lundi 12 mars 2012

Laurent Lamothe n’est pas à son coup d’essai



Laurent Lamothe n’est pas à son coup d’essai

Jean Erich René
12 mars 2012

Au troisième millénaire, le peuple haïtien est menacé par l’insécurité, la famine, la maladie et toutes sortes de calamités. Après 208 ans d’existence  comme peuple Libre et Indépendant de l’Amérique nous trainons encore un boulet de galère. La République Dominicaine notre voisine, même terre, même climat, dans l’espace de 3 ans a connu un taux de croissance de 7% tandis qu’en Haïti nous ne faisons que régresser. En mars 2011 notre taux de croissance était négatif, soit -5,1 %.

De 1970 à 1980 nous avons connu un taux de croissance annuelle de 3,6%. A partir de 1990,  l’économie haïtienne a périclité avec un taux de croissance négatif de – 12% pour aboutir à la catastrophe économique d’aujourd’hui. Les chiffres parlent plus haut que les postillons que lancent les acrobates de la pensée délétère. Rectifiez-moi si j’ai péché !

Peut-on loger à la primature des hommes, frappés de cécité et de stérilité totale, c’est à dire qui restent dans un attentisme béat, attendant que la manne nous vient du ciel? Cette pratique politique gouvernementale grabataire a réduit l’économie haïtienne à une peau de chagrin tout en faisant grimper le cout du loyer et allégé le panier de la ménagère. Le peuple haïtien à cause de l’impéritie de nos dirigeants n’a pas de toit pour s’abriter ni rien à se mettre sous les dents afin de répondre aux besoins quotidiens de son métabolisme.

Quant à l’insécurité, n’en parlons pas ! Nos compatriotes  pour survivre sont obligés d’adopter la philosophie du rat c'est-à-dire vivre dans un trou et sortir seulement pour les besoins essentiels afin de se mettre à    l’abri des criminels autorisés. On arraisonne les passants en leur exigeant  des sommes qu’ils ne possèdent même pas. Parfois, même après avoir donné la rançon c’est un cadavre qu’on livre pour le prix.

Cette pratique politique a détruit le monde des affaires, chassé les touristes sur nos plages, ruiné les industries hôtelière et de la restauration. La vie nocturne n’existe plus. L’échec est total capital. Va-t-on continuer  dans la même foulée ? Il nous faut un Chef de Gouvernement bien imbu de sa tâche, au service de la démocratie. De nos jours avec la mondialisation de l’économie, la percée de la cybernétique et particulièrement la magie de l’Internet, les interfaces aussi claires et limpides que Facebook, Twiter, personne ne peut nous donner la lune comme fromage. La vérité ne se trouve plus au fond d’un puits. Elle brille aux yeux de tout le monde.

On ne peut pas loger n’importe qui à la Primature car les interventions du Chef de Gouvernement  doivent être articulées en termes de cout/bénéfice si on ne veut pas que ce pays s’enlise davantage. Nous sommes au dernier barreau de l’échelle. Il n’y a plus de place pour l’émotion ni les dithyrambes coutumiers de nos Partis Politiques au Parlement. Dans un esprit clanique, ils pratiquent une politique de nivellement par le bas en cherchant à ajuster la tribune à leurs chétives personnalités, sans aucun souci du bien-être collectif.
En 1804 Haïti a perdu la chance de faire son entrée triomphale dans l’Histoire économique avec Charéron comme Secrétaire de Dessalines, Économiste de son temps qui a étudié en France  et condisciple de Thomas Jefferson, les deux prônaient pour leur pays respectif, la physiocratie ou  la Politique de la Terre qui a contribué au décollage économique des USA tandis qu’Haïti s’enlise dans la misère et la crasse. Le Peuple haïtien va-t-il rester définitivement sous les bottes des préparateurs de l’Apocalypse ? Le Président Michel Joseph Martelly a désigné  son Ministre des Affaires Étrangères Laurent Lamothe comme Premier Ministre. Il  se présente  au Parlement pour la validation de sa fonction. Il n’y va pas nu comme une bouteille. Il se passe d’ailleurs de présentation grâce à ses brillantes prestations dans le milieu des Affaires, son animal spirit et sa veine entrepreneuriale.
·       Licencié en Sciences politiques de l’Université Barry de Miami,
·       doté d’une maitrise en Gestion des  Affaires de l’Université de St Thomas,
·       consacré Entrepreneur de l’année 2008.

Le fils du Docteur Louis Lamothe, de l’Institut Lope de Vega, qui a sacrifié sa vie pour nous familiariser avec la langue de Cervantès, a de qui tenir. Il n’ira pas  par 4 chemins puisqu’il  détient une carte de visible honorable et un itinéraire de parcours lumineux. Nous apposons notre signature à l’endos de sa Lettre de Change comme Premier Ministre. A trente-neuf ans, ce routier expérimenté du secteur privé des télécommunications, Laurent Lamothe  n’est pas à son coup d’essai. Qui dit mieux ?
Jean Erich René
erichrene@ bell.net
12 mars 2012

samedi 10 mars 2012

Duperies !



 Duperies !

