d’autre objectif que de nous rappeler que nous sommes tous responsables de la situation lamentable de notre pays, le plus corrompu et le plus pauvre de l’hémisphère, qu’il nous incombe d’en prendre conscience et d’envisager ensemble, main dans la main les voies de notre propre rédemption.

       Haïti c’est chacun d’entre nous, où que nous soyons et quoi que nous fassions. Nous devons donc nous ressaisir individuellement et collectivement afin de divorcer d’avec les effets pervers de notre acculturation et renoncer dans les plus brefs délais au « pitô nou lèd nou la ».

        Nous pouvons le faire et nous le ferons lorsque tous ensemble dans un tête-à-tête franc, ouvert, honnête et constructif, nous parviendrons à donner préséance aux intérêts supérieurs de la nation en mettant de côté nos ambitions personnelles et mesquines.

                                                                

lundi 29 juillet 2013

NOTE DE PRESSE DU FORUM ECONOMIQUE DU SECTEUR PRIVE HAITIEN



NOTE DE PRESSE DU FORUM ECONOMIQUE DU SECTEUR PRIVE

La crise causée par la décision du Gouvernement Haïtien de renouveler l’interdiction de 2008 d’importer des produits avicoles de la République Dominicaine (RD), a fait ressurgir les vrais problèmes posés par les échanges commerciaux qui se réalisent entre Haïti et le pays voisin, échanges considérés comme abusifs et prédateurs.

Face à cette crise, le FORUM ECONOMIQUE DU SECTEUR PRIVE apporte son soutien le plus complet à la décision adoptée par le Gouvernement qui a pour responsabilité de protéger la population haïtienne contre tous les risques de contamination, en particulier ceux véhiculés par les marchandises en provenance de la République Dominicaine. Cette protection est d’ailleurs conforme aux règles et principes du commerce international, en particulier ceux contenus dans l’Accord sur les Mesures Sanitaires et Phytosanitaires (SPS) et l’Accord sur les Obstacles Techniques au Commerce (OTC) de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

Par conséquent, le FORUM ECONOMIQUE DU SECTEUR PRIVE appuie sans réserve les négociations en cours entre les deux parties en vue de la mise en place de mesures internes communes visant à reprendre le commerce des produits avicoles sur des bases plus sûres et plus équitables, en accord avec les dispositions des deux accords susmentionnés, y compris d’autres dispositifs internationaux tels que le “Codex Alimentarius”, etc.

C e p e n d a n t , le FORUM ECONOMIQUE DU SECTEUR PRIVE attire l’attention sur le caractère inégal du commerce bilatéral caractérisé, entre autres, par le traitement non règlementaire accordé par la République Dominicaine aux produits d’origine haïtienne qui ne sont pas commercialisés sur le marché de ce pays conformément aux règles de I’OMC. Ces produits font, en effet, l’objet de pratiques commerciales déloyales telles que:

• Les barrières non tarifaires sous forme de mesures SPS applicables aux marchandises haïtiennes (Par exemple, impossibilité d’obtenir les certificats SPS règlementaires), en désaccord avec les clauses insérées dans les Accords de I’OMC y relatifs;

• Les pratiques de dumping systématique qui causent des préjudices graves aux secteurs nationaux de production et qui ont pour effet d’entraver leur capacité à développer des filières capables de concurrencer les produits similaires importés du pays voisin. Des contre-mesures sous forme de droits anti-dumping devraient être utilisées par le Gouvernement sur la base des dispositions de l’Accord sur la Mise en œuvre de l’Article IV (l’Accord Antidumping) de I’OMC afin de permettre aux branches nationales de production affectées de procéder aux ajustements de structure nécessaires;

L’application de licence automatique et/ou non automatique qui crée des entraves non nécessaires à la commercialisation des produits haïtiens sur le marché dominicain, en contravention avec les dispositions de l’Accord sur les Procédures de licences d’Importation de l’OMC. Des contremesures règlementaires devraient être adoptées en faveur des producteurs haïtiens dont les produits sont assujettis à de telles mesures en cas de non conformité avec les dispositions de cet Accord.

