lundi 14 novembre 2011

DIALOGUE DE SOURDS



DIALOGUE DE SOURDS
Me Serge H. Moïse
13 Nov. 2011

        Depuis trente ou quarante ans, des démarches sont régulièrement entreprises afin d’attirer au pays des investisseurs étrangers dans la perspective de relancer notre économie. De temps à autre des voyages sont organisés pour des délégations pléthoriques qui reviennent avec des promesses mirobolantes, lesquelles hélas n’arrivent jamais à se concrétiser. Pourtant, gouvernement après gouvernement, l’on assiste au même scénario inutile, avec toujours le même résultat.
        Il ne suffit pas de s’accrocher à un rêve pour qu’il devienne réalité. Encore faut-il de manière rationnelle et pragmatique, en tenant compte des besoins de la population, toutes classes confondues, préparer le terrain à cet effet.
        Attirer des investisseurs étrangers, et, à ce chapitre, il y a loin de la coupe aux lèvres, à cause de l’insécurité grandissante, les tracasseries administratives pour enregistrer une compagnie commerciale, le non respect du droit de propriété et des lois en général, l’état de délabrement de nos routes et du système judiciaire, la pénurie en matière d’électricité, autant de facteurs négatifs qui ne peuvent que décourager d’éventuels affairistes en quête de profits plus ou moins juteux. L’humanitaire se  révèle donc  plus intéressant que toute autre forme d’investissement, faisant de notre coin de terre l’industrie de la misère humaine sous toutes ses formes.
        Nous devons donc apprendre à d’abord compter sur nous-mêmes. Nous l’avons fait à une époque où nous ne disposions pas dans nos rangs de cette kyrielle d’analystes, de théoriciens, d’intellectuels de belle eau et de techniciens aux connaissances les plus pointues et ce dans tous les domaines.
        Il nous a fallu un peu plus de trois cents ans de tentatives avortées, d’essais mal planifiés,  de trahison entre nous, de revers et de mauvaise fortune. Mais nous n’avions pas baissé les bras. Nous  avons recouru à des ruses témoignant d’une perspicacité et  d’une intelligence supérieure. Nous avons inventé le marronnage et qui plus est, nous avons utilisé la force de l’ennemi pour le combattre et le terrasser.
        Certaines chaines de notre esclavage furent donc rompues, celles visibles à l’œil nu évidemment. L’indépendance nationale fut proclamée à grand renfort de tambours et de trompettes au grand dam des « bwanas ». La preuve venait d’être faite que l’homme noir avait lui aussi une âme susceptible d’atteindre la cime des dieux tutélaires.
        A partir de cette geste héroïque à nulle autre pareille, nous sommes devenus le phare de la race tout entière. Ceux qui ont voulu  nous imiter furent systématiquement éliminés. Les bourreaux ont juré que cet exemple ne se reproduirait plus jamais et ils ont tenu parole, bien souvent, avec la complicité consciente ou non de certains de nos frères.
        La vie étant une lutte perpétuelle, il ne faut donc pas s’attendre à ce que la nôtre prenne fin aujourd’hui ou demain. Si comme le célèbre pied noir Enrico Macias, nous pouvons chanter «  Rien n’est plus beau qu’un fusil rouillé », il n’en demeure pas moins que pour avoir baissé les bras et ce à plus d’un titre, nous avons-nous-mêmes contribué, largement, à nous retrouver dans ces profondeurs abyssales du laxisme, de la corruption et de la misère.
        Puisque nous en sommes conscients, tout n’est pas encore perdu, la rédemption demeure donc  possible à condition de respecter les lois de la nature que les anciens n’ont pas manqué de nous enseigner et qui s’expriment à partir de sages adages tel :
        « Une famille divisée est une famille affaiblie, appelée à disparaître ».
        La zizanie, les luttes mesquines et fratricides, les inégalités sociales et l’analphabétisme maintenus à dessein ne peuvent conduire qu’à ce chaos que nous avons échafaudé patiemment et inlassablement depuis l’ignominie de mil huit cent six au pont rouge.
       «  Ventre affamé n’a point d’oreille ».
        L’éducation gratuite pour tous, certainement et dans les plus brefs délais. Toutefois, il faut éviter de mettre la charrue avant les bœufs. Ne confondons pas scolarisation et éducation car en reproduisant des générations d’acculturés, la nation risque de ne jamais émerger de son gouffre actuel. De plus les besoins primaires doivent être pris en compte avant les besoins secondaires, tertiaires et ainsi de suite. Les parents qui ne travaillent pas ne peuvent pas loger, nourrir et habiller leurs enfants et les rendre aptes à recevoir les bienfaits de l’éducation. La création d’emplois demeure le point de départ incontournable à partir de quoi tout le reste devient possible.
        « Il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre et pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir ».
        Vouloir à tout prix faire comme les autres, les singer autrement dit, nous maintiendra irrémédiablement dans cette situation d’assistanat qui fait le bonheur de tous, sauf le nôtre.
       «  Pour pratiquer la vertu il faut un minimum de bien-être »
        Demander à des gens qui ne travaillent pas et qui n’ont aucune chance de le faire, de respecter la morale et le droit, dépasse l’entendement humain. Une maman dont les trois ou quatre rejetons crèvent de faim ne saurait résister à la tentation de se prostituer afin de nourrir ses poupons, au risque d’attraper le virus du sida. Désespérée, elle n’hésite pas!
        « Il n’y a rien de nouveau sous le soleil »
        En effet, les cataclysmes tant naturels qu’humains ont jalonné, sous toutes formes, notre histoire sur cette minuscule planète. Nous avons tout vu et pourtant…
       «  Les défaites du Droit sont toujours provisoires »
        Puisqu’il est encore question de changement, la modernisation de la législation haïtienne, lentement mais sûrement, sera amorcée sous peu aux fins de nous permettre de rejoindre le cercle des nations civilisées.
        Nous invitons nos aimables lecteurs à poursuivre ce bel exercice et à réaliser qu’en effet, tout a été dit, mais qu’entre le dire et le faire, il y a souvent un fossé difficile à franchir.
        Nos propos sont, pour souligner à l’eau forte cette fois-ci, que la solution à nos problèmes ne se situent pas aux antipodes de nos capacités. Bien au contraire, l’important pour nous est d’arrêter de chercher midi à quatorze heures. Il nous incombe de créer notre propre modèle de développement qui commencera par l’instauration de cette grande chaine de solidarité, pas au niveau des discours et des interminables palabres, mais de manière concrète à travers le (FHS) Fonds Haïtien de Solidarité.
        Travaillons tous ensemble à faire disparaître, autant que faire se peut, les inégalités sociales par la création immédiate d’emplois sur toute l’étendue du territoire national. C’est possible avec le Fonds Haïtien de Solidarité.
        Mettons un terme à notre dialogue de sourds séculaire, faisons une réalité de notre maxime nationale : L’union fait la force. C’est nettement possible avec le Fonds Haïtien de Solidarité.
        Faisons franchement appel à la participation active de toutes les filles et tous les fils de la nation, tant ceux de l’intérieur que ceux de l’extérieur dans le cadre de cette grande kombite nationale. C’est certainement possible avec le Fonds Haïtien de Solidarité.

