Par Max Dorismond mx20005@yahoo.ca
Avant les 100 premiers jours de la présidence de Mr Martelly, il revient à chaque Haïtien d'apporter sa pierre à la construction de la nouvelle Haïti que ce dernier promet d'ériger. C'est une initiative citoyenne que de contribuer réellement, mentalement ou bénévolement, sans espoir d'une certaine gratification, à l'instar de ces quelques jeunes de P-au-P, photographiés un balai à la main, en train de nettoyer leur rue en signe de changement, ou le « Groupe de Réflexion et d'Action pour une Haïti nouvelle», (GRAHN1), qui s'est donné le mandat d'accompagner tout gouvernement, quelle que soit son orientation, durant les 25 prochaines années. C'est très louable. On est tous sur le même navire qui nous conduit vers notre destiné. Il revient à nous de hisser la voile du bon côté du vent. Avant que ne pleuvent les critiques, le sport national de nos gérants d'estrades, pensons d'abord à offrir notre épice ou notre grain de sel pour améliorer la sauce nationale avant l'imputation des fautes.
Pour ma part, en écoutant le candidat, marteler le thème : «Emplois pour nos jeunes….Emplois pour tous…», en écoutant le Président réitérer cette promesse à satiété, et, hier encore à Washington, je tiens à apporter mon humble assistance à ce chapitre qui lui tient tant à cœur. Loin de moi de préjuger que le nouvel élu et ses conseillers n'aient pas les moyens de leurs ambitions ou de leur plan. Non! Ma suggestion demeure simplement mon unique souscription.
Au cours de mes recherches, il m'est venu à l'idée de suggérer au nouveau Président et surtout à ses conseillers, si ce n'est déjà entamé, la lecture d'un magistral ouvrage sur l'emploi qu'un éminent spécialiste et compétent compatriote, Mr. Jean-Marie Bazile, avait publié deux mois avant le terrible séisme de janvier 2010 : « La Question de l'Emploi : Concepts, défis, enjeux et voies de solutions ». Un best seller édité en Haïti, supporté et financé par l'Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique (IHSI).
Statisticien et démographe, Monsieur Bazile a étudié en Haïti et à l'étranger. Il a côtoyé les plus grands spécialistes de l'Amérique Latine dans cette discipline, Victor Tokman, Ruben Katzman et d'autres, lors de son passage au « Programme Régional de l'Emploi pour l'Amérique Latine et la Caraïbe (PREALC, Santiago, Chili, 1981) ». Il a occupé et occupe encore de hautes fonctions dans l'administration publique haïtienne. En fait, il est à la hauteur des visées de sa thèse. A la lecture de son œuvre, en plus de sa vaste connaissance du problème inhérent au chômage ou à l'emploi en Haïti, on y sent encore vibrer le trop plein de son âme contrariée par la persistance de ce drame archi-chronique. Grâce à une écriture inspirée, il parvient à maîtriser sa matière, à lui infléchir une vision à la fois singulière et locale, à la soumettre en une réalité filmique cohérente, évocatrice, destinée à modeler, à concilier le plan de la gouvernance au bénéfice des besoins primordiaux de la nation.
Parfois, pour sortir Haïti de l'ornière, naturellement, instinctivement, par atavisme politique surtout, nous nous tournons vers le consultant étranger. Je n'en disconviens pas, au contraire. Par contre, ce dernier, sorti tout droit des cuisses de Jupiter, arrive avec des solutions abracadabrantes, étrangères à notre culture, à notre situation, pour déboucher sur le néant, sur l'échec consommé, et ce….. Jusqu'au prochain Mohican. Rompons avec cette tradition séculaire. Il est venu le temps de regarder dans notre pâturage pour trouver des solutions probantes. En discriminant les plus compétents de chez nous pour s'occuper de nos problèmes, on se tire une balle dans les pieds. Or, ce n'est pas seulement immoral, c'est également stupide.
De l'œuvre suscitée, dès sa réception, je pensais à un bouquin technique, farci de théories, chiffres et graphiques. Loin de là! Un ouvrage technique certes, mais un ouvrage décrit avec la fibre d'un nationaliste chevronné, rédigé par quelqu'un qui a vécu et partagé notre drame. Un grand livre dont chaque virgule vient te chercher. En un mot, une œuvre magistrale à placer entre les mains de chaque fonctionnaire, une sorte de bréviaire national destiné à sauver l'essentiel : notre jeunesse désœuvrée.
Tout y est, la relation de cause à effet entre les entités collatérales. Tout en garantissant une meilleure correspondance de l'action avec l'intention, rien n'a été omis, du plus insoupçonné au plus fondamental : Le ménage en tant qu'unité de production et de consommation; l'éducation semble peu adaptée au besoin actuel et prévisible du marché, d'où la production de chômeurs, des inadaptés et des expatriés; les différentes formes de chômage : conjoncturel, structurel, classique, nommez-en….la croissance démographique, la fécondité élevée; le paradoxe entre le chômage endémique et l'absence de mains-d'œuvre qualifiées pour de nombreux emplois disponibles et l'embauche de travailleurs étrangers. En finalité…les solutions ne se font pas attendre.
Éclairés par une approche à la fois critique, explicative et prospective, nos gouvernants doivent focaliser leur attention sur la promotion de l'humain, à la fois sujet, objet et fin du développement ultime….
Point n'est besoin, pour vous convaincre, de réécrire le livre de J.M. Bazile. Ce n'est pas l'envie qui me fait défaut, mais essayons le plus possible de respecter la compétence des autres tout en glorifiant leurs efforts. Toutefois, messieurs : Président, Conseillers ou Ministres, voici un outil fondamental que je rappelle à votre mémoire. Permettez simplement que je ferme la parenthèse avec cette note apocalyptique de l'auteur au chapitre 4 :
Ce pays qui est le nôtre vit aujourd'hui un drame qui prend des proportions gigantesques. Il s'agit d'un désastre environnemental, humain et sociétal qui surprend à peine nos consciences endormies, mais qui peut à tout moment nous plonger dans l'apocalypse. Car, les signes annonciateurs sont là, tenaces et menaçants......En ces heures poignantes et tragiques de notre vie de peuple, il reste pourtant possible de retrouver le chemin de l'espoir, si seulement nous cherchons à convertir nos malheurs présents en autant de défis à relever collectivement, en autant d'opportunités qui s'offrent à nous pour construire ensemble une nouvelle communauté humaine…..(JMB)
Mille mercis, cher Mr. Bazile. Keep up alive!
Max Dorismond
Montréal – Avril 2011.
Note-1 : Le GRAHN est né à Montréal (Canada) après le 12 janvier 2010. Un livre assez pertinent a été rédigé en rapport à ses objectifs étalés sur les 25 prochaines années.
lundi 25 avril 2011
dimanche 17 avril 2011
La 49ème Législature Face à ses Responsabilités Historiques
Par Guichard Doré
Les sièges vacants au Sénat de la République viennent d'être comblés et la Chambre des Députés a été complètement renouvelée aux dernières élections législatives. Dans quelque jours, le Parlement Haïtien va élire les bureaux des deux branches du pouvoir législatif. Les parlementaires vont prendre une décision importante dans un contexte historique qui demande beaucoup de lucidité et un sens de compromis pour assurer le bon fonctionnement de l'institution parlementaire. Tout laisse à croire, au regard du besoin du pays, il est nécessaire à ce que les pouvoirs publics entretiennent de meilleures coopérations et évitent des conflits au sommet de l'État. L'approche structuro-fonctionnaliste est plus que jamais nécessaire afin d'assurer la bonne marche de l'État. Le Parlement ne sera pas productif s'il est en conflit avec le Président de la République. Le travail parlementaire sera limité sans une franche collaboration avec le Chef de l'Etat.
L'arithmétique parlementaire au vu des résultats publiés par le Conseil Électoral Provisoire (CEP) permet de constater qu'il n'y a pas de parti majoritaire au Parlement. Sur le plan strictement juridique, le Parti Lespwa est différent du Parti INITE, juridiquement il est impossible d'assimiler INITE à Lespwa. Toute chose étant égale par ailleurs, la majorité parlementaire est toujours actée par une décision d'une juridiction compétente en ayant recours au résultats des élections. Au vu des résultats publiés par la juridiction électorale, il n'y a aucun parti qui détient une majorité absolue au Parlement. A défaut d'une majorité parlementaire qui est l'expression directe des urnes, il y a automatiquement une majorité présidentielle même si des blocs politiques peuvent être constitués au Parlement. Aujourd'hui, une réalité demeure c'est que la majorité fonctionnelle à la 49ème législature ne peut être que présidentielle. Tel est l'esprit de nos institutions comme l'a si bien noté la jurisprudence parlementaire et gouvernementale depuis 1988. Dans les conditions actuelles, il revient au Président Michel Joseph Martelly d'entreprendre les démarches pour constituer une majorité au Parlement. Le Premier Ministre choisi hérite de la majorité constituée par le Président de la République au Parlement. Donc, le Président choisit son Premier Ministre.
Contrairement à ce que j'ai pu lire dans les journaux et entendre à la radio haitiens, les résultats des élections législatives et sénatoriales ne créent pas une situation de cohabitation au niveau du pouvoir exécutif mais bien de coopération. Pour qu'il ait cohabitation au niveau du pouvoir exécutif, il faut qu'il ait un parti qui possède la majorité absolue à la fois à chambre des député et au Sénat de la République. Tel n'est pas le cas. Les résultats des législatives et sénatoriales donnent lieu à une situation de coopération entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Le terme cohabitation est fort et ne correspond en rien à la réalité parlementaire en Haïti. Il va avoir au Parlement, une majorité fonctionnelle qui ne peut qu'une majorité présidentielle. Tel est l'esprit de nos institutions tracé par la Constitution de 1987.
Un travail parlementaire ordonné par l'exécutif
La maigre production du travail parlementaire des cinq dernières législatures me porte à penser qu'il est nécessaire à ce que les présidents des deux chambres du corps législatif sont des parlementaires qui sont en harmonie avec le Président Michel Martelly, ce pour assurer le bon fonctionnement des institutions républicaines. En 1991, dominé par deux présidences hostiles au président de la République, le Parlement était improductif et a versé dans des actions politiques regrettables. Le régime politique actuel parce qu'il est dit semi-présidentiel exige une meilleure relation entre le Parlement et l'exécutif. Selon l'esprit et les lettres de la loi-mère, il y a des correspondances institutionnelles qui sont constitutionnellement énumérées entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Ne serait-ce que pour respecter la Constitution, la collaboration entre l'exécutif et le législatif est nécessaire. L'entêtement ou l'idée de blocage apparaît, dans ce cas d'espèce, comme une volonté affichée de paralyser la vie politique.
Si le parlement est un lieu crucial de production des décisions contraignantes sous forme de législation ordinaire (loi) et constitutionnelle (révision de la loi-mère), il ne peut faire l'économie d'une collaboration franche avec le pouvoir exécutif notamment au Président de la république qui a un pouvoir réglementaire (décret d'application des lois, arrêtés, circulaire, notamment celle autorisant à publier les lois au Journal Officiel ect). Les lois d'origine parlementaire, au-delà des sensations médiatiques, peuvent ne pas avoir tous les effets recherchés si l'exécutif n'est pas complètement impliqué dans la défense de ces lois. La loi Benoit sur le salaire minimum, la loi Bastien sur les frais scolaire sont des exemples pour montrer les limites des lois d'origine parlementaire si l'exécutif ne supporte pas ces textes. Aucun suivi jurico-administratif n'a été fait pour la loi Benoit sinon que payer les ouvriers le salaire fixé dans la dite loi, la loi Bastien sur les frais scolaires n'a pas été appliquée.
L'agenda parlementaire est défini par le pouvoir exécutif, contrairement à ce que l'on aurait pu penser. Le Parlement n'est productif sur le plan législatif que s'il est en harmonie avec le Chef de l'État. Dans la mécanique de production des textes législatif, le Chef de l'État apparaît comme un Chief Legislator en présidant le Conseil des ministres qui est le haut lieu de la prise des décisions de l'État. Étant donné que l'on gouverne que par la loi, le pouvoir exécutif a une prééminence sur le calendrier du travail parlementaire. Les agendas législatifs et gouvernementaux sont globalement dérivés des décisions prises en conseil des ministres.
Une coopération pour le progrès de nation
En grande partie, le Parlement et le l'exécutif sont responsables du processus politique et de la fixation de priorités relatives aux politiques publiques. Des politiques publiques bien élaborées exigent des productions législatives et des décisions gouvernementales à la hauteur des enjeux de la construction du pays. Au moins 120 projets de loi importants susceptibles de contribuer à la réforme de l'État et au développement économique et social sont déjà identifiés. La 49ème Législature a du travail important qui l'attend.
Si le contrôle juridictionnel du Parlement sur le travail gouvernemental est inscrit dans les mœurs politiques, mais un contrôle inapte est de nature à envoyer des mauvais signaux à la population qui attend une collaboration franche entre les deux institutions co-détentrices de la souveraineté nationale afin d'assurer la sauvegarde des institutions républicaines. Pour mener à bien cette législature, les Parlementaires doivent se faire accompagner par des experts de haut niveau pour les aider dans les travaux de commission.
L'émergence de la démocratie de l'opinion
La démocratie de l'opinion que l'élection de Michel Martelly a instituée en Haïti peut aider la population à apprécier le travail parlementaire eu égard aux projets de lois arrêtés en Conseil des Ministres qui pourraient être communiqués à la presse. Les activités parlementaires et les initiatives législatives d’origine gouvernementale ou législative sont fortement corrélées entre elles. Non seulement, ces associations sont significatives pour les mouvements verticaux de production législative, mais elles le sont également pour les liens plus horizontaux de proximité thématique des différentes initiatives législatives ainsi que pour ceux de contrôle juridictionnel du gouvernement par le parlement avec les décisions du conseil des ministres.
Les sondages d'opinion, les études politiques et sociologiques pourraient largement utiliser dans les prochains mois avec la démocratie de l'opinion qu'instaure la présidence de Michel Joseph Martelly. Cette démocratie de l'opinion constitue, à n'en pas douter, un pas salutaire vers la modernisation politique du pays. Elle va permettre d'apprécier le travail du couple institutionnel exécutif-législatif si le quinquennat de Martelly fait appel au Think tank ( Centre de Réflexion) pour la formulation des politiques publiques et si la présidence de Martelly se situe dans une logique de coproduction législative pour les lois demandant un compromis entre les forces politiques notamment la loi sur le parti politique et la loi électorale.
Les sièges vacants au Sénat de la République viennent d'être comblés et la Chambre des Députés a été complètement renouvelée aux dernières élections législatives. Dans quelque jours, le Parlement Haïtien va élire les bureaux des deux branches du pouvoir législatif. Les parlementaires vont prendre une décision importante dans un contexte historique qui demande beaucoup de lucidité et un sens de compromis pour assurer le bon fonctionnement de l'institution parlementaire. Tout laisse à croire, au regard du besoin du pays, il est nécessaire à ce que les pouvoirs publics entretiennent de meilleures coopérations et évitent des conflits au sommet de l'État. L'approche structuro-fonctionnaliste est plus que jamais nécessaire afin d'assurer la bonne marche de l'État. Le Parlement ne sera pas productif s'il est en conflit avec le Président de la République. Le travail parlementaire sera limité sans une franche collaboration avec le Chef de l'Etat.
L'arithmétique parlementaire au vu des résultats publiés par le Conseil Électoral Provisoire (CEP) permet de constater qu'il n'y a pas de parti majoritaire au Parlement. Sur le plan strictement juridique, le Parti Lespwa est différent du Parti INITE, juridiquement il est impossible d'assimiler INITE à Lespwa. Toute chose étant égale par ailleurs, la majorité parlementaire est toujours actée par une décision d'une juridiction compétente en ayant recours au résultats des élections. Au vu des résultats publiés par la juridiction électorale, il n'y a aucun parti qui détient une majorité absolue au Parlement. A défaut d'une majorité parlementaire qui est l'expression directe des urnes, il y a automatiquement une majorité présidentielle même si des blocs politiques peuvent être constitués au Parlement. Aujourd'hui, une réalité demeure c'est que la majorité fonctionnelle à la 49ème législature ne peut être que présidentielle. Tel est l'esprit de nos institutions comme l'a si bien noté la jurisprudence parlementaire et gouvernementale depuis 1988. Dans les conditions actuelles, il revient au Président Michel Joseph Martelly d'entreprendre les démarches pour constituer une majorité au Parlement. Le Premier Ministre choisi hérite de la majorité constituée par le Président de la République au Parlement. Donc, le Président choisit son Premier Ministre.