En plus des paramètres susmentionnés, le FORUM ECONOMIQUE DU SECTEUR PRIVE note aussi :

• La situation incontrôlable, voire anarchique induite par les échanges commerciaux enregistrés sur les marchés binationaux (qui sont au nombre de plus de 50 du coté Dominicain) et qui fonctionnent à sens unique au profit des produits dominicains;

• L e s d i f f i c u l t é s , v o i r e l’impossibilité, pour les postes douaniers établis à la frontière de taxer les marchandises originaires de la République Dominicaine, exacerbant ainsi les pertes de recettes qui se situeraient autour de 15 Milliards de Gourdes;

• Les campagnes de dénigrement menées contre certains produits haïtiens. Dans le but de résoudre les problèmes provoqués par les échanges commerciaux entre Haïti et la République Dominicaine, le FORUM ECONOMIQUE DU SECTEUR PRIVE encourage fortement le gouvernement à:

• Accroitre le contrôle des flux de marchandises qui passent régulièrement la frontière en renforçant les structures douanières déjà établies;

• Mettre en place des postes sanitaires et phytosanitaires capables de contrôler les marchandises qui présentent des risques pour la santé des personnes, des animaux et des végétaux conformément aux dispositions des accords commerciaux multilatéraux de l’OMC.

• M e t t r e e n p l a c e l e s structures légales et institutionnelles aptes à faciliter la gestion des échanges commerciaux bilatéraux et à déclencher, au besoin, les contremesures nécessaires en cas d’utilisation par la RD de pratiques commerciales déloyale (dumping, licence automatique/non automatique, etc.), conformément aux règles insérées dans les accords de I’OMC y relatifs...

• S’assurer que le passage de la frontière par des personnes ou des biens se fassent dans le plus strict respect de la Loi comme dans nos ports ou aéroports et, par conséquent, éliminer la mesure instituant les Marchés Binationaux.


Enfin, le FORUM ECONOMIQUE DU SECTEUR PRIVE encourage le Gouvernement Haïtien à œuvrer en vue d’aboutir, par la négociation, à une entente avec la partie dominicaine qui contemplera la réalisation du commerce bilatéral sur des bases axées sur le respect mutuel, la justice et surtout la réciprocité. Une telle entente doit être aussi impérativement basée sur l’application stricte et le respect des règles du commerce international administrées par I’OMC dont les deux pays sont Membres. Elle ne peut être d’ailleurs mise en œuvre tant que l’institution douanière haïtienne ne sera pas entièrement et profondément renforcée. 

dimanche 28 juillet 2013

DISCOURS DU 20e ANNIVERSAIRE DE LA UNIBANK



Discours 20e Anniversaire de la UNIBANK
  
M. Carl Braun, président directeur général 

19 Juillet 2013

Madame la Première Dame,
Monsieur le Premier Ministre,
Chers Clients,
Chers Actionnaires,
Chers Collaborateurs de la UNIBANK et du GFN,
Chers Amis,

Je vous souhaite, au nom du Conseil d’Administration et en mon nom propre, la plus cordiale bienvenue pour célébrer ce soir le 20ème anniversaire de la UNIBANK. La Banque a voulu commémorer cet anniversaire d’abord pour remercier de façon toute spéciale sa fidèle clientèle, mais aussi ses Actionnaires et Collaborateurs, pour avoir fait route ensemble avec elle depuis 1993. En effet, le 19 juillet 1993, 29 UNIBANQUIERS et une centaine de jeunes actionnaires inauguraient la UNIBANK, la « banque 5 étoiles » comme elle viendrait à être affectueusement connue de sa clientèle au fil des ans. Ce pari ambitieux, celui de lancer une nouvelle banque au milieu d’une des plus grandes crises que le pays ait jamais connues, était en gestation depuis 1991, et reflétait non seulement notre foi inébranlable dans l’avenir de notre pays, mais aussi notre ferme volonté de changer profondément, de révolutionner les services bancaires et financiers en Haïti. Ce pari, désormais historique, était le fruit d’un rêve et d’une vision.

Le rêve des fondateurs de la UNIBANK était de créer une grande banque, solide comme un roc, « une banque universelle », une banque inclusive offrant à sa clientèle des services bancaires et financiers modernes, présente avec des succursales et points de service partout où se trouvent des Haïtiens et Haïtiennes , à Port-au-Prince, en Provinces, dans la Diaspora.