Me Serge H. Moïse
Barreau de P-au-P.

dimanche 13 novembre 2011

LA REPUBLIQUE A L'ENVERS DANS L'AFFAIRE D'ANEL BELISAIRE


La République á l’Envers dans l’affaire d’Anel Bélisaire
MICHEL WILLIAM
11 NOV 2011
La formation de la commission  sénatoriale pour enquêter sur l’arrestation du député prévenu Anel Bélisaire est la nouvelle qui continue de défrayer l’actualité depuis des  semaines. Le sénat semblerait s’y engager tête baissée au mépris des conséquences, telle une force aveugle et incontrôlable.  La presse rapporte que le ministre de la justice et le Staff de la PNH ont été déjà entendus  par la commission .Actuellement les procédures sont en cours pour interroger les officiels du gouvernement. Entendez bien  le premier ministre, les ministres ,les secrétaires d’état des affaires étrangères et de l’intérieur concernés de prés ou de loin dans cette affaire. .Dans le judiciaire , la commission  a essayé d’interroger le commissaire du gouvernement, Mr Félix Léger, qui,  d’après le Sénateur Jean William Jeanty ne se montrerait pas très coopératif avec  la dite commission en refusant de répondre á certaines  questions indiscrètes, je devine,  .qui ne relèveraient pas de la compétence du pouvoir parlementaire..

Cette accusation de non coopératif du chef du parquet  nous amène  á  nous interroger sur le mobile de la commission sénatoriale en conduisant ces enquêtes. ? A vrai dire le mobile  ne semblerait  pas être clair dans la tête des analystes politiques.. Selon la compréhension de tous, le sénat a  dit que dans l’arrestation du député, il y a eu violation constitutionnelle de l’immunité parlementaire  en la personne  du député prévenu Anel Bélisaire. Il importe que cette commission fasse la vérité sur l’autorité  qui aurait donné l’ordre á  la police d’arrêter le député  á sa descente de l’Aéroport le  28 octobre écoulé afin de fixer les responsabilités.. En d’autre terme le sénat de la république en formant cette commission d’enquête ne ferait  pas et de fait  ne fait pas confiance á l’institution du parquet de Port-au-Prince qui a dit  qu’elle a émis un ordre d’arrestation  de l’évadé de prison Anel Bélisaire  et qu’elle a  passé les instructions á  la police pour rechercher, appréhender  et déposer  l’évadé á  la prison civile de Port-au-Prince  d’où il était sorti..En clair la police auxiliaire de la Justice, en retrouvant le recherché, en procédant á  son arrestation et en le conduisant  á  la prison civile de Port-au-Prince  a exécuté un ordre du Judiciaire. Le sénat, une des deux branches du parlement, lui-même en conflit avec l’exécutif, aurait  adopté une démarche qui ignore le pouvoir du judiciaire et qui  cherche á  ouvrir un nouveau front  de bataille  politique  avec ce dernier, le troisième pouvoir tenu jusque la en dehors du  conflit  original. Logiquement le sénat á  travers cette enquête cherche á  la fois  le chaos et le K.O. politiques du pouvoir haïtien. Le parlement s’érige  dans cette affaire  en supra  pouvoir et cherche une solution politique unilatérale..

S’il n’émerge de cette situation chaotique  aucune voix intermédiaire, nationale ou internationale, pour faire entendre au parlement la voix de la raison, il ne restera plus que la solution de la tutelle  pleine et entière par les Nations Unies de l’état haïtien. Les Nations Unies reprendraient leur rengaine coutumière pour indexer l’état haïtien d’entité réellement  chaotique ingouvernable. Comme telle, Haïti affublée á nouveau de ce sempiternel titre redeviendrait ou resterait toujours une  menace pour la stabilité économique  régionale  des pays du continent américain. Une des conséquences immédiates de ce qualificatif recherché par le parlement haïtien est qu’Haïti  devra  ou dire adieu au programme des cinq E du gouvernement ou envisager une tabula rasa pour permettre au pays de retrouver sa sérénité politique. Dans les deux cas le sénat joue avec le feu et prononce la sentence de la MINUSTHA comme une unité inutile et indésirable..

Les Nations Unies refuseront d’avancer dans le projet périlleux du sénat parce que  non seulement  attentoire  á leur présence  mais aussi chargé d’impondérables. Elles refuseraient cette passerelle  parce qu’elles aussi  ont  déjà un contentieux  pendant avec  le peuple haïtien qui est le cholera et que de  plus en plus des voix s’élèvent pour exiger son départ. Si les nations Unies ne marchent pas dans ce sillon scabreux, l’option finale reste dans l’autre branche de l’alternative, c'est-à-dire le Judiciaire, comme pouvoir non impliqué dans le cas d’espèce. On est en présence d’un parlement déboussolé..

Le mot est tombé. Le parlement est déboussolé. Déboussolé signifie perte de toute  notion de direction  et dans le cadre du sénat, perte de  la sagesse  proverbialement acquise á  l’esprit du grand corps. Il se pose  maintenant une question d’importance pour le peuple haïtien. Peut-il  confier á  des déprimés le soin de prendre des décisions d’état et de  faire des lois pour la république ?