Contrairement à ce que j'ai pu lire dans les journaux et entendre à la radio haitiens, les résultats des élections législatives et sénatoriales ne créent pas une situation de cohabitation au niveau du pouvoir exécutif mais bien de coopération. Pour qu'il ait cohabitation au niveau du pouvoir exécutif, il faut qu'il ait un parti qui possède la majorité absolue à la fois à chambre des député et au Sénat de la République. Tel n'est pas le cas. Les résultats des législatives et sénatoriales donnent lieu à une situation de coopération entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Le terme cohabitation est fort et ne correspond en rien à la réalité parlementaire en Haïti. Il va avoir au Parlement, une majorité fonctionnelle qui ne peut qu'une majorité présidentielle. Tel est l'esprit de nos institutions tracé par la Constitution de 1987.
Un travail parlementaire ordonné par l'exécutif
La maigre production du travail parlementaire des cinq dernières législatures me porte à penser qu'il est nécessaire à ce que les présidents des deux chambres du corps législatif sont des parlementaires qui sont en harmonie avec le Président Michel Martelly, ce pour assurer le bon fonctionnement des institutions républicaines. En 1991, dominé par deux présidences hostiles au président de la République, le Parlement était improductif et a versé dans des actions politiques regrettables. Le régime politique actuel parce qu'il est dit semi-présidentiel exige une meilleure relation entre le Parlement et l'exécutif. Selon l'esprit et les lettres de la loi-mère, il y a des correspondances institutionnelles qui sont constitutionnellement énumérées entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Ne serait-ce que pour respecter la Constitution, la collaboration entre l'exécutif et le législatif est nécessaire. L'entêtement ou l'idée de blocage apparaît, dans ce cas d'espèce, comme une volonté affichée de paralyser la vie politique.
Si le parlement est un lieu crucial de production des décisions contraignantes sous forme de législation ordinaire (loi) et constitutionnelle (révision de la loi-mère), il ne peut faire l'économie d'une collaboration franche avec le pouvoir exécutif notamment au Président de la république qui a un pouvoir réglementaire (décret d'application des lois, arrêtés, circulaire, notamment celle autorisant à publier les lois au Journal Officiel ect). Les lois d'origine parlementaire, au-delà des sensations médiatiques, peuvent ne pas avoir tous les effets recherchés si l'exécutif n'est pas complètement impliqué dans la défense de ces lois. La loi Benoit sur le salaire minimum, la loi Bastien sur les frais scolaire sont des exemples pour montrer les limites des lois d'origine parlementaire si l'exécutif ne supporte pas ces textes. Aucun suivi jurico-administratif n'a été fait pour la loi Benoit sinon que payer les ouvriers le salaire fixé dans la dite loi, la loi Bastien sur les frais scolaires n'a pas été appliquée.
L'agenda parlementaire est défini par le pouvoir exécutif, contrairement à ce que l'on aurait pu penser. Le Parlement n'est productif sur le plan législatif que s'il est en harmonie avec le Chef de l'État. Dans la mécanique de production des textes législatif, le Chef de l'État apparaît comme un Chief Legislator en présidant le Conseil des ministres qui est le haut lieu de la prise des décisions de l'État. Étant donné que l'on gouverne que par la loi, le pouvoir exécutif a une prééminence sur le calendrier du travail parlementaire. Les agendas législatifs et gouvernementaux sont globalement dérivés des décisions prises en conseil des ministres.
Une coopération pour le progrès de nation
En grande partie, le Parlement et le l'exécutif sont responsables du processus politique et de la fixation de priorités relatives aux politiques publiques. Des politiques publiques bien élaborées exigent des productions législatives et des décisions gouvernementales à la hauteur des enjeux de la construction du pays. Au moins 120 projets de loi importants susceptibles de contribuer à la réforme de l'État et au développement économique et social sont déjà identifiés. La 49ème Législature a du travail important qui l'attend.
Si le contrôle juridictionnel du Parlement sur le travail gouvernemental est inscrit dans les mœurs politiques, mais un contrôle inapte est de nature à envoyer des mauvais signaux à la population qui attend une collaboration franche entre les deux institutions co-détentrices de la souveraineté nationale afin d'assurer la sauvegarde des institutions républicaines. Pour mener à bien cette législature, les Parlementaires doivent se faire accompagner par des experts de haut niveau pour les aider dans les travaux de commission.
L'émergence de la démocratie de l'opinion
La démocratie de l'opinion que l'élection de Michel Martelly a instituée en Haïti peut aider la population à apprécier le travail parlementaire eu égard aux projets de lois arrêtés en Conseil des Ministres qui pourraient être communiqués à la presse. Les activités parlementaires et les initiatives législatives d’origine gouvernementale ou législative sont fortement corrélées entre elles. Non seulement, ces associations sont significatives pour les mouvements verticaux de production législative, mais elles le sont également pour les liens plus horizontaux de proximité thématique des différentes initiatives législatives ainsi que pour ceux de contrôle juridictionnel du gouvernement par le parlement avec les décisions du conseil des ministres.
Les sondages d'opinion, les études politiques et sociologiques pourraient largement utiliser dans les prochains mois avec la démocratie de l'opinion qu'instaure la présidence de Michel Joseph Martelly. Cette démocratie de l'opinion constitue, à n'en pas douter, un pas salutaire vers la modernisation politique du pays. Elle va permettre d'apprécier le travail du couple institutionnel exécutif-législatif si le quinquennat de Martelly fait appel au Think tank ( Centre de Réflexion) pour la formulation des politiques publiques et si la présidence de Martelly se situe dans une logique de coproduction législative pour les lois demandant un compromis entre les forces politiques notamment la loi sur le parti politique et la loi électorale.
samedi 16 avril 2011
Continuité ?
par Daly Valet
Le Matin, 15 au 21 avril 2011
Michel Martelly a gagné haut la main l’élection présidentielle. Même si, à la grande stupéfaction de plus d’un, Mirlande Manigat, sa rivale défaite, tarde encore à saluer l’exploit spectaculaire de son tombeur et dénonce ce qu’elle dit être un « hold-up électoral », cela n’entache point d’illégitimité ni d’aucune souillure la netteté de la victoire de M. Martelly. Le fossé est tellement grand entre les scores réalisés par les deux compétiteurs que Mme Manigat a été bien inspirée de s’abstenir de toute contestation formelle des résultats officiels publiés par le CEP. C’aurait été, autrement, faire durer un mauvais plaisir et incruster, durablement, dans l’imaginaire collectif l’idée, peu enviable, que si le camp Manigat ne sait pas techniquement comment gagner une élection, il ignore autant comment s’en sortir honorablement en cas de défaite.
Il y a de l’animosité dans l’air. De l’amertume. Certains silences sont mêmes très éloquents. Surtout chez ceux des perdants qui persistent à croire qu’ils ont été spoliés d’une victoire certaine. De son antre doré où il ronge son chagrin de fauve blessé et trahi, Jude Célestin ne décolère toujours pas contre les Judas de son propre camp et ces proconsuls de l’international qui ont brisé ses rêves, par endroits irréalistes, voire ses chimères de dauphin de l’un des présidents les plus impopulaires de toute l’histoire de ce pays. Les choses à l’haïtienne ont fait qu’aujourd’hui il a, en Mirlande Manigat, une alliée dans l’infortune. Les mêmes sentiments de spoliation et de trahison les traversent tous deux. Pourtant, ils étaient, dès le début, solidairement enthousiastes à cautionner un processus électoral vicié à la base et dont ils espéraient tirer parti grandiosement dans une logique toute politicienne. L’un était un favori du pouvoir. L’autre, une candidate qui se voulait « devan devan nèt ». Les principes ne valaient pas. Seulement les calculs bassement politiciens, axés sur la logique du pouvoir à n’importe quel prix, prévalaient. Comme dit le vieux dicton haïtien, ils avaient bien compté mais mal calculé. C’est de la scélératesse de ne dénoncer le viol des principes que quand cela ne nous profite pas.
Aujourd’hui, il faut dépasser les dynamiques rancunières de mauvais perdants. Mirlande Manigat, René Préval, Jude Célestin, Inite et consorts doivent souhaiter le meilleur du monde au personnel dirigeant entrant. Ils ont eu leurs moments et leurs chances. Ils n’ont qu’eux-mêmes à blâmer s’ils n’ont pas su en profiter intelligemment. Le pays attend d’eux qu’ils fassent preuve de grandeur d’âme et de patriotisme si, d’aventure, le président élu, Michel Martelly, faisait appel à eux, à un titre ou à un autre, pour servir et sauver ensemble Haïti. Nos problèmes sont immenses et nos ressources très limitées. C’est dans l’apaisement social, la stabilité politique, et avec l’esprit citoyen d’abnégation, de dépassement, de concorde et de sacrifice que notre pays parviendra à se remettre de ses tourments.
Du coté des gagnants, il y a lieu de s’ouvrir, de ne point faire de la morgue, pour tendre la main à d’anciens rivaux ou à la nouvelle opposition née des dernières élections. M. Martelly n’aura pas la partie facile. De vieux routiers de la politique fourbissent déjà leurs armes et se proposent même de lui faire avaler bien de couleuvres. Les faucons aguerris de nos castes politiques rancies et momifiées ne lui pardonneront sans doute jamais de leur avoir ravi la vedette, de venir troubler leur jeu coquin de passe-passe au sommet de l’État, et de s’être imposé, du haut de son excentricité, comme par effraction dans le cercle des grands et des oligarques de ce pays. Il lui sera difficile de réussir son mandat avec de tels vis-à-vis comme éventuels partenaires politiques. La mission n’est cependant pas impossible. Il va falloir qu’il sache composer pour imposer ses agendas et conduire à terme ses grands chantiers. A côté de la plateforme Inite, l’Alternative constituera la deuxième force politique au Parlement. La fragmentation du vote durant les législatives, la dispersion des voix, en raison notamment des appels au boycott, feront du Parlement une institution bariolée où les intérêts s’harmoniseront difficilement. Le nouveau président sera surtout jugé sur sa capacité à faire passer ses projets primordiaux, à concilier les options de groupes et à faire, de cette configuration plurielle de l’instance législative, non un handicap, mais surtout un atout pour des dialogues démocratiques continus dans la poursuite de l’intérêt collectif.
Dialoguer ne veut point dire délibérer à n’en plus finir en quête d’un introuvable consensus. Il va falloir choisir et trancher. L’esprit d’ouverture ne devrait pas non plus renvoyer à l’idée de continuité. Si avec Aristide et Préval, nous avions eu droit au duvaliérisme et au jean-claudisme sans les Duvalier au pouvoir, avec Martelly, le pays ne tolérera point qu’il perpétue ses prédécesseurs dans ses choix et pratiques. On l’attend déjà, de pied ferme, dans le choix de son Premier ministre.
D.V.
Le Matin, 15 au 21 avril 2011
Michel Martelly a gagné haut la main l’élection présidentielle. Même si, à la grande stupéfaction de plus d’un, Mirlande Manigat, sa rivale défaite, tarde encore à saluer l’exploit spectaculaire de son tombeur et dénonce ce qu’elle dit être un « hold-up électoral », cela n’entache point d’illégitimité ni d’aucune souillure la netteté de la victoire de M. Martelly. Le fossé est tellement grand entre les scores réalisés par les deux compétiteurs que Mme Manigat a été bien inspirée de s’abstenir de toute contestation formelle des résultats officiels publiés par le CEP. C’aurait été, autrement, faire durer un mauvais plaisir et incruster, durablement, dans l’imaginaire collectif l’idée, peu enviable, que si le camp Manigat ne sait pas techniquement comment gagner une élection, il ignore autant comment s’en sortir honorablement en cas de défaite.
Il y a de l’animosité dans l’air. De l’amertume. Certains silences sont mêmes très éloquents. Surtout chez ceux des perdants qui persistent à croire qu’ils ont été spoliés d’une victoire certaine. De son antre doré où il ronge son chagrin de fauve blessé et trahi, Jude Célestin ne décolère toujours pas contre les Judas de son propre camp et ces proconsuls de l’international qui ont brisé ses rêves, par endroits irréalistes, voire ses chimères de dauphin de l’un des présidents les plus impopulaires de toute l’histoire de ce pays. Les choses à l’haïtienne ont fait qu’aujourd’hui il a, en Mirlande Manigat, une alliée dans l’infortune. Les mêmes sentiments de spoliation et de trahison les traversent tous deux. Pourtant, ils étaient, dès le début, solidairement enthousiastes à cautionner un processus électoral vicié à la base et dont ils espéraient tirer parti grandiosement dans une logique toute politicienne. L’un était un favori du pouvoir. L’autre, une candidate qui se voulait « devan devan nèt ». Les principes ne valaient pas. Seulement les calculs bassement politiciens, axés sur la logique du pouvoir à n’importe quel prix, prévalaient. Comme dit le vieux dicton haïtien, ils avaient bien compté mais mal calculé. C’est de la scélératesse de ne dénoncer le viol des principes que quand cela ne nous profite pas.
Aujourd’hui, il faut dépasser les dynamiques rancunières de mauvais perdants. Mirlande Manigat, René Préval, Jude Célestin, Inite et consorts doivent souhaiter le meilleur du monde au personnel dirigeant entrant. Ils ont eu leurs moments et leurs chances. Ils n’ont qu’eux-mêmes à blâmer s’ils n’ont pas su en profiter intelligemment. Le pays attend d’eux qu’ils fassent preuve de grandeur d’âme et de patriotisme si, d’aventure, le président élu, Michel Martelly, faisait appel à eux, à un titre ou à un autre, pour servir et sauver ensemble Haïti. Nos problèmes sont immenses et nos ressources très limitées. C’est dans l’apaisement social, la stabilité politique, et avec l’esprit citoyen d’abnégation, de dépassement, de concorde et de sacrifice que notre pays parviendra à se remettre de ses tourments.
Du coté des gagnants, il y a lieu de s’ouvrir, de ne point faire de la morgue, pour tendre la main à d’anciens rivaux ou à la nouvelle opposition née des dernières élections. M. Martelly n’aura pas la partie facile. De vieux routiers de la politique fourbissent déjà leurs armes et se proposent même de lui faire avaler bien de couleuvres. Les faucons aguerris de nos castes politiques rancies et momifiées ne lui pardonneront sans doute jamais de leur avoir ravi la vedette, de venir troubler leur jeu coquin de passe-passe au sommet de l’État, et de s’être imposé, du haut de son excentricité, comme par effraction dans le cercle des grands et des oligarques de ce pays. Il lui sera difficile de réussir son mandat avec de tels vis-à-vis comme éventuels partenaires politiques. La mission n’est cependant pas impossible. Il va falloir qu’il sache composer pour imposer ses agendas et conduire à terme ses grands chantiers. A côté de la plateforme Inite, l’Alternative constituera la deuxième force politique au Parlement. La fragmentation du vote durant les législatives, la dispersion des voix, en raison notamment des appels au boycott, feront du Parlement une institution bariolée où les intérêts s’harmoniseront difficilement. Le nouveau président sera surtout jugé sur sa capacité à faire passer ses projets primordiaux, à concilier les options de groupes et à faire, de cette configuration plurielle de l’instance législative, non un handicap, mais surtout un atout pour des dialogues démocratiques continus dans la poursuite de l’intérêt collectif.
Dialoguer ne veut point dire délibérer à n’en plus finir en quête d’un introuvable consensus. Il va falloir choisir et trancher. L’esprit d’ouverture ne devrait pas non plus renvoyer à l’idée de continuité. Si avec Aristide et Préval, nous avions eu droit au duvaliérisme et au jean-claudisme sans les Duvalier au pouvoir, avec Martelly, le pays ne tolérera point qu’il perpétue ses prédécesseurs dans ses choix et pratiques. On l’attend déjà, de pied ferme, dans le choix de son Premier ministre.