La vision des fondateurs de la UNIBANK était claire et communiquée à tous: créer une grande institution ; une banque citoyenne, socialement responsable ; transparente et moderne ; dynamique, honnête et sérieuse ; fonctionnant à l’intérieur d’un groupe financier diversifié. En bref, une grande entreprise qui réussit dans le strict respect des lois , des règlements et des principes de moralité, en s’acquittant de toutes ses obligations envers le fisc, les régulateurs et ses clients, avec le souci permanent de bien faire, partout et en tout temps.

Ce rêve a-t-il été réalisé, 20 ans après ? Cette vision a-t-elle pu être mise en place, 20 ans après ?
Sans fausse modestie, en toute humilité et sans aucune arrogance, une analyse honnête du parcours et de la position compétitive de la UNIBANK nous permet de dire haut et fort : MISSION ACCOMPLIE. En effet, la période 1993-2013 a été caractérisée par :
• 20 ans de Leadership !
• 20 ans de Réussite !
• 20 ans de Services Bancaires de Qualité !
• 20 ans au Service du Progrès National !
• 20 ans au Service de la Communauté !
Comparons 1993 et 2013.
En 1993, à l’ouverture, 1 succursale dans une ville ; 29 Collaborateurs ; 96 déposants.
Aujourd’hui, en 2013 :
• 43 succursales et agences dans 20 villes, dont 26 succursales dans la Zone Métropolitaine de Port-au-Prince, et 17 dans 14 villes de province réparties dans les 10 départements géographiques, y compris à l’île de La Gonâve ;
• 716 points de services de UNITRANSFER, dont 284 en Haïti et 432 aux États-Unis, au Canada, dans la Caraïbe et en Europe, faisant de la UNIBANK, depuis 1999, la première multinationale haïtienne ;
• 27 agences de Micro Crédit National et du Kredi Agrikol à travers le pays.

Aujourd’hui en 2013, 20 ans après, nous offrons, SANS FUSION NI ACQUISITION, des services de qualité à 900 mille déposants ici en Haïti, et à 275 mille compatriotes qui envoient chaque année, à travers UNITRANSFER, plus de 200 millions de dollars de l’étranger à leurs parents ici en Haïti. Nous offrons du crédit à environ 45 mille emprunteurs, tant à Port-au-Prince qu’en provinces. En particulier, nous sommes très fiers de desservir environ 20,000 micro et petits entrepreneurs, dont 2,500 entrepreneurs agricoles, et 62% de femmes. Les entreprises et entrepreneurs à qui nous avons octroyé du crédit emploient plus de 55 mille Haïtiennes et Haïtiens dans les secteurs primaires, secondaires et tertiaires de l’économie nationale.

En 1993, à l’ouverture, la UNIBANK avait 15 millions de gourdes de fonds propres, et était une nouvelle banque à la recherche de la rentabilité. Aujourd’hui, en 2013, SANS FUSION NI ACQUISITION, elle compte environ 4 milliards 500 millions de gourdes de capitaux propres, soit plus de 100 millions de US Dollars de capitaux investis et réinvestis dans leur pays par les 391 actionnaires de la UNIBANK. Ensuite, et tout aussi important, elle a enregistré 20 ans de rentabilité continue, faisant de la UNIBANK la 17ème banque la mieux capitalisée du CARICOM, et la seule banque haïtienne du « CARICOM Top 20 » selon le classement du magazine spécialisé du Groupe Financial Times, The Banker.

Hier en 1993, nous commencions avec 5 millions de gourdes de dépôts et 1 million de gourdes de crédit. Le rang de la UNIBANK en 1993 ? Onzième et avant-dernière.

Aujourd’hui, 20 ans après:
• 45 milliards de gourdes de dépôts, soit l’équivalent de plus de 1 milliard de dollars US, ou 30% du marché national des dépôts;
• 18 milliards de gourdes de crédit à l’économie et à la production nationale, dont plus de 1 milliard de gourdes aux micro-entreprises et aux PME, y compris dans le secteur rural à travers notre programme de « KrediAgrikol » ;
• Notre rang ? Première banque d’Haïti, 13ème en actifs du CARICOM, et 17ème en actifs dans la Caraïbe (CARICOM plus République Dominicaine).

