jeudi 8 novembre 2018

Message du président René Garcia Préval au peuple haïtien 9 avril 2008


Merci a Alain Thermil qui m'a permis de retrouver ce message du President Preval du 9 Avril 2008. Lisez-le avec attention et vous comprenez que plus ca change et plus c'est la meme chose. Unissons-nous pour sauver notre pays. JR JEAN-NOEL


Message
du président René Garcia Préval au peuple haïtien
9 avril 2008

Depuis quelques jours, de grandes manifestations, de fortes tensions contre la vie chère, sont constatées dans les rues.

Par respect pour vous qui souffrez, par respect pour moi-même qui ne peux vous mentir, je vais vous parler avec franchise. Nous allons parler en adultes.

La vie chère que connaît aujourd’hui le peuple haïtien, sévit aussi dans un tas d’autres pays sur la planète. Les pays riches comme les pays pauvres font face à la vie chère. Lors même que les pays riches arrivent à la supporter, cela ne les empêche pas de manifester. En ce qui concerne les pays pauvres – n’en parlons pas – partout au Maroc, Burundi, Cameroun, Cote d’Ivoire, Sénégal, l’Egypte etc., vous vous informez certainement, c’est le même cri. Ce sont les mêmes manifestations contre la vie chère.

Mais nous Haïtiens, qu’allons-nous faire face à cette situation ?
Est-ce que les actes tels qu’enflammer des pneus, casser et piller les magasins, casser des voitures, feront baisser les prix des produits consommation en Haïti ?  Est-ce que tout casser, tout briser fera baisser les prix des produits que nous importons de l’étranger ?

En 2007, l’année dernière, les prix des produits de consommation ont augmenté de 50% sur le marché international. Le prix du blé, à partir duquel on obtient le pain, le prix du riz, du mais, de l’huile, a doublé, triplé même pendant les deux années qui viennent de s’écouler.

De 1998 à 2008, le prix du pétrole est passé de dix dollars ($10) le baril à plus de cent dollars (100$) le baril, et le prix ne cesse d’augmenter chaque jour. Le prix du ciment, du fer, augmente à une vitesse qu’on n’a pas encore vue. Si les prix augmentent sur le marché international, ils vont aussi augmenter en Haïti. Parce que nous dépendons des importations.

Si l’on vous dit que les prix sur le marché international vont baisser, répondez que c’est un mensonge.  Je vous donne la garantie que c’est un mensonge.

Alors, quelle est la solution pour nous autres en Haïti ?
-        Est-ce que la solution consiste en la non-taxation du fer, du ciment, de la gazoline. Si c’est cela la solution, avec quoi, dites-moi, allons-nous construire des routes, des écoles, des hôpitaux, etc. ?
-        La solution consiste-telle en la non-taxation du riz et des autres produits de consommation importés de l’étranger ? Si c’est ainsi, nous aidons les produits venus de l’étranger à continuer à détruire ce qui reste de notre production nationale.

En 1987, quand nous avions fait entrer dans le pays du riz à bon marché, beaucoup avaient applaudi. Le riz étranger à bon marché a dévalorisé le riz de l’Artibonite. Aujourd’hui, le riz importé est cher alors que notre production nationale est en quelque sorte détruite. Ce qui augmente encore notre misère.

Ainsi, la solution ne réside pas dans la subvention des produits de consommation en provenance de l’étranger.

Aujourd’hui, nous sommes en train de payer le prix d’une politique de plus de 20 ans d’application.

Laissez-moi vous dire ce que je vois comme solution.

Au lieu de subventionner des produits de consommation importés, subventionnons notre production nationale agricole.  Au lieu de subventionner les produits importés, subventionnons notre production agricole nationale.  Nous sommes maintenant en saison pluvieuse, beaucoup de paysans ne peuvent planter en raison du cout élevé de l’engrais. Je propose que l’Etat haïtien subventionne le prix des engrais afin que les paysans puissent acheter de l’engrais à moitié prix ou moins encore. Pendant que les paysans s’adonnent à l’agriculture, l’Etat peut leur donner du travail comme par exemple, le nettoyage des canaux partout où c’est nécessaire. Ainsi, les paysans auront de l’argent en main en attendant la récolte.

Je propose, qu’après la récolte nous subventionnions la vente du riz – local bien sur – afin qu’il se vende à un prix compétitif. La vente de ce riz peut se faire au travers de centres de distribution bien organisés.

Aujourd’hui, le pays importe 360,000 tonnes de riz  par an à raison de 750 USD par tonne. C'est-à-dire que 270 millions de dollars laissent le pays chaque année pour acheter du riz à l’étranger. Aujourd’hui, Haïti produit 90,000 tonnes de riz. Et si nous nous mettions à produire quatre fois plus, ce qui est possible, nous arriverions à remplacer le riz importé par le riz national. Ainsi, les 270 millions de dollars par an qui constituaient le coût d’importation du riz étranger, resteront ici chez nous, pour les paysans.

Je le répète, nous n’avons pas de problème à subventionner la vente du riz national afin de réduire son coût. Une solution donc, pour baisser le prix du riz, c’est la subvention du riz national, pas du riz importé.

Prenons un autre exemple. Il y a un problème d’œufs de nos jours. Haïti importe 360 millions d’œufs par an pour environ neuf (9) millions de dollars. Avec cette crise du manque d’œufs, le ministère de l’Agriculture a lancé un programme qui permet de produire actuellement quelques trois millions d’œufs par an. Et dans un an, ce programme permettra de produire trois cent millions d’œufs par an. Donc, presque la même quantité que celle que nous importons annuellement.

De même que pour le riz, nous n’avons pas de problème pour aider à ce que ces œufs se vendent moins cher sur le marché national, nous n’avons pas de problème pour les subventionner, ce qui baissera le prix des œufs.

De même au lieu d’importer des ailes de poulets, pourquoi ne pas relancer la production des poulets chez nous et en même temps, produire des œufs afin que le prix des œufs se réduise ?

Nous pourrons avoir d’autres exemples comme celui des Lèt agogo, les poissons qui se produisent dans nos lacs, que l’Etat peut subventionner afin qu’ils se vendent moins chers.

Voila la solution durable : la production nationale, la subvention des produits locaux.

Peuple haïtien, résoudre le problème de la faim, ce n’est pas seulement réduire le coût de la nourriture. Mais c’est aussi permettre aux gens d’acheter plus de nourriture avec l’argent qu’ils ont en main, parce que le prix d’autres choses, aussi importantes, est accessible, comme le coût du transport, de la santé, de l’école.