La république n’est pas encore á  l’envers. Elle en  est sur le chemin et elle est en danger.. Elle se donne cet objectif avec un parlement déboussolé. Le parlement est déboussolé et déstabilisé  avec la présence en son sein d’un député recherché comme un  évadé de prison .Celui-ci  est retrouvé, mais ne peut pas être appréhendé  ni déposé á  la prison civile parce qu’il serait  protégé par un corps politique qui revendique  son immunité parlementaire acquise frauduleusement. Le parlement a endossé  la défense de cette  mauvaise cause pour se protéger á  son tour  contre les intentions légères du président de la république de vouloir nettoyer trop tôt  l’institution d’individus infectes qui compromettent la stabilité et   le bon fonctionnement de la dite institution...Voilá le véritable objet du conflit et la nature du conflit á  investiguer.. La question qui se pose dans le public est si le président est le  garant de la  bonne marche des institutions, en vertu de l’article 136 de la constitution, n’est il pas dans son droit de  diligenter une enquête  sur la présence su sein du parlement d’élus  dont certains   ne seraient pas catholiques ?. Si oui quelle devrait être  la procédure ?.Lá est toute la question !

« Si nou kite kote  kadav  la ye, nap kouri de sekey , se zafek  gade  nou. Si sou preteks  nou pa vle Mately, nou kanpe deye la chanm kap vyole sou vyole konstitisyon, nan fe sak pa sa,  se zafe ‘k gade  nou. Lè na gade nan mont’nou, na wèl trè zè.

Le parlement a  deja  á  son actif  le blocage de la formation du  gouvernement pendant cinq mois pour des questions de séparation des attributions présidentielles. Aujourd’hui il entrave le fonctionnement du gouvernement á  seulement huit jours de sa ratification , au moment où un analyste politique prévoit que le président Matelly pourrait ne pas passer un an au pouvoir.

A la recherche de la vérité et dans le cadre du fonctionnement du pouvoir de l’état, le grand Montesquieu a dit  c’est le pouvoir qui doit arrêter le pouvoir lorsque le pouvoir abuse du pouvoir. Entendons-nous. Si c’est le pouvoir qui doit arrêter le pouvoir, il faut un pouvoir parmi  les trois pouvoirs pour prononcer le mot du  droit. Justement le sénat de la république en voulant questionner le commissaire du gouvernement, un agent. judiciaire.  s’ oppose  á  ce principe universel et veut étendre la crise au judiciaire pour rendre le pays ingouvernable.. La cour de cassation devra s’y opposer. Le conseil du pouvoir  judiciaire devra s’y opposer .Le premier ministre devra surseoir á  son projet de mise  en disponibilité du commissaire du gouvernement pour ne pas s’impliquer dans cette  politique de comédiens. et pour ne pas compliquer d’avantage la situation politique.

Le sénat qui représente le parlement avec la chambre des députes en vacances, cherche á  faire fonctionner  la république á l’envers  et  se positionne comme un super pouvoir qui ignorerait et de fait ignore la compétence du judiciaire pour traiter un conflit de pouvoir entre l’exécutif et lui ( le parlement). Son intervention vise uniquement á  :
Semer le doute autour du véritable sujet
Confondre le public et les honnêtes gens
Diffamer davantage les officiels de l’exécutif en les décrédibilisant et en  les rendant indignes de la fonction
Répandre la honte sur toute l’institution parlementaire
Faire de l’état haïtien une entité chaotique ingouvernable.
Rechercher des situations de compromissions qui ne font qu’ajourner la solution définitive du conflit.

Pour éviter á la république une aventure politique aux conséquences  économiques , sociales et  désastreuses sur une population en plein dans la misère, le judiciaire devra s’armer de courage pour ordonner la cessation immédiate et sur minute de toute enquêtes présidentielles et parlementaires sur un faux sujet. Il devra prendre  un arrêté annonçant que c’est lui qui aura  á  mener ses propres enquêtes sur
-La nationalité du président, celle  des ministres dans l’exécutif et dans le législatif
-La  constitutionalité des sénateurs et députés présents au parlement en violation de
 la constitution et  des articles de la loi électorale
-La responsabilité de tous les officiels dans la profanation de l’amendement de la constitution de 1987
-La responsabilité du conseil électoral de Gaillot Dorsainvil dans le conflit  puant entre deux pouvoirs issus d’élections (malathiong).
-Les dommages collatéraux á  d’augustes absents
-Les prouesses spectaculaires du député Anel Bélisaire  dans cette affaire,  établissement de sa culpabilité citoyenne ou de  son innocence le cas échéant
-Opter pour une solution á  la jurisprudence de la cour  de NewYork , DSK-Nassufito, pour  aboutir  á  la non crédibilité du député Anel Bélisaire  et évacuer le fallacieux  problème de violation d’immunité parlementaire.
-Ou évoquer la jurisprudence haïtienne en le cas d’espèce , notamment ceux du sénateur Dany Toussaint et du député retrouvé mort deux ans après son absolution  par le judiciaire.

Si la population haïtienne  paie les trois pouvoirs de l’état c’est pour lui trouver des solutions á des problèmes qui la concernent aux premier plan dont la santé, l’éducation, la mangeaille, le travail, la justice, la sécurité. La population  ne peut pas accepter que les taxes qu’elles payent á  l’état servent pour démultiplier des problèmes qui n’ont rien á voir avec ses souffrances, sa misère et son insécurité á un moment où les kidnappeurs profitant du vide créé par le parlement occupent le haut du pavé  et  continuent de terroriser nos enfants. La MINUSTHA conforme á sa mission de stabilisation de la vie politique du pays..doit se tenir prête pour renforcer le judiciaire au cas où celui-ci voulant éviter l’inévitable serait forcé de réquisitionner ses  services .
NY 11 novembre 2011