J’invite donc les Actionnaires et Collaborateurs qui sont ici ce soir à le dire avec moi, haut et fort : toutes ses réalisations ont été faites SANS FUSION NI ACQUISITION !
En effet, durant les vingt dernières années, la UNIBANK a révolutionné le marché bancaire non seulement au bénéfice de ses clients, mais aussi au grand bénéfice des 2.1 millions de déposants dans le système bancaire, tant le tourbillon de compétition introduit par la UNIBANK a forcé des changements positifs dans tout le secteur bancaire. Depuis 1993, la « banque 5 étoiles » s’est caractérisée par :
• l’introduction systématique de nouveaux produits et services ;
• la démocratisation de l’accès au crédit ;
• des tarifs compétitifs ;
• des heures et jours d’ouverture et des moyens électroniques permettant aux clients d’avoir accès à la banque 24 heures par jour, 365 jours par an ;
• l’extension d’un réseau inégalé de succursales fonctionnant « online, real time » ;
• la création de filiales spécialisées dans
o les services de banque d’affaires (UniFinance),
o les cartes de crédit (UniCarte),
o le crédit à la consommation (UniCrédit),
o le crédit aux micro-entreprises et aux PME (Micro Crédit National)
o les transferts transfrontaliers (UNITRANSFER)
o les assurances (UniAssurances)
o le développement immobilier (IMSA)
• la création du bras social du groupe, la Fondation UNIBANK ;
• l’utilisation systématique de la technologie pour faire de la UNIBANK un fleuron de la productivité nationale, et de UNIBANK Online le service d’internet banking préféré d’Haïti ;
• le strict respect des normes prudentielles et du « know your customer », et des politiques nationales et internationales de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme ; et, in fine,
• une approche inclusive aux services bancaires et financiers, approche basée sur la qualité et la sincérité de l’accueil que ce soit en milieu urbain ou rural, riche ou pauvre.

En 2003, lors de notre dixième anniversaire, la UNIBANK comptait déjà 275 mille clients qui avaient décidé de résolument « faire route ensemble » avec elle . Durant les 10 dernières années, entre 2003 et 2013, la UNIBANK a accueilli 625 mille nouveaux déposants. Ce record inégalé parmi les banques en Haïti, portant le nombre total de déposants à 900 mille, soit 42% de tous les déposants du système bancaire haïtien, constitue la preuve la plus éloquente de la grande confiance et de la sympathie agissante témoignée à la UNIBANK, devenue « la banque préférée d’Haïti ».Il est évident que cette grande confiance et cette sympathie agissante constituent le capital le plus précieux de notre institution et sont les premiers garants de son succès continu. À la UNIBANK, promès se dèt, et nous ne démériterons jamais de ce vote massif de confiance.

Aujourd’hui, 20 après l’ouverture de la banque, nous renouvelons solennellement ce serment qui avait été fait le 19 juillet 1993 à nos déposants, à nos banques correspondantes à l’étranger, à la Banque centrale et aux autorités de règlementation tant en Haïti qu’à l’étranger, à nos Actionnaires et Collaborateurs, et à la Société Haïtienne toute entière : bien faire, partout et en tout temps, avec efficacité et efficience, avec sérieux et honnêteté, dans le strict respect de la loi et de notre Code d’Éthique, et avec le même enthousiasme, la même vigueur, et la même rigueur qui nous caractérisent depuis 1993.

Si, donc, nous pouvons dire « mission bien accomplie »pour les 20 dernières années, qu’en sera-t-il pour les 20 prochaines ? La UNIBANK pourra-t-elle faire mieux pour ses clients et pour Haïti ? La situation politique et macroéconomique en Haïti laissera-t-elle la UNIBANK à mieux faire, en se surpassant ?

La réponse à ces questions de fond pourrait ne pas être évidente. Nous n’avons pas, à la UNIBANK, une boule de cristal. Nous ne sommes pas omniscients. Par contre, armé de notre intellect et de notre expérience du milieu national, ayant réussi malgré des conjonctures difficiles et compliquées, animé par notre optimisme stratégique bien connu, nous faisons notre la pensée du philosophe français Georges Bernanos au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale : « L’avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l’avenir, on le fait ».

Comment fera-t-on l’avenir à la UNIBANK durant les 20 prochaines années ? Qu’attendons-nous des Pouvoirs Publics pour permettre à l’économie nationale d’enregistrer durant les vingt prochaines années ce que nous appelons à la UNIBANK « une révolution de croissance », seule capable, par l’augmentation du pouvoir d’achat et la création d’une plus grande classe moyenne, de diminuer drastiquement le niveau de pauvreté et de sous-développement qui crucifient notre pays ?