D.V.
dimanche 10 avril 2011
Rupture ?
par Daly Valet
Le Matin, 8 au 15 avril 2011
Le peuple souverain l’a décidé ! Joseph Michel Martelly a recueilli près de 67 % des suffrages exprimés lors du second tour de la présidentielle. Sa rivale malheureuse, Mirlande Manigat, n’a engrangé qu’un maigre 31 %. Un vrai séisme électoral. La victoire est écrasante et sans appel. À partir du 14 mai prochain, M. Martelly sera bel et bien le 56e président de la République d’Haïti. Les minorités retardataires, récalcitrantes et mélancoliques n’ont qu’à se conformer au verdict des urnes et se courber devant le choix souverain de la majorité. Cette majorité peut être, certes, turbulente, vindicative, anarchisante et aventuriste, voire très mal inspirée. L’éthique démocratique exige, malgré tout, que la cité s’ordonne politiquement autour des options du segment majoritaire de l’électorat.
Que des jeunes de la génération hip-hop, pourfendeurs enragés du « système », et d’autres révoltés, déçus du règne lavalas et des interrègnes putschistes, aient pu catapulter l’anticonformiste et l’impétueux Sweet Micky au sommet de l’État, c’est dire que l’ordre social actuel symbolisait, pour ces nouveaux Danton de la contestation sociale radicale, une autre Bastille à abattre. Les manigances du pouvoir leur avaient privé de leur égérie, Wyclef Jean. Pour se venger, et toujours dans l’optique d’imposer leur propre ordre, ils ont assené d’un coup de Micky, en pleine figure, la bonne veille société haïtienne en déconfiture. Sous des dehors innocents et bon enfant, il s’agit d’un choix conscient. Cynique. Violent même. Le vote contestataire du 20 mars a en fait servi d’exutoire au mécontentement exacerbé des masses et à cette violence sourde qui travaille Haïti jusque dans ses entrailles. Il n’y a pas que par les armes qu’on règle ses comptes avec des sociétés injustes comme Haïti. Depuis les élections fondatrices de 1990 qui avaient porté au pouvoir l’ex-prêtre populiste Jean-Bertrand Aristide, le bulletin de vote est devenu une arme redoutable entre les mains des exclus historiques du système. Si le vote majoritaire fait désormais loi en Afrique du Sud et que les tenants de l’apartheid s’y plient par pragmatisme depuis les réformes constitutionnelles des années quatre-vingt-dix, les élites conservatrices, rétrogrades et putschistes de la droite et de la soi-disant gauche haïtiennes, doivent également faire leur conversion, même tardive, en vrais démocrates.
Nous avions vu venir, dans ces colonnes, la victoire de Michel Martelly. Nous en étions même convaincus au lendemain du vote décisif du second tour. Il osait et tenait ferme là où Mirlande Manigat tergiversait et perdait de la contenance. Il a choisi de chevaucher le mécontentement populaire, de nourrir l’utopie chez les déshérités, d’attaquer René Préval frontalement, quand la candidate du RDNP laissait, elle-même, le pays avec l’impression déstabilisante qu’elle composait avec le président de la république. Un président Préval qui fait justement l’objet de toutes les récriminations, ce, dans toutes les couches de la société. Professeure d’université, Mme Manigat n’avait pas l’air de maîtriser ses dossiers. Elle n’a pas su consolider sa base électorale du premier tour ni rassurer les indépendants et les indécis dans l’entre-deux tours. Le manque d’audace de Mirlande Manigat, son discours professoral plus donneur de leçons qu’inspirateur, sa campagne terne et peu engageante, l’absence d’une stratégie électorale définie, sont autant de facteurs ayant contribué à faire du candidat de Repons Peyizan, son tombeur. De plus, elle n’a pas su mobiliser derrière elle les classes moyennes, lesquelles devraient être objectivement son électorat naturel. Elle a perdu parce qu’elle a été seule. Trop seule à l’ère des masses révoltées et des foules en puissance.
À travers la défaite de Mme Manigat, la débandade de M. Préval et de son bric-à-brac Inite, c’est toute une génération d’hommes et de femmes politiques qui vient d’être mise au placard. Avec Michel Martelly au pouvoir, c’est vingt-cinq années de gestion calamiteuse du pouvoir, par des cohortes d’incapables et de jouisseurs, qui viennent d’être sanctionnées et répudiées. Le nouveau président aura la tâche ingrate de nettoyer les écuries après les gabegies des deux dernières décennies. Il devra sortir Haïti de l’ornière, restituer son prestige, et l’engager sur la voie de la modernité. Apres les dégâts des autres, il va devoir construire, transformer, réformer et révolutionner. Le pays n’a pas besoin d’un Sweet Micky irrévérencieux au pouvoir. Il nous faut un Michel Martelly bon père de famille, respectueux de notre histoire et des principes moraux de la république. Les couches saines et éclairées du pays feront la veille. Sceptiques et angoissées, elles n’attendent pas beaucoup de M. Martelly. Elles s’investissent en lui négativement. Comme, d’ailleurs, le peuple des rues qui a voté pour lui. Ce peuple avoue vouloir prendre sa chance avec un « vagabond », après la faillite des élites traditionnelles. Il a fait de son « vagabond » un président. Ce dernier devra donc nous éblouir. Nous surprendre. Nous émouvoir par ses grandes réalisations. Il doit marquer la rupture, notamment par rapport au président sortant. L’ivresse de la victoire et la griserie du pouvoir ne devront lui faire oublier qu’il a eu la faveur d’à peine 16% de l’électorat. Se faire élire par seulement 700 mille électeurs sur un électorat de plus de 4 millions, avec un taux d’abstention de 70 % dans un pays de près de 10 millions d’habitants, c’est inaugurer son mandat avec un déficit certain de légitimité et d’assise populaires. La mission de Martelly sera avant tout de rassembler le pays, de le réconcilier avec lui-même, et de nous montrer qu’un Chef d’État sommeillait en Sweet Micky.
D.V.
Le Matin, 8 au 15 avril 2011
Le peuple souverain l’a décidé ! Joseph Michel Martelly a recueilli près de 67 % des suffrages exprimés lors du second tour de la présidentielle. Sa rivale malheureuse, Mirlande Manigat, n’a engrangé qu’un maigre 31 %. Un vrai séisme électoral. La victoire est écrasante et sans appel. À partir du 14 mai prochain, M. Martelly sera bel et bien le 56e président de la République d’Haïti. Les minorités retardataires, récalcitrantes et mélancoliques n’ont qu’à se conformer au verdict des urnes et se courber devant le choix souverain de la majorité. Cette majorité peut être, certes, turbulente, vindicative, anarchisante et aventuriste, voire très mal inspirée. L’éthique démocratique exige, malgré tout, que la cité s’ordonne politiquement autour des options du segment majoritaire de l’électorat.
Que des jeunes de la génération hip-hop, pourfendeurs enragés du « système », et d’autres révoltés, déçus du règne lavalas et des interrègnes putschistes, aient pu catapulter l’anticonformiste et l’impétueux Sweet Micky au sommet de l’État, c’est dire que l’ordre social actuel symbolisait, pour ces nouveaux Danton de la contestation sociale radicale, une autre Bastille à abattre. Les manigances du pouvoir leur avaient privé de leur égérie, Wyclef Jean. Pour se venger, et toujours dans l’optique d’imposer leur propre ordre, ils ont assené d’un coup de Micky, en pleine figure, la bonne veille société haïtienne en déconfiture. Sous des dehors innocents et bon enfant, il s’agit d’un choix conscient. Cynique. Violent même. Le vote contestataire du 20 mars a en fait servi d’exutoire au mécontentement exacerbé des masses et à cette violence sourde qui travaille Haïti jusque dans ses entrailles. Il n’y a pas que par les armes qu’on règle ses comptes avec des sociétés injustes comme Haïti. Depuis les élections fondatrices de 1990 qui avaient porté au pouvoir l’ex-prêtre populiste Jean-Bertrand Aristide, le bulletin de vote est devenu une arme redoutable entre les mains des exclus historiques du système. Si le vote majoritaire fait désormais loi en Afrique du Sud et que les tenants de l’apartheid s’y plient par pragmatisme depuis les réformes constitutionnelles des années quatre-vingt-dix, les élites conservatrices, rétrogrades et putschistes de la droite et de la soi-disant gauche haïtiennes, doivent également faire leur conversion, même tardive, en vrais démocrates.
Nous avions vu venir, dans ces colonnes, la victoire de Michel Martelly. Nous en étions même convaincus au lendemain du vote décisif du second tour. Il osait et tenait ferme là où Mirlande Manigat tergiversait et perdait de la contenance. Il a choisi de chevaucher le mécontentement populaire, de nourrir l’utopie chez les déshérités, d’attaquer René Préval frontalement, quand la candidate du RDNP laissait, elle-même, le pays avec l’impression déstabilisante qu’elle composait avec le président de la république. Un président Préval qui fait justement l’objet de toutes les récriminations, ce, dans toutes les couches de la société. Professeure d’université, Mme Manigat n’avait pas l’air de maîtriser ses dossiers. Elle n’a pas su consolider sa base électorale du premier tour ni rassurer les indépendants et les indécis dans l’entre-deux tours. Le manque d’audace de Mirlande Manigat, son discours professoral plus donneur de leçons qu’inspirateur, sa campagne terne et peu engageante, l’absence d’une stratégie électorale définie, sont autant de facteurs ayant contribué à faire du candidat de Repons Peyizan, son tombeur. De plus, elle n’a pas su mobiliser derrière elle les classes moyennes, lesquelles devraient être objectivement son électorat naturel. Elle a perdu parce qu’elle a été seule. Trop seule à l’ère des masses révoltées et des foules en puissance.
À travers la défaite de Mme Manigat, la débandade de M. Préval et de son bric-à-brac Inite, c’est toute une génération d’hommes et de femmes politiques qui vient d’être mise au placard. Avec Michel Martelly au pouvoir, c’est vingt-cinq années de gestion calamiteuse du pouvoir, par des cohortes d’incapables et de jouisseurs, qui viennent d’être sanctionnées et répudiées. Le nouveau président aura la tâche ingrate de nettoyer les écuries après les gabegies des deux dernières décennies. Il devra sortir Haïti de l’ornière, restituer son prestige, et l’engager sur la voie de la modernité. Apres les dégâts des autres, il va devoir construire, transformer, réformer et révolutionner. Le pays n’a pas besoin d’un Sweet Micky irrévérencieux au pouvoir. Il nous faut un Michel Martelly bon père de famille, respectueux de notre histoire et des principes moraux de la république. Les couches saines et éclairées du pays feront la veille. Sceptiques et angoissées, elles n’attendent pas beaucoup de M. Martelly. Elles s’investissent en lui négativement. Comme, d’ailleurs, le peuple des rues qui a voté pour lui. Ce peuple avoue vouloir prendre sa chance avec un « vagabond », après la faillite des élites traditionnelles. Il a fait de son « vagabond » un président. Ce dernier devra donc nous éblouir. Nous surprendre. Nous émouvoir par ses grandes réalisations. Il doit marquer la rupture, notamment par rapport au président sortant. L’ivresse de la victoire et la griserie du pouvoir ne devront lui faire oublier qu’il a eu la faveur d’à peine 16% de l’électorat. Se faire élire par seulement 700 mille électeurs sur un électorat de plus de 4 millions, avec un taux d’abstention de 70 % dans un pays de près de 10 millions d’habitants, c’est inaugurer son mandat avec un déficit certain de légitimité et d’assise populaires. La mission de Martelly sera avant tout de rassembler le pays, de le réconcilier avec lui-même, et de nous montrer qu’un Chef d’État sommeillait en Sweet Micky.
D.V.
samedi 9 avril 2011
Vers une première révision constitutionnelle, 24 ans après
Joseph Chanoine Charles
cjchanoine@yahoo.fr
04/04/2011
Le calendrier de la 49e législature est quasiment arrêté. À partir du 26 avril prochain, le sort des propositions de révision de la Constitution sera définitivement fixé par les nouveaux parlementaires. Les changements, qui doivent être apportés à la loi mère à l’occasion de cette première révision depuis 24 ans, le seront en fonction des modalités fixées aux articles 282 et suivants de la Constitution de 1987.
Les propositions, de l’Exécutif, modifiées, ont été approuvées le 16 septembre 2009 par une 48e législature presque acquise à la cause de René Préval, au cours d’une séance très houleuse. Des propositions votées à la hâte, dans une absence profonde de débats tant au niveau des parlementaires qu’au niveau des différents secteurs de la société. Les thèmes dominants et les articles devant être amendés restent encore peu connus du grand public. Seulement deux semaines restent pour la fin de la première session de cette législature. Les mêmes problèmes risquent de se poser avant le vote des propositions de l’Exécutif. Déjà, plusieurs organisations de la société civile se demandent si on ne risque pas de tomber dans les mêmes pièges. Les parlementaires auront seulement quinze (15) jours pour statuer sur des propositions qui, normalement, devraient faire l’objet de grandes discussions au sein de tous les secteurs de la vie nationale. Une absence de débats profonds est en passe de caractériser le vote de ces propositions. Le temps presse. On joue désormais à la va-vite.
Constitution de 1987 et proposition de révision : analyse comparative
L'équité de genre, la question de la double nationalité, la création d'un Conseil constitutionnel, la réduction du nombre d'élections et la diminution du nombre de seconds tours jugés dispendieux, l’introduction du jus soli, la reformulation ou l'élimination des articles ambigus ou jugés inutiles sont, entre autres, les grandes lignes du projet de révision de la Constitution de 1987 voté par la dernière législature. D’entrée de jeu, il faut dire que, dans le chapitre I, un seul article est modifié. Dans la Constitution en vigueur, cet article stipule que « Haïti est une République, indivisible, souveraine, indépendante, coopératiste, libre, démocratique et sociale ». Dans le nouveau document, il se lit ainsi : « Haïti est une République, indivisible, souveraine, indépendante, libre, démocratique et sociale». Seulement un léger changement y est apporté. On ôte le qualificatif coopératiste.
Dans la Constitution de 1987, l'article ayant rapport à la double nationalité s'intitule : « Possède la nationalité haïtienne d'origine tout individu né d'un père haïtien ou d'une mère haïtienne qui, eux-mêmes, sont nés haïtiens et n'avaient jamais renoncé à leur nationalité au moment de la naissance ». Désormais, l’article 11 sera lu ainsi dans le nouveau document : « Possède la nationalité haïtienne de naissance tout individu né d'un père haïtien ou d'une mère haïtienne qui, eux-mêmes, n'avaient pas répudié leur nationalité au moment de la naissance de l'enfant ». La question de la nationalité haïtienne d’origine a été tout simplement rayée et des verrous sont donc enlevés pour des compatriotes de la diaspora.
D’autres articles ont également été modifiés dans ce chapitre. Les articles 12.1, 12.2, 13 et 14 qui traitent aussi de la nationalité sont supprimés, dont l’article 12 qui se lisait comme suit : « La nationalité haïtienne peut être acquise par la naturalisation ».
Dans le projet de révision, cet article se lit ainsi : « Tout Haïtien est soumis à l'ensemble des droits et obligations attachés à sa nationalité haïtienne. Aucun Haïtien ne peut, à l'endroit des autorités haïtiennes, faire prévaloir sa nationalité étrangère sur le territoire de la République d'Haïti ».
Au moment où la diaspora réclame son droit de vote et l’acceptation de la double nationalité, l’on se demande encore si les Haïtiens vivant en terre étrangère vont pouvoir intégrer finalement les instances décisionnelles. D’ailleurs, une pétition est déjà lancée pour demander à la 49e législature d’agir vite en vue de leur permettre de participer à la construction de la nouvelle Haïti.
Dans le chapitre traitant de la question du droit et des devoirs du citoyen, la Constitution de 1987 formule que : « La réunion des droits civils et politiques constitue la qualité de citoyen ». L’Exécutif propose que l’article 16 soit modifié : « La jouissance, l'exercice des droits civils et politiques constituent la qualité du citoyen. La suspension et la perte de ces droits sont réglés par la loi ». Tandis que l’article 16.1 est supprimé, un nouvel article (17.1) est ajouté dans cette section, prenant en compte la question d’équité de genre : « Le principe du quota d'au moins trente pour cent (30%) de femmes est reconnu à tous les niveaux de la vie nationale, notamment dans les services publics».
La formulation de l'article 18 dans la Constitution de 1987 se lit comme suit : « Les Haïtiens sont égaux devant la loi, sous la réserve des avantages conférés aux Haïtiens qui n'ont jamais renoncé à leur nationalité». Un léger changement a été apporté à cet article qui referme ce chapitre. La nouvelle formulation est la suivante : « Les Haïtiens sont égaux devant la loi sous réserve des avantages conférés aux Haïtiens de naissance».