WATERLO


Waterloo !
Par Daly Valet
Le Matin : du 11 au 17 nov. 2011

Le président Martelly devrait être en train de se mordre les pouces. Il a une passion pour l’armée. Il avait développé d’intimes relations avec de hauts gradés de la génération des militaires putschistes de la période post-Duvalier. Le chanteur Sweet-Micky avait même son colonel éponyme dans les casernes. Ce dernier faisait et défaisait dans le pays à la faveur du coup d’État du 30 septembre 1991. Malgré tout, les expériences de M. Martelly avec l’institution militaire n’ont jamais été concluantes. Il avait été renvoyé, après y avoir été admis, de l’Académie militaire des Forces armées d’Haïti. Amour-propre fissuré. Traumatisme déstabilisant. Aujourd’hui président de la République, il pensait pouvoir se guérir. Et de là, restituer la fierté d’Haïti par l’armée. Du titre d’officier des FAD’H qui lui a été refusé à celui de commandant en chef qu’il s’octroierait légalement et sans concours avec son projet de nouvelle force de défense nationale, un cheminement spectaculaire qui rétablirait un certain équilibre intérieur. Thérapie. Choc.

Choc, certes. Mais, surtout dégâts directs. Et dommages collatéraux. Michel Martelly n’aura peut-être jamais l’armée de ses rêves. Ce qui risque de le plonger dans un abattement moral paralysant. Comédie du pouvoir, d’une part. Tragédie dans son exercice, de l’autre. Revers. Il voulait une nouvelle prouesse haïtienne à Vertieres. Mais  une sainte alliance a déjà mis son armée en déroute. Sans un coup de pétard. Quand les forces révolutionnaires menées par les Dessalines et les Christophe avaient en face d’elles, sur les champs de bataille, rien que des forces expéditionnaires françaises  pro-esclavagistes, Martelly devait affronter, à huis clos, une coalition dite amie d’Haïti. Cette alliance est faite d’Américains, de  Français, de Canadiens, de Brésiliens, de Chiliens et autres, déterminée à lui « rentrer dedans », pour répéter l’un d’entre eux. Il leur fallait amener le président Martelly à enterrer, de gré ou par coercition, son idée de nouvelle armée. Évidemment, on lui a assené quelques bonnes et dures vérités. Sans ménagement. Il avait encaissé sans acquiescer au départ. Il faut reconnaître qu’il avait bravement joué, en privé, au traditionnel héros haïtien devant l’étranger. Mais, après s’être durablement affaibli et diminué politiquement par l’affaire Bélizaire, tout indique qu’il a finalement mis bas les armes. Il s’est affaibli et de puissantes forces internationales en ont profité pour le sabrer à son flanc faible. Débandade. Défaite ? Waterloo !

Il ne sera permis au président de notre pays sous tutelle que de sauver la face. Cérémonies symboliques. Mesures légales sur la création d’une armée. Mais des mesures probablement sans portée réelle. Une armée haïtienne virtuelle qui risque de n’avoir aucune existence concrète sur les terres occupées d’Haïti. Le président Martelly sera jugé, dans l’histoire, par sa capacité à transformer Haïti et à déjouer les édits arbitraires de nos puissants « amis » étrangers. Entre-temps, son projet d’armée a été décrété « mort-né » par ceux-là qui se croient, de fait, maîtres des lieux.

Stratège militaire génial et légendaire, Napoléon Bonaparte avait perdu, en 1815, par présomption, la bataille de Waterloo face à la Belle-Alliance des forces anglaises, néerlandaises et prussiennes. Il les avait sous-évaluées. Ambigüité dans la chaîne de commande. Déficit de soutien politique en France. Mauvais timing. Inadéquation des moyens techniques. La comparaison à Martelly vaut plutôt, ici, pour sa valeur d’enseignement historique. Les deux hommes auront été mis en déroute pour des rasions largement similaires. Un trop-plein de suffisance. Notre président voulait mettre la nation devant le fait accompli d’une armée qui n’aurait de national que la doctrine. Comme pour son plan de scolarisation gratuite. Il ne communiquait pas avec son peuple sur les tenants et aboutissants de son idée hasardeuse. Il laissait à ses adversaires, comme le sénateur braillard, Moïse Jean-Charles, le soin de définir, négativement, son plan à sa place.  Des hommes s’entraînaient militairement au nom du pays, quand le pays lui-même n’était pas entraîné dans le projet. Politiquement, ce projet, chasse gardée du clan présidentiel, inquiétait plus qu’il ne rassurait. Manque de soutien collectif ferme. Des rancuniers de l’ère putschiste pilotaient tout, avec, pour certains, un esprit revanchard. Le Président semble n’avoir pas su bien évaluer l’ampleur des réticences haïtiennes et des résistances internationales, notamment américaines.  La peur est, par ailleurs,  là que la réalisation de ce plan entrainerait un démembrement de la Police nationale d’Haïti.

Des  partenaires internationaux clés sont convaincus que cette nouvelle armée ne pourrait se financer que par les revenus du commerce de la drogue. D’autant que le chef de l’État n’a jamais été en mesure d’expliciter, pour ces partenaires sceptiques, d’où proviendraient les 96 millions de dollars initialement prévus, ni les 25 millions de dollars du budget de cette force revu à la baisse sous le poids de contraintes multiples. Inquiétudes géopolitiques. Spéculations. Conjectures lugubres. Le projet d’armée de M. Martelly s’est révélé être une affaire internationale, plus qu’il ne se l’imaginait. D’autant que l’armée de la République dominicaine voisine fait froncer les sourcils à Washington en raison de la pénétration grandissante, dans  ses rangs, des forces de la drogue.

Il faut dire, aussi,  que les anciennes FAD’H n’ont pas laissé derrière elles une réputation qui rassurerait les inquiets  sur leur éventuelle remobilisation. L’ombre épaisse de cette armée des coups d’État et des violations des droits humains pèse encore lourd sur les consciences. C’est, entre autres, l’un des boulets qui ont empêché le plan de Martelly de progresser jusqu'à sa matérialisation. Pour le président de la République, le 18 novembre 2011 ne sera point le Vertieres de nos aïeux. Ç’aura été, hélas, son Waterloo !
D.V.