Par Daly Valet
Le Matin : du 9 au 15 mars 2012

Le rideau est loin d’être tombé sur la plurinationalité présumée du président Martelly. Il s’ouvre, au contraire, sur d’autres chambres. D’autres couloirs. D’autres tunnels. Les uns plus obscurs que les autres. Un président de la République qui peine à se faire homme d’État dans une affaire qui le concerne de près. Un ambassadeur américain qui ne se fait pas diplomate étranger de marque dans un dossier qui relève d’institutions haïtiennes. Des acteurs qui semblent n’être pas à leurs vraies places. Ils  n’épousent pas convenablement les rôles qui leur sont assignés dans les textes de loi nationaux et internationaux. En marge de la scène officielle, les mauvais souffleurs sont légion. La qualité du spectacle en pâtit. Du vaudeville. Des sénateurs qui font de la basse politique de boulevard sur une question hautement républicaine. On dirait que, d’un certain grenier et qu’à partir d’antichambres occultes, des mains, à la fois expertes et maladroites, décident de faire de nos dirigeants, de nos institutions et de l’opinion publique, des pantins articulés. Le pays est propulsé dans toutes les directions. Quo vadis,Haïti ?

Aux États-Unis, les Américains diraient  que M. Martelly et l’ambassadeur Kenneth Merten « have some explaining to do ». Autrement dit, ils nous doivent tous deux plus d’explications qu’ils n’en ont fourni lors de leurs prestations télévisées conjointes, ce jeudi 8 mars, au Palais national. La messe n’est pas dite, Messeigneurs des Religions pour la paix ! Il y a, jusque-là, plus d’ombre que de lumière. Toute invective partisane anti-Martelly mise à part, toute homélie dithyrambique pro-Martelly à l’écart, le moment est venu de se poser sereinement les vraies questions.

La vérité est que les documents sont là, et disponibles aux États-Unis, qui établissent, sans équivoque,  que notre président de la République fonctionne en Haïti sous une identité et aux États-Unis sous une autre. Il est Michel Joseph Martelly ici et Michaël Martelly là-bas. Par quelle opération légale M. Martelly a-t-il pu se procurer un autre prénom chez l’Oncle Sam ?  S’il n’est pas un ressortissant américain et qu’il relève exclusivement des lois haïtiennes, pourquoi Kenneth Merten ne s’est-il pas contenté de se déclarer incompétent à se prononcer sur la nationalité d’un citoyen haïtien et de dire que la question n’intéresse que les Haïtiens et leurs institutions ? Est-ce par voie orale  ou écrite que M. Martelly a autorisé l’ambassadeur américain  à se prononcer publiquement  sur sa prétendue nationalité américaine ? Et à quel titre avait-il produit cette demande ? Pourquoi M. Merten,  une fois l’autorisation du Président obtenue, n’a-t-il pas choisi de soumettre sa réponse aux sénateurs, en vue d’un  renforcement des institutions, au lieu de se faire le porte-parole de M. Martelly, devant la presse,  dans une mise en scène? 

M. Merten ne se serait pas prêté à une telle prestation non conventionnelle sans la bénédiction de Washington. Il s’agit d’une orchestration politique qui fait entorse au bon fonctionnement des institutions d’Haïti. La démocratisation voulue par la communauté dite internationale  et la poursuite des agendas politiques  américains ne sauraient  se reposer sur la dépouille de nos  institutions républicaines plutôt jeunes et fragiles. La diplomatie américaine, la présidence haïtienne, le Sénat de la République sont tous sortis diminués de ce mauvais spectacle entourant la  nationalité de Michel Martelly. Quand le  chef d’État d’un pays, fût-il cette Haïti sous domination étrangère, a besoin qu’un ambassadeur  d’un autre pays valide sa parole lorsqu’il s’adresse à son  propre peuple, c’est que la fonction présidentielle s’est décrédibilisée et amoindrie jusqu’au ridicule. Son oui ou son non aurait dû nous suffire sans la caution de parrains internationaux. Si ses mots soulèvent plus de doutes qu’ils n’en évacuent, c’est que l’opinion y perçoit, à l’œuvre, de la malice politicienne.  En d’autres termes, la fonction présidentielle serait à restituer dans son prestige et à réinventer, dans sa noblesse, avec d’autres hommes et d’autres femmes d’État d’une autre stature. M. Martelly a le caractère pour devenir  ce grand président d’un nouveau genre. En dépit des apparences.

Le pays semble s’être embourbé dans une mare à crises. Une crise en chasse une autre. Toutes fabriquées à partir du superflu et résultant de réflexes autoritaires incompatibles avec les exigences de la démocratie et de la loi. Nos dirigeants ne semblent pas avoir pris toute la mesure du drame social haïtien. Ils persistent dans des controverses mineures sans grand intérêt pour l’Haïtien ordinaire qui n’aspire qu’au minimum humain : un toit et de la nourriture. Le président Martelly doit aller au-delà de la simple présentation de ses passeports à la télé s’il veut vraiment qu’il y ait une fin aux débats  et aux préoccupations légitimes autour de sa nationalité. Et s’il tient à soulager, comme il le proclame, la misère de son peuple. Haïti a assez de ces pokers menteurs qui se jouent dans les chancelleries étrangères. Au Palais. Et au Parlement.
D.V.

dimanche 4 mars 2012

Haïti confronte une crise aigue d’eau



Haïti confronte une crise aigue d’eau
Jean Erich René
 4 mars 2012

L’ile d’Haïti est entourée d’eau et sur  sa surface coulent de nombreuses rivières et sources d’eau potable. Par une ironie du sort, les robinets sont à sec dans certains quartiers de la Capitale et de nos Villes de Province. Dans certaines Sections Communales on constate  la baisse du débit de certaines rivières et même l’assèchement de certains points d’eau parfois réduits à un simple filet. Qui peut vivre sans ce précieux liquide? On peut manquer de tout et survivre mais pas l’eau.