Si ce soir n’est pas le lieu pour dresser une liste de mesures à prendre au niveau national pour l’instauration de cette « révolution de croissance » (et donc d’emplois) tant attendue par le peuple haïtien, nous ne pouvons pas sous-estimer son importance capitale, car en nous rappelant que la croissance démographique naturelle de notre pays étant de 2% par an, toute croissance économique en deçà de 6% par an nous condamne à attendre environ 18 ans avant de pouvoir doubler un revenu national per capita déjà rachitique, anémique et faible. Et rappelons-nous que nous avons très, très rarement atteint 6% durant les 50 dernières années de soubresauts sociopolitiques et de régression/stagnation économique caractérisés par de longues périodes de dictatures civiles et militaires, et par une transition démocratique en dents de scie, constamment soumise aux assauts de courants antidémocratiques . Donc, si Haïti ne peut pas connaitre une vraie « révolution de croissance » de l’ordre de 8 à 12% par an durant les prochaines décennies, et si elle ne peut pas renforcer la démocratie et l’état de droit toujours prôné et soutenu par le Conseil d’Administration de la UNIBANK, notre pays ne sera certainement pas une économie émergente en 2030, et notre faible revenu national per capita continuera à crucifier journellement les plus pauvres qui constituent la majorité de notre population.

Durant les vingt prochaines années, nous encourageons fortement les Pouvoirs Publics, l’Exécutif, le Parlement, le Pouvoir Judiciaire, à jouer à fond leur partition d’agents de modernisation et de changement pour que l’on connaisse enfin cette « révolution de croissance et d’emplois »qui seule changera la face de notre pays. Mettons-nous au travail pourlibérer les forces productives de ce pays ! Permettons aux entrepreneurs de toutes les couches sociales de ce pays de jouer leur rôle en créant, sans entraves bureaucratiques, descentaines de milliers d’emplois ! Retirons Haïti des ornières de la corruption, du non-respect de la loi et de la violation des principes économiques d’efficacité et d’efficience ! Combattons les fléaux que constituent la contrebande et la fraude fiscale, et modernisons résolument les structures et les pratiques surannées du secteur public ! Exigeons du secteur privé qu’il se modernise lui aussi et qu’il entre de pleins pieds dans le 21ème siècle en respectant ses obligations fiscales et en jouant sa partition d’élite responsable et ouverte au changement ! Modernisons le système judiciaire si décrié ! Débattons sereinement et institutionnellement d’autres changements à apporter à la Constitution de 1987 pour la rendre plus moderne, moins lourde et plus fonctionnelle ! Tenons nos élections à temps pour éviter l’instabilité politique et le vide institutionnel ! Jetons les bases d’un État fort et moderne, et rejetons l’État faible aux oubliettes de l’histoire ; rétablissons et renforçons notre souveraineté dans l’honneur et la dignité ; mettons nous-mêmes, sans qu’on ait à nous le dire,de l’ordre dans nos affaires ; et exigeons de nos partenaires internationaux une nouvelle approche à l’aide au développement, une approche qui ne renforce pas l’État faible ! Le pays tout entier n’attend que cette « révolution de croissance » et de modernisation pour sortir de son pessimisme et de son manque de confiance en lui-même, pour reprendre gaiement le chemin du progrès.

En attendant que ce changement profond vienne, à la UNIBANK nous continuerons à appliquer le principe de Bernanos en ne « subissant » pas l’avenir, mais « en le faisant », à notre manière, chaque jour, de façon positive et résolue. Que ferons-nous durant les 10 à 20 prochaines années ? Nous préparerons d’abord la relève managériale tant au niveau du Conseil d’Administration qu’au niveau des postes exécutifs de la banque. Si notre Conseil a une moyenne d’âge de 59 ans, relativement jeune par rapport à la moyenne d’âge plus élevée d’entreprises similaires des pays développés et de beaucoup de pays émergents , en dix ans, si nous ne rajeunissons pas les cadres, il aura une moyenne d’âge de 69 ans, qui à notre avis ne convient pas quand bien même il serait toujours dans les normes de beaucoup de grandes banques dominicaines, caribéennes, européennes et nord-américaines. Donc, nous formerons et intégrerons de plus jeunes actionnaires, femmes et hommes, dans un Conseil d’Administration élargi qui assurera une transition harmonieuse durant les prochaines décennies, tout en renforçant notre culture d’excellence et de performance. Le même principe guidera les transformations à apporter à la direction exécutive de la Banque. Aujourd’hui, et nous en sommes très fiers, environ 50% des cadres de direction et intermédiaires de la UNIBANK sont des femmes ; cette politique sera maintenue et renforcée durant les prochaines années. Ceux qui ont guidé les destinées de la UNIBANK de 1993 à 2013 seront certes présents – la santé aidant, bien évidemment – à différents titres et niveaux en 2023, mais leur principale tâche sera de soutenir, guider et accompagner celles et ceux qui devront prendre la relève et gérer les destinées de la Banque, l’amenant résolumentvers 2033.