PATHETIQUE!


 Pathétique !

Par Daly Valet
Le Matin : 4 au 10 Nov. 2011

Spectacle navrant. Acteurs pitoyables. Décor surréaliste. Script décousu. Comédies de boulevard. Vagissement sournois. Rires indignés. Ébahissement. La République sens dessus dessous. Les improvisateurs au pouvoir. Inquiétante étrangeté. Comment en sommes-nous arrivés là ? Allez demander à Dieu et à nos loas. Aux spécialistes de la santé mentale aussi. La rationalité humaine est comme dépassée par les événements. L’affaire Martelly-Bélizaire ?  Un lourd héritage non assorti de testament. Nul ne sait quoi faire. Et que dire. Donc, tout le monde dit et fait n’importe quoi. Cafouillage. Impasse.

Il nous faudra la lanterne d’un Diogène pour retrouver un homme courageux dans ce méli-mélo. La lâcheté sert, ici, de couronne impériale. Les responsables se déresponsabilisent. Mystère de la nativité. Port-au-Prince devenu Nazareth. Cette crise nous est venue au monde par l’opération du Saint-Esprit. Réalisme magique à l’haïtienne. Le président Martelly, l’homme qui se croyait plus gladiateur romain qu’il ne parait l’être, et celui par qui le scandale est arrivé, se cabre. Esquives. Ponce Pilate en puissance. Les mains qui se lavent ne redeviennent pas toujours propres. Et tout savon ne lave pas forcément blanc. Les mots auxquels a eu recours M. Martelly pour se disculper embarrassent plus le Palais national qu’ils ne l’innocentent.  Car, contrairement aux affirmations du  Chef de l’État, son Palais national est impliqué à la fois de près et de loin dans l’arrestation du député Arnel Bélizairre. Grâce aux témoignages forcés, au Sénat,  du Directeur général de la Police nationale d’Haïti, M. Mario Andrésol, nous savons aujourd’hui  que le ministre de la Justice, Josué Pierre-Louis, a été l’un des mauvais génies qui orchestraient toute la machination. A ses yeux, le Président Martelly ne devait pas perdre la face. Quitte à oser tout faire dans l’illégalité.

Si M. Andrésol dit vrai, le ministre de la Justice doit non seulement s’expliquer devant le Parlement, fût-il un simulacre de Parlement, mais aussi s’excuser devant la nation pour ses mensonges répétés, servis froidement aux médias, aux fins de se dédouaner et diriger les projecteurs sur un Commissaire du gouvernement qui agissait sous pression.  Il s’est fait petit Jésus  dans l’affaire, quand le cumul des évidences dit que M. Pierre-Louis a été plutôt du côté des crucificateurs. Il y a, donc,  complicité du Chef et de sa cour dans l’arbitraire. Dérapages dans la machine judicaire pour donner forme et contenu à la volonté du Chef. La Police embrigadée dans une escalade d’irresponsabilités et de démissions, qui ébrèche davantage la crédibilité des trois pouvoirs de l’État. Enfin, tout le pays embobiné par des mensonges d’État, et projeté, malgré lui, dans  une nouvelle crise de gouvernance fertile en rebondissements.
Avec Martelly, à défaut de grands hommes d’État, on espérait, au moins, une nouvelle phalange de dirigeants corrects, intègres et modernes dans la conduite des affaires de l’État. Il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Une trajectoire de peuple qui semble toujours nous transporter du pareil au même. Voire au pire. Ces autobus bondés d’excités payés pour forger de la ferveur populaire; ces raras menés par des chefs de file à la solde et issus des quartiers défavorisés pour intimider et forcer l’adhésion ; ces ambiances artificielles de carnaval entretenues autour du débarquement, à l’aéroport Toussaint Louverture, du président de la République, tout cela ne nous rappelle que trop le duvaliérisme décadent et l’aristidisme dégénéré.

En 2011, Haïti mérite mieux de ses dirigeants. Michel Martelly a pour devoir de se surpasser et de dépasser son côté hédoniste,  grivois,  pompeux, frondeur et tapageur pour se colleter, dans la légalité et avec décence, à ses lourdes responsabilités de président. Il ne s’agit pas, là, de responsabilités avec lesquelles il lui est loisible de jouer impunément à l’enfant terrible. La vie de dix millions d’Haïtiens en dépend. Et c’est sérieux. Avec un niveau de développement humain, infrastructurel et économique parmi les plus bas du monde, ce pays ne peut plus se permettre de s’embourber dans des crises interminables fabriquées par des chefs cyniques d’une suprême immaturité. 

Il n’y a pas, évidemment, grand-chose à attendre de ces mille et une commissions d’enquête annoncées, ici et là, pour faire la lumière sur l’affaire Bélizairre. Les responsables coupables se savent. En fait, ils savent tous leur degré respectif d’implication et de démission. Certains ont péché par action. D’autres par omission. Pourtant, ils vont tous enquêter sur leur propre défaillance. Moquerie. Ironie. Curieusement, ils ont trouvé dans le Sénat de la République un allié de poids. Nos soi-disant Sages ont fait d’une séance solennelle d’interpellation une vaste farce. Dilatoires. Diversion. Libre à ces acteurs gouvernementaux et parlementaires imbriqués les uns aux autres, par sectarisme et clientélisme, de continuer leur petit jeu de complices. Ils doivent se dire, cependant, que ce chassé-croisé d’indignités au sommet de l’État est pathétique. En plus d’être insupportable. Et très coûteux pour le peuple haïtien dans sa quête de rédemption.
D.V.

dimanche 6 novembre 2011

La marche en avant du législatif vers une dictature parlementaire


La marche en avant du législatif vers une dictature parlementaire
MICHEL WILLIAM
6/11/2011

D’agronome engagé et militant pendant vingt ans dans l’agriculture je suis devenu malgré moi journaliste engagé dans la politique pour trouver la voie royale au changement de l’économie agricole du pays. Je suis devenu par la force de mon combat un analyste politique dont les hypothèses  se vérifient  á 80 -90% avec l’évolution de la situation politique. Avec l’affaire Josué Pierre Louis, ministre de la justice, je perçois  une  marche en avant et précipitée du parlement haïtien vers les cimes dangereuses  d’une dictature parlementaire . Il s’engagerait dans une course contre le temps dans la manipulation des opinions pour diaboliser l’exécutif et dans le refus au judiciaire  d’exercer  son pouvoir pour arrêter un autre pouvoir devenu obsédé et  aveugle.