Pour baisser le prix de la santé et de l’école, il faut qu’il y ait plus d’hôpitaux, plus d’écoles. Pour réduire le prix du transport, il faut que l’Etat organise un système de transport public, comme « Service Plus ». Pour réduire le coût du transport, il faut de bonnes routes, des routes en bon état, qui ne détruisent pas les véhicules. Une livre de viande vaut deux gourdes dans certaines villes de province et à Port-au-Prince, elle coute 15 gourdes, à cause des mauvais états des routes. Si on a de bonnes routes, le prix de la nourriture sera réduit assurément. Nous devons donc remettre CNE en marche et travailler rapidement à la construction de routes afin que la nourriture arrive, des provinces à la capitale, avec plus de facilité, comme auparavant.

Peuple haïtien, nous devons résoudre les problèmes entre nous. Je vais parler aux importateurs afin de voir ce qu’ils peuvent faire sur le prix des produits même si ce n’est pas beaucoup. Nous demandons aussi à tous les fonctionnaires publics qui gagnent plus de 30,000 gourdes de donner plus de 10% de leurs salaires pendant une période, afin d’aider les plus défavorisés. Ce n’est que dans la solidarité l’un envers l’autre que nous trouverons les meilleurs résultats.

L’Etat vient d’octroyer à tous ses fonctionnaires 35% d’augmentation salariale. Aujourd’hui, vous autres qui avez reçu cette augmentation, nous vous demandons de faire preuve de solidarité avec ceux qui ont moins. Cela les aidera pendant ces moments difficiles.

Je demande aux ministres et aux hauts fonctionnaires de l’Etat, de s’efforcer de dépenser le moins que possibles s’agissant des voyages et autres dépenses qui ne sont pas nécessaires. Solidarité entre nous.

Je demande à tous les citoyens qui doivent payer leurs taxes, de remplir leurs devoirs patriotiques afin que l’Etat puisse trouver de l’argent pour aider les plus défavorisés.

Les problèmes sont difficiles et existent depuis longtemps en Haïti. Les problèmes sont difficiles et, aujourd’hui, ils sont mondiaux.

Ce n’est pas dans les promesses démagogiques ni les solutions économiques faciles ni les manifestions désastreuses qu’ils vont être résolus. Au contraire. Les promesses démagogiques entrainent que plus de frustrations quand les résultats escomptés ne n’aboutissent pas. Les promesses qui ne sont pas tenues entrainent plus de colère.

Les décisions économiques faciles, comme ôter les taxes sur les produits alimentaires importés, ne feront qu’aggraver les choses. Puisque ca ne fera que détruire la production nationale.

Les manifestations désastreuses ne font qu’aggraver la misère des plus pauvres. Les manifestations ne feront pas baisser le cout de la nourriture au contraire elles l’augmenteront. Les manifestations empêchent les investissements qui pourraient créer de nouveaux emplois dans le pays.

J’en profite pour féliciter la PNH et la MINUSTAH qui ont beaucoup aidé pendant ces journées difficiles.

J’exprime mes sympathies à ceux-là qui ont perdus leurs biens, mes condoléance aux familles qui ont perdus des parents.

Peuple haïtien, je comprends votre colère et votre désespoir face à la cherté de la vie. Par respect pour vous, je vous dis la vérité. Je vous propose des solutions, des solutions durables. Prenons la route du développement durable, la route qui commencera par nous tirer de nos problèmes, aujourd’hui, et qui tirera nos enfants et nos petits enfants de leurs problèmes, demain, plus tard. Cette voie est la voie nationale. La Subvention de la production nationale, la subvention de la consommation nationale. Subvention pendant un certain temps pour soulager afin de soulager la misère et la faim.

Pour ce faire, il faut reprendre le chemin de la paix. Il faut travailler ensemble. Après les élections, nous avons mis en place un gouvernement qui a mené à la stabilité politique. Aujourd’hui nous pouvons réfléchir sur le moyen d’ouvrir la participation politique dans le gouvernement et dans les fonctions publiques. C’est aussi le moment d’évaluer le travail de ce gouvernement.

Peuple haïtien, vous qui souffrez, vous qui êtes dans les rues à cause de la cherté de la vie, je vous demande de vous CALMER. Ceux qui créent les troubles et le désordre, ce qui détruisent les biens, ceux qui lancent des jets de pierres, qui incendient, je vous ordonne d’ARRETER. La police, ne tolérera plus ce désordre. La population ne l’acceptera pas non plus.

Rétablissons la paix, afin que tout ce que je viens d’énoncer puisse se mettre en application dans la solidarité.

Unissons-nous. Nous travaillons et nous espérons trouver les solutions, les solutions durables qui nous sortiront des difficultés dans lesquelles les politiques démagogues nous ont plongés depuis des années et des années.

La solution n’est pas facile, mais la production nationale est la meilleure voie. C’est la meilleure voie pour nous aujourd’hui et c’est aussi la meilleure pour nos enfants demain.

Tenez ferme

dimanche 28 octobre 2018

Haiti Petrokaribe : Mo e siyifikasyon mo ke nou dwe konnen

Haiti Petrokaribe : Mo e siyifikasyon mo ke nou dwe konnen
 par Stanley Lucas
27 OCT 2018
   
Haiti Solutions
27 oct. (il y a 16 heures)
Gwo deba ap fèt sou dosye petrokaribe an Ayiti. Petrokaribe se yon pwogram kowoperasyon ki ekziste depi 2008 ant Venezuela e Ayiti kifè peyi sa a vann Ayiti gaz pou yon bon pri. Lè Ayiti finn vann gaz la sou mache nasyonal la, genyen yon pati nan kòb la ke peyi a voye tounen lamenm Venezuela e genyen yon lòt pati ke Ayiti kenbe. Pati Ayiti kenbe an depann de pri baril petròl la sou mache entènasyonal la. Pa ekzamp lè pri baril petròl la 150 dola, Ayiti kenbe 70% , epi rès la tounen Venezuela lamenm. Men lè pri baril petròl ant 40 e 50 dola, Ayiti kenbe 30%, rès la tounen Venezuela lamenm. Genyen 5 opsyon konsa.

 Kòb sa a Ayiti kenbe a, se pou fè pwogram devlopman. Ayiti gen pou remèt kòb sa a sou yon periòd 20 an, a yon to enterè ki ba anpil. Pwogram sa a fèt sou 3 Prezidan (Preval, Martelly e Privert) e 6 Premye Minis (Michele Pierre Louis, Jean Max Bellerive, Gary Conille, Laurent Lamothe, Evans Paul e Enex Jean Charles soti 2008 rive 2016.) Yo depanse 1 milya 700 milyon dola ameriken petrokaribe pou 398 pwojè. Genyen 54 minis, 20 sekretè deta, 24 direktè jeneral PL-480, BMPAD, DINASA ki patisipe ladan l, Gwoup de Boudon, Gwoup Blakawout, sosyete sivil, palamantè, etranje ki patisipe nan jesyon kòb sa a. Pwogram petrokaribe a divize an 2 peryòd. Premye peryòd la ke moun yo rele peryòd nòmal, sa vle di, de 2008 rive 12 Janvye 2010. Dezyèm nan rele peryòd anòmal, soti 12 Janvye 2010 rive an 2016, kote peyi a viktim yon trambleman de tè kifè l pèdi 14 milya dola ameriken e yon siklònn, Matye, kifè l pèdi 3 milya dola ameriken.