En ce qui a trait à l’éducation, plusieurs articles sont donc modifiés. L'article 32 - qui stipulait : « L'Etat garantit le droit à l'éducation. Il veille à la formation physique, intellectuelle, morale, professionnelle, sociale et civique de la population» - devient : « L'Etat garantit le droit à l'éducation. L'enseignement est libre à tous les degrés. Cette liberté s'exerce sous le contrôle de l'Etat». Outre le 32, les articles 32.1, 32.2, 32.3, 32.9 seront modifiés.
Tout le doute tournait autour de la question du mandat des élus et de leurs élections. L’article 134.3 de la constitution en vigueur stipule que « le président de la République ne peut bénéficier de prolongation de mandat. Il ne peut assumer un nouveau mandat qu’après un intervalle de 5 ans. En aucun cas, il ne peut briguer un troisième mandat ». Pour cause, le document final de révision n’a même pas touché à cet article qui, dans le premier projet d’amendement, avait fait couler beaucoup d’encre, car prévoyant un troisième mandat pour le président de la République. L’article 134 relatif à l’élection du président stipule que : « Le président de la République est élu au suffrage universel direct, à la majorité absolue des votants établie à partir des votes valides conformément à la loi électorale (l’on ajoute votes valides). Si cette majorité n’est pas obtenue au premier tour, il est procédé à un second tour. »
L’article 134.4 a été ajouté au document. Il se lit ainsi : A l’ occasion des élections, le candidat le plus favorisé au premier tour n’ayant pas obtenu la majorité absolue est déclaré président dans le cas où son avance sur son poursuivant immédiat est égale ou supérieure à 25 %. Ceci est valable pour sénateurs et députés qui devraient avoir tous un mandat de 5 ans, selon le projet de révision. Le mieux que l’on puisse dire, c’est qu’on risque d’avoir, dans certains cas, des élus dont la légitimité serait peut-être très fragile.
Pour l’adoption de la décision de réviser la Constitution, il est prévu une période spécifique : la première session de la législature ; une formation spéciale : l’Assemblée nationale ; un quorum précis : la présence des deux tiers (2/3) des membres de chacune des deux Assemblées ; un type de majorité : la décision d’adopter l’amendement proposé est prise par un vote à la majorité qualifiée (2/3) des suffrages exprimés. Rappelons que la Constitution, en son article 283, fait obligation aux Assemblées de se réunir en Assemblée nationale pour statuer sur l’amendement proposé dès la première session de la législature suivante, c’est-à-dire la législature ayant suivi celle qui a fait la déclaration. Par ailleurs, le président René Préval, initiateur de ce projet, est le premier à le violer. L’article 132.2 du document fait injonction au président de remettre le pouvoir le 7 février de l’année qui boucle ses 5 ans, quel que soit le mois de la prestation de serment.
cjchanoine@yahoo.fr
04/04/2011
Le calendrier de la 49e législature est quasiment arrêté. À partir du 26 avril prochain, le sort des propositions de révision de la Constitution sera définitivement fixé par les nouveaux parlementaires. Les changements, qui doivent être apportés à la loi mère à l’occasion de cette première révision depuis 24 ans, le seront en fonction des modalités fixées aux articles 282 et suivants de la Constitution de 1987.
Les propositions, de l’Exécutif, modifiées, ont été approuvées le 16 septembre 2009 par une 48e législature presque acquise à la cause de René Préval, au cours d’une séance très houleuse. Des propositions votées à la hâte, dans une absence profonde de débats tant au niveau des parlementaires qu’au niveau des différents secteurs de la société. Les thèmes dominants et les articles devant être amendés restent encore peu connus du grand public. Seulement deux semaines restent pour la fin de la première session de cette législature. Les mêmes problèmes risquent de se poser avant le vote des propositions de l’Exécutif. Déjà, plusieurs organisations de la société civile se demandent si on ne risque pas de tomber dans les mêmes pièges. Les parlementaires auront seulement quinze (15) jours pour statuer sur des propositions qui, normalement, devraient faire l’objet de grandes discussions au sein de tous les secteurs de la vie nationale. Une absence de débats profonds est en passe de caractériser le vote de ces propositions. Le temps presse. On joue désormais à la va-vite.
Constitution de 1987 et proposition de révision : analyse comparative
L'équité de genre, la question de la double nationalité, la création d'un Conseil constitutionnel, la réduction du nombre d'élections et la diminution du nombre de seconds tours jugés dispendieux, l’introduction du jus soli, la reformulation ou l'élimination des articles ambigus ou jugés inutiles sont, entre autres, les grandes lignes du projet de révision de la Constitution de 1987 voté par la dernière législature. D’entrée de jeu, il faut dire que, dans le chapitre I, un seul article est modifié. Dans la Constitution en vigueur, cet article stipule que « Haïti est une République, indivisible, souveraine, indépendante, coopératiste, libre, démocratique et sociale ». Dans le nouveau document, il se lit ainsi : « Haïti est une République, indivisible, souveraine, indépendante, libre, démocratique et sociale». Seulement un léger changement y est apporté. On ôte le qualificatif coopératiste.
Dans la Constitution de 1987, l'article ayant rapport à la double nationalité s'intitule : « Possède la nationalité haïtienne d'origine tout individu né d'un père haïtien ou d'une mère haïtienne qui, eux-mêmes, sont nés haïtiens et n'avaient jamais renoncé à leur nationalité au moment de la naissance ». Désormais, l’article 11 sera lu ainsi dans le nouveau document : « Possède la nationalité haïtienne de naissance tout individu né d'un père haïtien ou d'une mère haïtienne qui, eux-mêmes, n'avaient pas répudié leur nationalité au moment de la naissance de l'enfant ». La question de la nationalité haïtienne d’origine a été tout simplement rayée et des verrous sont donc enlevés pour des compatriotes de la diaspora.
D’autres articles ont également été modifiés dans ce chapitre. Les articles 12.1, 12.2, 13 et 14 qui traitent aussi de la nationalité sont supprimés, dont l’article 12 qui se lisait comme suit : « La nationalité haïtienne peut être acquise par la naturalisation ».
Dans le projet de révision, cet article se lit ainsi : « Tout Haïtien est soumis à l'ensemble des droits et obligations attachés à sa nationalité haïtienne. Aucun Haïtien ne peut, à l'endroit des autorités haïtiennes, faire prévaloir sa nationalité étrangère sur le territoire de la République d'Haïti ».
Au moment où la diaspora réclame son droit de vote et l’acceptation de la double nationalité, l’on se demande encore si les Haïtiens vivant en terre étrangère vont pouvoir intégrer finalement les instances décisionnelles. D’ailleurs, une pétition est déjà lancée pour demander à la 49e législature d’agir vite en vue de leur permettre de participer à la construction de la nouvelle Haïti.
Dans le chapitre traitant de la question du droit et des devoirs du citoyen, la Constitution de 1987 formule que : « La réunion des droits civils et politiques constitue la qualité de citoyen ». L’Exécutif propose que l’article 16 soit modifié : « La jouissance, l'exercice des droits civils et politiques constituent la qualité du citoyen. La suspension et la perte de ces droits sont réglés par la loi ». Tandis que l’article 16.1 est supprimé, un nouvel article (17.1) est ajouté dans cette section, prenant en compte la question d’équité de genre : « Le principe du quota d'au moins trente pour cent (30%) de femmes est reconnu à tous les niveaux de la vie nationale, notamment dans les services publics».
La formulation de l'article 18 dans la Constitution de 1987 se lit comme suit : « Les Haïtiens sont égaux devant la loi, sous la réserve des avantages conférés aux Haïtiens qui n'ont jamais renoncé à leur nationalité». Un léger changement a été apporté à cet article qui referme ce chapitre. La nouvelle formulation est la suivante : « Les Haïtiens sont égaux devant la loi sous réserve des avantages conférés aux Haïtiens de naissance».
En ce qui a trait à l’éducation, plusieurs articles sont donc modifiés. L'article 32 - qui stipulait : « L'Etat garantit le droit à l'éducation. Il veille à la formation physique, intellectuelle, morale, professionnelle, sociale et civique de la population» - devient : « L'Etat garantit le droit à l'éducation. L'enseignement est libre à tous les degrés. Cette liberté s'exerce sous le contrôle de l'Etat». Outre le 32, les articles 32.1, 32.2, 32.3, 32.9 seront modifiés.
Tout le doute tournait autour de la question du mandat des élus et de leurs élections. L’article 134.3 de la constitution en vigueur stipule que « le président de la République ne peut bénéficier de prolongation de mandat. Il ne peut assumer un nouveau mandat qu’après un intervalle de 5 ans. En aucun cas, il ne peut briguer un troisième mandat ». Pour cause, le document final de révision n’a même pas touché à cet article qui, dans le premier projet d’amendement, avait fait couler beaucoup d’encre, car prévoyant un troisième mandat pour le président de la République. L’article 134 relatif à l’élection du président stipule que : « Le président de la République est élu au suffrage universel direct, à la majorité absolue des votants établie à partir des votes valides conformément à la loi électorale (l’on ajoute votes valides). Si cette majorité n’est pas obtenue au premier tour, il est procédé à un second tour. »
L’article 134.4 a été ajouté au document. Il se lit ainsi : A l’ occasion des élections, le candidat le plus favorisé au premier tour n’ayant pas obtenu la majorité absolue est déclaré président dans le cas où son avance sur son poursuivant immédiat est égale ou supérieure à 25 %. Ceci est valable pour sénateurs et députés qui devraient avoir tous un mandat de 5 ans, selon le projet de révision. Le mieux que l’on puisse dire, c’est qu’on risque d’avoir, dans certains cas, des élus dont la légitimité serait peut-être très fragile.
Pour l’adoption de la décision de réviser la Constitution, il est prévu une période spécifique : la première session de la législature ; une formation spéciale : l’Assemblée nationale ; un quorum précis : la présence des deux tiers (2/3) des membres de chacune des deux Assemblées ; un type de majorité : la décision d’adopter l’amendement proposé est prise par un vote à la majorité qualifiée (2/3) des suffrages exprimés. Rappelons que la Constitution, en son article 283, fait obligation aux Assemblées de se réunir en Assemblée nationale pour statuer sur l’amendement proposé dès la première session de la législature suivante, c’est-à-dire la législature ayant suivi celle qui a fait la déclaration. Par ailleurs, le président René Préval, initiateur de ce projet, est le premier à le violer. L’article 132.2 du document fait injonction au président de remettre le pouvoir le 7 février de l’année qui boucle ses 5 ans, quel que soit le mois de la prestation de serment.
Culture du Riz/Méthode SRI
Le SRI : produire plus avec moins
Patrick Réma
patrickrema@yahoo.fr
05/04/2011
L’USAID/WINNER, la fondation BETTER U de l’acteur canado-américain Jim Carey et le SRI-RICE/CORNEL University ont organisé les 29 et 30 mars, au Club Indigo, un colloque international sur le système de riziculture intensive (SRI), pratiqué dans plus de 40 pays dans le monde.
L’USAID/WINNER, la fondation BETTER U de l’acteur canado-américain Jim Carey et le SRI-RICE/CORNEL University ont organisé les 29 et 30 mars, au Club Indigo, un colloque international sur le système de riziculture intensive (SRI), pratiqué dans plus de 40 pays dans le monde. Tenu sous le haut patronage du ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, ce colloque a réuni agronomes, cultivateurs et techniciens autour de la problématique de la culture du riz en Haïti.
« Système de riziculture intensive (SRI) : une alternative prometteuse à la riziculture haïtienne traditionnelle ». C’est autour de ce thème que des échanges ont eu lieu entre les différents acteurs impliqués dans la production du riz en Haïti. Pendant deux jours, ils ont partagé leurs expériences de la pratique de la méthode SRI. Ils ont aussi discuté du potentiel de développement de ce système à travers le pays.
Au regard de la situation actuelle de la culture du riz en Haïti, avec une consommation moyenne de 400 000 tonnes par année pour une production de 100 000 tonnes au cours de la même période, il convient de modifier la donne, indique le directeur général du ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, Lyonel Valbrun. « L’ancienne méthode de production du riz n’a pas apporté les résultats escomptés », a reconnu le directeur général. Dans ses propos d’ouverture du colloque, il a exprimé le vœu que les discussions soient bénéfiques pour tout le pays grâce à la sensibilisation des acteurs à la méthode SRI.
Selon l’expert malgache, Joeli Barisson, conférencier principal à ce colloque, les avantages du Système de riziculture intensif (SRI) sont énormes. L’application du SRI permet d’économiser « environ 90% de semences, 30 % d’eau. Il offre aussi la possibilité de réduire de moitié l’utilisation d’engrais, tout en permettant aux paysans de maximiser leur rendement », d’après M. Barisson. Chiffres à l’appui, il a démontré comment la méthode SRI peut rendre le riz haïtien compétitif sur le marché national et le marché international. Pour illustrer ses propos, il a pris l’exemple de la production d’une tonne de riz. Selon la méthode traditionnelle, il faut à un paysan 30 000 gourdes pour produire cette quantité, alors qu’il en a besoin 18 000, selon la méthode SRI.
Avec le SRI, deux mythes vont tomber, a indiqué le directeur général du projet USAID/Winner, Jean Robert Estimé. D’une part, il s’agit de l’idée qui fait croire qu’il ne peut pas y avoir une agriculture moderne dans des petites exploitations et avoir un rendement, d’autre part, le riz haïtien ne peut pas être compétitif. Le ministre de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, Joanas Gué, est de cet avis. Il a dit croire que si les acteurs du secteur appliquent les bonnes méthodes de production et unissent leurs forces, le pays peut produire la quantité de riz suffisante pour la consommation interne. Il croit qu’il y en aura de quoi exporter.
Ce qui coïncide avec la vision du président de la fondation BETTER U, l’acteur canado-américain Jim Carey, pour la filière riz en Haïti. « Je ne considère pas Haïti comme une catastrophe, mais une opportunité. J’espère que je vais vraiment m’impliquer à aider à développer cette filière agricole en Haïti », a-t-il lancé dans une courte intervention à la clôture du colloque. Les rêves de Jim Carey pour Haïti sont grands. Il a dit vouloir que le pays soit en mesure de répondre aux besoins de sa population : « Je voudrais que Haïti devienne prospère et auto-suffisante ». Pour lui, le SRI est un instrument important qui peut vraiment faire la différence. « Je souhaite que le SRI puisse aider Haïti à aller de l’avant et je vais m’impliquer pour cela ».
L’acteur a mis en place un secrétariat global, dirigé Erika Styger de SRI-RICE/Cornel University, sur la promotion du SRI. Dans sa présentation, Mme Styger a montré comment les paysans de plusieurs pays dans le monde sont arrivés à améliorer leur production de riz grâce à la méthode SRI. « À Madagaskar particulièrement où il a été appliqué pour la première fois, le SRI a contribué à l’amélioration des conditions de vie des fermiers », a-t-elle témoigné.
Selon les premières expériences faites dans plusieurs régions du pays, les résultats montrent que la riziculture haïtienne a de l’avenir. « Le SRI commence à s’implanter avec beaucoup de succès dans des zones d’intervention de WINNER, particulièrement aux Gonaïves, à Mirebalais et à Thomazeau. On constate que de plus en plus de paysans veulent appliquer le SRI au niveau de leurs propres parcelles de terre », a fait savoir le directeur de USAID/Winner, Jean-Robert Estimé.
Les cultivateurs, qui ont expérimenté le système, se sont en effet montrés très satisfaits des résultats. Lors d’une séance de témoignages, ils ont affirmé avoir été surpris du volume de riz récolté avec peu de semences. « Au début, on était sceptiques nos proches nous prenaient pour des fous en nous voyant cultiver le riz d’une manière différente de la façon dont on l’a toujours fait. Ce n’est qu’au moment des récoltes qu’on a compris l’importance du SRI et eux aussi », ont systématiquement expliqué tous les cultivateurs, lors de cette séance de témoignages.
Améliorer la production du riz en Haïti est d’autant plus nécessaire que le riz est classé en première position dans la filière agricole. Il est consommé par toute la population haïtienne. Son importation mensuelle avoisine les 30 000 tonnes. Au regard de cette situation, les paysans recommandent de renforcer ce secteur qui fait face à beaucoup de difficultés Parmi les difficultés évoquées, ils citent le problème de l’eau pour l’irrigation, la vétusté des matériels et les pertes post-récoltes.