Il nous faut accorder plus d’attention à l’approvisionnement en eau de la population haïtienne, comme minimum vital. Chaque matin, armés de leurs sceaux, nos compatriotes se lancent dans un véritable marathon à la recherche de l’eau. Où trouver de l’eau en Haïti pour s’assurer que l’offre réponde de manière adéquate à la demande de cette population qui en a déjà trop sur la tête pour confronter en plus une crise d’eau. En général, les plantes tout comme les animaux y compris l’homme ne peuvent pas être privés d’eau sans languir, se déshydrater et dépérir. Une famille américaine consomme 60 gallons d`eau par jour. Les Français en consomment la moitié. Il revient aux administrateurs publics de nous y pourvoir en arrêtant les mesures idoines.

Disons tout de suite que l’eau ne manque pas  et ne manquera jamais en Haïti. Par contre l’eau potable devient de plus en plus rare. D’ailleurs les fréquentes inondations de nos rues suivies de dégâts matériels et de pertes en vies humaines sont des témoignages éloquents de l’abondance de l’eau en Haïti. Il parait paradoxal de se noyer tandis qu’on a soif. C’est la même eau ! La différence c’est qu’elle n’est pas buvable parce qu’elle est polluée.  Il n’y pas de rareté d’eau en Haïti. Le drame résulte plutôt de l’impéritie de nos dirigeants et surtout de leur indifférence au sort des 4/5 de la population qui croupissent dans la crasse et la misère. Ils préfèrent bluffer en criant  hier« Aba Grangou », « Aba Blackout » dans la même foulée, demain ils vont brailler « Aba Soif » pour prendre congé  joyeusement de la misère des démunis. Tandis que  le   souci du Président  c`est d’organiser un super carnaval en déployant sa taille montée sur un   rouleau-billes, certains enfants trainent dans les rues avec un bidon sur leurs têtes à la  recherche de l’eau. Ce n’est pas sérieux !

On ne peut pas plaisanter ainsi avec le destin d’un peuple qui vous a confié la Barque Nationale. Tout d’abord disons que la problématique de l’eau s’aggrave surtout avec l’augmentation accélérée de la population. Donc le besoin d’eau augmente considérablement non seulement pour la boisson mais encore pour la toilette et la lessive. Or il s’est avéré que partout en Haïti tant à la Capitale que dans nos villes de Province on n’a pas augmenté le système d’adduction d’eau potable. Ce sont les mêmes réseaux d`ìl y a 25 ans qui alimentent les maisons. Point n’est besoin d’être calé en math pour comprendre qu’au fur et à mesure que le diviseur augmente, sans que le dividende ne bouge, le quotient ne fait que baisser. Ce calcul élémentaire exprime avec clarté la crise d’eau haïtienne associée à l’explosion démographique.


Que faire?
 Le 22 mars ce sera la fête mondiale de l’eau, des 500 millions de dollars contrats de gré à gré dénoncés  par le Premier Ministre Garry Conille, aménageons un nouveau système d’eau potable pour nos agglomérations urbaines. En dépit des avances scientifiques, l’homme n’arrive pas jusqu’à présent à créer l’eau. Il connait certainement sa formule chimique mais l’eau demeure un don de la nature. Sa rareté  est une cause de conflit. La guerre Israélo-palestinienne a comme cause principale le partage de la rivière du Jourdain. Attention ! Si l’on n’y prend pas garde en 2030 avec une population de 16 millions Haïti qui, en 2012 a 10,2 millions d’habitants, peut se retrouver dans la même situation avec la République Dominicaine, du côté des Pédernales et aussi de Guayamunk. Gouverner c’est prévoir mais non s’amuser. Quelque soit votre nom d’animal : pintade, coq, bœuf etc. gros et menus bétails ont tous besoin d’eau.

Pour résoudre la crise d’eau qui se manifeste sourdement en Haïti il nous faut d’abord comprendre le Cycle de l’eau qui est très explicite dans la gravure ci-contre .

Sous l’effet de la chaleur du soleil, l’eau des océans et des rivières s’évapore à  l’état gazeux, monte dans l’atmosphère pour se condenser sous forme de nuages qui à leur tour se liquéfient  pour tomber sous l`effet de la pesanteur, sous forme de gouttelettes de pluie. Ces précipitations recharge non seulement les océans mais encore les cavités souterraines appelées nappes phréatiques qui alimentent nos sources et nos rivières, Ainsi de suite le même processus recommence. Il y a un mouvement cyclique de l`eau qui nous force à réutiliser la même molécule d`eau que Dessalines depuis 1804. Le choc des gouttes de pluie sur un sol nu provoque  son érosion. Par contre s’il est couvert d’arbre et de feuilles mortes l`eau pénètre doucement dans le sol en descendant dans les cavités souterraines qui les gardent en réserve. Dans le cas contraire l’eau de pluie dévale les pentes  pour se diriger directement vers les rivières en les rendant boueuses. Ainsi s’explique le drame de l’inondation des Gonaïves en Septembre 2004, suite au passage de la Tempête Tropicale Jeanne. Le même phénomène se répète souvent à Port-au-Prince avec le Bois de Chêne, aux Cayes avec La Ravine, à Léogâne avec La Rouyonne etc. Il en résulte des pertes en biens et en vies humaines et un déficit patent d’eau dans les réserves souterraines et par conséquent le ralentissement  de nos cours d’eau et sources, ou pis encore leur assèchement tout court.