Genyen 2 rapò redisyon dè kont kifèt nan sena dayiti nan dosye petrokaribe a. Tou 2 rapò sa yo pa valab e pa legal, paske nan vòt kifèt an asanble, sena a rejete yo akòz ampil iregilarite e politik ki te ladan yo. Règleman enteryè sena a di ke depi asanble a pa vote anfavè yon rapò, li pa valab e li pa legal. Se pousa, poufè dosye a vanse, sena a te mande kou siperyè dè kont prepare yon rapò teknik pou idantifye moun ki jere byen e moun ki jere mal, pwojè kifèt e pwojè kote lajan te debloke e depanse epi yo pafèt. Yo dwe gade tou kòb petrokaribe ki pase nan eletrisite pandan se blakawout pep la te jwen e 250 milyon gaz petrokaribe ki ale nan Sogener. Pandan rapò sa ap prepare pèp peyi dayiti pran lari e mande redisyon dè kont nan mande kot kòb petrokaribe a. San rapo sa li emposib pou'w idantifye volè e mennen yo deval lajistis. Tout petrovolè yo fè konsansis pou rapo sa pa finalize, mete violans e fè koudeta. Depi'w nan violans se petrovolè wap pwoteje. Depi lè sa a deba ap komanse sanpransouf nan radyo e toupatou genyen ampil mo ki soti.

Anpil lwa petro nan seremoni magouyè petrokaribe
Sou baz deba sa yo, men kèk mo ki soti nan diskisyon yo e siyifikasyon yo :

PetroVòlè: Se yon moun, oubyen dè moun, konpayi ou oganizasyon prive ou politik ak etranje raketè ki patisipe nan vòlè kòb petrokaribe e lajan taks pèp la soti 2008 rive 2016

PetroKomplis: Se moun ak ofisyèl ki ede petrovòlè piye leta nan vòlè kòb petrokaribe e lajan taks pèp la

PetroChimè: Se yon chimè ki resevwa kòb nan men petrovòlè pou mete violans, boule, kraze, piye, entimide e touye nan lespwa koudeta ka fèt pou mete yon gouvènman defakto ilegal san patisipasyon pèp la e san eleksyon

PetroMètdam: Se petrovòlè nan plizyè kan politik, nan gwoup reyaksyonè, nan sosyete sivil e kèk etranje raketè kapfè manèv pou voye nan labatwa pèp la kèk bouk emisè nan kòb petrokaribe pandan yap esaye retire kò yo.

PetroMagouyè: Se petrovòlè ak anakopopilis k ap brase, san yo pa vle rezilta ateri nan dosye petrokaribe a. Yo chak gen objektif politik diferan. Petrovòlè yo pa vle ankèt ak pwosè e redisyon dè kont, paske yo kenbe kòb yo. Anakopopilis pa vle redisyon dè kont, ankèt ak pwosè pou jistifye violans e koudeta pou mete yon gouvènman defakto ilegal san patisipasyon pèp la e san eleksyon.

PetroAktè: Se otorite, ofisyèl leta ki patisipe nan jesyon kòb petrokaribe ki pat nan vòlè. Genyen ki jere byen e delivre e genyen ki jere pasab kifè kèk ti erè teknik e de chwa ki pa kondanab. Men yo se moun pwòp

PetroJistis: Se sitwayen kap chache jistis nan dosye petrokaribe a. Sitwayen sa yo konnen fok gen ankèt teknik kou siperyè dè kont kifèt pou jwen prèv. Se ak prèv sa yo ke ou ka rele moun ki volè yo devan lajistis pou kondane yo.

PetroDemagoji: Se moun kap mande kot kob petrokaribe e mande nan radyo pou lajistis mete anbakod ansyen otorite leta aloske ankèt kou siperyè dè kont poko fèt pou jwen prèv ki kapab pèmèt lajistis fè travay sa.

PetroFili: Se tout moun kifè pati de mouvman kap mande kot kob petrokaribe ki gen tout kalite moun landan l e ampil pozisyon diferan sou dosye petrokaribe a


PetroLatoublay: Se santiman e diferan kalite latwoublay ke dosye petrokaribe kreye andedan peyi dayiti e nan mitan diaspora a

PetroPouchis: Se politisyen kap travay men nan men ak petrochimè kap mande kot kòb petrokaribe men yo pa bezwen repons. Yo vle sèvi ak dosye petrokaribe a pou mete violans pou fè koudeta nan lespwa yo kapab voye Jovenel ale, apre sa pran pouvwa a san eleksyon pou yal fè gagòt menmjan satfèt sou gouvènman defakto Privert. Yap travay men nan men ak petrovolè Gwoup Blakawout kap finanse yo.

PetroJounaleu: Se moun ki rele tèt yo jounalis men ki pa jounalis toutbon, ki pa respekte etik ak deontoloji metye jounalis, kap fabrike nouvèl e bay manti nan radyo pou kòb petrovolè a peye yo

PetroWoulibè: Se politisyen kap esaye pran woulib e rantre nan mouvman revandikasyon pasifik pèp la pou mete violans e fè koudeta

PetroDilè: Se dwòg dilè ki rantre kòm militan nan mouvman revandikasyon pou mande kot kòb petrokaribe a. Objektif yo se mete enstabilite politik kap afebli leta, fasilite trafik dwòg e blanchiman lajan. Lè gen gouvènman defakto sa ogmante aksè politik dwòg dilè nan leta.

PetroDivèsyon: Se tout aktivite kap fèt pou bloke ankèt petrokaribe soti 2008 rive 2016 sou 3 Prezidan, 6 Premye Minis, 54 Minis, Gwoup Blakawout, Gwoup de Boudon, 100 konpayi prive, Palmantè benefisyè nan 47èm 48èm, 49èm e 50èm lejislati e etranje kowompi nan dosye eletrisite. Se jefò tou pou pwoteje kèk ti gwoup petrovòlè.

PetroReyaksyonè: Se dè nèg nan sektè prive a ki monte gwo magouy, strateji ak strikti pou yo piye kòb petrokaribe ak lajan taks pèp la. Yo nan Gwoup Blakawout, Gwoup de Boudon e plizyè konpayi bidon. Na mitan yo gen gwo e ti mimi.