Le projet WINNER expérimente la méthode SRI avec les paysans riziculteurs haïtiens depuis environ une année dans la plaine du Cul de Sac, à Mirebalais ainsi que dans le bassin versant de Gonaïves afin de vérifier si la méthode peut aider les paysans haïtiens à améliorer leur production de riz à travers des parcelles d’essais et de démonstration. Cette démarche rentre dans le cadre de la modernisation et de l’intensification agricole initiée par le projet dans ses zones d’intervention. Selon le représentant de l’USAID au colloque, Philippe Palmer, le gouvernement américain fait du développement agricole un axe prioritaire dans sa coopération avec Haïti. « L’USAID, par le biais du projet Winner, travaille en étroite collaboration avec le ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, pour améliorer les performances dans ce secteur », a-t-il fait savoir.
Patrick Réma
patrickrema@yahoo.fr
05/04/2011
L’USAID/WINNER, la fondation BETTER U de l’acteur canado-américain Jim Carey et le SRI-RICE/CORNEL University ont organisé les 29 et 30 mars, au Club Indigo, un colloque international sur le système de riziculture intensive (SRI), pratiqué dans plus de 40 pays dans le monde.
L’USAID/WINNER, la fondation BETTER U de l’acteur canado-américain Jim Carey et le SRI-RICE/CORNEL University ont organisé les 29 et 30 mars, au Club Indigo, un colloque international sur le système de riziculture intensive (SRI), pratiqué dans plus de 40 pays dans le monde. Tenu sous le haut patronage du ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, ce colloque a réuni agronomes, cultivateurs et techniciens autour de la problématique de la culture du riz en Haïti.
« Système de riziculture intensive (SRI) : une alternative prometteuse à la riziculture haïtienne traditionnelle ». C’est autour de ce thème que des échanges ont eu lieu entre les différents acteurs impliqués dans la production du riz en Haïti. Pendant deux jours, ils ont partagé leurs expériences de la pratique de la méthode SRI. Ils ont aussi discuté du potentiel de développement de ce système à travers le pays.
Au regard de la situation actuelle de la culture du riz en Haïti, avec une consommation moyenne de 400 000 tonnes par année pour une production de 100 000 tonnes au cours de la même période, il convient de modifier la donne, indique le directeur général du ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, Lyonel Valbrun. « L’ancienne méthode de production du riz n’a pas apporté les résultats escomptés », a reconnu le directeur général. Dans ses propos d’ouverture du colloque, il a exprimé le vœu que les discussions soient bénéfiques pour tout le pays grâce à la sensibilisation des acteurs à la méthode SRI.
Selon l’expert malgache, Joeli Barisson, conférencier principal à ce colloque, les avantages du Système de riziculture intensif (SRI) sont énormes. L’application du SRI permet d’économiser « environ 90% de semences, 30 % d’eau. Il offre aussi la possibilité de réduire de moitié l’utilisation d’engrais, tout en permettant aux paysans de maximiser leur rendement », d’après M. Barisson. Chiffres à l’appui, il a démontré comment la méthode SRI peut rendre le riz haïtien compétitif sur le marché national et le marché international. Pour illustrer ses propos, il a pris l’exemple de la production d’une tonne de riz. Selon la méthode traditionnelle, il faut à un paysan 30 000 gourdes pour produire cette quantité, alors qu’il en a besoin 18 000, selon la méthode SRI.
Avec le SRI, deux mythes vont tomber, a indiqué le directeur général du projet USAID/Winner, Jean Robert Estimé. D’une part, il s’agit de l’idée qui fait croire qu’il ne peut pas y avoir une agriculture moderne dans des petites exploitations et avoir un rendement, d’autre part, le riz haïtien ne peut pas être compétitif. Le ministre de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, Joanas Gué, est de cet avis. Il a dit croire que si les acteurs du secteur appliquent les bonnes méthodes de production et unissent leurs forces, le pays peut produire la quantité de riz suffisante pour la consommation interne. Il croit qu’il y en aura de quoi exporter.
Ce qui coïncide avec la vision du président de la fondation BETTER U, l’acteur canado-américain Jim Carey, pour la filière riz en Haïti. « Je ne considère pas Haïti comme une catastrophe, mais une opportunité. J’espère que je vais vraiment m’impliquer à aider à développer cette filière agricole en Haïti », a-t-il lancé dans une courte intervention à la clôture du colloque. Les rêves de Jim Carey pour Haïti sont grands. Il a dit vouloir que le pays soit en mesure de répondre aux besoins de sa population : « Je voudrais que Haïti devienne prospère et auto-suffisante ». Pour lui, le SRI est un instrument important qui peut vraiment faire la différence. « Je souhaite que le SRI puisse aider Haïti à aller de l’avant et je vais m’impliquer pour cela ».
L’acteur a mis en place un secrétariat global, dirigé Erika Styger de SRI-RICE/Cornel University, sur la promotion du SRI. Dans sa présentation, Mme Styger a montré comment les paysans de plusieurs pays dans le monde sont arrivés à améliorer leur production de riz grâce à la méthode SRI. « À Madagaskar particulièrement où il a été appliqué pour la première fois, le SRI a contribué à l’amélioration des conditions de vie des fermiers », a-t-elle témoigné.
Selon les premières expériences faites dans plusieurs régions du pays, les résultats montrent que la riziculture haïtienne a de l’avenir. « Le SRI commence à s’implanter avec beaucoup de succès dans des zones d’intervention de WINNER, particulièrement aux Gonaïves, à Mirebalais et à Thomazeau. On constate que de plus en plus de paysans veulent appliquer le SRI au niveau de leurs propres parcelles de terre », a fait savoir le directeur de USAID/Winner, Jean-Robert Estimé.
Les cultivateurs, qui ont expérimenté le système, se sont en effet montrés très satisfaits des résultats. Lors d’une séance de témoignages, ils ont affirmé avoir été surpris du volume de riz récolté avec peu de semences. « Au début, on était sceptiques nos proches nous prenaient pour des fous en nous voyant cultiver le riz d’une manière différente de la façon dont on l’a toujours fait. Ce n’est qu’au moment des récoltes qu’on a compris l’importance du SRI et eux aussi », ont systématiquement expliqué tous les cultivateurs, lors de cette séance de témoignages.
Améliorer la production du riz en Haïti est d’autant plus nécessaire que le riz est classé en première position dans la filière agricole. Il est consommé par toute la population haïtienne. Son importation mensuelle avoisine les 30 000 tonnes. Au regard de cette situation, les paysans recommandent de renforcer ce secteur qui fait face à beaucoup de difficultés Parmi les difficultés évoquées, ils citent le problème de l’eau pour l’irrigation, la vétusté des matériels et les pertes post-récoltes.
Le projet WINNER expérimente la méthode SRI avec les paysans riziculteurs haïtiens depuis environ une année dans la plaine du Cul de Sac, à Mirebalais ainsi que dans le bassin versant de Gonaïves afin de vérifier si la méthode peut aider les paysans haïtiens à améliorer leur production de riz à travers des parcelles d’essais et de démonstration. Cette démarche rentre dans le cadre de la modernisation et de l’intensification agricole initiée par le projet dans ses zones d’intervention. Selon le représentant de l’USAID au colloque, Philippe Palmer, le gouvernement américain fait du développement agricole un axe prioritaire dans sa coopération avec Haïti. « L’USAID, par le biais du projet Winner, travaille en étroite collaboration avec le ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, pour améliorer les performances dans ce secteur », a-t-il fait savoir.
lundi 28 février 2011
A la recherche de notre ancêtre commun
19 juillet 2010
Journal Le Monde
Certains croient faire de gros progrès en reconstituant leur généalogie familiale grâce à quelques archive usées : attitude purement anthropocentrique qui balbutie sur un ou deux siècles. Ce n’est pas là un exercice très captivant, mieux vaut le long souvenir de notre histoire commune. Remonte dans le temps, bien avant l’automobile, le téléphone et l’électricité, va encore plus loin. Tu arriveras il y a 400 générations, quand tes ancêtres commençaient à cultiver la terre et à se croire séparés de l’univers. En remontant encore, il y a 10 000 générations environ, tu trouveras ton premier ancêtre homo sapiens. Mais ton origine est encore antérieure ; il y a 100 000 générations, ceux par qui tu es arrivé étaient des hominidés. Quelques dizaines de millions d’années auparavant, ton ancêtre, un tout petit mammifère, vivait au temps des derniers dinosaures. En remontant encore, ton ancêtre était amphibien.
Et puis aujourd’hui, leMonde du 17 juillet nous apprend que notre ancêtre commun était segmenté ! Les humains partagent avec le cloporte et le ver de terre la même organisation itérative, une succession d’unités anatomiques identiques. Cette structure se retrouve d’ailleurs aussi bien chez les vertébrés que chez les arthropodes (insectes et crustacés). Car si tu continues à remonter la chaîne du vivant qui mène jusqu’à toi, tu arrives aux unicellulaires, à la formation de la Terre, à la naissance de l’univers. Cet exercice mental bien documenté par la science te permet alors d’agir selon ton âge véritable de quinze milliards d’années, et de prendre part au changement de cap vers une société qui soutient la vie, qui respecte tous les êtres vivants. Au contraire, valoriser la conscience subjective d’une existence rattachée seulement à tes derniers ancêtres t’empêche de percevoir que toutes les autres espèces vivantes forme ta parentèle, que la biodiversité est aussi une composante de ta famille.
Dès lors qu’il y a unité du vivant, la stratégie cartésienne de rupture entre l’homme et les autres espèces ne peut plus fonctionner. Il faut le répéter encore une fois : toutes les espèces qui vivent aujourd’hui sont évolutivement nos contemporains, ce qui veut dire qu’elles voyagent dans le même « train » que l’espèce humaine. Toute analyse qui voudrait opposer le genre humain aux autres formes de la vie est condamnée à l’échec, parce que toute notre existence témoigne d’une communauté de destin avec les autres êtres vivants. Les humains appartiennent à l’ordre de la vie et cette appartenance nous lie à un destin qui s’est noué en notre absence et dont tout indique qu’il va se dénouer sans nous.
Journal Le Monde
Certains croient faire de gros progrès en reconstituant leur généalogie familiale grâce à quelques archive usées : attitude purement anthropocentrique qui balbutie sur un ou deux siècles. Ce n’est pas là un exercice très captivant, mieux vaut le long souvenir de notre histoire commune. Remonte dans le temps, bien avant l’automobile, le téléphone et l’électricité, va encore plus loin. Tu arriveras il y a 400 générations, quand tes ancêtres commençaient à cultiver la terre et à se croire séparés de l’univers. En remontant encore, il y a 10 000 générations environ, tu trouveras ton premier ancêtre homo sapiens. Mais ton origine est encore antérieure ; il y a 100 000 générations, ceux par qui tu es arrivé étaient des hominidés. Quelques dizaines de millions d’années auparavant, ton ancêtre, un tout petit mammifère, vivait au temps des derniers dinosaures. En remontant encore, ton ancêtre était amphibien.
Et puis aujourd’hui, leMonde du 17 juillet nous apprend que notre ancêtre commun était segmenté ! Les humains partagent avec le cloporte et le ver de terre la même organisation itérative, une succession d’unités anatomiques identiques. Cette structure se retrouve d’ailleurs aussi bien chez les vertébrés que chez les arthropodes (insectes et crustacés). Car si tu continues à remonter la chaîne du vivant qui mène jusqu’à toi, tu arrives aux unicellulaires, à la formation de la Terre, à la naissance de l’univers. Cet exercice mental bien documenté par la science te permet alors d’agir selon ton âge véritable de quinze milliards d’années, et de prendre part au changement de cap vers une société qui soutient la vie, qui respecte tous les êtres vivants. Au contraire, valoriser la conscience subjective d’une existence rattachée seulement à tes derniers ancêtres t’empêche de percevoir que toutes les autres espèces vivantes forme ta parentèle, que la biodiversité est aussi une composante de ta famille.
Dès lors qu’il y a unité du vivant, la stratégie cartésienne de rupture entre l’homme et les autres espèces ne peut plus fonctionner. Il faut le répéter encore une fois : toutes les espèces qui vivent aujourd’hui sont évolutivement nos contemporains, ce qui veut dire qu’elles voyagent dans le même « train » que l’espèce humaine. Toute analyse qui voudrait opposer le genre humain aux autres formes de la vie est condamnée à l’échec, parce que toute notre existence témoigne d’une communauté de destin avec les autres êtres vivants. Les humains appartiennent à l’ordre de la vie et cette appartenance nous lie à un destin qui s’est noué en notre absence et dont tout indique qu’il va se dénouer sans nous.
vendredi 25 février 2011
Les médias, la déontologie de la profession de journaliste et la pédagogie d’une campagne inédite
Montréal, le 22 février 2011
Par Gesler Jean-Gilles
Nous sommes en train de vivre une expérience inédite dans l’histoire politique du pays. C’est la première fois qu’il nous est donné de connaître une vraie campagne électorale à la faveur de laquelle le président de la République, à travers le Conseil électoral provisoire, son instrument politique, ne peut plus, cette fois, imposer son choix à la Nation. C’est la première fois que les électeurs auront à choisir, librement, entre deux candidats, celui dont le projet, et surtout l’équipe qui le mettra en œuvre, sera à même de créer les conditions d’un renouveau politique, économique et social d’Haïti.
Cette situation, jusque-là inconnue dans les mœurs politiques haïtiennes, crée une atmosphère chargée d’émotions où la morale religieuse se mêle ouvertement de la politique pour provoquer des comportements inappropriés dans les divers groupes de la société haïtienne.
La raison ou du moins le raisonnement n’ayant jamais compté dans les prises de décisions de nos compatriotes, chacun en va selon ses humeurs, donnant libre cours à ses émotions, à ses croyances religieuses ou morales. Cette campagne devient une lutte entre le bien et le mal. Par voie de conséquence, les attaques ad hominem, la chasse aux sorcières, le lynchage politique sur fond d’insanités prennent le pas sur les projets , sur la vision et le programme proposés, si on peut parler en ces termes-là.
Nous aurions perdu notre temps si cette situation devait se poursuivre. Nous aurions encore raté ainsi l’occasion de poser les vrais problèmes qui entravent le démarrage d’Haïti. Cette situation n’est pas propre à notre pays, évidemment. Ce genre de comportement est propre aux pays soumis à la dictature et où le débat politique est exclu en raison de la faiblesse des acteurs politiques et de l’incapacité d’une société civile à se construire à défaut d’un État fonctionnel.
Dans cette atmosphère survoltée, en proie aux dérapages de toutes sortes, la conjonction de la morale religieuse et la politique ne peut conduire qu’au talibanisme, au Tea Party, à l’extrémisme, à la haine et à l’exclusion. Les médias ont la responsabilité de recentrer le débat en prenant l’initiative de présenter de préférence les projets, de les expliquer à l’électorat, au lieu de se constituer en caisse de résonance des humeurs des uns et des autres ou en colporteurs de rumeurs ou autres voye monte…
Nous avons remarqué que la plupart des médias de Port-au-Prince, grossièrement ou subtilement, ont déjà fait le choix de leur candidat. Ce qui est tout à fait normal. Cependant, dans toute société démocratique, le medium en question (presse écrite et électronique) explique clairement sa préférence dans un éditorial qui ne remet pas toutefois en cause l’indépendance de la rédaction. D’ailleurs, le syndicat ou l’association des journalistes y veille.
En clair, cela signifie que si le New-York Times, par exemple, décide d’endosser
la candidature du démocrate, cela ne veut pas dire que l’adversaire se voit
automatiquement interdites les colonnes du journal. Le choix politique de la
direction n’est pas obligatoirement celui de l’ensemble des journalistes. En revanche, l’adversaire de l’endossé sera tenu, contraint d’expliquer, de clarifier un peu plus son programme, le bien-fondé de ses propositions et surtout le coût de ses promesses. Dans ce contexte, un candidat peut se sentir victime d’un marquage à la culotte alors qu’il est en droit de soupçonner son adversaire de bénéficier outrageusement d’une certaine complaisance, voire d’une réelle complicité de la part du medium concerné. Aucun journaliste ne peut contrevenir aux règlements de la rédaction en prenant publiquement position pour un candidat. Même si le lecteur ou l’auditeur averti devine aisément la préférence politique de celui-ci dans le traitement biaisé de la nouvelle ou de certains thèmes précis.