3 facteurs contribuent à la Crise d’Eau Haïtienne :
1.- La croissance rapide de la population dont la demande en eau potable dépasse la capacité  de rechargement des citernes de la CAMEP

 2.- La pollution de la nappe phréatique suite à la construction des maisons dans les zones autrefois  dites réservées ou protégées et qui représentent le siège du captage de l’eau d’approvisionnement de nos villes. Ce triste constat peut être fait à Turgeau, Babiole, Canapé Vert où les fosses d’aisance trempent dans la nappe phréatique en distribuant une eau cacaifiée  dont le taux d’urée est élevé, en plus de la présence des salmonelles telles que les bacilles typhiques et paratyphiques, causant la fièvre typhoïde. Qui pis est, les populations riveraines ne sont même pas au courant.

3.- Le déboisement causant la calvitie de nos pentes. Il y a une coupure flagrante dans le cycle de l`eau empêchant le replein de la nappe phréatique. Il faut un temps de renouvellement de l`eau de l`atmosphère, soit l9 jours, selon les étapes de son cycle. Quand la chaine est brisée, il pleut rarement  ou pis encore il pleut à verse pour causer un déluge au niveau de nos rivières et de nos ravines sans que l`eau ne pénètre dans le sol. Les citernes du Service National d`Eau Potable (SNEP) accusent un niveau insuffisant d`eau La capacité de notre sous-sol à conserver l`eau dépend de l`usage qu`on fait à la surface du sol.

 Le 22 mars prochain ce sera la célébration de la fête de l`eau. Que nos dirigeants politiques sachent que sans une intervention humaine intelligente et opportune, irréversiblement Haïti confronte  et continuera à confronter une crise aigue  d`eau.
Jean Erich René
 4 mars 2012

Lamothe !


Lamothe !

Par Daly Valet
Le Matin : du 2 au 8 mars 2012

Conille a eu son lot de misères. Il a dû avaler bien des couleuvres. La coupe d’absinthe que lui tendaient tous les jours ses torpilleurs du pouvoir débordait. Excès. Injures.  Drôle de façon de rapetisser un jeune technocrate haïtien qui n’a voulu que servir son pays. Vilaine vendetta. La dégradation, chez nous, des méthodes de gouvernement dit et trahit une autre dégradation. Celle des hommes et des femmes de pouvoir. Avec tout ce qu’ils ont de valeurs. Victor Hugo disait qu’il faudrait affirmer le progrès et les valeurs humanistes jusque dans la vengeance. Le clan Martelly n’a pas jugé décent, et humainement recommandable, de montrer la sortie à Conille selon des moyens plus chevaleresques. On a donné dans le grotesque. Genre « jwèt bosal ». Dommage. Les bracelets roses, exhibés par beaucoup de ministres en pleine guérilla anti-Conille, dissimulent mal la noirceur des consciences.

Garry Conille  n’a jamais été Premier ministre. Comme Préval avec son Jean-Max Bellerive, Martelly ne voulait en Conille qu’un simple chef de cabinet mineur et aux ordres en plus de son tout-puissant Thierry Mayard Paul au Palais national. L’ex-assistant de Bill Clinton liquidait de petites affaires courantes avant même la grande démission forcée. Il s’est retiré. Dans l’humiliation. Et, comme nouveau Premier ministre, Martelly nous offre à présent son « Lo ». C’est ainsi qu’il nomme Laurent Lamothe en privé. Ecce homo. C’est son homme. Celui par qui le salut de son mandat, peut-être, adviendra. Un mandat qui promet beaucoup économiquement avec, déjà, de louables initiatives. Et qui semble, hélas, vouloir se fonder à partir de composantes politiques irrecevables. Voire anachroniques. Syndrome autoritaire. 
 
Martelly et Lamothe ? Un beau tandem. Excitant. Ils dorment très peu. Ils se parlent à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Deux hyperactifs. L’un hyperémotif et ambitieux. L’autre hypercalculateur et pragmatique. Ils se complètent en un sens. Deux confidents. Deux complices. Deux associés en affaires. Laurent Lamothe est surtout le vice-président de facto que le président Michel Martelly a choisi de donner  au pays. C’est l’ami adulé dont il choisit de s’entourer, à titre de Premier ministre, en remplacement du Conille honni. Une autre belle opportunité qui s’offre au pays. En plus de l’énergie de leur jeunesse, la synergie est là dans leur volonté de réussir ensemble. Hier, dans les affaires. Aujourd’hui, au pouvoir. Malgré l’adversité.

Reste à savoir si le choc des ambitions démesurées de chacun et la réalité du pouvoir ne transformeront l’un en tombeur de l’autre. La politique, c’est comme l’autoroute. Avec ses surprises imparables. Elle envoie souvent au garage de belles et de jeunes promesses. Elle tue et blesse aussi. Il y a eu Blaise Compaore et Thomas Sankara au Burkina Faso. Deux vieux « tokay ». Beaucoup de Burkinabès sont convaincus que le sang de l’un avait fini par couler par la traîtrise de l’autre. Jusqu'à la mort. Avec Aristide et Préval, notre pays sait bien que de vrais « marasa » peuvent devenir de faux frères. Si les bruits sourds des complots souterrains pouvaient parvenir jusqu’à nous ! Enfin, si les morts ne se taisaient pas…

La politique devrait plutôt maintenir Martelly et Lamothe plus que solidaires. Si le pays a souffert de la disharmonie entre le chef de l’État et le chef de gouvernement sortant, il a tout à gagner dans la belle entente qui prévaut, en apparence du moins, entre M. Martelly et l’actuel Premier ministre désigné. Ils veulent réussir. Donnons-leur la chance qu’ils méritent. Pourvu que Michel Martelly s’amende de ses errements et gouverne dans la légalité. Et que les dossiers de M. Lamothe soient conformes aux prescrits de la Constitution.
D.V.

lundi 30 janvier 2012

CONTRADICTIONS ET PARADOXES




Contradictions et Paradoxes
Me Serge H. Moïse
Barreau de P-au-P.
22-01-12


Il y a si longtemps, beaucoup trop longtemps maintenant que nous suivons les mêmes sentiers qui ne nous mènent nulle part. Et  bon an mal an nous persistons dans les mêmes voies, incapables d’en explorer d’autres probablement plus salutaires.