PetroRapè: Se mizik rap ke Gwoup Blakawout finanse ak kòb petrokaribe pou oryante chantè e jènn katye popilè e mizik yo nan direksyon moun ke yo sible e garanti ke yo pa chante sou jan yo menm Gwoup Blakawout piye kòb petrokaribe nan eletrisite, wout e atis pou lapè. Ampil jènn ki dekouvri jwèt koken sa a di kou sa a pap pase paske yo dèyè tout petrovòlè

PetroChallenge: Se yon mouvman ki vinn rapouswuiv ak lit ki komanse depi 2008, pou mande kot kòb petrokaribe a. Yon pati nan nouvo mouvman sa a bon, e se jènn ki dèyè l. Yon lòt pati nan mouvman sa a sal e kowompi, paske se petrovòlè Gwoup Blakawout kap finanse l. Lè Petrovòlè Gwoup Blakawout ap finanse mouvman sa a,  y ap pwoteje tèt yo e y ap woule politik yo, anmemtan ke y ap lonje dwet sou lòt gwoup moun ke yo deside fè pase kòm koupab sou do bourik la.

PetroMobilizasyon: Se manifestasyon pasifik pèp la nan lari peyi dayiti, pou mande enstitisyon leta, tankou kou siperyè dè kont, fè rapò sou petrokaribe a, idantifye moun ki vòlè, yon fason pou lajistis mare tout petrovòlè ke rapò sa a indantifye.

PetroKonsyans: Se moun k ap reflechi, ki komprann bezwen peyi a e kisa ki ta dwe fèt ak kòb petrokaribe a. Genyen ki gen refleksyon pragmatik, ki chita sou reyalite. Genyen se nan rèv ke yo ye, tèlman yo lwen reyalite a.

PetroZombi: Se moun ki pa komprann yon po pistach nan dosye Petrokaribe a, k ap repete koze yo tande, san yo pa komprann yo e san yo pa konnen si enfomasyon sa a verifyab ou si se yon manti ke yo fabrike.

PetroOnorab: Se palmantè 47èm, 48èm, 49èm, 50èm lejislati ki benefisye de kòb e pwojè petrokaribe. Gen palmantè ki fè pwojè toutbon ak kòb la menmjan tou gen palmantè ki foure kòb la nan pòch yo san pwojè pa fèt.

PetroMinis: Se Minis ki te nan kabinè ministeryèl soti 2008 rive 2016 ki pase 14 rezolisyon an konsèy dè minis pou debloke 1.7 milya dola ameriken pou 398 pwojè. Genyen 3 minis ki di ke yo pat siye rezolisyon yo men pa gen mwayen verifye si se vre ou si se manti.

PetroOdasye: Se petrovòlè kap mande kot kòb petrokaribe a

PetroBizango: Se chimè anakopopilis lavalas k ap esaye eksplwate kwayans vodou pèp la, nan melanje kwayans sa a ak dosye petrokaribe pou mete violans nan sosyete a. Y ap esaye fè manifestasyon lannwuit pou pwofite pou boule, kraze, brize e vòlè.

PetroLimena: Se tout limena ki manje nan kòb petrokaribe a e ki pè yon vrè ankèt e kap joure lè Stanley Lucas ap bay verite

PetroLucas: Yon nèg ki rele Stanley Lucas kap goumen depi 10 zan sou dosye Petrokaribe a. Li komanse goumen kont koripsyon nan dosye petrokaribe a apre chimè Lespwa-Inite yo touye Robert Marcelo, Prezidan Komisyon Mache leta, pou 80 milyon dola ameriken petrokaribe an 2008.

PetroVokabilè: Se nouvo mo ki parèt nan deba sou dosye petrokaribe a , ka pral anrichi vokabilè lang kreyòl la, ki tradui anpil pawòl nan koze petrokaribe.

Gwoup Blakawout: Se petrovòlè ki piye kòb petrokaribe e taks pèp la nan dosye eletrisite en nan sifaktirasyon wout

Gwoup de Boudon: Se petrovòlè ki piye kòb petrokaribe nan monetizasyon e lòt aktivite finansyè ke yo reyalize pandan ke kòb petrokaribe a te chita nan men yo pandan plizyè mwa

Mezanmi komplete pou mwen. Si ou ajoute yon mo bay definisyon an

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Twitter: Stanleylucas01
Si vous voulez vous faire des ennemis, essayer de changer les choses. 