Tout a commencé  dans l’instrumentalisation de l’amendement de la constitution de 1987 pour constituer un pouvoir mono parti qui investirait toutes les artères  du pouvoir haïtien avec l’élection d’un ingénieur , de vingt cinq contremaitres et de 97  boss maçons qui se réserveraient  le droit sans partage de choisir ses  partisans  pour occuper les postes clefs de l’administration publique haïtienne. Le peuple ayant fait avorter ce projet, le législatif a tenté le coup de profanation de la version amendée de la constitution de 1987 pour récupérer le pouvoir échappé momentanément. Celui-ci ayant été  foiré, il est revenu á la charge  avec le coup du blocage du gouvernement pendant cinq mois avant d’être forcé d’accoucher dans la douleur le gouvernement de Gary Cornille. Celui-ci  n’a pas huit jours d’âge qu’il est sous le coup d’une convocation du CSPN privé de son vice Président,  en l’occurrence du ministre de la justice,   en violation de la loi organique de la police nationale  d’Haïti qui en ses articles  14,15,16 et 17 prescrit les conditions  de sa formation et de son organisation.
  
Le grain de cerise  sur le gâteau  est arrivé avec  l’interpellation du ministre de la justice  une demie heure seulement  après le questionnement insolite du CSPN par le sénat. Celui-ci  se réserve le droit de violer le principe du respect mutuel des membres  de chacun des trois pouvoir en fixant sa date d’interpellation  au mépris de la  disponibilité   et de l’agenda du Ministre de la justice.

Le parlement est entré dans les attributions de  l’exécutif comme un porc sans ( qwok) défense dans un jardin de patate .Imaginez les dégâts sans nom pour ceux d’entre vous qui connaissez la campagne.!Le parlement a interpellé le ministre sans constituer aucun dossier sorti des enquêtes formelles de commissions parlementaires  légales  qui collecteraient des données officielles  viables  pour vérifier les explications á  soutirer du ministre interpellé. Tous ces impairs ont été relevés d’une interview  du ministre Pierre Louis  donnée á  Mme Marie Lucie Bonhomme dans une de ces émissions á  grande écoute   au micro de radio vision 2000 et relayée  par Haïti-Nation. Où est la voix de notre presse dans tout ce désordre ?

Nous venons d’apprécier le non respect du parlement pour l’exécutif haïtien .Voyons maintenant ses efforts répétés de boycotter le judiciaire haïtien  dans son droit constitutionnel d’arrêter un autre pouvoir qui en abuserait l’exercice .
Dans l’affaire Bélisaire, le parlement a qualifié d’arbitraire et illégal l’arrestation du député Bélisaire .La thèse du ministre de la justice est que l’exécutif  ne serait  pas concerné ni de près ni de loin  dans l’arrestation á  l’aéroport du député contrevenant. Il soutient que l’acte d’arrestation du député  émanant du commissaire du gouvernement  est une compétence du pouvoir judiciaire souverain qui est un pouvoir indépendant de l’exécutif et du parlement haïtien et que ce dernier n’a besoin de l’autorisation d’aucun autre pouvoir  pour arrêter le député. Dans l’ordre  d’arrestation  il est dit que les autorités de la police devront prendre toutes les dispositions pour intensifier rechercher et déposer á  la prison civile de Port-au-Prince une liste de prisonniers évadés dont le nom du député  en fait partie.

Apres avoir écouté religieusement pendant cinq heures d’horloge les questions posées par les sénateurs au CSPN amputé d’un membre , après avoir analysé les réponses négatives de chacun des membres du CSPN concernant l’affaire Bélisaire  et après avoir siroté  l’interview du ministre Josué  Pierre Louis donnée á  Mme Bonhomme, ma conviction était totalement formée. J’en arrive á  la conclusion que  ni le parlement ni l’exécutif n’ont qualité pour se prononcer sur l’arrestation  jugée arbitraire et illégale du député. Je partage l’opinion du ministre de la justice selon laquelle ces deux pouvoirs doivent laisser le judiciaire exercer ses attributions, lesquelles  donnent au judiciaire, á  lui et á lui seul la compétence  pour décider de l’arbitraire et de l’illégalité de cette arrestation. Au cas où le pouvoir législatif ne serait  pas satisfait de la décision du judiciaire, la loi prévoit les voies  de recours par devant une autre juridiction plus élevée.

Mr Pierre-Louis pour défendre sa position a avancé deux jugements qui ont été initiés antérieurement par le sénat de la république lui-même et qui ont déjà fait jurisprudence dans l’histoire juridique haïtienne sur la question brulante de levée de droit d’immunité. Il cite les  cas du Sénateur Dany Toussaint et du député Jocelyn St Louis dont les jugements ont été prononcés á  l’avantage  du parlement. On comprend l’étonnement du ministre Josué  de constater que le sénat, dans une volonté politique délibérée  de faire obstacle á l’application de la justice  dans le présent dossier et dans l’idée de mentir á  la presse et á  la population,  refuse au pouvoir judiciaire de prononcer le mot du droit. L’opinion publique avertie  se demande pourquoi cette volonté  manifeste  et cette précipitation du parlement de faire obstruction  á la justice pour l’empêcher d’établir les faits, de faire luire la vérité et de fixer les responsabilités si responsabilités il y en a.

Dans une position antérieure, j’avais voulu utiliser la voie du dialogue politique pour arriver  á  un dénouement heureux de la crise et je soutenais qu’il n’y avait rien á responsabiliser dans un contexte de réparation d’un cas perdu irréparable.