Notre stratégie de renforcement de nos ressources humaines par la formation professionnelle continue, et par le recrutement de jeunes Licenciés, MBA, et Masters, professionnels polyglottes et motivés, sera poursuivie avec vigueur dans le futur. La Banque fera comme par le passé des investissements majeurs dans les domaines technologiques et informatiques, et renforcera son « business continuity planning » particulièrement dans le maintien de ses sites de contingence horsHaïti (aujourd’hui, elle est la seule banque haïtienne à maintenir un site informatique de contingence dans un immeuble sécurisé spécialisé à Miami, lui permettant ainsi d’assurer la parfaite continuité de ses opérations bancaires si jamais ces sites principaux et de backup en Haïti seraient l’objet d’évènements destructeurs).

La UNIBANK renforcera son programme d’inclusion bancaire et financière de la population à travers la poursuite de son déploiement géographique vers de nombreuses autres villes de province et l’extension des programmes de crédit, particulièrement ceux orientés vers le crédit PME, le microcrédit et le crédit agricole. Elle espère que la « révolution de croissance » lui permettra de renforcer son programme de démocratisation du crédit afin d’augmenter son nombre de clients ayant accès au crédit à au moins 500 mille d’ici vingt ans.

Durant les prochaines années, la UNIBANK introduira de façon soutenue ses produits de bancassurances, et renforcera et démocratisera l’offre de produits de la dernière-née du Groupe, la UniAssurances, qui a pénétré le marché des assurances de façon remarquable durant les deux dernières années. Elle utilisera son programme de « banque à distance » et renforcera l’internet banking pour toucher un plus grand nombre de clients, tant au niveau urbain que rural, à l’étranger comme en Haïti.Les cartes de débit et d’ATM, et les points de service correspondants, seront multipliés de façon importante durant les prochaines années. En dernier lieu, et afin de garantir sa croissance future, la UNIBANK continuera à renforcer ses fonds propres, et vise – « révolution de croissance » aidant -à tripler au moins ses capitaux propres dans vingt ans pour les porter à 15 milliards de gourdes, par rapport à 4.5 milliards aujourd’hui.

Voilà en quelques mots la stratégie de croissance de la UNIBANK durant les prochaines années. Elle peut être dévoilée et communiquée sans crainte aucune, la force étant tranquille.
Elle en a la capacité humaine, managériale, financière et technologique, et aborde le futur avec la sérénité nécessaire pour maintenir et renforcer sa position de leadership en Haïti et dans la Caraïbe. Elle compte sur une Haïti plus démocratique et plus prospère afin de stimuler une demande accrue de services financiers ; elle mise sur une Banque Centrale toujours forte, indépendante et bien structurée qui applique avec équité et intelligence les règles prudentielles et qui soutient le processus de modernisation du secteur financier. Et si la « révolution de croissance » tant souhaitée et attendue se matérialise, la UNIBANK saisira toutes nouvelles opportunités pour renforcer son offre de services financiers et bancaires en Haïti et aux Haïtiens vivant à l’étranger, et pour maintenir son statut de « Première Banque d’Haïti », de « Banque Préférée d’Haïti ». En avant donc pour 2023 et 2033 !