dimanche 29 juillet 2018

Un État au bout de l’indigence

lafontant medioLe casting des corrompus
Depuis les violents évènements qui ont accompagné l’annonce (depuis suspendue) de la hausse des prix du carburant, sur injonction du FMI, Haïti connait une crise larvée qui révèle de béantes fissures dans la machine administrative de l’État. Alors que l’État démocratique, renforcé et stabilisé par plus de 30 ans de mission d’expertise des Nations-Unies, et de projets du PNUD, de l’Union Européenne et de l’USAID, devait être au service de la population, on découvre stupéfait, à travers des dénonciations publiques entre sénateurs qui s’accusent mutuellement de vol et de détournement de fonds, qu’il n’est qu’une machine programmée pour voler, pour corrompre et pour entretenir la criminalité.
En effet, le 17 juillet dernier, sur les ondes d’une station de radio de la capitale, le président du Sénat de la république a accusé formellement un sénateur de l’opposition d’avoir utilisé, pour ses fins personnelles, une génératrice initialement destinée à la population de son dcpartement. Visiblement vexé et atteint, non pas forcément dans son orgueil, mais probablement par le manque de solidarité et de réserve généralement maintenu entre membres d’un même corps, ledit sénateur, sans perdre de temps, pour se défendre, a dénoncé, lui aussi sur la même station, une pratique déloyale qu’aurait mise en place le président du sénat pour que l’État haïtien lui paye un loyer coûtant la bagatelle somme de 8 000 000 de gourdes par an, soit plus de 119 000 dollars américains l'année.
Et depuis, comme par un effet domino, d’autres révélations sont venues enfler la polémique laissant croire que le président du sénat serait le vrai propriétaire de la maison que l’État lui paye comme résidence officielle. Il faut dire que c’est une pratique probablement courante en Haïti. On n’a qu’à se rappeler du scandale de la faillite programmée de la banque commerciale dénommée SOCABANK. Les faits portés dans la presse avaient révélé que l’un des directeurs, propriétaire d’une firme de formation en management, se faisait payer des cours de formation par sa propre entreprise pour son propre recyclage qui n’a apporté aucune performance à la banque, sinon que sa faillite.
C’est malheureusement cette trame d’escroquerie qui inspire encore nombre de fonctionnaires de l’administration publique en Haïti, puisque l’impunité et la corruption du système judiciaire ont transformé le modèle en un cycle de succès, malgré 30 ans d’assistance internationale conduite par les agences internationales à travers des projets de renforcement de l’État de droit. Ainsi, d’autres révélations faites cette fois sur d’autres stations de radio montreraient que le puissant président du sénat n’est pas à son coup d’essai. Il aurait aussi, dit-on, emprunté de l’État, par le biais du Fonds de Développement Industriel (FDI), plus de 750 000 dollars américains pour monter, au nom de son fils ainé, âgé de vingt ans à peine, une entreprise de location de voitures dont l’État serait encore le principal client.
On est bien en présence d'une technique classique de prévarication : grâce à mon réseau d’accointances, j’accède à un poste de fonctionnaire ou j’obtiens un mandat d’élu. J’utilise ma position pour emprunter de l’argent à l’état, souvent dans l’irrespect des normes, puis je monte une entreprise avec cet argent sous un prête-nom et je mets à contribution mon influence ou pouvoir décisionnel pour forcer l’État à acheter des services aux mains de cette entreprise. Je suis à la fois fonctionnaire public, bénéficiaire de prêts venant des fonds publics, entrepreneur sponsorisé par l’État et fournisseur de service à l’État. C’est ainsi que se font les passations de marché en Haïti, malgré la Cour des comptes, malgré la Commission nationale des marchés publics. D’ailleurs, c’est le président de la république qui eut à dire en juin dernier que tous les gros contrats signés par l’État haïtien, depuis au moins ces dix dernières années, étaient surfacturés. On notera que malgré ces déclarations aucune action en justice n'a été intenté contre les auteurs pourtant identifiés et connus. Et c'est à ce gouvernement que l'Union Européenne attribue des notes de bonne gouvernance.
On se doutait bien que l’État haïtien était corrompu, mais on se gardait de penser que la mécanique était aussi pourrie et que le cynisme et la gloutonnerie des gens au pouvoir pouvaient aller aussi loin. Alors que le peuple est totalement démuni et vit dépourvu de tout, on découvre que les maigres ressources de l’État sont partagées entre les gangs du secteur privé et les gangs du secteur politique avec la bénédiction des acteurs de la communauté internationale qui ne cessent de leur apporter une expertise ne faisant que rendre la machine plus corrompue et plus dysfonctionnelle.
Avec de telles pratiques, on se rend compte que la dilapidation des fonds de Petrocaribe n’est qu’un détail dans la chaine stratégique de la corruption promue à la tête de l’État haïtien. Quand on sait que les sénateurs et les députés haïtiens reçoivent déjà d'énormes subventions et s'approprient la plus grande part du budget de la république, il y a de quoi mettre le feu aux poudres dans ce pays.
D’énormes largesses pour si peu de relevance institutionnelle
Comment a-t-on pu en arriver là ? Comment a-t-on pu se déshumaniser autant pour ne plus pouvoir s’arrêter dans l’horreur ? Et comment d’autres peuvent-ils justifier l’inacceptable? Comment certains directeurs de média peuvent encore justifier ces pratiques de prévarication en osant dire que les élus ont besoin d’un certain standard pour vivre? Mais si les élus ont besoin d’un standard de vie qui exige toutes ces largesses, toutes ces subventions, tous ces frais, toute cette corruption, de quel standard a besoin la population ? Les élus et les fonctionnaires ne sont-ils pas au service de la population ? Comment celui qui sert le souverain peut-il être mieux traité que le souverain ? La démocratie n’est elle pas le gouvernement exercé par les représentants du peuple pour les intérêts du peuple ? Pourquoi quand il faut exiger des sacrifices, c’est toujours vers le peuple qu’on tend le plateau pour lui demander davantage de sacrifices, de privations et d’humiliations ? Pourquoi, quand, pourtant, on doit gaver des subventions du FDI, de l’ONA et du trésor public, on tend le plateau vers les entrepreneurs et les politiques ?
Acculé, le président du sénat a été contraint de révéler que c’est toute la machine d’état qui reçoit de telles largesses et qui se gave au nom de la population. Évidemment, ces déclarations font peur en certains lieux où les gens non-autorisés bénéficient aussi des largesses et des subventions du pouvoir. Tel semble être le sens du cri lancé par certains éditorialistes qui demandent aux élus d'arrêter de se tirer dans les pieds et dans les béquilles. La métaphore est suggestive et permet de comprendre que pour ces journalistes, ce n'est pas la corruption qui est condamnable, c'est le fait qu'elle soit connue publiquement et dénoncée en si haut lieu. Car à force de révélations, on peut descendre dans des strates profondes qui révèleraient davantage de corruption que certains médias aident à contenir parce que leurs journalistes se trouvent aussi sur les feuilles de subvention des politiques. Libre à vous de comprendre que les béquilles renvoient aux supports médiatiques et les complicités de la société civile qui permettent au système de continuer à marcher alors qu’il devait être à terre si chacune des parties prenantes de la société tenait son engagement responsablement. Qui pour informer véritablement, qui pour s'indigner et refuser de collaborer avec la médiocrité, qui pour sanctionner et réparer.
Mais alors, vu les proportions de cette corruption, et sachant que tout marche de travers dans ce pays, on se demande pour quel service, pour quel résultat, pour quelle relevance institutionnelle, pour quelle efficacité administrative accorde-t-on autant de privilèges aux hommes de pouvoir et aux fonctionnaires ? Pourquoi une machine politique qui, dans sa globalité, n’est ni efficace, ni efficiente, ni professionnellement compétente, ni éthiquement compétente, ni humainement compétente peut-elle bénéficier et jouir de tant de privilèges ? Au-delà de la question de l’efficience, qui pose le rapport de l’efficacité et du coût d’entretien de la machine politique, on peut aussi regarder le problème sous un angle éthique et pour tout dire humain. Pourquoi un homme politique à qui on confie un mandat pour servir la population doit-il vivre dans un luxe ostentatoire ? Ce besoin de luxe pour les politiques n’est-il pas le signe d’une insoutenable médiocrité humaine, surtout qu’il se met en place au détriment de la majorité et dans le pays le plus pauvre du continent américain ? On ne peut oublier que ces largesses sont mises en œuvre par le même État qui a fait passer le salaire des ouvriers de 300 gdes à 350 gdes alors que ceux-ci en réclamaient 800 gdes. Comment peut-on être compétent et se trouver en situation de responsabilité sans pouvoir répondre avec intelligence aux défis de sa société ?
Le casting de l’imposture du savoir
Certains me rétorqueront que la plupart de ces gens sont parfaitement compétents puisqu’ils viennent aussi bien des grandes écoles et universités haïtiennes que des grandes universités nord-américaines et européennes. Évidemment, l’on ne peut ignorer que depuis toujours, et notamment durant ces 60 dernières années, la machine étatique haïtienne a été pilotée par ceux qui ont les plus prestigieux titres académiques. Mais sont-ils compétents pour autant ? Un titre académique même du plus prestigieux centre universitaire de la planète suffit-il à justifier une compétence ? La compétence n’est-elle pas plus intimement liée à un savoir en situation ? La compétence n’induit-elle pas une grande responsabilité dans la gestion des affaires dont on a la charge ? La responsabilité d’une personne compétente n’est-elle pas liée à sa capacité de faire face à une situation problématique en y apportant les réponses qui permettent de la maitriser ?
Quand on voit l’indigence qui submerge Haïti, peut-on sérieusement avancer l’hypothèse d’une prise en charge de ce pays par des hommes et des femmes compétents sans une remise en cause de la notion de compétence ? Nous sommes de ceux qui pensent résolument que la vocation du savoir est d'apporter des réponses satisfaisantes et pérennes aux défis -qu'ils soient sociaux, environnementaux, economiques technologiques ou politiques-  qui se posent dans l'environnement de ceux qui le détiennent. Quand on voit la légèreté, la roublardise, la désinvolture avec lesquelles l’actuel ex-premier ministre, qui serait, dit-on, un grand professionnel de la médecine interne, a géré le pays pendant ses 17 mois de règne, on ne peut qu’avoir des doutes sur son professionnalisme comme médecin. Nous laisserons volontiers à ses patients le soin d’en témoigner.
Quant à nous, nous vivons dans la certitude qu’une personne compétente professionnellement porte en lui la marque d’une dignité qui la fait briller partout où elle passe. Un médecin professionnellement compétent ne pourra peut-être pas faire voler un avion, mais son professionnalisme l’empêchera de laisser croire qu’il le pourra et l’interdira de se mettre dans la posture du pilote. La personne compétente ne circonscrit pas son professionnalisme à une zone donnée. Elle est dans un agir éthique permanent qui la permet toujours de se situer dans l’anticipation et la prévention, mais jamais dans l’imposture et l’escroquerie. Une personne compétente n’est pas celle qui éblouit par ses titres, ses diplômes et son parcours, mais celle dont l’âme brille et qui permet à sa flamme externe d’éclairer et non d’enfumer.
Le casting de la roublardise et du mensonge
Pour se rendre compte de la pertinence de ce que nous avançons, il suffit de regarder le mauvais casting qui se joue à la tête de l’État par les représentants de l’exécutif et du législatif. Ce samedi 14 juillet 2018, pour échapper à un vote de censure à la chambre des députés, le désormais ex-premier ministre avait laissé entendre qu’avant de se présenter à la séance d’interpellation, il avait remis sa démission au président de la république. Ce faisant, par roublardise et flemmardise, il enfonce le pays dans une autre crise qui révèle la médiocrité administrative et humaine en charge des affaires du pays.
D’une part, en disant avoir démissionné avant de répondre à l’interpellation, l’ex-premier ministre s’est mis dans une situation d’usurpation de titres et doit être poursuivi par la justice. Car s’il avait tant soit peu démissionné de son poste, il n’avait plus aucune raison de répondre à l’interpellation de la chambre des députés dont l’issue de la séance allait être un vote de censure de son gouvernement. C’est donc un usurpateur, sans qualité et titre qui a mobilisé les moyens et ressources de l’État pour se présenter devant les députés. C’est un acte d’une grande irresponsabilité.
D’autre part, la démission d’un personnage aussi haut placée dans la hiérarchie doit se faire formellement, dans une solennité qui respecte les normes administratives. La lettre de démission d'un premier ministre est un document administratif appartenant aux archives de l’État. Á ce titre, celle de l'ex-premier ministre Lafontant devait être adressée au président de la république, et soumise en copie conforme aux présidents des deux branches du parlement. Or quatre jours après l’annonce de cette démission verbale et informelle, il était impossible de retracer l’existence de ce document. Les insistances de quelques-uns ont forcé la présidence, le 17 juillet dernier, à sortir une lettre pour confirmer les propos de démission de l’ex-premier ministre, mais sans apporter la preuve matérielle de la démission. Ce qui est encore un acte d’une grande légèreté protocolaire et administrative, car le président s’est transformé, ce faisant, en porte-parole du premier ministre. Devant les questions qui se sont faites encore plus insistantes, le président de la chambre des députés a rédigé, le 18 juillet, un message sur twitter disant qu’il avait bel et bien reçu la lettre de démission du premier ministre. Mais voilà que le document produit comme preuve est une banale lettre écrite sur une feuille volante, sans le formalisme administratif attendu : sans entête officielle, sans sceau d’estampillage de la primature, sans sceau d’estampillage de l’accusé de réception du secrétariat du parlement. Un scénario qui montre l’État haïtien, tel qu'il est dans la réalité, nu dans ses haillons et gluant dans sa pestilence.
Tout cet imbroglio révèle qu’il y a une limite qui a été franchie dans l’indigence en Haïti. Et c’est ce que nous n’avons de cesse de dénoncer. Loin de prendre conscience que le système est à bout et qu’il faut changer de logiciel, les experts de la communauté internationale, les groupes économiques dominants préfèrent l’orienter vers son côté obscur en lui trouvant des monstres toujours plus affreux, toujours plus laids pour stabiliser la médiocrité.
Promouvoir l'éthique pour réhabiliter le lien de la transmission générationnelle