        S’il est vrai que tous les chemins peuvent conduire à Rome, il paraît tout indiqué de changer d’itinéraire lorsque celui emprunté ne semble pas le meilleur pour le pèlerin plus ou moins avisé.

Ces notions élémentaires de sagesse n’ont pas l’air de faire recette dans notre petit coin jadis paradisiaque des caraïbes. Les observateurs se perdent en conjectures depuis des décennies et n’arrivent pas à comprendre qu’avec tant de gens de qualité évoluant tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de nos frontières, ce qui serait partout ailleurs très simple, affichent dans notre société tant de complications et de manière exponentielle.
        
Le droit chemin est souvent le plus court et le plus simple à parcourir. Qu’à cela ne tienne, nous préférons de loin les détours inutiles. Serait-ce que dans notre culture de marronnage, ce qui est clair, net, limpide et transparent fait simpliste et terre à terre et que pour avoir fière allure, il faille coûte que coûte tout maquiller au nom de la sacrosainte politique mal comprise par  la plupart de nos politiciens eux-mêmes.
        
A l’heure actuelle, dans les pays émergeants, les pays avancés ou développés on ne parle que de création d’emplois. Le président américain luttant pour sa réélection au prochain scrutin mise sur l’augmentation du taux d’embauche. En France, en Espagne, au Portugal, en Grèce et en Turquie. Dans tous les pays d’Afrique de l’Amérique latine et bien sûr de la zone caraïbéenne on ne parle que de création d’emplois pour amorcer le virage vers le développement durable. Ils ont compris que le développement est d’abord humain.
       
« La personne avant toute chose » disait une campagne publicitaire dans l’un de ces pays qui pourrait nous servir de modèle.
        
Constat plutôt bizarre, noyés dans une situation endémique d’un taux de chômage d’environ soixante dix pour cent de la population active, nous refusons de faire de la lutte contre le susdit chômage notre priorité absolue comme nous le suggèrent la situation elle-même, mais plusieurs représentants de pays amis à vive et intelligible voix.
        
Le (NPD) nouveau parti démocratique de tendance sociale démocrate comme son nom l’indique, prépare sa rentrée parlementaire à la chambre des communes du Canada en faisant de la création d’emplois son cheval de bataille.
        
En Haïti, le gouvernement en parle du bout des lèvres quant à nos honorables sénateurs et députés, il faut croire qu’ils ont d’autres chats à fouetter car on ne les entend pas souvent à ce sujet.   
        
Plus triste encore s’avère l’attitude de nos intellos toujours à tous les micros à s’écouter parler de tout et de rien, sauf de l’essentiel. Le superficiel semble être d’un attrait irrésistible pour nos experts de la verbomanie qui n’ignorent certes pas qu’en l’absence de la création d’emplois à travers tout le pays ; parler de  santé, d’éducation, de décentralisation, de justice et de sécurité demeurent simplement des énoncés de vœux pieux, mais qu’importe, eux aussi ont d’autres chats à fouetter.
        
Tant que les petits chèques de la diaspora vont continuer à affluer régulièrement, tant que les ONG vont distribuer de l’eau potable et un repas chaud à nos laissés pour compte, la création d’emplois sera pour un futur pas trop lointain. On en reparlera, on inventera de beaux slogans aux prochaines élections et plus ça changera, plus ça sera pareil comme d’habitude.
         
Le grand changement, ce qui est d’ailleurs urgent, serait de rééduquer nos analystes et penseurs auxquels  nous reprochions de trop parler et de ne rien faire et qui nous disaient il y a quelque temps : « penser c’est agir » comme tout pouvait se régler de manière exclusivement abstraite.
        
C’est à se demander dans quelle mesure nos « trop biens scolarisés » ne constituent pas un obstacle majeur au développement de ce petit pays qui a tant d’une éducation en adéquation avec son histoire et sa culture, mais avant tout de pouvoir subvenir aux besoins primaires de ses ressortissants dans la dignité et la liberté que seul le travail honnête et valorisant peut procurer. Il n’y a là, rien de bien sorcier!
        
Moïse - hélas, aucun lien de parenté avec le soussigné - fut sauvé des eaux, recueilli, élevé avec soin et amour chez le pharaon, un peu comme nous en diaspora. Il y a reçu une si bonne éducation qu’il a compris qu’il se devait de ne jamais oublier les siens. Il a tant et si bien fait que son nom demeure gravé dans toutes les mémoires quelques deux mille ans après sa mort.
        