Pouvons-nous, actuellement, en attendre autant de nos media ou de nos journalistes ? Pas si sûr. La précarité dans laquelle vit la majorité des journalistes haïtiens, la cupidité de propriétaires de media qui confondent leur
entreprise avec un bazar, exposent le travailleur de la presse à toutes sortes de gymnastique de survie qui ternissent son image et pervertissent son rôle nécessaire au bon fonctionnement de la société.
Il est évident que dans ce contexte économique particulièrement difficile,
l’Association des Journalistes Haïtiens (AJH) ne saurait faire respecter méticuleusement les principes fondamentaux de la profession. La position d’un propriétaire de medium qui défend ses intérêts immédiats ne saurait se substituer aucunement à la position de principe d’un syndicat intègre dont la responsabilité première est de défendre non seulement les droits des journalistes, mais surtout de veiller au respect de l’éthique et de la déontologie de la profession.
Dans le contexte animé du moment où la passion défie la raison, nous attendons de notre presse ce rôle de maître d’œuvre du débat politique. Elle doit se muer en animatrice de la pensée critique en faisant un travail comparatif des programmes des uns et des autres, en vue de permettre à l’électorat de se faire un choix éclairé. À ce stade de la campagne, il est encore temps pour les médias de se ressaisir, en accordant aux compétiteurs et compétitrices une couverture équilibrée, afin que personne ne se sente lésé par le comportement partisan d’un journaliste ou d’un medium. Cette attitude que nous exigeons du quatrième pouvoir, en dehors, bien sûr, de son droit légitime de diffuser de la publicité électorale payante, enverrait un signal clair montrant que même si tout va mal dans ce pays, il reste encore une institution, la Presse, qui se bat avec les moyens dont elle dispose pour faire triompher au moins un des principes cardinaux régissant un État de droit : la libre
circulation des idées et une information honnête. Gesler Jean-Gilles
Par Gesler Jean-Gilles
Nous sommes en train de vivre une expérience inédite dans l’histoire politique du pays. C’est la première fois qu’il nous est donné de connaître une vraie campagne électorale à la faveur de laquelle le président de la République, à travers le Conseil électoral provisoire, son instrument politique, ne peut plus, cette fois, imposer son choix à la Nation. C’est la première fois que les électeurs auront à choisir, librement, entre deux candidats, celui dont le projet, et surtout l’équipe qui le mettra en œuvre, sera à même de créer les conditions d’un renouveau politique, économique et social d’Haïti.
Cette situation, jusque-là inconnue dans les mœurs politiques haïtiennes, crée une atmosphère chargée d’émotions où la morale religieuse se mêle ouvertement de la politique pour provoquer des comportements inappropriés dans les divers groupes de la société haïtienne.
La raison ou du moins le raisonnement n’ayant jamais compté dans les prises de décisions de nos compatriotes, chacun en va selon ses humeurs, donnant libre cours à ses émotions, à ses croyances religieuses ou morales. Cette campagne devient une lutte entre le bien et le mal. Par voie de conséquence, les attaques ad hominem, la chasse aux sorcières, le lynchage politique sur fond d’insanités prennent le pas sur les projets , sur la vision et le programme proposés, si on peut parler en ces termes-là.
Nous aurions perdu notre temps si cette situation devait se poursuivre. Nous aurions encore raté ainsi l’occasion de poser les vrais problèmes qui entravent le démarrage d’Haïti. Cette situation n’est pas propre à notre pays, évidemment. Ce genre de comportement est propre aux pays soumis à la dictature et où le débat politique est exclu en raison de la faiblesse des acteurs politiques et de l’incapacité d’une société civile à se construire à défaut d’un État fonctionnel.
Dans cette atmosphère survoltée, en proie aux dérapages de toutes sortes, la conjonction de la morale religieuse et la politique ne peut conduire qu’au talibanisme, au Tea Party, à l’extrémisme, à la haine et à l’exclusion. Les médias ont la responsabilité de recentrer le débat en prenant l’initiative de présenter de préférence les projets, de les expliquer à l’électorat, au lieu de se constituer en caisse de résonance des humeurs des uns et des autres ou en colporteurs de rumeurs ou autres voye monte…
Nous avons remarqué que la plupart des médias de Port-au-Prince, grossièrement ou subtilement, ont déjà fait le choix de leur candidat. Ce qui est tout à fait normal. Cependant, dans toute société démocratique, le medium en question (presse écrite et électronique) explique clairement sa préférence dans un éditorial qui ne remet pas toutefois en cause l’indépendance de la rédaction. D’ailleurs, le syndicat ou l’association des journalistes y veille.
En clair, cela signifie que si le New-York Times, par exemple, décide d’endosser
la candidature du démocrate, cela ne veut pas dire que l’adversaire se voit
automatiquement interdites les colonnes du journal. Le choix politique de la
direction n’est pas obligatoirement celui de l’ensemble des journalistes. En revanche, l’adversaire de l’endossé sera tenu, contraint d’expliquer, de clarifier un peu plus son programme, le bien-fondé de ses propositions et surtout le coût de ses promesses. Dans ce contexte, un candidat peut se sentir victime d’un marquage à la culotte alors qu’il est en droit de soupçonner son adversaire de bénéficier outrageusement d’une certaine complaisance, voire d’une réelle complicité de la part du medium concerné. Aucun journaliste ne peut contrevenir aux règlements de la rédaction en prenant publiquement position pour un candidat. Même si le lecteur ou l’auditeur averti devine aisément la préférence politique de celui-ci dans le traitement biaisé de la nouvelle ou de certains thèmes précis.
Pouvons-nous, actuellement, en attendre autant de nos media ou de nos journalistes ? Pas si sûr. La précarité dans laquelle vit la majorité des journalistes haïtiens, la cupidité de propriétaires de media qui confondent leur
entreprise avec un bazar, exposent le travailleur de la presse à toutes sortes de gymnastique de survie qui ternissent son image et pervertissent son rôle nécessaire au bon fonctionnement de la société.
Il est évident que dans ce contexte économique particulièrement difficile,
l’Association des Journalistes Haïtiens (AJH) ne saurait faire respecter méticuleusement les principes fondamentaux de la profession. La position d’un propriétaire de medium qui défend ses intérêts immédiats ne saurait se substituer aucunement à la position de principe d’un syndicat intègre dont la responsabilité première est de défendre non seulement les droits des journalistes, mais surtout de veiller au respect de l’éthique et de la déontologie de la profession.
Dans le contexte animé du moment où la passion défie la raison, nous attendons de notre presse ce rôle de maître d’œuvre du débat politique. Elle doit se muer en animatrice de la pensée critique en faisant un travail comparatif des programmes des uns et des autres, en vue de permettre à l’électorat de se faire un choix éclairé. À ce stade de la campagne, il est encore temps pour les médias de se ressaisir, en accordant aux compétiteurs et compétitrices une couverture équilibrée, afin que personne ne se sente lésé par le comportement partisan d’un journaliste ou d’un medium. Cette attitude que nous exigeons du quatrième pouvoir, en dehors, bien sûr, de son droit légitime de diffuser de la publicité électorale payante, enverrait un signal clair montrant que même si tout va mal dans ce pays, il reste encore une institution, la Presse, qui se bat avec les moyens dont elle dispose pour faire triompher au moins un des principes cardinaux régissant un État de droit : la libre
circulation des idées et une information honnête. Gesler Jean-Gilles
samedi 19 février 2011
Les Colons Noirs
Les Colons Noirs
Jean Erich René
18 FEV 2011
Dieu nous a fait un don merveilleux en nous accordant la chance de naître sur une île aussi fantastique qu’Haïti. Malheureusement nos compatriotes ne le comprennent pas et ne saisissent pas non plus cette heureuse opportunité. Ils se livrent, depuis 204 ans, à une lutte politique sans grandeur. Des querelles byzantines empoisonnent quotidiennement leur vie.
Dépités par une telle calamité, les observateurs découragés étymologiquement
décomposent le mot Haïtiens en : Haïr les tiens. Cette filiation succinctement exprime le degré de rancœur que nous éprouvons les uns pour les autres pour des raisons diverses et qui nous empêchent de vivre paisiblement sur cette moitié d’île. Par nos réflexes de casseur nous avons détruit le patrimoine national, éclaté la famille haïtienne, porté les valeureux fils du pays à abandonner ses rives. Nous avons englouti une institution aussi stratégique que l’Armée d’Haïti et livrer le pays à la merci des truands.
Il y a toujours un torchon qui brûle mais le foyer de l’incendie demeure le partage du pouvoir politique et ses retombées économiques. On se laisse aveugler par sa passion sans se rendre compte du mal que l’on fait à la nation. Arrive que pourra, se lancent les frères ennemis qui rivalisent en absurdité. Ils sont tous embarqués sur le même bateau dont ils veulent tous avoir la commande. Le détruire au milieu de l’océan est un acte suicidaire. Même si on sait comment nager pour sortir, on doit tenir compte des dents de la mer. Il n’y aura pas de gagnants.
Le comportement des hommes au pouvoir actuellement rappelle l’attitude des membres de ces familles haitiennes à l’occasion d’un conflit terrien. Il y a toujours un individu ou un petit groupe dont l’ambition déborde ses droits et qui veut tout accaparer au détriment des autres qui ne veulent pas non plus se laisser faire. En portant le litige devant le tribunal, ils sont tous perdants parce que les notaires et les avocats retiennent la part du lion. La morale de l’histoire c’est qu’un mauvais compromis vaut mieux qu’un bon procès.
Tous les habitants de la planète ne jouissent pas d’un climat aussi merveilleux qu’Haïti, surnommé à juste titre le pays du printemps éternel. Pour s’en convaincre il suffit de vivre sous un climat tempéré et froid comme le Canada. Le découpage des saisons est précis et influence tous les aspects de la vie sociale. Le logement doit être chauffé pour contrecarrer la rigueur du froid. On vit comme des poussins dans une couveuse. En été la chaleur est tellement suffocante qu’à l’inverse le climatiseur s’impose. Ses tracasseries de l’existence sont tout aussi bien perceptibles sur le mode d’habillement et même la diète alimentaire. Sans un manteau et des bottes on ne peut pas franchir le seuil de la porte tandis qu’en été la tenue légère est de rigueur. Au printemps et en automne certaines adaptations au climat sont tout aussi indispensables à cause du vent et de la pluie. S’il faut 2500 calories quotidiennement à un individu pour assurer le fonctionnement de son métabolisme, au Canada il en faut 2700 au cours de l’hiver. Bon nombre de nos compatriotes sont morts poitrinaires sur la terre de Jacques Cartier en méprisant ce principe vital.
Quel est donc l’Haïtien ou l’Haïtienne qui n’aimerait pas se retrouver sous son chaud climat pour s’asseoir sur sa dodine à l’ombre d'un cocotier, d'un oranger ou d'un manguier ? Que faisons nous ici ? Nous sommes traités comme les épaves d’un navire détruit en haute mer. Nous sommes les rescapés du naufrage de la Barque nationale. Nous n’avons pas été victimes d’un accident de parcours. Nos propres timoniers par des manœuvres égoïstes, de 1804 à 2011, préfèrent tout détruire s’ils ne peuvent pas garder le pouvoir.
Au lendemain de l’Indépendance Jean Jacques Dessalines notre libérateur a été sacrifié à l’autel des intérêts personnels d’un petit groupe sans foi ni loi qui voudrait tout avoir en réclamant l’héritage de leurs pères. 207 ans après se répètent les mêmes scénarios. Il suffit de relire les signatures des Généraux apposés au bas de l’Acte de l’Indépendance et qui ont assassiné Dessalines pour constater avec étonnement que ce sont leurs fils qui poursuivent sans vergogne l’oeuvre de destruction nationale.
En 1804 nous avons été libérés de la chaîne des Colons Blancs. Dès lors nous tombons sous l’impitoyable domination des Colons Noirs. Le terme n’est pas trop fort et traduit exactement le comportement de nos élites. En effet, elles prennent leur distance avec le reste de la population qu’elles exploitent. La dichotomie est visible et même révoltante dans leur mode de vie, leur habitat, le partage des revenus et le clivage social. Cette démarcation est à l’origine de certains soulèvements populaires qui ont ponctué notre histoire politique ensanglantée, tout en favorisant l’émergence de certains leaders populistes. Ils veulent tout gober c’est pourquoi ils s’acharnent à élire nos présidents, nos députés, nos sénateurs, à nommer le Premier ministre et à participer à la distribution des portefeuilles ministériels. En attendant il y a 9,5 millions d’individus qui croupissent dans la crasse et la misère et dont les nerfs sont à fleur de peau. Il suffit d’une étincelle pour embraser la nation.
L’élite économique haïtienne a failli à sa mission en faisant preuve d’un appétit glouton digne des chenilles dévoreuses de feuilles. Loin d’adopter l’éclectisme de l’abeille en invitant tout le monde à participer à la construction de la ruche pour distiller le miel, elle ne fait que parasiter le système et jouir du fruit du travail des autres. La nouvelle bourgeoisie haïtienne veut maîtriser les rênes du pouvoir afin de s’accaparer de toutes les entreprises étatiques lucratives au grand dam des 4/5 de la population. L’élite politique haïtienne même lorsqu’elle brandit l’étendard de la révolte tout en fulminant contre la classe possédante se retrouve finalement sur leur banc en percevant 3 centimes sur chaque minute d’un appel téléphonique.
L’équation est mal balancée. La plupart de nos candidats se fichent pas mal des critères moraux et de leurs compétences pour s'acquitter des lourdes de tâches qui les attendent. Leurs programmes de Gouverment ne valent pas plus que des feuilles de chou exposés sur les étales de nos marchés. Un pays a le leader qu'il mérite, s'empresse-t-on de conclure. Voilà comment Haïti devient le seul PMA de l'Amérique. Aujourd'hui même la Jamaïque nous traite arbitrairement en pestiféré. La mise en quarantaine de l'équipe nationale de football n'est pas un hasard. Nous devons prendre conscience de l'image que projette nos chefs d'Etat à l'extérieur à cause de leur impéritie. Si Christophe Colomb fut le premier des Colons à s’établir en Haïti, les Colons Blancs ne furent pas les derniers. Les Colons Noirs sont à l’origine de la misère du peuple. Ils tisonnent leur instinct de révolte par leurs réflexes de nageurs et de grands mangeurs.
Jean Erich René
erichrene@bell.net
Jean Erich René
18 FEV 2011
Dieu nous a fait un don merveilleux en nous accordant la chance de naître sur une île aussi fantastique qu’Haïti. Malheureusement nos compatriotes ne le comprennent pas et ne saisissent pas non plus cette heureuse opportunité. Ils se livrent, depuis 204 ans, à une lutte politique sans grandeur. Des querelles byzantines empoisonnent quotidiennement leur vie.
Dépités par une telle calamité, les observateurs découragés étymologiquement
décomposent le mot Haïtiens en : Haïr les tiens. Cette filiation succinctement exprime le degré de rancœur que nous éprouvons les uns pour les autres pour des raisons diverses et qui nous empêchent de vivre paisiblement sur cette moitié d’île. Par nos réflexes de casseur nous avons détruit le patrimoine national, éclaté la famille haïtienne, porté les valeureux fils du pays à abandonner ses rives. Nous avons englouti une institution aussi stratégique que l’Armée d’Haïti et livrer le pays à la merci des truands.
Il y a toujours un torchon qui brûle mais le foyer de l’incendie demeure le partage du pouvoir politique et ses retombées économiques. On se laisse aveugler par sa passion sans se rendre compte du mal que l’on fait à la nation. Arrive que pourra, se lancent les frères ennemis qui rivalisent en absurdité. Ils sont tous embarqués sur le même bateau dont ils veulent tous avoir la commande. Le détruire au milieu de l’océan est un acte suicidaire. Même si on sait comment nager pour sortir, on doit tenir compte des dents de la mer. Il n’y aura pas de gagnants.
Le comportement des hommes au pouvoir actuellement rappelle l’attitude des membres de ces familles haitiennes à l’occasion d’un conflit terrien. Il y a toujours un individu ou un petit groupe dont l’ambition déborde ses droits et qui veut tout accaparer au détriment des autres qui ne veulent pas non plus se laisser faire. En portant le litige devant le tribunal, ils sont tous perdants parce que les notaires et les avocats retiennent la part du lion. La morale de l’histoire c’est qu’un mauvais compromis vaut mieux qu’un bon procès.