Ces mauvais castings à la tête de l’État sont le signe d’une pestilence qui gangrène la société et qui montre que la puanteur ne peut plus être contenue. Mais si ces faits ont été maintenus si longtemps secrets, c'est parce que beaucoup en ont profité. Aussi, il y a lieu de rappeler que la persistance de ce système tend à démontrer aussi que les gens prétendument honnêtes et compétents ont de tout temps pactisé et flirté avec la médiocrité et la criminalité pour stabiliser leur profit personnel. Les pratiques mafieuses imputées aux hommes politiques haïtiens sont mises en œuvre à tous les étages de la société : dans les ONG, dans les entreprises privées, dans les institutions publiques et aussi dans les familles.
C'est tout le système humain haïtien qui est gangrené par la corruption et qui exige une intervention urgente. Et c’est parce que les signes d’une grande décomposition sont manifestes qu’il faut plus que jamais poser le problème de la régénération éthique pour sauver Haïti. Il faut arrêter avec les petits enfumages, les petites activités mises en œuvre par l'ONU et les agences internationales depuis 60 ans et qui ne profitent qu'aux mêmes. Il est temps de poser le bon diagnostic et d'aller vers les causes-racines. Il est un fait connu de tous qu'une certaine partie de la communauté internationale, la plus influente d’ailleurs, aime travailler avec les médiocres.  Car, c'est à travers eux qu'elle trouve la justification de sa présence et le marché pour son expertise. Mais il est temps que cette communauté internationale comprenne et se dise que plus de 70 ans à faire les mêmes petites choses sans aucun résultat prouvant, c'est manifestement déshumanisant tant pour soi que pour l'autre. Et cette déshumanisation mutuelle peut être à la base d'une radicalisation de la société. De toute évidence, Justifier ce qui se fait en Haïti, c'est être merveilleusement bête ; vouloir continuer de soutenir, de stabiliser et de renforcer le système économique, social et politique actuel, c'est se montrer monstrueusement supérieur dans son indigence.
Il est manifeste qu'i y a un lien générationnel qui a été rompu et que rien ne peut être stabilisé ou renforcé sur les bases de cet État. Haïti a un besoin imminent de se donner un nouveau logiciel managérial avec des repères éthiques portés par un réseau de citoyens engagés, solidaires et responsables. Il faut construire des ponts sur l'indigence pour pouvoir assainir l'État, élever les consciences afin de sortir Haïti peu à peu de ce chaos qui prend forme.
Erno Renoncourt
20/07/2018