Les connaissances les plus pointues, la magie de la technologie moderne, les pays amis n’arriveront pas à nous sortir de cette terrible impasse si nous ne nous décidons pas, avec la  volonté la plus farouche, à prendre notre destin en main de manière inclusive et dans l’intérêt de toute la collectivité. Faisons mentir les propos cinglants du colonel John Russel qui insinuaient du temps de l’occupation que l’homme haïtien, quelle que soit sa formation, avait la mentalité d’un gamin de sept ans. Pour y parvenir nous aurons à plancher sur la nature profonde de nos véritables problèmes et sinon éliminer, du moins atténuer sensiblement l’impact négatif de nos sempiternels contradictions  et paradoxes.
                                                                          

jeudi 26 janvier 2012

DESTITUTION DU PRESIDENT MARTELLY

Destitution du Président Martelly 




Jean Erich René
erichrene@bell.net
24 Janvier 2012




La désopilente comédie qu’on jouait sur le Théâtre Politique National, depuis plus de deux mois, vient juste de prendre l’allure d’une tragédie. Et le vin s’est transformé en vinaigre à la grande stupéfaction des fêtards. Le Président Michel Martelly, par une politique de charme,  croyait s’octroyer un secteur du Parlement pour jouer le rôle de pompier afin d’éteindre le feu de l’Affaire  Arnel Bélizaire. Aujourd’hui nous faisons tous le triste constat du mutisme absolu de la dite victime d’une arrestation arbitraire, au mépris de tous ceux et de toutes celles qui ont embrassé faits et causes en sa faveur. Haïti est une terre glissée. Aussi il convient de bien mesurer ses pas pour éviter de se péter les jambes en trébuchant sur une pelure de banane.

En analysant le positionnement des pions,  l’échiquier politique haïtien rappelle la configuration d'un jeu de Ti Ta To. Une erreur suffit pour perdre le pari. Le Président Michel Martelly croyait détenir toutes les manettes du pouvoir en faisant du Président René Préval, son premier Conseiller et  du Sénateur Joseph Lambert, son allié au point de lui rendre une visite privée. Cependant  il y a un angle mort qui lui échappe dans son rétroviseur. Il ne voit pas la catastrophe qui s’annonce par son refus de s’acquitter de ses gages. En effet les dettes contactées pour la nomination du Premier Ministre Garry Conille et les frais d'extinction de l'incendie de l'Affaire Bélizaire demeurent impayées à savoir :
1.     La nomination de certains membres de l’INITE au Cabinet ministériel
2.    La publication de la Constitution amendée
3.    La nomination du Président de la Cour de Cassation
Michel Martelly  concentre tous les pouvoirs entre ses mains. Le Premier Ministre Garry Conille a tout l’air d’un hébété. Il n'a aucun atout. Il est mort raide. Le Président Martelly ne lui accorde pas l’opportunité de nommer même un hoqueton. Il refuse de publier, comme promis en échange aux membres de l'INITE majoritaires au Parlement, la Constitution amendée parce qu'elle comporte des traquenards qui risquent de déstabiliser le fauteuil présidentiel. Citons par exemple : le remplacement du Président par le Premier Ministre en cas de vacances présidentielles. Partibus factis, sic locutus est leo: primam partem tollo, quoniam nominor leo : Les parts ayant été faites, le lion parla ainsi: « Je prends la première part (et surtout la plus grosse) parce que je suis le Lion ». Sak pa kontan !
Il faut deux bons pour faire un bonbon, nous enseigne la sagesse populaire haïtienne. Jean Racine nous met en garde contre certaines alliances dangereuses en affirmant : « Si j’embrasse mon ennemi c’est pour mieux l’étrangler .»(Britannicus. IV, 3.) A l’insu du Public, le bras de fer entre deux Joseph: Martelly et Lambert vient de commencer. Achetez votre carte de gradin pour y assister.  Il est dangereux  pour un coquin qui se croit malin, sans avoir un gros pecto, de danser le tolalito de Ti Ta To :
·         Ti : Le Sénateur Joseph Lambert, bafoué,  Président de la Commission chargée de l’Enquête sur la Double Nationalité, en une telle occurrence  dispose d’un levier important pour prendre sa revanche.
·         Ta : Le Sénateur Moise Jean Charles vient de déposer les documents devant la Commission d’enquête.
·         To :  Le Parti INITE contrôle les deux Chambres.
Qui est le Président du Sénat ? Dieuseul Simon Desras (INITE)
Qui est le Président de la Chambre des Députés ? Levaillant Louis Jeune (INITE). Comprenne qui pourra !
 Jusqu'à présent le Président Michel Joseph Martelly complètement tétanisé n'a pas pipé un seul mot au sujet de sa triple nationalité, contrairement à sa loquacité coutumière. Mme Stéphanie Villedrouin, née Balmir, ne se laisse pas tondre comme une brebis. Bravo Madame! A votre juste courroux, je reconnais mon sang de Grand Anselais. Cependant sous l'invitation de Pierre de Ronsard :
Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée
Et son teint au vôtre pareil.
La Constitution Haïtienne de 1987 stipule :
Article 185: Le Sénat peut s'ériger en Haute Cour de Justice.
Article 186: La Chambre des Députés, à la majorité des deux tiers (2/3) de ses membres prononce la mise en accusation:
a) du Président de la République pour crime de haute trahison ou tout autre crime ou délit commis dans l'exercice de ses fonctions;
b) du Premier Ministre, des Ministres et des Secrétaires d'Etat pour crimes de haute trahison et de malversations, ou d'excès de Pouvoir ou tous autres crimes ou délits commis dans l'exercice de leurs fonctions;
D'un côté, si la Commission Sénatoriale juge que les déclarations du Sénateur Moïse Jean Charles sont fausses, il sera déchu de sa fonction et tombera automatiquement sous le coup de la loi en la matière. La diffamation est punie par le Code Pénal Haïtien dans sa Section VII :
Art. 307.- Quiconque sera coupable de faux témoignage en matière criminelle, soit contre l'accusé, soit en sa faveur, sera puni des travaux forcés à temps.- Inst. crim 251.- C. pén. 7-30, 15, 18, 19, 31, 308 et suiv.