Pour avoir pu garder le leadership du secteur bancaire depuis sa création en 1993, et pour avoir pu s’imposer comme première banque d’Haïti, vous me permettrez, en conclusion à mes propos, de remercier tous ceux qui ont contribué à faire de la UNIBANK ce qu’elle est aujourd’hui. Tout d’abord, je voudrais, au nom du Conseil et en mon nom propre, dire aux 1,814 Collaborateurs du Groupe, et en particulier aux 1,046 UNIBANQUIERS qui fêtent ce soir le 20ème anniversaire de leur Institution : MERCI, BRAVO ET BONNE FÊTE !! Restez avec la même ardeur compétitive et le même esprit positif sur la « route des étoiles »que vous vous êtes tracée depuis 1993 ! Continuez avec courage, honnêteté et détermination sur la route du progrès, et aidez votre Pays et votre Banque à aller plus loin, plus haut, au bénéfice de tous ! J’invite nos Distingués Clients et Invités à se joindre au Conseil d’Administration et aux Actionnaires pour applaudir chaudement tous les Collaborateurs du Groupe et les remercier de leur apport inestimable au succès de la UNIBANK. Un « bravo » très spécial pour les 10 Collaborateurs qui fêtent 20 ans de collaboration en 2013, qui rentre dans ce qu’on appelle à la Banque, le « Cercle des 20 Ans ».

À nos 391 Actionnaires, nous disons : merci de votre constant support ! Merci d’avoir fait le choix d’investir plus de cent millions de dollars dans votre Banque et dans votre Pays ! Et surtout, merci d’avoir participé à renforcer la culture de modernité, de transparence, et de responsabilité sociale qui caractérise la UNIBANK ! Hier matin, à l’occasion du vingtième anniversaire de votre Institution, le Conseil d’Administration a fait, en votre nom et en celui des Collaborateurs, un don d’un million de dollars US à travers la Fondation UNIBANK au secteur de l’éducation supérieure, secondaire et de formation professionnelle, et il vous remercie de votre participation active au progrès de la Communauté Nationale. Je vous invite, Distingués Invités, à vous joindre à moi et aux Collaborateurs du Groupe pour applaudir chaudement les 391 Actionnaires de la UNIBANK !

Vous me permettrez également de remercier nos banques correspondantes étrangères, et tous nos fournisseurs de services tant en Haïti qu’à l’étranger. De façon toute particulière, je voudrais remercier notre autorité de tutelle et de règlementation, la Banque de la République d’Haïti, la Banque Centrale, une institution publique moderne, bien dirigée par le Gouverneur Charles Castel, assisté de ses collègues au Conseil d’Administration et à la Direction de cette institution.

En dernier lieu, last but certainly not least, vous m’accorderez l’opportunité de remercier mes Collègues au Conseil d’Administration de la UNIBANK et du GFN, avec qui c’est non seulement un honneur, mais un privilège, de travailler. Je demande donc aux distingués Membres du Conseil de me rejoindre au podium.

En tant que Président du Conseil d’Administration de la UNIBANK et du GFN depuis 1993, c’est encore une fois l’occasion pour moi, à titre personnel et de façon très spéciale, de remercier tous les Membres du Conseil d’Administration, les fondateurs, les anciens membres comme les membres actuels. Vous avez tous contribué, par votre sérieux, votre vision et votre travail, à faire de la UNIBANK une grande institution, prestigieuse et respectée. Avec une pensée spéciale pour feu Guy Malary, notre premier avocat-conseil et membrefondateur du premier Conseil de la UNIBANK, notre ami qui aurait été si heureux ce soir de fêter avec nous la réalisation de ce rêve et de cette vision qui nous avaient tous animés en 1993, je commencerai par remercier le Premier Vice-Président du Conseil, Edouard Baussan, également membrefondateur du Groupe et un des grands artisans de notre succès. Depuis 46 ans, Edouard et moi sommes des amis-frères, des frères de combat, et des associés. En quatre ans, nous fêterons 50 ans d’amitié. Permettez que je l’applaudisse, et que je vous invite, Distingués Invités, Actionnaires et Collaborateurs, à en faire autant. A Edouard, je dis comme toujours, comme chaque jour : ferme à la barre, toujours ensemble, et dans la même direction : droit devant !

À Adrien Castera, Deuxième Vice-Président du Conseil, et Premier Directeur Général de la UNIBANK, membrefondateur avec Edouard, Guy et moi du premier Conseil, que puis-je dire que je n’aie pas déjà dit plusieurs fois durant les vingt dernières années? Ami, collègue, associé, celui qu’on appelle affectueusement « Boy » a toujours su, avec la courtoisie et l’élégance qui caractérise le grand banquier qu’il est, contribuer de façon importante au succès de toutes nos entreprises. Bravo et merci, Adrien !