mardi 3 octobre 2017

TOURISME RURAL EN HAITI: VALORISER PLEINEMENT LE POTENTIEL DES COMMUNAUTES


Le tourisme rural en Haïti : valoriser pleinement le potentiel des communautés

Par Abner Septembre 

Le tourisme rural peut se définir comme : « un tourisme qui se pratique en dehors de l’espace urbain ou de la ville, qui s’appuie sur les atouts naturels et culturels du milieu rural dans une démarche tant de rapprochement social valorisant (en termes de proximité, de respect mutuel et d’apprentissage), que de consommation responsable garantissant des retombées directes pour la population locale, tout en étant respectueuse de ses valeurs et de l’environnement. » Ce qui permet d’inclure dans le tourisme rural, pour reprendre De Sousa Santos, un type lié aux valeurs (tourisme responsable, solidaire, écologique, communautaire) et un autre type lié aux pratiques (écotourisme, agritourisme, tourisme religieux). Dans quelle mesure le tourisme rural peut-il bien être un outil au service du développement durable des communautés ? Comment habiter le milieu rural pour qu’il se prête bien au tourisme ? Quel rôle pour les acteurs : l’Etat, les familles, les professionnels du tourisme et du développement ? 

Pour aborder ce sujet plutôt sensible et complexe, partons d’un cas connu. Le Gouvernement de la République populaire de Chine a décidé de promouvoir le tourisme rural comme instrument efficace de lutte contre la pauvreté. L’objectif est clair : « extraire de la pauvreté, d’ici 2020, 17 % des populations démunies du pays ». De manière plus ciblée, il s’agit d’atteindre à l’horizon 2020 : a) trois millions d’entreprises de tourisme rural, b) deux milliards de visiteurs annuels, c) deux millions d’habitants des zones rurales chinoises qui sortent de la pauvreté chaque année, d) des estimations de recettes de l’ordre de plus de mille milliards de yuan (RMB), au profit de 50 millions d’habitants des zones rurales.

A l’horizon de 2030, Haïti a l’ambition de devenir un pays émergent. Dans les documents, le tourisme est considéré comme l’un des piliers de croissance. Cependant, dans cette démarche, le tourisme rural ne semble pas être une priorité pour l’Etat. Il existe un discours très timide, mais sans grande volonté ou conviction. Absence d’actions d’envergure, comparativement à ce qui se passe au niveau du tourisme conventionnel où le gouvernement accompagne les acteurs, leur accorde des avantages et fait la promotion pour y attirer des investissements. Dans le Forum sur la compétitivité et l’investissement (FCI), ni les organisateurs ni le Ministère du Tourisme (MDT) n’ont pensé à mobiliser un représentant du tourisme rural pour être aussi l’un des intervenants, le 21 septembre 2017, à la session sur le tourisme et la culture. En outre, Il n’y a rien qui correspond au tourisme rural dans le Plan directeur du tourisme, ni dans le Plan Stratégique de Développement d’Haïti, encore moins dans le budget de la République qui fait aujourd’hui un grand tollé sans que l’intérêt du milieu rural ne soit explicitement pris en compte.

Le milieu rural est traité en parent pauvre. Il patauge dans un environnement dégradé et accuse un niveau de chômage et de précarité élevé. Dans la Carte de la pauvreté en Haïti, il est clairement dit que « La pauvreté est rurale ». Pourtant, il existe dans le milieu rural en Haïti un potentiel touristique extraordinaire non encore exploité, aussi bien dans les plaines que dans les montagnes, et surtout que l’on ne retrouve pas dans les villes. Il s’agit entre autres des exploitations agricoles et de l’élevage, deux volets importants de l’économie rurale, mais aussi des vestiges de plantations sucrières, d’habitations
caféières et de forteresses, des grottes que le paysan appelle « Twou ying ». 

Sur le plan culturel, il y a la musique, la danse, le savoir-faire culinaire ancestral, et tout ce qui porte Damien François à considérer le milieu rural comme un véritable «laboratoire ethnologique avec sa religion, le Vaudou, sa langue épicée de proverbes, de contes, de devinettes, sa médecine», [Foire de la Montagne, Vallue 2004]. La montagne, en particulier, est un vrai cadre de villégiature avec son paysage très varié dans sa physionomie et dans sa composition floristique, ses vues imprenables, son air pur et vivifiant, ses rivières et cascades pleines d’enchantement, son calme et le concert des musiciens de la faune à la tombée de la nuit, la magnificence de la lune et les constellations d’étoiles dans le ciel, les petits chemins serpentés bordés d’herbes recouvertes de rosée scintillant sous l’effet des premiers rayons de compère général soleil, et tant d’autres richesses naturelles exposées à la contemplation humaine. C’est un vrai cadre d’évasion et de ressourcement, avec sa capacité de nous impressionner par l’hospitalité coutumière et le naturel du paysan, de nous émouvoir, de nous apaiser, de nous inspirer, de nous communiquer des vibrations ou sensations fortes, de nous rendre conscients des limites de nos connaissances comme l’enseigne le dicton créole «dèyè mòn gen mòn».

C’est en outre dans nos montagnes où l’on trouve un certain nombre d’espèces végétales et animales, dont certaines sont connues pour leur vertu médicinale et d’autres sont endémiques. C’est cet environnement pluriel, grâce aux différents microclimats, générateur d’une grande biodiversité qui fait considérer Haïti comme une fabrique d’espèces au niveau de la Caraïbe. C’est ce patrimoine riche et diversifié qui prédispose donc le milieu rural à être, selon François Damien, «des points de chute extraordinaire pour le touriste en quête d’exotisme et de sensationnel».