 Ma position de journaliste engagé est toujours restée la même mais elle pourrait avoir évolué un peu  dans la recherche du mot du  droit et de la sérénité politique dans la lutte pour  l’observance stricte du respect de chacun des quatre pouvoirs dont celui de la presse. » Je soumets á  l’appréciation des lecteurs les articles suivants de la constitution  traitant de ce  cas d’espèce. Ils peuvent être utilises  pour faire ressortir l’intervention du judiciaire dans son droit constitutionnel de se saisir de l’affaire  pour recueillir les informations légales et pour protéger le fourvoiement des deux autres pouvoirs parus trop intéressés.

Article 26.1:
En cas de contravention, l'inculpé est déféré par devant le juge de paix qui statue définitivement.
En cas de délit ou de crime, le prévenu peut, sans permission préalable et sur simple mémoire, se pourvoir devant le doyen du tribunal de première instance du ressort qui, sur les conclusions du Ministère Public, statue à l'extraordinaire, audience tenante, sans remise ni tour de rôle, toutes affaires cessantes sur la légalité de l'arrestation et de la détention.

Article 27:
Toutes violations des dispositions relatives à la liberté individuelle sont des actes arbitraires. Les personnes lésées peuvent, sans autorisation préalable, se référer aux tribunaux compétents pour poursuivre les auteurs et les exécuteurs de ces actes arbitraires quelles que soient leurs qualités et à quelque Corps qu'ils appartiennent.

Article 28:
Tout Haïtien ou toute haïtienne a le droit d'exprimer librement ses opinions, en toute matière par la voie qu'il choisit.

Article 107:
Dans le cas de convocation à l'extraordinaire du corps législatif, il ne peut décider sur aucun objet étranger au motif de la convocation.

Article 115:
Nul membre du Corps législatif ne peut, durant son mandat, être arrêté en matière criminelle, correctionnelle ou de police pour délit de droit commun, si ce n'est avec l'autorisation de la Chambre à laquelle il appartient, sauf le cas de flagrant délit, pour faits emportant une peine afflictive et infamante. Il en est alors référé à la Chambre des députés ou au Sénat sans délai si le Corps législatif est en session, dans le cas contraire, à l'ouverture de la prochaine session ordinaire ou extraordinaire.

Article 173.1:
Les contestations qui ont pour objet les droits civils sont exclusivement du ressort des tribunaux.

Organisation et fonction du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN)
Article 14.- Le CSPN est composé comme suit :
1. Le Premier Ministre, chef du gouvernement, président;
2. Le Ministre de la Justice, premier vice-président;
3. Le Ministre de l’Intérieur, deuxième vice-président;
4. Le Commandant en chef des forces de police (le directeur général de la Police nationale), secrétaire exécutif;
5. L’Inspecteur général en chef de la Police nationale, secrétaire exécutif-adjoint.

Article 15.- Le CSPN se réunit à l’ordinaire chaque trimestre et à l’extraordinaire sur la convocation de son président à la demande de deux de ses membres ou sur requête motivée de son secrétaire exécutif.

Article 16.- Les décisions du CSPN sont prises à la majorité absolue des voix et sont consignées dans le registre de son secrétariat affecté à cette fin.(souligné en gras par moi)

Article 17.- En des circonstances exceptionnelles appelant le renforcement des mesures de police, l’avis préalable du CSPN est obligatoire.

Voici maintenant quelques réponses données á  Marie Lucie  Bonhomme par le ministre Josué ,  reprises et adaptées par Michel William
D’aucuns disent que le commissaire AI du parquet de Port-au-Prince aurait fait montre d’excès de zèle et d’empressement dans l’arrestation du député, que pense le Ministre ?.
R  du ministre -Ce sont là des racontars car le comportement des autorités du pays est déterminé par la loi . Il faut permette aux institutions de l’état de monter des commissions pour établir les faits, questionner les acteurs et  fixer les responsabilités  s’il y en a , au regard de la loi.

Le commissaire a –il violé l’article 115 ?
R du ministre. Je ne peux pas interpréter la loi. Cette réponse est du ressort des tribunaux après investigation. Le sénat ne veut pas , n’attend pas des investigations pour établir la vérité sur les faits  et éclairer l’antenne de la Justice et de l’opinion.

Le commissaire est-il fautif ?
R du ministre : Il ne peut pas en savoir sans  attendre  les résultats d’enquêtes et sans recueillir les opinions de magistrats placés légalement pour interpréter les résultats  et établir les culpabilités

Le ministre Pierre-Louis dans sa sagesse a dit qu’il  faudrait éviter de victimiser le député Bélisaire, la police  dans l’exercice de son mandat á  exécuter  un ordre judiciaire qu’elle doit respecter et le directeur de la PNH.

Le directeur de la PNH aurait il été pressuré comme il est dit dans la presse pour  procéder a l’arrestation du député de  peur d’être révoqué ?
 R du ministre  C’est du zen. le comportement des autorités du pays est déterminé par la loi.

Le député Sorel Jacynthe aurait dit que le président de la république serait encouragé dans  cette arrestation par le ministre de la Justice.
R du ministre  Faux . Je n’ai rencontré que deux fois le député  Jacinthe en de rares occasions où je n’ai pas eu d’échanges d’état avec lui. Dans cette réunion, il n’en était pas question .Comme il y avait la présence d’autres députés dans la salle , le meilleur moyen de découvrir qui a menti ou  qui n’a pas menti est d’interroger les participants présents á a cette réunion.

Il est dit que des parlementaires avaient demandé au président de laisser tomber  l’affaire Bélisaire, qu’en était-il ?.
R du ministre  Oui dit  le ministre. On semblerait avoir  l’accord de tous, mais lui en tant que ministre il n’avait  pas le  droit d’instrumentaliser le pouvoir judiciaire.

Aviez vous encouragé  le président de la république , comme le soutient le député Sorel Jacynthe d’abandonner cette affaire pour se sauver la face. ?
R du ministre  Absolument faux. Ceci  n’était pas dit. Les députés présents peuvent en témoigner.

Quid de la convocation du CSPN.
R du ministre   Convocation nulle et non avenue au regard de la loi parce que contraire aux procédures de sa formation et de son organisation. Sa convocation par le sénat a violé la loi organique  de la PNH. Le parlement ne peut pas  prendre une décision légale sans les informations  fournies par la totalité  de ses membres. L’absence même d’un seul membre invalide les réponses.