Si le Sénateur Moïse dit vrai il sera salué comme un Héros et méritera bien de la Patrie pour avoir eu le courage non seulement de crier haut et fort un tel accroc à la Constitution mais encore  parce qu'il s'est défoncé pour cumuler des preuves convincantes afin d'écarter la Nation de la présence de dangereux intrus. Toutefois les mesures de précaution recommandées par le Sénateur Steven Benoit assurent la remontée des enchères, à savoir : Il faut placer les pièces à conviction soumises par le Sénateur Moïse Jean Charles en un lieu plus sécuritaire que le Parlement. On ne cache que ce qui est précieux. Donc ces documents revêtent une grande importance à ses yeux. Le Sénateur de l'Ouest a une large audience auprès du Public et jouit au Parlement d'une très grande crédibilité qu'il n'aurait pas hypothéquée en amplifiant des ragots. Si Steven Benoit le dit:  enterrement pour 4 heures !

 De l'autre côté, si le Président Michel Martelly et les Ministres sont jugés coupables ils paieront les conséquences de leurs inconséquences  pour avoir violé les articles : 11, 15, 135 et 157 de la Constitution de 1987 sous laquelle ils ont prêté serment. D’ores et déjà le doute rationnel plane sur le comportement du Chef de l’État haïtien qui n’a osé lever le petit doigt à ce sujet  pour démentir non pas sa double mais sa triple nationalité, un cas qui dépasse les prévisions du Législateur. Un Président de la République ne peut pas être muet face à une accusation aussi grave d’un Sénateur de la République.  En une telle occurence, il aurait dû se présenter sous les feux des caméras pour rétablir la vérité. Son silence est dûment coupable. Qui ne dit mot consent !  Si le Département d’État qui a reçu le Président Martelly à la veille de sa prestation de serment, garde le silence, il y a anguille sous roche.  Nou pran lan 3 wa :
·         Èske  Michèl Mateli se Ayisyen ?
·         Is Michaël Joe Martelly an American?
·         È  Michele Martelli è Italiano ?
Décidément le vent tourne contre le Président Martelly. La France et les USA lui reprochent son coup de tête vers l'Alba et particulièrement son rapprochement avec Chavez et Castro. Qui pis est , sa rencontre personnelle avec l'ennemi No 1 de Washington, le Président Iranien Mahmoud Ahmadinejad, le lendemain de la cérémonie d'investiture du Président du Nicaragua, attire les regards inquisiteurs de l'Oncle Sam. En faisant ce coup de barre à gauche  Michel Martelly part à la recherche de financement pour l'avancement économique de son pays. Politiquement il fait preuve de nationalisme tout en décevant ses promoteurs qui voudraient faire de lui un instrument efficace afin de mieux asseoir leur hégémonie.
Cette défection inattendue de Michel Martelly, à moins qu'il soit en mission commandée, pourrait bien expliquer, comme punition, la livraison de sa carte de citoyenneté en pâture à ses agresseurs. C'est le cas typique de Manuel Antonio Noriega en prison au Panama après avoir purgé sa peine aux USA et en France.L'Oncle Sam veut convaincre ses alliés de ne jamais jouer au traitre surtout lorsqu'il a fait d'eux ce qu'ils sont, abracadabra,  par une fraude électorale massive aux douze coups de minuit.
Toutes les données convergent vers la  destitution du 56e Président d’Haïti. D’ailleurs les procédures de saisine sont manifestement indiquées par les articles 185, 186,188, 188.1 et 189.1 de la Constitution de 1987 toujours  en vigueur:
"La résolution une fois adoptée,  la Haute Cour de Justice sera constituée, au scrutin secret et à la majorité absolue. Elle désignera une Commission chargée de l’instruction. La décision, sous forme de décret est rendue sur le rapport de la Commission d'Instruction et à la majorité des deux tiers (2/3) des membres de la Haute Cour de Justice. Elle ne peut prononcer d'autre peine que la destitution, la déchéance et la privation du droit d'exercer toute fonction publique durant cinq (5) ans au moins et quinze (15) au plus." Signalons toutefois  que d'autres actions peuvent être intentées en Civil contre le Roi déchu. Des dossiers mis en veilleuse vont résurgir. Si et seulement si Michel Joseph Martelly jouit d'une triple nationalité, la nature et le caractère de la faute commise sont inconciliables à la poursuite de son mandat. Notons toutefois que la loi est de stricte application. Ce cas d'espèce n'est pas prévu par la Loi Mère qui établit l'incompatibilité entre la fonction présidentielle et la Double Nationalité mais non la Triple. En conséquence l'acte d'accusation de la Double Nationalité peut être réfutée par la défense. Nullum crimen, nulla pœna sine lege. Le principe de légalité des délits et des peines soutient qu'on ne peut être condamné qu'en vertu d'un texte de loi précis et clair ( Ref:Cesare Beccaria) . La triple nationalité ne figure nulle part dans la Constitution. En dépit de tout, comme un couperet le verdict suivant sera prononcé: Destitution du Président Martelly.