Etant dans un contexte caribéen dominé par le soleil et la mer, où il existe des géants du tourisme conventionnel qui en font à travers des enclaves balnéaires et des resorts leur point fort, Haïti avec ses nombreuses contraintes ne pourra en aucun cas faire tout de suite une compétition frontale, voire rafler sur ce terrain autant que certains d’entre eux dont la performance se chiffre à plus de 5 millions/an d’arrivées de touristes internationaux ou à un taux de croissance de + 7%. En attendant que le vent devienne favorable, Haïti a intérêt non seulement à accentuer un tourisme fondé sur d’autres atouts qui feront toute la différence, mais aussi à soutenir le tourisme rural à forte charge émotionnelle et à fort impact communautaire, tout en rendant le tourisme haïtien intégré à l’économie nationale.

Le moment s’y prête bien. Sur le plan international, le tourisme de l’intérieur devient un exutoire pour accompagner l’engouement pour le voyage hors des enclaves balnéaires ou des resorts. Le besoin social de vivre de nouvelles sensations et les grands défis de la planète faisant prendre conscience de notre « avenir commun » oriente le destin du tourisme mondial aujourd’hui. Si l’alerte a été donnée depuis le premier Sommet de la Terre (Rio 1990), c’est plus précisément durant les 5 dernières années que les thèmes retenus par l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) misent sur le tourisme communautaire, tout en sensibilisant à un tourisme responsable et respectueux. En baptisant 2017 « Année internationale du tourisme durable pour le développement », l’accent est mis sur un tourisme qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l’environnement et des communautés d’accueil. 

Le message du Secrétaire général de l’OMT, Taleb Rifai, est clair : « Où que vous mène votre voyage, à n’importe quelle période, souvenez-vous de respecter la nature, de respecter la culture, et de respecter votre hôte... VOYAGE, APPRÉCIE ET RESPECTE. »

Le tourisme rural doit donc être une activité au service du développement intégral de l’homme paysan, garantissant tant la jouissance de ses droits par l’accès aux services essentiels, que la sécurité alimentaire et économique, ainsi qu’un environnement viable. Le tourisme rural, en particulier l’agritourisme, peut contribuer à la création d’un cercle vertueux permettant d’aboutir à des communautés durables et prospères, en utilisant comme tremplin ces trois piliers : habitat, eau, production (HEP), et comme socle ces 4 éléments : cadre légal, énergie, formation, route (CLEF-R).

On parle de 570 sections communales en Haïti. Dans chacune d’elles, on peut concevoir un pôle de vie commune, dit village de développement touristique. Dans une stratégie qui vise vraiment à mettre le pouvoir au service du milieu rural, on pourra y consacrer par an au moins 10 % du budget de la République. Ce pôle de vie commune sera caractérisé par la présence des services publics essentiels et un socle qui inclut les 4 paramètres du schéma. Pour cela, il faut partir d’une zone où le potentiel touristique existe vraiment, tout en cherchant une synergie avec les plages, afin de garder le touriste le plus longtemps dans la région et lui permettre de vivre les différentes passions du territoire.

Pour rompre avec la monotonie de la dispersion, il sera implanté une trentaine de nouveaux foyers. Ces habitats seront destinés à des jeunes, en vue de les encourager à pratiquer l’agritourisme.

De manière plus concrète et réaliste, on doit prévoir pour les trois piliers un appui moyen de $ 20,000.00/famille, soit : i) Habitat (espace pour la famille avec chambre d’hôte): US$ 10,000.00 ; ii) Eau (citerne familiale) : US$ 5,000.00 ; iii) Production (horticole, animale, artisanale, agroalimentaire): US$ 5,000.00.

Dans ce premier registre, on n’a donc pas besoin de considérer directement toute la population d’une section communale. Une famille qui n’est pas un acteur d’accueil peut être aussi un bénéficiaire par son insertion dans l’un ou l’autre maillon de la chaîne de valeur. Dans ce second registre, un investissement de trois mille à cinq mille dollars américains sera prévu par personne et une vingtaine d’entrepreneurs par an seront touchés.

L’approche d’inclusion et de participation privilégiera l’appel à propositions de projet d’entreprise, en passant par le Conseil d’Administration de la Section (CASEC). L’Assemblée de la section (ASEC) et la société civile joueront plutôt un rôle de contrôle et de vigie, à travers ce qu’on appelle le Conseil de développement de la section. Une telle stratégie permettra de sortir de l’ornière, par plan quinquennal qui correspondra à un mandat présidentiel, au moins 15 % des populations démunies du pays. Cette stratégie contribuera à faire effectivement d’Haïti, à l’horizon de 2030, un pays émergent.

Quelle est la valeur ajoutée du tourisme rural ? L’expérience de Vallue montre jusqu’ici qu’en dehors de sa capacité à générer des revenus pour divers groupes d’intérêt au niveau des communautés d’accueil, il est facteur de rapprochement social valorisant entre citadins et paysans. Il est un outil de nouvelle mise en valeur de pans de la tradition, du patrimoine matériel et immatériel, jusque-là non exploités dans une démarche de création de richesse. Il est facteur d’enracinement identitaire qui crée la confiance en soi ou un nouveau conditionnement mental pour produire, tout en servant de prétexte pour protéger l’environnement et conserver le patrimoine historique, architectural, culturel et naturel d’un lieu.

Il est facteur d’appropriation, de réinvention et d’aménagement du territoire, contribuant à diminuer l’exode rural, donc à désengorger les villes et à réduire la fuite des cerveaux et des capitaux. Le jeune, par exemple, découvre qu’il lui est possible de se construire et de changer sur place son propre statut et celui de sa famille. Il se fait aussi facteur de stabilité et de productivité, donc capable de contribuer à la compétitivité d’Haïti, en améliorant le pouvoir d’achat du paysan, en changeant son regard, sa perception et sa conception du monde et de la vie, créant chez lui l’envie de voyager ou de faire du tourisme. Emmanuel Charlot, un paysan de pure souche découvre qu’il a la meilleure terre, parce que celle-ci a une meilleure vue. Un vrai changement de paradigme. Faniel Laurent planifie de prendre son congé après avoir passé un temps à fournir des services de tour guidé dans son entreprise « Musée Végétal de Zamor ». Après avoir réalisé le marché villageois animé du 5e Festival du Tourisme Eco-Montagne, la communauté de Château non seulement est fière de son succès mais aussi découvre une nouvelle voie pour construire ensemble l’avenir.

Il s’agit là d’un saut qualitatif qui contribuera sans doute à modifier le type de rapport de dépendance, d’influence et d’exploitation que la ville a toujours entretenu avec le milieu rural. Le tourisme rural change la dynamique sociale à Vallue et augmente son niveau de compétitivité. Un paysan de Vallue qui va ailleurs et dit qu’il vient de là est souvent perçu comme une « personne bienheureuse ». Bref, le tourisme rural, un autre tourisme pour Haïti, est possible et générateur de plus-value.

Abner SEPTEMBRE
Sociologue, Entrepreneur
Promoteur du tourisme éco-montagne




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