Tous les habitants de la planète ne jouissent pas d’un climat aussi merveilleux qu’Haïti, surnommé à juste titre le pays du printemps éternel. Pour s’en convaincre il suffit de vivre sous un climat tempéré et froid comme le Canada. Le découpage des saisons est précis et influence tous les aspects de la vie sociale. Le logement doit être chauffé pour contrecarrer la rigueur du froid. On vit comme des poussins dans une couveuse. En été la chaleur est tellement suffocante qu’à l’inverse le climatiseur s’impose. Ses tracasseries de l’existence sont tout aussi bien perceptibles sur le mode d’habillement et même la diète alimentaire. Sans un manteau et des bottes on ne peut pas franchir le seuil de la porte tandis qu’en été la tenue légère est de rigueur. Au printemps et en automne certaines adaptations au climat sont tout aussi indispensables à cause du vent et de la pluie. S’il faut 2500 calories quotidiennement à un individu pour assurer le fonctionnement de son métabolisme, au Canada il en faut 2700 au cours de l’hiver. Bon nombre de nos compatriotes sont morts poitrinaires sur la terre de Jacques Cartier en méprisant ce principe vital.
Quel est donc l’Haïtien ou l’Haïtienne qui n’aimerait pas se retrouver sous son chaud climat pour s’asseoir sur sa dodine à l’ombre d'un cocotier, d'un oranger ou d'un manguier ? Que faisons nous ici ? Nous sommes traités comme les épaves d’un navire détruit en haute mer. Nous sommes les rescapés du naufrage de la Barque nationale. Nous n’avons pas été victimes d’un accident de parcours. Nos propres timoniers par des manœuvres égoïstes, de 1804 à 2011, préfèrent tout détruire s’ils ne peuvent pas garder le pouvoir.
Au lendemain de l’Indépendance Jean Jacques Dessalines notre libérateur a été sacrifié à l’autel des intérêts personnels d’un petit groupe sans foi ni loi qui voudrait tout avoir en réclamant l’héritage de leurs pères. 207 ans après se répètent les mêmes scénarios. Il suffit de relire les signatures des Généraux apposés au bas de l’Acte de l’Indépendance et qui ont assassiné Dessalines pour constater avec étonnement que ce sont leurs fils qui poursuivent sans vergogne l’oeuvre de destruction nationale.
En 1804 nous avons été libérés de la chaîne des Colons Blancs. Dès lors nous tombons sous l’impitoyable domination des Colons Noirs. Le terme n’est pas trop fort et traduit exactement le comportement de nos élites. En effet, elles prennent leur distance avec le reste de la population qu’elles exploitent. La dichotomie est visible et même révoltante dans leur mode de vie, leur habitat, le partage des revenus et le clivage social. Cette démarcation est à l’origine de certains soulèvements populaires qui ont ponctué notre histoire politique ensanglantée, tout en favorisant l’émergence de certains leaders populistes. Ils veulent tout gober c’est pourquoi ils s’acharnent à élire nos présidents, nos députés, nos sénateurs, à nommer le Premier ministre et à participer à la distribution des portefeuilles ministériels. En attendant il y a 9,5 millions d’individus qui croupissent dans la crasse et la misère et dont les nerfs sont à fleur de peau. Il suffit d’une étincelle pour embraser la nation.
L’élite économique haïtienne a failli à sa mission en faisant preuve d’un appétit glouton digne des chenilles dévoreuses de feuilles. Loin d’adopter l’éclectisme de l’abeille en invitant tout le monde à participer à la construction de la ruche pour distiller le miel, elle ne fait que parasiter le système et jouir du fruit du travail des autres. La nouvelle bourgeoisie haïtienne veut maîtriser les rênes du pouvoir afin de s’accaparer de toutes les entreprises étatiques lucratives au grand dam des 4/5 de la population. L’élite politique haïtienne même lorsqu’elle brandit l’étendard de la révolte tout en fulminant contre la classe possédante se retrouve finalement sur leur banc en percevant 3 centimes sur chaque minute d’un appel téléphonique.
L’équation est mal balancée. La plupart de nos candidats se fichent pas mal des critères moraux et de leurs compétences pour s'acquitter des lourdes de tâches qui les attendent. Leurs programmes de Gouverment ne valent pas plus que des feuilles de chou exposés sur les étales de nos marchés. Un pays a le leader qu'il mérite, s'empresse-t-on de conclure. Voilà comment Haïti devient le seul PMA de l'Amérique. Aujourd'hui même la Jamaïque nous traite arbitrairement en pestiféré. La mise en quarantaine de l'équipe nationale de football n'est pas un hasard. Nous devons prendre conscience de l'image que projette nos chefs d'Etat à l'extérieur à cause de leur impéritie. Si Christophe Colomb fut le premier des Colons à s’établir en Haïti, les Colons Blancs ne furent pas les derniers. Les Colons Noirs sont à l’origine de la misère du peuple. Ils tisonnent leur instinct de révolte par leurs réflexes de nageurs et de grands mangeurs.
Jean Erich René
erichrene@bell.net
vendredi 18 février 2011
Outrage !
Le Matin, 18 au 24 fév. 2011
Par Daly Valet
De l’innommable. De l’arrogance. La sélection nationale haïtienne des moins de dix-sept ans humiliée, agressée, et expulsée de la Jamaïque manu militari. Ils sont jeunes, talentueux et promis à un bel avenir dans le monde du football. Avec ces prodiges, Haïti pouvait enfin espérer se frayer une voie d’honneur sur la scène du football international et renouer avec ses succès d’antan. Ils servaient Haïti mais, hélas, Haïti les desservait.
En prenant l’avion pour Montego Bay aux fins de participer aux éliminatoires de la Coupe du Monde U-17, ils ignoraient qu’ils transportaient avec eux, dans leurs bagages, sur leurs visages et dans leur sang, tous les stigmates de leur pays malade et en décomposition. Ils ont été traités comme des pestiférés venus des bas-fonds moyenâgeux du sous-développement crasseux et infect. Les officiels Jamaïcains ont osé. Oui, ils ont osé ! Leurs peurs irrationnelles du choléra, et d’autres épidémies sévissant actuellement en Haïti à l’état endémique, les ont conduits à des mesures de précaution sanitaire réservées généralement à des animaux contaminés. Ils sont allés jusqu'à la déraison infâme et indigne dans le mauvais traitement qu’ils ont réservé à nos jeunes frères haïtiens, temporairement présents chez eux pour défendre les couleurs d’Haïti dans cette compétition sportive. Il y a, en vérité, une résonance nazie dans ces mesures appliquées contre des humains au nom d’un certain « hygiénisme ». Les joueurs haïtiens ont été littéralement mis en quarantaine, subi des examens médicaux forcés pour dépistage de maladies contagieuses. un certain moment, les autorités de la Jamaïque entendaient même faire « désinfecter » les membres de la délégation haïtienne.
Ce fut le comble de l’outrage, mardi 15 et mercredi 17 février, pour les envoyés haïtiens. Il devrait y avoir normalement un prix à payer par la Jamaïque, au double plan diplomatique et économique, pour cet affront fait à Haïti, une nation sœur voisine et de surcroit membre de la CARICOM. Il faudrait, pour cela, une diplomatie et une économie haïtiennes, à la fois dynamiques et fonctionnelles, qui pesaient d’un certain poids dans l’espace caribéen. ce double niveau, Haïti est à refaire. Elle n’est plus ce qu’elle a été dans les relations internationales: un petit pays, mais une nation fière d’elle-même, de ses prouesses historiques, et de ses contributions humanistes à la civilisation universelle.
Quand un État n’a plus que ses misères et ses maladies à exporter, il faut s’attendre à ce que ses ressortissants subissent l’humiliation des autres et fassent l’objet de toute forme de stigmatisations en terre étrangère. Si le choléra est certes d’origine importée, sa genèse s’inscrit avant tout dans nos convulsions politiques, ces luttes intestines pour le pouvoir qui nous valent les interventions militaires étrangères à répétition, dans le marasme socioéconomique, et dans la décrépitude de nos structures sanitaires. Autrement dit, il faut repenser ce pays dans toutes ses coutures. Son prestige dans ses rapports à l’international en dépend largement. Si la dignité blessée ne s’indemnise pas, les pleurnicheries de poule mouillée ne compenseront rien non plus.
Par Daly Valet
De l’innommable. De l’arrogance. La sélection nationale haïtienne des moins de dix-sept ans humiliée, agressée, et expulsée de la Jamaïque manu militari. Ils sont jeunes, talentueux et promis à un bel avenir dans le monde du football. Avec ces prodiges, Haïti pouvait enfin espérer se frayer une voie d’honneur sur la scène du football international et renouer avec ses succès d’antan. Ils servaient Haïti mais, hélas, Haïti les desservait.
En prenant l’avion pour Montego Bay aux fins de participer aux éliminatoires de la Coupe du Monde U-17, ils ignoraient qu’ils transportaient avec eux, dans leurs bagages, sur leurs visages et dans leur sang, tous les stigmates de leur pays malade et en décomposition. Ils ont été traités comme des pestiférés venus des bas-fonds moyenâgeux du sous-développement crasseux et infect. Les officiels Jamaïcains ont osé. Oui, ils ont osé ! Leurs peurs irrationnelles du choléra, et d’autres épidémies sévissant actuellement en Haïti à l’état endémique, les ont conduits à des mesures de précaution sanitaire réservées généralement à des animaux contaminés. Ils sont allés jusqu'à la déraison infâme et indigne dans le mauvais traitement qu’ils ont réservé à nos jeunes frères haïtiens, temporairement présents chez eux pour défendre les couleurs d’Haïti dans cette compétition sportive. Il y a, en vérité, une résonance nazie dans ces mesures appliquées contre des humains au nom d’un certain « hygiénisme ». Les joueurs haïtiens ont été littéralement mis en quarantaine, subi des examens médicaux forcés pour dépistage de maladies contagieuses. un certain moment, les autorités de la Jamaïque entendaient même faire « désinfecter » les membres de la délégation haïtienne.
Ce fut le comble de l’outrage, mardi 15 et mercredi 17 février, pour les envoyés haïtiens. Il devrait y avoir normalement un prix à payer par la Jamaïque, au double plan diplomatique et économique, pour cet affront fait à Haïti, une nation sœur voisine et de surcroit membre de la CARICOM. Il faudrait, pour cela, une diplomatie et une économie haïtiennes, à la fois dynamiques et fonctionnelles, qui pesaient d’un certain poids dans l’espace caribéen. ce double niveau, Haïti est à refaire. Elle n’est plus ce qu’elle a été dans les relations internationales: un petit pays, mais une nation fière d’elle-même, de ses prouesses historiques, et de ses contributions humanistes à la civilisation universelle.
Quand un État n’a plus que ses misères et ses maladies à exporter, il faut s’attendre à ce que ses ressortissants subissent l’humiliation des autres et fassent l’objet de toute forme de stigmatisations en terre étrangère. Si le choléra est certes d’origine importée, sa genèse s’inscrit avant tout dans nos convulsions politiques, ces luttes intestines pour le pouvoir qui nous valent les interventions militaires étrangères à répétition, dans le marasme socioéconomique, et dans la décrépitude de nos structures sanitaires. Autrement dit, il faut repenser ce pays dans toutes ses coutures. Son prestige dans ses rapports à l’international en dépend largement. Si la dignité blessée ne s’indemnise pas, les pleurnicheries de poule mouillée ne compenseront rien non plus.
mardi 15 février 2011
Carte Postale : Antiquité mais d'Actualité
Carte Postale : Antiquité mais d'Actualité
Par Ray Killick, 13 février 2011
RayHammertonKillick-conscience@yahoo.com
Ne possédant ni la bravoure ni le génie intellectuel, militaire et stratégique de son père adoptif Jules César, Gaius Octavianus, assoiffé de pouvoir allait terrasser ses adversaires politiques, ses ennemis, ses amis et certains membres de sa famille pour parvenir à ses fins. Il exécute avec Marcus Antonius les proscriptions romaines qui visent à déposséder certains patriciens romains ciblés, parmi eux les "césaricides", les partisans impénitents de la république romaine et les éliminer physiquement. S'il n'a pas la bravoure, il va se l'inculquer. S'il n'a pas l'expérience militaire pour le bellum gerere (conduire la guerre), il va se l'enseigner et s'entourer d'amis fidèles tels que l'indispensable Agrippa avec lequel il défait plus tard Marcus Antonius et Cleopâtre à la bataille d'Actium. Il devient après Princeps ou premier citoyen de l'Empire romain, Imperator Caesar Augustus Pontifex Maximus. Cependant, il faut donner à César ce qui est à César. Il possède en effet la patience et le génie de l'organisation de l'Empire qui faisaient défaut à son père Jules César. De plus, il combat systématiquement la corruption à Rome et les provinces romaines et mène une vie humble et sobre. Il meurt Imperator Divi Filius Caesar Augustus, le 19 août 14 ap. J-C. Son régime allait durer environ 15 siècles, et Caesar Augustus allait devenir après lui un titre; Kaiser en Allemagne; Tsar en Russie, etc. L'histoire retient que le père de la civilisation occidentale est l'un des rares leaders de l'humanité à s'enseigner la grandeur, l'intégrité, les valeurs universelles et utiliser le pouvoir à bon escient et plus prudemment et parcimonieusement avec le temps. Il aura grandi au pouvoir ou en dépit du pouvoir. C'est dire qu'il a prouvé l'exception que le pouvoir ne doit pas forcément corrompre sur le long terme.
Il dira avant de mourir: "J'ai trouvé une Rome de briques, je vous la laisse en marbre." Toutefois, sa meilleure épitaphe et son monument demeurent l'organisation de l'Empire (pour nous l'État) que perfectionnera plus tard la civilisation occidentale dont il aura édifié les fondations. Et ses derniers mots auraient été : "Si j'ai bien joué mon rôle, applaudissez-moi maintenant avant mon départ de la scène." Pour l'Imperator, la vie est une mise en scène. On lutte pour le rôle qu'on veut jouer. Si l'on parvient à l'obtenir, il faut le jouer pour donner un plein sens à l'existence. Il est difficile, si l'on veut être raisonnable, de lui trouver des égaux tant son impact sur la civilisation, pour le meilleur ou pour le pire, a été déterminant.
UNE AUGUSTE LEÇON
Il ne s'agit pas ici de glorifier qui que ce soit, mais de tirer plutôt la leçon que l'exercice du pouvoir qui a produit tant d'aberrations à travers les âges doit être reconsidéré par les leaders présents et futurs à la lumière d'une partition exceptionnelle jouée il y a 2 mille ans environ à Rome. Il s'agissait alors de construire un empire sur du roc, mais dans la plupart de nos pays d'aujourd'hui la tâche est plutôt de refonder l'État et diriger l'état-nation à bon port. Comment se fait-il que les chefs d'État et de gouvernement des pays du Tiers Monde utilisent les mêmes modèles de leadership qui ont échoué systématiquement au lieu de choisir de grandir au pouvoir, de devenir meilleur comme Caesar Augustus, de poser comme lui pour la postérité ? Comment se fait-il que nos chefs d'État adoptent pour modèles des rats, des sauterelles, des pintades, des coqs, des vautours et des tigres au lieu de l'aigle des légions dont la vision stratégique et la puissance permettent d'accomplir de grandes choses avec les peuples ?
La vie de l'Imperator est une leçon de leadership et de mission politiques pour les leaders qui veulent apprendre et s'enseigner la grandeur. L'historien américain Joseph J. Ellis évoque la conduite d'Augustus au pouvoir dans Founding Fathers : "...Il existe seulement deux exemples dans toute l'histoire de la civilisation occidentale où l'élite politique d'un empire émergeant s'est comportée aussi bien que l'on pouvait raisonnablement l'espérer : le premier fut Rome sous Caesar Augustus, et le second, les États-Unis sous l'égide des pères-fondateurs." Ceux-ci ont posé délibérément pour la postérité en dépit d'être conscients de l'impact de leurs grands échecs sur son jugement (l'esclavage, la question indienne et les droits de la femme). Ils ont même tenté de parfaire l'acte, et dans certains cas, ont essayé de biffer les erreurs du passé. La postérité fut leur passion, leur obsession. Et si Thomas Jefferson couronne Tacitus "le plus grand écrivain du monde sans exception. Son oeuvre, un bouquet d'histoire et de moralité sans pareille...", n'est-ce pas là une indication que les pères-fondateurs se sont également abreuvés dans l'antiquité des grands maîtres, de Tacitus, de Cicéron, de Platon, d'Augustus, etc. ?