 Jean Erich René
24 Janvier 2012

lundi 23 janvier 2012

Malédictions !


Malédictions !

Par Daly Valet
Le Matin : 20 au 26 janv 2012

Et les dieux nous sont tombés sur la tête ! Une bouteille de Coca-Cola jetée, par-dessus bord, par un aviateur du monde « civilisé ». Pomme de discorde. Toute une tribu africaine d’un autre monde à couteaux tirés.  Cadeau des dieux fait engeance du mal. Réveil brutal des atavismes chicaniers dormants. Protocole d’entente et contrat social bousculés. Négation du bien. Fuite du bon sens. L’ordre archaïque sens dessus dessous. Sous ses traits les plus hideux. La tribu bochimane a eu son  Conseil des sages pour décider du sort du « cadeau empoisonné », source de zizanies. Malédiction. Verdict : la tribu doit s’en débarrasser ! Quitte à aller jusqu’au bout du monde pour rendre aux dieux leur don. Une bouteille qui pouvait être utile autrement que dans la discorde. Une affaire de bouteille là-bas. Une histoire d’université ici. Tribu africaine lointaine et isolée. Mais tribu tellement proche de nous. Paresses d’esprit invalidantes devant le neuf. Repères culturels et organisationnels en porte-à-faux face au sophistiqué. Puis toute la chamaillerie… et le tralala qui en découlent. À la mode triviale de chez nous.

On ne se gêne même pas, du côté de l’Université d’État d’Haïti, des autorités étatiques, parlementaires et intellectuelles pour s’octroyer cette proie pour laquelle elles  ne se sont pas battues. Elles se chamaillent. Une université comme nouvelle malédiction haïtienne ? Aucun Conseil des sages pour trancher. Haïti se retrouve avec un don dominicain très lourd sur le dos, et dont elle ne sait, hélas, quoi faire. En fait, il est légitime de penser que le flou persistera longtemps encore. Ce pays n’a pas l’expérience de la gestion d’un campus universitaire d’une telle envergure. L’UEH n’a ni les ressources financières ni le personnel technique et académique nécessaires pour prendre en charge le campus de Limonade. Le risque est grand que cette belle infrastructure universitaire se désintègre, dans l’insalubrité, l’abandon et la gabegie, aussi vite qu’elle a été édifiée. Cet instrument de la modernité nous surprend dans nos archaïsmes. Passer d’une mentalité de masures insalubres et sous-équipées, que nous avons l’outrecuidance d’appeler universités, à celle de campus modernes convenablement staffés et adéquatement pourvus en équipements, de tels sauts spectaculaires ne peuvent être réalisables qu’au cinéma et dans les rêves. Et sortir de l’emprise d’un État bossale corrompu et gaspilleur, lequel fait très peu de cas de la formation académique de ses élites, ce ne sera point l’affaire d’un jour, d’un décret et d’un simple vœu. Il va falloir s’organiser et se battre, sans lassitude, pendant plusieurs générations, pour enfin inventer Haïti et l’inscrire dans la modernité du reste du monde. Du moins, pour la situer dans la trajectoire ascensionnelle de nos voisins. Avec toutes ses failles, la République dominicaine n’est pas un contre-modèle. Au contraire.

Il faudra sauver l’université de Limonade. Quitte à faire appel, pour un temps, à l’expertise dominicaine. Malgré tout. Ou à toute autre expertise étrangère jugée utile. La honte que représente le geste du voisin ne devrait point nous amener à fermer nos esprits à l’esprit. Ni aux lumières venues d’ailleurs. La diaspora haïtienne est aussi un réservoir de cadres. Nous en avons plus que besoin. Ouvrons-nous. Déverrouillons notre Constitution et nos lois d’exclusion. Et intégrons. L’ouverture est la fenêtre d’opportunité par laquelle une nouvelle Haïti adviendra.

Nous devrons nous rendre à l’évidence que les maigres ressources allouées par l’État haïtien à l’UEH sont nettement en-deçà des besoins. Pour rattraper les retards, le budget national est à repenser. Les allocations à redéfinir. Les exigences des temps nouveaux nous imposent l’éducation comme la priorité des priorités. Les réalisations concrètes et les investissements durables de l’État dans l’humain parleront mieux que les chiffres de la propagande officielle. L’Haïti enchantée que nous vendent les « billboards»  ne saurait remplacer l’inscription et la traduction d’ambitions de grandeur dans des structures pérennes et des infrastructures modernes.

La tribu africaine a vécu dans l’angoisse et le déchirement un « cadeau » des dieux. Peut-être partageons-nous certaines de ses tares. De ses croyances superstitieuses. Des ambivalences, des inhibitions handicapantes peuvent bien expliquer nos maladresses et nos réticences dans nos rapports à la modernité. Cependant, rien ne justifie qu’en plein XXIe siècle et au terme de ce long contact avec les lumières occidentales, l’obscurantisme continue de nous marquer si profondément. Évitons de jeter aux orties l’université de Limonade comme les Bochimans se sont dépouillés de la bouteille de Coca. Patrimoine embarrassant, certes, un bien collectif quand même, qui nous force à nous projeter vers le progrès. La honte est là, mais les gesticulations outrées du front du refus sont mal placées. La vraie malédiction est ailleurs. J’y reviendrai.
D.V.


Pour Gérald Mathurin : Pourquoi tombent les feuilles?

  Pour Gérald Mathurin : Pourquoi tombent les feuilles? Hugues Joseph J'ai repris ce texte Publié le 2018-03-12  par  Le Nouvelliste. Je...