À Max Chauvet, Troisième Vice-Président du Conseil, je te remercie de tes 20 ans de service au Conseil. Tu mérites les applaudissements de tes Collègues et de nos Invités non seulement pour ton apport important au succès de notre Groupe, mais également pour ton intelligence, ton intérêt sans borne pour la Culture et les Arts, et ta constance dans l’effort et dans l’innovation ! Merci de tes conseils avisés, et bravo !

Franck Helmcke, affectueusement connu comme « Blanc », fête également 20 ans de service à la UNIBANK et au GFN. Il est Secrétaire-Trésorier du Conseil. Après Serge Dévieux, à qui je profite de lancer un grand salut amical, Franck a été le troisième Directeur Général de la UNIBANK, d’ailleurs celui qui a passé le plus de temps à ce poste : 14 ans. Qu’il soit remercié non seulement de son amitié et de son support à la Banque, mais de son sérieux, de sa présence permanente et de sa rigueur d’esprit d’ingénieur devenu gestionnaire ! Mille mercis, Franck, et continue à faire des heureux dans les fêtes des Collaborateurs quand tu chantes le « Ay Lina » de Ti Paris !

Lyonel Dartiguenave, Membre du Conseil et Directeur Général Adjoint de la UNIBANK, est un banquier professionnel qui participe avec Franck et moi à la direction journalière de la Banque. Homme discret, intelligent, perspicace. Travailleur infatigable, Lyonel joue le rôle de « stoppeur » dans notre formation et est l’un des principaux artisans de l’excellente santé de notre portefeuille de crédit et de notre structure de gestion de risques. Merci de tes 19 ans de service, merci de tes 14 ans à la Direction Générale : nous sommes tous honorés de collaborer avec toi ! Bravo, Lyonel !

A Jean-Pierre Blanchard, Thierry Gardère, et notre hôte ce soir au Karibe, Bertrand Buteau, ais-je vraiment besoin de rappeler le rôle combien important que vous avez joué durant les deux dernières décennies au sein du Conseil ? Jean-Pierre fête également vingt ans de service ce soir, et a été présent à tous les moments depuis le lancement de la Banque en 1993.Je le remercie de son amitié et de son grand apport au Groupe. Thierry, mon ami Thierry, lui aussi un homme discret et intelligent, apporte sa grande expérience et sagesse à notre Conseil. Si dans son ADN on retrouve les 150 années d’expérience du Rhum Barbancourt (comme chez Max avec les 115 ans du Nouvelliste), dans son quotidien on retrouve un Administrateur toujours soucieux des principes d’équité, de performance et d’efficacité. Bertrand, avec Franck et Lyonel, le plus jeune du Conseil (malgré sa calvitie avancée), est toujours présent pour apporter son pragmatisme et ses grandes connaissances commerciales à notre réflexion commune. Heureusement qu’il est aussi restaurateur, donc mon compagnon de table le plus volubile quand le Conseil déjeune ensemble. Je vous prie, chers Amis, d’applaudir chaudement Jean-Pierre, Thierry et Bertrand, et de garder vos applaudissements pendant que je remercie également mon grand frère, d’abord à Capital Consult et ensuite dans le Groupe, notre Premier Conseiller, notre Analyste chevronné, Bernard Fatton, pour 26 ans de Collaboration journalière avec moi ! Merci en fin de compte à nos épouses et familles, toujours présents pour nous encadrer et nous appuyer.

Si, comme me le rappelait hier un client de la Banque qui me disait : « 20 an pa 20 jou », et en conclusion à ces propos trop longs qui n’ont pu malheureusement être raccourcis compte tenu de la richesse et de l’intensité de ces 20 ans d’histoire de la UNIBANK, je tiens à vous remercier, Distingués Invités, Clients et Amis présents ce soir, de votre patience et de votre indulgence. À vous, au nom de tous les Collaborateurs de la Banque et du Groupe, au nom de tous mes Collègues au Conseil d’Administration et à la Direction de la UNIBANK, et en mon nom propre, je vous dis : Merci ! Merci de votre confiance, de votre fidélité, de votre support. Faisons ensemble l’avenir, et ne le subissons pas !


Je vous souhaite une très agréable soirée, et vous remercie d’être tous venus fêter ce soir avec nous :
• 20 Ans de Leadership !
• 20 Ans au Service de la Communauté !
Et pour les 20 prochaines années, la UNIBANK, la « banque 5 étoiles », vous dit à tous: « Faisons route ensemble » !

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