Les sénateurs ont dit qu’ils ont le droit d’interpréter politiquement le dossier , que pensez vous ?
R du ministre  C’est leur opinion, il ne m’appartient pas de commenter les opinions des sénateurs.

Avez-vous le soutien de vos collègues qui craindraient  aussi sur leurs têtes l’épée de Damoclès du sénat ?
R du ministre  Il n’y a aucune crainte. Le sénat est entré émotionnellement  dans le dossier sans avoir recueilli les informations des acteurs présents sur les lieux d’opération. Il n’a aucune preuve pour établir aucune décision d’état. Il n’a encore rien en main pour établir les responsabilités de personne dans cette affaire. Sous le coup de l’émotion, il  peut prendre les décisions que bonnes  lui semblent. Cependant je crois dans la responsabilité politique  des sénateurs qui sont  des sages. Ils  doivent veiller dans leurs décisions de :
-Respecter  l’institution parlementaire
-Etre certain de n’avoir pas violé la constitution
-De ne pas livrer dans la rue les secrets d’Etat
-De respecter les canaux tracés par la loi pour établir les responsabilités.
Quels impacts pourrait avoir l’interpellation des sénateurs ?
Cette interpellation aboutira á  ma révocation du cabinet ministériel. Elle mettra une fin á   toute action de poursuite des députés á  la rentrée de Janvier. Loin de trouver une solution qui satisfait l’opinion elle pourra servir de ferments pour la violation en cascade et infinie  d’autres articles de la constitution.

Réflexions
Comme annoncé au début de cet article, le parlement vient de franchir l’infranchissable. Il va tout droit vers une dictature parlementaire aux frontières politiques inconnues. L’amendement de la constitution amendée pour nous donner un autre contrat social á  la lumière des changements désirés par la population  est  l’unique solution politique définitive. En essayant de torpiller la justice pour barrer la route á  la vérité et empêcher que la lumière luise pour faire le jour sur des faits qui ressortent de la compétence des tribunaux, le  parlement a opté pour une solution politique gwo ponyet. Il vient de montrer très clairement sa propension et son désir effréné de faire main  mise  sur le pouvoir judiciaire pour faire obstruction á  la justice du pays après le sabotage du pouvoir exécutif. Après avoir vu s’évanouir son rêve hégémonique de rafler tout le pouvoir aux  élections de 2010-2011, il ne s’avoue pas vaincu. Il n’aura reculé devant rien pour assouvir ses ambitions dictatoriales. En la personne du député Sorel Jacinthe, la chambre des députés vient de commettre les pires erreurs d’un homme d’état. Pire que le  président de la république, il n’a pas peur d’utiliser les mots comme il veut , où il veut et quand il veut. Il oublie qu’il est le troisième personnage politique du pays. Il oublie tout simplement que les messages qu’il envoie dan la population et dans l’international ne lui appartiennent plus et que nous autres nous pouvons leur donner l’interprétation  voulue. Il aurait été plus indiqué qu’il fasse attention  á ses discours comme un  personnage  politique important après le président de la république et le  président de l’assemblée nationale. En dehors de toutes investigations scientifiques on peut dire qu’il  a menti plusieurs  fois dans  ce dossier, dans l’accès refusé  á l’aéroport, dans l’attribution de paroles au ministre de la justice pour mieux  manipuler l’opinion publique  de façon á  l’induire en erreur avec les conséquences imprévisibles non souhaitables, dans la perte de  sa sagesse de troisième personnage politique en ratant l’occasion en tant que leader du groupe majoritaire de faire jouer ses éminences grises pour sauver l’institution parlementaire menacée. Le député Jacinthe venait de perdre sa crédibilité politique aux yeux de l’International. Il a publiquement traité le président de la république de dictateur. A l’exemple de leur chef  la majorité des députés se sont alignés pour chanter en chœur les mêmes refrains qui ternissent l’honneur et le prestige de la chambre des députés.

Il faut regretter au passage la prostitution de la définition acceptée par ses membres  que le parlement est une assemblée  politique et comme telle  elle peut prendre n’importe quelle décision qu’elle soit contraire á  la morale, á  la pudeur , á  la justice, á  la constitution (, article 26-1,27, 157 de la constitution , article 16 de la loi sur le CSPN) , ou qu’elle fasse de cette assemblée une organisation de  bandits , pourvu que la décision prise satisfasse leurs ambitions égoïstes. Votre feu auguste assemblée  ne gagnera  pas ainsi le respect des diplomates accrédités en Haïti, encore moins celui de ses pairs d’outre mer. Elle ne gagnera pas le crédit de la population  Il faudrait tout de même  excepté quelques lumières comme  maitre Danton Leger, maitre Tolberg Alexis, pourquoi pas le sénateur William Jeanty, quelques fois les sénateurs Bastien et Andris Riché,  maitre Youri Latortue  et bien  d’autres  qui peuvent encore utiliser leurs réserves pour refaire le visage ternis du parlement  haïtien.

Il faut toujours prendre en référence l’exemple du sénateur  Joseph Lambert qui  a  montré depuis le commencement de la crise électorale jusqu'à date qu’il est l’un des derniers espoirs  du politique  haïtien sur lequel la génération des jeunes comme des vieux peut compter pour nous épargner des surprises sinistrement surprenantes de demain. Sénateur Lambert , la nation vous en donne acte et promet de ne pas vous oublier dans les grands rendez vous de son histoire á  venir. Je souhaite de tous mes vœux que de cette quarante neuvième  qui compte  une floraison d’avocats se détachent de nouvelles lumières pour ramener le gros du troupeau au bercail de la raison et du droit afin de  replacer Haïti , notre pays , dans le concert des démocraties jalouses du continent américain.

NY 6 novembre 2011, Phone  646-420-1852

Pour Gérald Mathurin : Pourquoi tombent les feuilles?

  Pour Gérald Mathurin : Pourquoi tombent les feuilles? Hugues Joseph J'ai repris ce texte Publié le 2018-03-12  par  Le Nouvelliste. Je...