CONFESSION SINE QUA NON
La plus grande confession d'un leader est d'abord intime. Elle consiste à déterminer et à accepter ses limitations afin de les compenser. Or, c'est précisément cet exercice d'humilité le plus important que des leaders tels que Jean-Bertarnd Aristide ont évité de s'imposer dès le départ qui fait qu'ils ont gaspillé un capital politique énorme. S'il y des leaders-nés, ils ne sont pas nombreux. Tout le monde a la capacité de développer des qualités de leadership. Voilà pourquoi, il est impératif de faire l'inventaire de ses qualités et de ses limitations en arrivant au timon des affaire. Inventaire sans quoi on ne peut effectivement diriger, car diriger est précisément savoir se munir des instruments de navigation sophistiqués pour conduire l'état-nation à bon port.
Aujourd'hui, Mme. Mirlande Hyppolite Manigat et M. Michel Martelly, candidats au second tour de la présidentielle de mars prochain, doivent commencer cet exercice, car rien dans leur passé n'indique qu'ils possèdent toutes les qualités requises en ce moment précis de l'histoire nationale pour le revirement positif exceptionnel tant souhaité par les vrais patriotes. Il faut beaucoup plus que des talents de professeur et de musicien pour encadrer la nation, refonder l'État, changer le comportement de l'état-nation et lancer le développement d'Haïti pour enfin contempler des "lendemains qui chantent".
Chaque candidat accuse des déficiences sévères, car ils ne sont jamais passés dans le moule qui façonne les leaders modernes. Compte tenu des circonstances exceptionnelles de dégradation nationale, Haïti requiert un leadership également exceptionnel et beaucoup plus clairvoyant et stratégique que celui qui dirige les premiers pays du monde.
DÉFICIENCES BILATÉRALES
Manigat possède l'avantage d'une grande culture, d'une maturité relative à discuter des grands dossiers tellement vitaux de la vie nationale, d'avoir dirigé ce qu'on peut considérer, dans un esprit de justice, comme le meilleur parti politique d'Haïti. De plus, son âge de trop mûre jeunesse n'est pas l'âge des poursuites et pratiques politiques éhontées et destructrices. C'est l'âge où l'on peut poser pour la postérité. C'est l'âge où l'on peut imposer le respect dans la conduite des affaires du pays. Cependant, elle n'a jamais occupé de fonctions dans le secteur public ou privé qui lui auraient permis d'exercer des responsabilités de leadership de plus en plus complexes qui requièrent et mettent également à l'épreuve la dextérité et la volonté politiques. C'est ici l'aspect qu'elle doit considérer pour améliorer son leadership. Pour ce faire, il faut s'entourer d'un Maecenas et d'un Aggripa, c'est-à-dire de conseillers d'une rare intelligence stratégique et émotionnelle, et, en même temps, savoir écarter de son entourage les sauterelles qui n'y sont que pour leurs intérêts personnels et savent masquer leurs vraies intentions avec des CVs ronflants.
Quand à Martelly, il a l'avantage d'être conscient de son ignorance en politique et d'être apparemment direct.
-- "Messieurs, m'bouké." déclare-t-il durant un débat présidentiel
-- "Ou bouké alos ke ou poco mim komanse..." rétorque rapidement un adversaire
-- "Non monchè, se avek nou mim, mim ke m'bouké an wi..."
Martelly n'a pas une formation qui lui permettra d'aborder les grands dossiers avec une relative indépendance d'esprit qui nourrit les grandes décisions de grand leadership. Un leadership qui sait écouter des points de vue opposés pour finalement décider dans l'intérêt stratégique défini. Loin de la considérer une faiblesse, Martelly devra s'atteler à se mettre au travail pour la compenser. S'il sait faire sa confession intime, ce sera le premier pas vers une "auguste" transition personnelle. Et s'il veut vraiment poser pour la postérité en tant que premier président de la nouvelle Haïti et ne pas contempler l'exil au terme de son mandat, il devra s'armer d'une volonté politique pour assainir son entourage, refonder l'État et apprendre à pratiquer la discipline d'exécution. Son exercice de formation personnelle sera beaucoup plus éreintant que pour Manigat, mais il a néamoins l'avantage d'être beaucoup plus jeune que sa rivale.
POSER POUR LA POSTÉRITÉ
La leçon d'une vie exceptionnelle de l'antiquité est toujours d'actualité. Caesar Augustus est l'exemple le plus spectaculaire de l'évolution continue mais dramatique et positive d'un leadership au pouvoir. La plus grande qualité de l'Imperator fut peut-être sa capacité de changer pour le meilleur. C'est ce qui lui a permis d'évoluer d'une figure obscure et criminelle à une figure "auguste" en son temps et depuis, dans la mémoire de l'humanité. N'allez pas frapper à la porte de François Duvalier ou de René Préval ou de Jean-Bertarnd Aristide, car ceux-ci sont désormais au musée d'histoire des reptiles où se côtoient Staline, Hitler, Hosni Moubarak, etc.
Toutefois, il est important de rappeler que l'Imperator Caesar Augustus avait 44 ans pour parfaire son acte au pouvoir et jeter les bases de la civilisation occidentale. Le prochain président d'Haïti n'aura que 5 ans pour commencer à refonder l'État et inculquer de nouvelles valeurs, conduites et croyances à l'administration publique et l'état-nation. Sa tâche est herculéenne. La seule récompense est le jugement de l'histoire pour une place de choix dans la postérité. Et la consolation au terme de son mandat : "Si j'ai bien joué mon rôle, applaudissez-moi maintenant avant mon départ de la scène."
Par Ray Killick, 13 février 2011
RayHammertonKillick-conscience@yahoo.com
Ne possédant ni la bravoure ni le génie intellectuel, militaire et stratégique de son père adoptif Jules César, Gaius Octavianus, assoiffé de pouvoir allait terrasser ses adversaires politiques, ses ennemis, ses amis et certains membres de sa famille pour parvenir à ses fins. Il exécute avec Marcus Antonius les proscriptions romaines qui visent à déposséder certains patriciens romains ciblés, parmi eux les "césaricides", les partisans impénitents de la république romaine et les éliminer physiquement. S'il n'a pas la bravoure, il va se l'inculquer. S'il n'a pas l'expérience militaire pour le bellum gerere (conduire la guerre), il va se l'enseigner et s'entourer d'amis fidèles tels que l'indispensable Agrippa avec lequel il défait plus tard Marcus Antonius et Cleopâtre à la bataille d'Actium. Il devient après Princeps ou premier citoyen de l'Empire romain, Imperator Caesar Augustus Pontifex Maximus. Cependant, il faut donner à César ce qui est à César. Il possède en effet la patience et le génie de l'organisation de l'Empire qui faisaient défaut à son père Jules César. De plus, il combat systématiquement la corruption à Rome et les provinces romaines et mène une vie humble et sobre. Il meurt Imperator Divi Filius Caesar Augustus, le 19 août 14 ap. J-C. Son régime allait durer environ 15 siècles, et Caesar Augustus allait devenir après lui un titre; Kaiser en Allemagne; Tsar en Russie, etc. L'histoire retient que le père de la civilisation occidentale est l'un des rares leaders de l'humanité à s'enseigner la grandeur, l'intégrité, les valeurs universelles et utiliser le pouvoir à bon escient et plus prudemment et parcimonieusement avec le temps. Il aura grandi au pouvoir ou en dépit du pouvoir. C'est dire qu'il a prouvé l'exception que le pouvoir ne doit pas forcément corrompre sur le long terme.
Il dira avant de mourir: "J'ai trouvé une Rome de briques, je vous la laisse en marbre." Toutefois, sa meilleure épitaphe et son monument demeurent l'organisation de l'Empire (pour nous l'État) que perfectionnera plus tard la civilisation occidentale dont il aura édifié les fondations. Et ses derniers mots auraient été : "Si j'ai bien joué mon rôle, applaudissez-moi maintenant avant mon départ de la scène." Pour l'Imperator, la vie est une mise en scène. On lutte pour le rôle qu'on veut jouer. Si l'on parvient à l'obtenir, il faut le jouer pour donner un plein sens à l'existence. Il est difficile, si l'on veut être raisonnable, de lui trouver des égaux tant son impact sur la civilisation, pour le meilleur ou pour le pire, a été déterminant.
UNE AUGUSTE LEÇON
Il ne s'agit pas ici de glorifier qui que ce soit, mais de tirer plutôt la leçon que l'exercice du pouvoir qui a produit tant d'aberrations à travers les âges doit être reconsidéré par les leaders présents et futurs à la lumière d'une partition exceptionnelle jouée il y a 2 mille ans environ à Rome. Il s'agissait alors de construire un empire sur du roc, mais dans la plupart de nos pays d'aujourd'hui la tâche est plutôt de refonder l'État et diriger l'état-nation à bon port. Comment se fait-il que les chefs d'État et de gouvernement des pays du Tiers Monde utilisent les mêmes modèles de leadership qui ont échoué systématiquement au lieu de choisir de grandir au pouvoir, de devenir meilleur comme Caesar Augustus, de poser comme lui pour la postérité ? Comment se fait-il que nos chefs d'État adoptent pour modèles des rats, des sauterelles, des pintades, des coqs, des vautours et des tigres au lieu de l'aigle des légions dont la vision stratégique et la puissance permettent d'accomplir de grandes choses avec les peuples ?
La vie de l'Imperator est une leçon de leadership et de mission politiques pour les leaders qui veulent apprendre et s'enseigner la grandeur. L'historien américain Joseph J. Ellis évoque la conduite d'Augustus au pouvoir dans Founding Fathers : "...Il existe seulement deux exemples dans toute l'histoire de la civilisation occidentale où l'élite politique d'un empire émergeant s'est comportée aussi bien que l'on pouvait raisonnablement l'espérer : le premier fut Rome sous Caesar Augustus, et le second, les États-Unis sous l'égide des pères-fondateurs." Ceux-ci ont posé délibérément pour la postérité en dépit d'être conscients de l'impact de leurs grands échecs sur son jugement (l'esclavage, la question indienne et les droits de la femme). Ils ont même tenté de parfaire l'acte, et dans certains cas, ont essayé de biffer les erreurs du passé. La postérité fut leur passion, leur obsession. Et si Thomas Jefferson couronne Tacitus "le plus grand écrivain du monde sans exception. Son oeuvre, un bouquet d'histoire et de moralité sans pareille...", n'est-ce pas là une indication que les pères-fondateurs se sont également abreuvés dans l'antiquité des grands maîtres, de Tacitus, de Cicéron, de Platon, d'Augustus, etc. ?
CONFESSION SINE QUA NON
La plus grande confession d'un leader est d'abord intime. Elle consiste à déterminer et à accepter ses limitations afin de les compenser. Or, c'est précisément cet exercice d'humilité le plus important que des leaders tels que Jean-Bertarnd Aristide ont évité de s'imposer dès le départ qui fait qu'ils ont gaspillé un capital politique énorme. S'il y des leaders-nés, ils ne sont pas nombreux. Tout le monde a la capacité de développer des qualités de leadership. Voilà pourquoi, il est impératif de faire l'inventaire de ses qualités et de ses limitations en arrivant au timon des affaire. Inventaire sans quoi on ne peut effectivement diriger, car diriger est précisément savoir se munir des instruments de navigation sophistiqués pour conduire l'état-nation à bon port.
Aujourd'hui, Mme. Mirlande Hyppolite Manigat et M. Michel Martelly, candidats au second tour de la présidentielle de mars prochain, doivent commencer cet exercice, car rien dans leur passé n'indique qu'ils possèdent toutes les qualités requises en ce moment précis de l'histoire nationale pour le revirement positif exceptionnel tant souhaité par les vrais patriotes. Il faut beaucoup plus que des talents de professeur et de musicien pour encadrer la nation, refonder l'État, changer le comportement de l'état-nation et lancer le développement d'Haïti pour enfin contempler des "lendemains qui chantent".
Chaque candidat accuse des déficiences sévères, car ils ne sont jamais passés dans le moule qui façonne les leaders modernes. Compte tenu des circonstances exceptionnelles de dégradation nationale, Haïti requiert un leadership également exceptionnel et beaucoup plus clairvoyant et stratégique que celui qui dirige les premiers pays du monde.
DÉFICIENCES BILATÉRALES
Manigat possède l'avantage d'une grande culture, d'une maturité relative à discuter des grands dossiers tellement vitaux de la vie nationale, d'avoir dirigé ce qu'on peut considérer, dans un esprit de justice, comme le meilleur parti politique d'Haïti. De plus, son âge de trop mûre jeunesse n'est pas l'âge des poursuites et pratiques politiques éhontées et destructrices. C'est l'âge où l'on peut poser pour la postérité. C'est l'âge où l'on peut imposer le respect dans la conduite des affaires du pays. Cependant, elle n'a jamais occupé de fonctions dans le secteur public ou privé qui lui auraient permis d'exercer des responsabilités de leadership de plus en plus complexes qui requièrent et mettent également à l'épreuve la dextérité et la volonté politiques. C'est ici l'aspect qu'elle doit considérer pour améliorer son leadership. Pour ce faire, il faut s'entourer d'un Maecenas et d'un Aggripa, c'est-à-dire de conseillers d'une rare intelligence stratégique et émotionnelle, et, en même temps, savoir écarter de son entourage les sauterelles qui n'y sont que pour leurs intérêts personnels et savent masquer leurs vraies intentions avec des CVs ronflants.
Quand à Martelly, il a l'avantage d'être conscient de son ignorance en politique et d'être apparemment direct.
-- "Messieurs, m'bouké." déclare-t-il durant un débat présidentiel
-- "Ou bouké alos ke ou poco mim komanse..." rétorque rapidement un adversaire
-- "Non monchè, se avek nou mim, mim ke m'bouké an wi..."
Martelly n'a pas une formation qui lui permettra d'aborder les grands dossiers avec une relative indépendance d'esprit qui nourrit les grandes décisions de grand leadership. Un leadership qui sait écouter des points de vue opposés pour finalement décider dans l'intérêt stratégique défini. Loin de la considérer une faiblesse, Martelly devra s'atteler à se mettre au travail pour la compenser. S'il sait faire sa confession intime, ce sera le premier pas vers une "auguste" transition personnelle. Et s'il veut vraiment poser pour la postérité en tant que premier président de la nouvelle Haïti et ne pas contempler l'exil au terme de son mandat, il devra s'armer d'une volonté politique pour assainir son entourage, refonder l'État et apprendre à pratiquer la discipline d'exécution. Son exercice de formation personnelle sera beaucoup plus éreintant que pour Manigat, mais il a néamoins l'avantage d'être beaucoup plus jeune que sa rivale.
POSER POUR LA POSTÉRITÉ
La leçon d'une vie exceptionnelle de l'antiquité est toujours d'actualité. Caesar Augustus est l'exemple le plus spectaculaire de l'évolution continue mais dramatique et positive d'un leadership au pouvoir. La plus grande qualité de l'Imperator fut peut-être sa capacité de changer pour le meilleur. C'est ce qui lui a permis d'évoluer d'une figure obscure et criminelle à une figure "auguste" en son temps et depuis, dans la mémoire de l'humanité. N'allez pas frapper à la porte de François Duvalier ou de René Préval ou de Jean-Bertarnd Aristide, car ceux-ci sont désormais au musée d'histoire des reptiles où se côtoient Staline, Hitler, Hosni Moubarak, etc.
Toutefois, il est important de rappeler que l'Imperator Caesar Augustus avait 44 ans pour parfaire son acte au pouvoir et jeter les bases de la civilisation occidentale. Le prochain président d'Haïti n'aura que 5 ans pour commencer à refonder l'État et inculquer de nouvelles valeurs, conduites et croyances à l'administration publique et l'état-nation. Sa tâche est herculéenne. La seule récompense est le jugement de l'histoire pour une place de choix dans la postérité. Et la consolation au terme de son mandat : "Si j'ai bien joué mon rôle, applaudissez-moi maintenant avant mon départ de la scène."
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